Fabrice Hergott, directeur du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Fabrice Hergott est nommé directeur du MAM en 2006, après avoir été directeur des musées de la ville de Strasbourg. Aujourd’hui, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris propose plusieurs expositions incontournables, dont une rétrospective du peintre chinois Zeng Fanzhi, jusqu'au 16 février 2014. Entretien avec Fabrice Hergott.
Pouvez-vous nous parler des expositions qu’il y a en ce moment, et plus particulièrement de celle consacrée à Zeng Fanzhi ?
Nous proposons actuellement trois expositions, qui sont plutôt complémentaires les unes des autres. Ces expositions ont toutes les trois la particularité d’explorer des zones qui n’ont pas été beaucoup parcourues ces dernières années.
La première s’intitule « Decorum ». C’est une exposition qui essaie de faire le point avec des artistes contemporains sur le genre artistique de la tapisserie, adopté par des artistes depuis maintenant plus d’un siècle. L’exposition « Poliakoff », propose quant à elle une relecture du travail d’un artiste qui avait été non pas oublié, mais dont l’image avait semblé un peu dépassée. Des artistes contemporains s’intéressent désormais de nouveau à l’abstraction, et c’est donc une manière d’explorer le passé. Notre dernière exposition est consacrée à Zeng Fanzhi. Elle propose une présentation de l’artiste chinois que l’on voulait exposer dans un contexte neutre, sans le montrer comme un artiste chinois, afin de capter ses œuvres selon ses qualités et son esthétique propres, qui sont assez particulières. C’était une manière aussi pour nous de répondre à notre mission de service public, et de montrer aux visiteurs les choses intéressantes passées, les techniques un peu oubliées, et un artiste dont le contexte géographique et historique est très différent du nôtre.
Comment s’est passé le montage de cette exposition ?
Le montage s’est très bien déroulé, en partenariat avec l’atelier de l’artiste. Les équipes se sont montrées très coopératives. Nous avons rencontré quelques difficultés au dernier moment parce qu’une des œuvres de l’exposition, La Cène, a été vendue à un prix record. C’était une des trois ou quatre œuvres majeures de l’exposition et nous avons eu connaissance début septembre du fait que l’œuvre allait être vendue, ce qui impliquait beaucoup de complications dans les transports et de l’incertitude aussi sur la valeur de l’assurance. Finalement, nous avons trouvé un accord qui a permis à l’œuvre d’entrer dans nos locaux. Mais l’œuvre est arrivée seulement trois jours avant le vernissage, ce qui a évidemment assez longtemps retardé l’accrochage.













