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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 14 janvier 2017

POUTINE, LE NOUVEL EMPIRE

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vendredi 13 janvier 2017

Donald Trump

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jeudi 12 janvier 2017

Donald Trump

Pour sa première conférence de presse, Donald Trump attaque pour mieux se défendre

Par Gilles Paris, Washington, correspondan

Après la révélation d’un rapport non vérifié sur ses liens avec la Russie, le président élu a finalement reconnu le rôle de Moscou dans les piratages, seule concession d’un exercice où il est resté fidèle à lui-même.

La première conférence de presse du futur président des Etats-Unis, mercredi 11 janvier, a été à l’image de son discours de candidature, en juin 2015, et similaire à la campagne qui lui a permis de l’emporter le 8 novembre. Frontale et transgressive. Après l’avoir évité pendant près de six mois, M. Trump s’était résigné à renouer avec cet exercice pour initialement éclaircir les questions des conflits d’intérêts entre son empire et ses fonctions de président. La maîtrise de cet agenda lui a échappé lorsqu’a enflé la controverse sur une éventuelle interférence des autorités russes dans le processus électoral américain.

Mais la publication mardi, par le site BuzzFeed, sans les vérifications d’usage et au nom de la « transparence », d’un document selon lequel ces mêmes autorités détiendraient des éléments compromettant pour lui, a cependant permis à ce dernier d’engager une contre-attaque sans nuances. Le document, que la majorité de la presse américaine a refusé d’évoquer, faute de pouvoir vérifier le contenu de ses allégations, a permis au magnat de l’immobilier de stigmatiser deux institutions qu’il n’a cessé de prendre comme cibles depuis des mois : la communauté du renseignement et la presse généraliste.

M. Trump avait donné un aperçu de son état d’esprit, quelques heures avant le début de sa conférence de presse, en publiant sur son compte Twitter une batterie de messages courroucés allant crescendo. « C’est le dernier coup contre moi. Vivons-nous dans l’Allemagne nazie ? », s’était-il finalement indigné après avoir estimé que les agences de renseignement étaient « peut-être » à l’origine de la « fuite » du document publié sans précaution par BuzzFeed, ce qui constituerait selon lui « une tache indélébile à leur réputation ».

« Je crois que c’était la Russie »

Ce dérapage sans précédent vis-à-vis des responsables censés conseiller le président sur les sujets les plus sensibles pour la sécurité nationale a valu une critique inhabituelle de la Maison Blanche. Son porte-parole, Josh Earnest, a jugé l’accusation « peu indiquée » lors de son point de presse quotidien, non sans rappeler les états de service des responsables mis en cause, dont une bonne partie quittera ses fonctions à l’arrivée de la nouvelle administration. Les premiers mots du futur président, dans l’atrium de la Trump Tower, à New York, ont néanmoins visé ces mêmes agences.

Ces dernières avaient, selon la presse américaine, ajouté un mémorandum de deux pages résumant le contenu du document à charge lors de la remise d’un rapport, le 6 janvier, demandé par le président sortant Barack Obama. Un compte rendu classifié partagé avec les commissions concernées du Congrès relatif à la première affaire, celle de piratages informatiques imputés à aux autorités russes constatés au cours de la campagne. M. Trump estime, peut-être à juste raison, que cet ajout est à l’origine de sa divulgation, même s’il ne permet pas de trancher sur une volonté de nuire du renseignement américain.

L’attaque a masqué en tout cas une conversion tardive. Après avoir longtemps douté de l’origine de ces piratages, en se retranchant même maladroitement derrière les dénégations russes, M. Trump a pour la première fois admis la thèse présentée par la Direction nationale du renseignement d’une responsabilité de Moscou. « Je crois que c’était la Russie », a-t-il déclaré, contrairement à la teneur du communiqué encore suspicieux qu’il avait publié après sa rencontre du 6 janvier. Mais M. Trump a ensuite immédiatement pivoté vers d’autres piratages, imputés notamment à la Chine, qui ont concerné des millions de données personnelles d’Américains.

