En novembre 1944, les troupes alliées découvrent dans le sous-sol de l'Institut d'anatomie de l'université de Strasbourg 86 corps atrocement mutilés, les corps de juifs gazés au camp de Natzweiler-Struthof, sur l'actuel sol français. Une découverte qui va mettre à jour l'un des projets les plus inconcevables et les plus méconnus du régime nazi : sous la direction d'Himmler en personne, une poignée de scientifiques reconnus, des aventuriers et des soldats fanatisés ont conjugué leurs efforts pour créer une collection de squelettes, allant jusqu'à assassiner des "spécimens" sélectionnés pour cet usage. Alors que l'extermination des juifs avait été officiellement décidée au plus haut niveau, l'opération avait pour but de prouver l'existence des races, mais aussi de conserver une trace de la "race juive" après sa disparition.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_concentration_de_Natzwiller-Struthof
http://www.struthof.fr/
Struthof-Natzwiller
La SS créa le camp de concentration du Struthof-Natzwiller, dans les Vosges, près de Natzwiller, à côté du village de Schirmeck, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Strasbourg, en Alsace annexée au Reich. L'emplacement du camp fut choisi à cause de la présence d'une carrière de granite desaffectée ; avant la guerre, il y avait une petite station de sports d'hiver. Il s’agit d’un camp de concentration de dimensions réduites. Jusqu’à l’achèvement des travaux de construction du camp, en mai 1941, les prisonniers dormaient à l’hôtel du Struthof, situé non loin de l’emplacement du camp, d’où le nom du camp. Celui-ci interna environ 1 500 détenus, utilisés comme main-d’oeuvre dans la carrière, dans des projets de construction et pour l’entretien du camp. Les premiers détenus, 300 Allemands, arrivèrent en mai 1941.
A partir de l’été 1943, de nombreux prisonniers «Nuit et Brouillard» furent détenus au Struthof, dans un bloc spécial. L’opération «Nuit et Brouillard» (Nacht und Nebel) était dirigée contre la Résistance anti-allemande de plus en plus active en Europe occidentale. Les personnes suspectées d’actes de résistance étaient arrêtées, sans que leurs familles en soient informées : les prisonniers disparaissaient dans la «nuit et le brouillard» précisément. De nombreux prisonniers du camp du Struthof étaient membres de la Résistance française.
En août 1943, une chambre à gaz fut construite en dehors des limites du camp, dans l’un des bâtiments de l’hôtel. Plus de 130 Juifs envoyés d'Auschwitz furent gazés et leurs corps envoyés à l’Institut d’anatomie de l’Université de Strasbourg, où le Professeur August Hirt constituait une collection de squelettes juifs en vue d’études raciales. La chambre à gaz fut également utilisée pour des expériences médicales pseudo-scientifiques sur les gaz toxiques. Les victimes de ces expériences furent principalement des Tsiganes en provenance d’Auschwitz. Par ailleurs, des prisonniers furent soumis à des expériences visant à mettre au point un traitement contre le typhus et la fièvre jaune.
A partir de 1944, la main-d’œuvre fournie par les prisonniers des camps de concentration devint de plus en plus importante pour la production allemande d’armements. Les Allemands utilisèrent les prisonniers du camp du Struthof comme main-d’oeuvre forcée pour la fabrication d’armes et la construction d’ateliers de production souterrains (et donc hors de portée des bombardements alliés dont les cibles privilégiées étaient les complexes industriels).
Aujourd'hui Dimanche 17 novembre 2013