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Jours tranquilles à Paris

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11 novembre 2013

Ecotaxe : 40 radars vandalisés en Bretagne, dont 20 hors d'usage, selon la préfecture

Le bilan des dégradations liées à l'écotaxe continue de grimper. Quarante radars routiers ont été vandalisés en Bretagne depuis le début ddu mois de novembre, indique la préfecture de la région Bretagne, dimanche 10 novembre. Parmi ce total, vingt radars sont aujourd'hui hors d'usage. Au cours de la nuit de samedi à dimanche, trois ont été incendiés dans les Côtes-d'Armor et deux autres dégradés en Ille-et-Vilaine. La région compte un peu plus d'une centaine de radars sur son réseau routier.

 

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11 novembre 2013

La Une de Libération ce matin

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11 novembre 2013

Emily Ratajkowski

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11 novembre 2013

Salgado toujours à la M.E.P.

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MEP

11 novembre 2013

11 novembre 1940 : les étudiants de France manifestent

Plaque commémorative en haut des Champs-Elysées prés de la place de l'Etoile - Charles de Gaulle

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Manifestation du 11 novembre 1940

La manifestation des étudiants et lycéens parisiens à l’Etoile le 11 novembre 1940 est un événement symbolique fort, qui mérite d’être revisité. Parfois considérée comme la première forme ouverte de résistance, elle est célébrée par tous, jusqu’au conseiller immigration de l’Elysée, l’inspirateur du discours de Grenoble, qui lui a consacré en 2009 un ouvrage à prétention historique.

Ce jour-là, cinq mois après le début de l’Occupation, bravant l’interdiction formelle du commandement allemand et de Vichy, quelques milliers de jeunes osent aller au tombeau du Soldat inconnu crier leur hostilité à l’occupant allemand. Ils le paient de plus de 200 arrestations, dont certaines sont maintenues plus d’un mois dans les prisons de la Santé, de Fresnes et du Cherche-Midi. D’ordre des autorités allemandes, l’université de Paris est fermée pour plusieurs semaines et les étudiants obligés de pointer chaque jour dans les commissariats. Le recteur Gustave Roussy est démis de ses fonctions par Vichy et remplacé par Jérôme Carcopino, ami personnel de Pétain…

La presse collaboratrice parisienne, soumise à la censure, reste muette cinq jours, avant de dénoncer l’irresponsabilité d’une certaine jeunesse. Mais la rumeur s’empare de l’événement : la presse clandestine parle de morts et déportés, la radio de Londres parle peu après de onze morts, et Carcopino lui-même demande à la police de démentir le chiffre de 300 fusillés. Rumeur pas totalement infondée : des soldats allemands ont tiré, faisant plusieurs blessés, dont l’étudiant Pierre Lefranc, future figure du gaullisme. Et les responsables étudiants ont en tête le souvenir de la manifestation anti-allemande des étudiants de Prague occupé, l’année précédente, qui se solda par des morts et des internements dans des camps et par la fermeture de l’université Charles. Rumeur durable : en 1945 encore, lors d’une cérémonie commémorative, le recteur Roussy, rétabli dans ses fonctions, parlera du «sang des étudiants de Paris (qui) tomba comme l’offrande d’une riche promesse». Du côté des autorités, l’inquiétude domine : les autorités allemandes obtiennent de la police française des arrestations préventives au Quartier latin et sur les grandes artères les jours suivants, culminant le 21 novembre à une rafle de plus de 1 000 jeunes, relâchés dans la nuit.

Après la Libération, le 11 novembre 1940, célébré comme «la première manifestation publique de la Résistance», est revendiqué de partout. Mais c’est à partir de 1948 que le Parti communiste s’en arroge l’origine exclusive. Il met en avant la personnalité de François Lescure (étudiant et fils du fondateur des éditions de Minuit) qui, communiste mais non connu comme tel, fut désigné en août 1940 par l’Unef comme son responsable en zone Nord. Jouant de son statut quasi-officiel, il avait, avec les Etudiants communistes, organisé la petite manifestation du 8 novembre au Quartier latin contre l’arrestation par les Allemands du physicien Paul Langevin, éminent scientifique et grande figure de la gauche.

Au soir du 8 novembre, il aurait prolongé l’action en lançant l’appel à manifester le 11 à l’Etoile. Cette affirmation, répétée d’une année sur l’autre, parfois illustrée de précisions invraisemblables, avait l’avantage de lier la petite (par le nombre) démonstration communiste du 8 à l’événement du 11, et de démontrer que les communistes avaient été au premier rang de l’opposition à l’Allemagne, bien avant l’agression contre l’URSS. Contre cette prétention s’est constituée en 1958 une association des résistants du 11 novembre 1940, qui prit pour président d’honneur Pierre Lefranc et qui nie l’initiative communiste, voyant dans la montée à l’Etoile la «première réponse à l’appel du 18 juin». Une véritable guerre des mémoires s’instaura dès lors.

L’examen des archives (universitaires, policières, allemandes) permet aujourd’hui d’y voir plus clair. En premier lieu les procès-verbaux d’arrestations le prouvent, la manifestation fut majoritairement le fait de lycéens plus que d’étudiants. Les témoignages montrent que beaucoup, non politisés, sont venus sans consigne préalable et que les appels de Radio Londres furent peu entendus. Il n’y eut pas de cortège homogène mais des juxtapositions de petits groupes. Surtout, les archives rectorales prouvent que l’idée de la manifestation était dans l’air depuis plusieurs jours et que le texte du seul appel connu au 11 novembre, exclusivement patriotique et sans aucune connotation politique, circulait au moins trois jours avant la date - supposée fondatrice - du 8 novembre au soir.

En voici le texte, qui est le seul appel connu à la manifestation : «Etudiant de France. Le 11 novembre est resté pour toi jour de Fête nationale. Malgré l’ordre des autorités opprimantes, il sera Jour de recueillement. Tu n’assisteras à aucun cours. Tu iras honorer le Soldat inconnu à 17 h 30. Le 11 novembre 1918 fut le jour d’une grande victoire. Le 11 novembre 1940 sera le signal d’une plus grande encore. Tous les étudiants sont solidaires pour que vive la France. Recopie ces lignes et diffuse-les.»

Que cet appel, dont l’auteur reste inconnu, ait rencontré un large écho n’est pas surprenant : la police avait noté que le 1er novembre, sans aucun appel d’organisation, plusieurs milliers de personnes étaient allées sur la tombe du Soldat inconnu. Il est certain que chez les étudiants communistes restés fidèles à la ligne antifasciste de 1936, il y eut des participants à cette manifestation, qu’ils appelaient de leurs vœux. Mais il faut attendre juillet 1941 pour que la presse clandestine communiste glorifie l’événement, avant la revendication d’exclusivité après la Libération. Soixante-treize ans après, la manifestation à l’Etoile, événement unique, est d’abord le témoignage d’une sociabilité juvénile, marquée par la spontanéité, et permettant la convergence de courants politiques divers. Ce qui la rend à certains égards très actuelle.

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11 novembre 2013

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