« Great », « incredible », « fantastic »

Plus tard au cours de la conférence de presse, M. Trump a également repris à son compte l’autre thèse du renseignement selon laquelle le président Vladimir Poutine a été l’architecte de ces piratages. Après avoir défendu une tentative de rapprochement avec ce dernier au nom des intérêts américains, le magnat de l’immobilier a estimé que le président russe « ne devrait pas faire cela », et qu’« il ne le refera pas ». « Il n’aurait pas dû le faire et je ne crois pas qu’il recommencera à présent », a-t-il insisté, estimant que la Russie « respectera plus les Etats-Unis quand j’en aurai pris la direction ».

Ce changement de pied de M. Trump a été l’un des rares identifiés mercredi. Le milliardaire a renoué avec le style décousu ponctué de satisfecit éprouvé lors de la campagne. « Je crois que je vais devenir le plus grand producteur d’emplois jamais créé par Dieu », a-t-il assuré ironiquement, avant d’insister sur « le bon état d’esprit », une sorte d’état de grâce, entretenu par l’intérêt que lui ont porté des financiers tels que le fondateur d’Alibaba « Jack Ma, ou M. [Bernard] Arnault ». « Beaucoup de gens me disent qu’ils n’ont jamais ressenti cet état d’esprit par le passé », a-t-il insisté, conformément à un code rhétorique dont il est familier. Il a utilisé à 37 reprises le terme de « great », 7 fois « fantastic », 4 fois « incredible » et « incredibly », et 3 fois « brilliant », notamment pour qualifier les membres de sa future administration.

M. Trump n’a pas manqué non plus de rappeler les engagements pris par l’industrie automobile internationale d’investir aux Etats-Unis. Il a ainsi fait mine de se prévaloir d’un investissement de Fiat-Chrysler, dont la compagnie a pourtant précisé qu’il remontait en fait à une décision bien antérieure à la campagne.

« Le 20 janvier sera un jour très élégant »

Lors de l’évocation du piratage russe, M. Trump avait déjà assuré qu’une meilleure protection informatique avait empêché une intrusion dans les données du Parti républicain. La partie rendue publique du rapport des agences précise pourtant que des intrusions ont été signalées mais qu’elles n’ont pas été suivies, comme pour le Parti démocrate, de la divulgation de données internes.

La plupart des points soulevés mercredi avaient déjà été soulignés sur le canal préféré de M. Trump, son compte Twitter, qui a gagné plus de six millions de « suiveurs » depuis l’élection du 8 novembre. M. Trump ne s’est pas montré plus précis sur deux sujets sur lesquels il a été interrogé. Il s’est montré toujours aussi critique à propos de l’extension de la protection sociale léguée par le président Obama. En dépit de l’extrême complexité de l’opération qui vise à la démanteler sans mettre en danger des millions d’assurés appartenant aux classes sociales les plus modestes, le magnat de l’immobilier a assuré qu’elle serait « supprimée et remplacée presque simultanément », même si aucun dispositif alternatif n’a été définitivement arrêté.

« LE MEXIQUE REMBOURSERA, D’UNE MANIÈRE OU D’UNE AUTRE, PAR UNE TAXE OU UN VERSEMENT. IL NOUS REMBOURSERA LE COÛT DU MUR »

DONALD TRUMP

M. Trump a également réitéré sa promesse initiale de faire endosser par le Mexique les frais de construction du « mur » qu’il souhaite ériger sur la frontière sud des Etats-Unis pour lutter contre l’immigration illégale. La seule nouveauté a été la prise en compte du fait que cet investissement sous contrainte consistera en « un remboursement » des frais engagés par la future administration américaine. M. Trump a estimé qu’il lui aurait fallu attendre « un an et demi » pour voir aboutir des négociations avec Mexico. Le Mexique « remboursera, d’une manière ou d’une autre, par une taxe ou un versement. Il nous remboursera le coût du mur », a-t-il à nouveau promis, s’attirant une nouvelle dénégation du président Enrique Pena Nieto.

