Presse : les bipolaires
C’est quoi souffrir de troubles bipolaires ?
Les symptômes apparaissent souvent entre 15 et 25 ans. Pas facile de savoir, au début, ce qui relève du mauvais caractère ou de la maladie, d’où le diagnostic tardif.
Qu’est-ce que les troubles bipolaires ?
Classiquement, pour les formes les plus typiques, les troubles bipolaires sont une succession, inattendue dans le temps, de phases dépressives (quinze jours au moins) et de phases maniaques (euphoriques), celles-ci étant plus ou moins spectaculaires.
Quels sont les signes d’alerte ?
Ce qui doit intriguer, c’est un changement de comportement : enjoué, il (ou elle) devient triste ou calme ? Il est tout à coup irritable, insupportable, très vite étiqueté au mieux « lunatique », voire « caractériel » par l’entourage. Lors des périodes maniaques, les proches décrivent des heures de lever et/ou de coucher incongrues, des comportements excessifs et des conduites à risque. La dépression est caractérisée, quand elle est bipolaire, par une hypersomnie possible (il dort beaucoup), une hyperphagie (il mange trop), une indifférence, parfois une tristesse « énervée », mélange de dépression et d’excitation.
On consulte si…
Les premiers symptômes surviennent à l’adolescence. La périodicité des troubles, ces « changements de régime », dépression puis euphorie, ou la surconsommation de substances (plus sur le mode de l’abus par àcoups, que de la dépendance), est une indication, en sachant que la vitesse des cycles est éminemment variable d’une personne à l’autre.
Une autre forme de dépression ?
À première vue, cela paraît en être une parce que l’on consulte rarement quand on est plutôt en forme, en phase maniaque version « douce »… et que l’on s’inquiète plus volontiers si l’on est en période de basses eaux. C’est d’ailleurs ce qui explique les erreurs et les errances (parfois huit ans !) avant d’établir le diagnostic (1) .
Pourquoi faut-il en avoir le cœur net ?
Parce que le traitement, indispensable, est différent de celui de la dépression, associant médicaments régulateurs de l’humeur et prise en charge psychologique. La « psychoéducation » a ici une place énorme, où l’on apprend les déterminants de sa maladie et à l’apprivoiser en identifiant les moments difficiles, les facteurs de stress, d’environnement, qui pourraient déclencher les accès, ainsi que les signes précoces de rechute. En apprenant aussi les antidotes, c’est-à-dire les bons rythmes (d’activité physique, de repas, etc.), facteurs de protection. Texte du Dr Brigitte BLOND.
(1) Fondation FondaMental, réseau de coopération scientifique en santé mentale. www.fondation-fondamental. org

