Au cours de la conférence de presse, M. Trump a témoigné à sa manière de son impatience d’arriver enfin au jour de sa prestation de serment. « Ce sera un jour très, très élégant, a-t-il dit. Le 20 [janvier] sera très, très spécial. Et très beau. Et je pense que nous allons avoir des foules massives parce que nous avons suscité un mouvement. Un mouvement comme le monde n’en a jamais vu auparavant. »

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mercredi 11 janvier 2017

Départ d'Obama, arrivée de Trump...

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Pour ses adieux, Barack Obama invite les Américains à s’engager

Par Gilles Paris, Washington, correspondant

Plutôt que de défendre son bilan, le président sortant a évoqué l’état de la démocratie américaine, mardi, à Chicago. Et dressé le portrait d’un pays profondément divisé.

Pour la dernière fois sans doute en tant que président des Etats-Unis, Barack Obama a serré des mains, embrassé et même pris un nourrisson dans ses bras, avec le degré d’intimité et de chaleur permis par le Secret Service. Pour la dernière fois, ses supporteurs avaient réclamé pour la forme auparavant « quatre années de plus » à la Maison Blanche, interdites par la Constitution, puis rugi aux formules les plus fortes quelques minutes plus tôt, avant de longtemps l’applaudir. M. Obama avait écorné la tradition en s’échappant de Washington pour prononcer mardi 10 janvier son dernier discours de président à Chicago, là où tout avait commencé pour lui.

Il fut l’occasion pour lui d’évoquer l’état de l’Union, même si son auditoire n’était pas le Congrès. La défaite de son camp lors des élections pour la présidence et les deux chambres, le 8 novembre, en a évidemment compliqué l’exercice. Souvent critiqué ces dernières semaines pour un sens de l’autosatisfaction en décalage avec le ressentiment des électeurs exprimé dans les urnes, M. Obama ne s’est pas longuement étendu sur un bilan qu’il juge certainement globalement positif, sur l’emploi, la protection sociale et même en politique étrangère avec l’accord avec l’Iran et la normalisation avec Cuba. « L’Amérique est meilleure et plus forte » qu’au début de ses deux mandats, a néanmoins assuré un président qui sait par ailleurs qu’une bonne part de son legs risque d’être remis en cause par la prochaine administration.

Une fois ce satisfecit énoncé, le président mais aussi l’ancien professeur de droit et celui qui fut également travailleur social ont alors abordé l’état de la démocratie américaine. Pour déclarer leur foi en sa solidité tout en rappelant ce qui peut la corroder, mais aussi ce qui peut au contraire la conforter, dans un balancement permanent entre une inquiétude présentée en effort de lucidité et l’espoir qu’il avait incarné et insufflé huit années plus tôt. A l’image de ce qui était tout de même un adieu, la note la plus sombre l’a emporté sur la plus lumineuse.

« Traitement équitable promis par les Pères fondateurs »

Car M. Obama, en invitant son auditoire à dépasser l’idée reçue selon laquelle les problèmes de l’économie peuvent se résumer à la lutte entre « une classe moyenne blanche laborieuse » et « des minorités indignes » n’a pu que dresser le tableau d’un pays profondément divisé. Entre classes sociales tout d’abord, du fait d’inégalités qu’il considère comme la première menace contre la démocratie. Entre les communautés ensuite, malgré les progrès qu’il ne cesse de rappeler survenus au cours des dernières décennies.

Il a rappelé que lorsque les minorités ethniques manifestent, dans une allusion voilée au mouvement Black Lives Matter, c’est moins selon lui « pour demander un traitement spécial que le traitement équitable promis par les Pères fondateurs ». Il a demandé aux uns de songer que « l’homme blanc d’âge mûr qui, de l’extérieur, peut sembler jouir de tous les avantages, a vu son monde bouleversé par le changement économique, culturel et technologique », et aux autres que la ségrégation « n’a pas disparu soudain dans les années 1960 » avec les droits civiques.

Le président a également mis en garde contre les « bulles » dans lesquelles trop d’Américains s’isolent à son gré pour fuir l’altérité ou le contradictoire, que cela soit « sur les campus universitaires ou dans le flux des réseaux sociaux », stigmatisant la capacité à n’accepter que « l’information, qu’elle soit vraie ou fausse, qui conforte notre opinion ». Il avait rappelé auparavant que les stéréotypes pour stigmatiser les immigrants étaient les mêmes utilisés par le passé à l’égard « des Irlandais, des Italiens et les Polonais ».

M. Obama a vu dans cet enfermement une hypothèque aussi sérieuse que les deux précédentes sur la démocratie. Parce qu’il produit un affrontement politique ne pouvant plus désormais reposer sur aucun constat de départ partagé par les deux camps. Faute de confiance dans « l’information », « la science »et « la raison », les discussions ne peuvent être que « des dialogues de sourds », a-t-il estimé, pointant l’enjeu du réchauffement climatique.

« Mettez vos chaussures et mobilisez-vous ! »

Sans nier par ailleurs les menaces venant de l’extérieur, et notamment celle représentée par le terrorisme perpétré « au nom de l’islam », le président démocrate qui a maintes fois évoqué la fondation du pays a clairement montré qu’il considère que les États-Unis sont principalement menacés par le renoncement par les Américains aux principes sur lesquels leur nation a été fondée. « Notre démocratie est menacée à chaque fois que nous la considérons comme acquise », a-t-il averti.

La présence de la foule face à lui a alors donné plus de force à ce que M. Obama a mis en avant pour empêcher un délitement. « Si vous êtes fatigué de discuter avec des inconnus sur Internet, essayez de parler avec quelqu’un dans la vie réelle. Si vous pensez que quelque chose ne va pas, mettez vos chaussures et mobilisez-vous. Si vous êtes déçus par vos élus, prenez un bloc-notes, collectez des signatures, et présentez-vous. » Au tout début de son discours, M. Obama avait confié que « c’est [à Chicago] que j’ai appris que le changement ne se produit que si des gens ordinaires s’impliquent, s’engagent et se rassemblent pour le demander. Après huit ans de présidence, j’y crois toujours ! »

Nul doute qu’à cet instant, M. Obama s’est exprimé plus particulièrement à l’intention de son camp, qui a souvent essuyé les défaites au cours des huits dernières années, en contrepoint de ses deux succès personnels de 2008 et de 2012. Un parti démocrate frappé par le revers de novembre et qui hésite sur la stratégie à suivre, comme l’illustre l’analyse du professeur de Columbia Mark Lilla déplorant le coûteux abandon des anciens cols-bleus blancs au profit de minorités restées marginales du point de vue électoral.

M. Obama a donc pris congé en invitant les siens à se mobiliser et à trouver par eux-mêmes des réponses. Il s’était montré très ému lors de l’hommage rendu à son principal mentor politique, sa femme Michelle. Son public devait l’être tout autant lorsqu’il a pris conscience qu’il venait de perdre le sien.

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mardi 10 janvier 2017

Bachar Al-Assad choisit Fillon

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En marge d'une rencontre avec trois députés français, dimanche 8 janvier, le président syrien, Bachar Al-Assad, a salué la position de François Fillon au sujet du conflit qui déchire la Syrie. " Sa rhétorique concernant les terroristes ou, disons, la priorité du combat contre le terrorisme sans s'ingérer dans les affaires des autres pays, est bienvenue ", a déclaré M. Al-Assad aux micros de RTL, France Info et LCP. S'il a toujours condamné les actes de ce dernier, M. Fillon a répété à plusieurs reprises que la priorité en Syrie est de vaincre les islamistes grâce à une coalition unique avec les Russes, alliés indéfectibles de M. Al-Assad. Le " soutien " du président syrien a été peu apprécié dans l'équipe de M. Fillon. " Il aurait mieux valu qu'il se taise ", tranche un soutien du candidat à la présidentielle, qui a déjà été cité lors des vœux de Vladimir Poutine, le 30 décembre.

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samedi 31 décembre 2016

Poutine calme le jeu

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Le président élu des Etats-Unis Donald Trump a salué dans un tweet vendredi "l'intelligence" du président russe Vladimir Poutine moins de 24 heures après une longue série de sanctions prises contre Moscou par le président sortant Barack Obama.

"Bien joué (de la part de V. Poutine) sur le report - J'ai toujours su qu'il était très intelligent!", a écrit le futur président américain, qui entrera en fonctions le 20 janvier, épinglant pour mieux le mettre en valeur son tweet, immédiatement retweeté par l'ambassade russe à Washington.

Donald Trump faisait référence à la décision du président russe de ne pas répondre pour l'instant aux sanctions prises par Washington, qui accuse Moscou d'ingérence dans la campagne présidentielle américaine.

Le président Vladimir Poutine a créé la surprise vendredi en décidant de "n'expulser personne", ne répondant ainsi pas à l'expulsion par Washington de 35 agents russes, contrairement à ce que proposait son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

La Russie se réserve toutefois "le droit de prendre des mesures de rétorsion" et "restaurera les relations russo-américaines au vu de ce que sera la politique du président américain élu Donald Trump", avait ajouté M. Poutine.

L'administration américaine accuse la Russie d'avoir orchestré des piratages informatiques qui ont mené au vol et à la publication de milliers d'emails de responsables démocrates, brouillant le message de la candidate Hillary Clinton.

Les agences américaines de renseignement FBI et CIA estiment que Moscou ne voulait pas seulement perturber la campagne mais cherchait à faire élire Donald Trump.

Donald Trump, qui a salué les qualités du président russe Vladimir Poutine et a nommé à son cabinet des responsables ayant des liens étroits avec le Kremlin, n'a cessé de répéter qu'il ne croyait pas aux accusations d'ingérence russe.

Il s'est abstenu toutefois jeudi de critiquer les sanctions de M. Obama, jugeant qu'il était "temps de passer à d'autres choses plus importantes". Il a précisé qu'il rencontrerait les chefs du renseignement américain "la semaine prochaine" pour faire le point sur cette affaire.

La commission de la Défense au Sénat américain a prévu d'entendre jeudi prochain le directeur du renseignement américain James Clapper, qui coordonne l'activité des 17 agences américaines de renseignement, dont les puissantes CIA et NSA.

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mercredi 14 décembre 2016

Alep - Urgence

#alep #urgence

Une photo publiée par Mathieu Cesar (@mathieucesar) le 13 Déc. 2016 à 6h56 PST

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samedi 10 décembre 2016

Le document de Poutine qui entérine la nouvelle guerre froide

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Dans un décret passé quasi inaperçu, l’Union européenne est accusée de chercher, conjointement avec les Etats-Unis, à « saper la stabilité régionale et globale ».

Après deux années de fortes tensions alimentées par l’annexion de la Crimée, en mars 2014, le conflit dans l’est de l’Ukraine, puis l’intervention russe en Syrie, Vladimir Poutine avait paru vouloir marquer une pause dans la confrontation avec l’Occident.

« Contrairement à certains de nos collègues étrangers qui voient en la Russie un adversaire, nous ne cherchons pas et n’avons jamais cherché d’ennemis », avait-il déclaré, lors de son discours annuel à la nation, le 1er décembre, ajoutant : « Nous avons besoin d’amis. » Le même jour, cependant, le Kremlin publiait un décret signé par le chef de l’Etat qui entérine la nouvelle guerre froide.

Dans ce document de trente-huit pages passé quasi inaperçu, où figure à soixante-dix reprises le mot « sécurité », et vingt-cinq fois celui de « menace », l’Union européenne (UE) est accusée « d’expansion géopolitique » et de chercher, conjointement avec les Etats-Unis, à « saper la stabilité régionale et globale ». L’oukase présidentiel, destiné à réviser la doctrine de politique extérieure de la Russie établie en 2013, a fait le tri.

Ont ainsi disparu certaines priorités comme celle-ci : « Le but principal dans les relations avec l’UE, pour la Russie, qui fait partie intégrante de la civilisation européenne, est de promouvoir la création d’un espace économique et humain de l’Atlantique jusqu’au Pacifique. » Plus d’intégration, plus d’espace commun. A la place, la nouvelle doctrine évoque des « problèmes systémiques accumulés depuis un quart de siècle ».

Envolé le « non-recours à la force »

En tête de ces derniers : « La volonté des pays occidentaux de maintenir leur position en imposant leur point de vue sur les processus internationaux et leur politique de confinement vis-à-vis des centres alternatifs de pouvoir conduisent à une plus grande instabilité dans les relations internationales et au renforcement des turbulences globales. »

Si en 2013 le « dialogue » avec les Etats-Unis était privilégié « sur une base économique forte », dans le but d’un « renforcement des relations dans tous les domaines », trois ans plus tard, le ton a changé : la Russie n’accepte pas les « tentatives de pressions militaires, politiques et économiques » exercées, selon elle, par Washington « en dehors du cadre du droit international », et elle « se réserve le droit de réagir à des actions hostiles, y compris par le renforcement de sa défense nationale ainsi que par la prise de mesures symétriques ou asymétriques ».

La Russie, poursuit le document, considère « le système antimissiles américain [déployé en Europe de l’Est] comme une menace pour sa sécurité nationale et se réserve le droit d’une réponse adéquate ». L’objectif de « donner un caractère global » aux obligations nées du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, signé en 1987, entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan, a disparu.

Envolé aussi le « non-recours à la force » préconisé dans les relations internationales. La version 2016 de la politique extérieure russe souligne, tout au contraire, que « le rôle du facteur de la force dans les relations internationales augmente ».

Le document se veut apaisant

Avant, il était surtout question pour la Russie de « préserver une position forte et influente dans la communauté mondiale » par « une voie de développement innovante », et le « renforcement des droits et des libertés de l’homme ». Après, rien de tout cela n’existe plus, remplacé par cette double mission assignée à la diplomatie : « Promouvoir le patrimoine national et l’identité culturelle des peuples de la Russie », et « renforcer les positions des médias russes ».

Le document se veut aussi apaisant, tout comme M. Poutine qui a redit récemment sa volonté de renouer avec la nouvelle administration de Donald Trump, car la Russie, « facteur d’équilibre dans les affaires internationales et du développement de la civilisation mondiale », entretient « des relations de bon voisinage avec les pays voisins ».

Elle prône des « partenariats » avec l’Ukraine « sur la base d’un respect mutuel ». Elle soutient « l’unité, l’indépendance, l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne en tant qu’Etat démocratique, laïc, pluraliste, où tous les groupes ethniques et religieux vivront dans la paix et la sécurité ». Sa politique extérieure, enfin, est « ouverte, prévisible et cohérente ».

Mardi, le chef du Kremlin a signé un autre décret consacré cette fois à la doctrine sur la « sécurité informationnelle », dont le but est de « développer un système national de contrôle » de l’Internet russe.

Le texte relève aussi « une tendance à la hausse dans les médias étrangers de publications d’articles ayant un ton négatif sur la politique de la Russie » et promet d’agir contre les tentatives « d’influencer la population russe, notamment la jeunesse, dans le but d’éroder les valeurs spirituelles et morales traditionnelles ». Article de Isabelle Mandraud - Correspondante à Moscou

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