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Jours tranquilles à Paris

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4 octobre 2017

Le Japon est-il en passe de devenir une « société super solo » ?

Par Philippe Pons, Tokyo, correspondant Le Monde

Les difficultés socio-économiques n’expliquent pas seules la tendance des jeunes Japonais à rester célibataires. L’évolution de l’image et de la place de la femme dans la société contribue aussi au déclin du mariage.

LETTRE DE TOKYO

Par candidats interposés, les élections législatives du 22 octobre se ramèneront à un affrontement entre le premier ministre Shinzo Abe et la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, qui sans se présenter elle-même (du moins jusqu’à présent) a formé un nouveau parti bouleversant l’échiquier politique. Un duel au sommet entre un homme et une femme dans ce pays où la parité se fait attendre est une première.

Le « boom Koike » se nourrit de l’agacement à l’égard d’un premier ministre qui a multiplié les promesses sans les tenir et de la combativité d’une femme douée de sens politique et qui, en tant qu’ancienne présentatrice de télévision, sait jouer des médias. Mais, comme M. Abe, Mme Koike appartient à une génération au-delà de la soixantaine, qui n’est pas forcément en phase avec l’évolution de la société et à même de répondre aux attentes des nouvelles générations – en particulier, bien que femme, à celles des jeunes Japonaises sur le plan de leur vie tant professionnelle que personnelle.

Plus grande indépendance des jeunes femmes

Dynamiques, entreprenantes, indépendantes, ces dernières entrent davantage sur le marché du travail. Mais, en dépit des promesses de M. Abe, elles ont toujours des difficultés à concilier activité professionnelle et vie de famille en raison de l’insuffisance des places en crèche. Bien que 54,4 % d’entre elles souhaitent continuer à travailler après la naissance de leur premier enfant (10 % de plus qu’en 2000), beaucoup doivent choisir.

Elles sont en outre victimes, comme les hommes, des difficultés à trouver un travail stable (la précarité touche 40 % des emplois). Les deux phénomènes contribuent à un recul du mariage : 30 % des trentenaires en situation précaire sont mariés, contre 56 % dans le cas de ceux qui ont un emploi régulier.

Le Japon est en train de devenir une société de « célibataires », estime Kazuhisa Arakawa, auteur de « La Société super solo » (2017, non traduit). « Les hommes gagnent moins et ne trouvent pas d’épouse en raison de leurs revenus insuffisants, et les femmes gagnent plus mais trouvent moins le conjoint qui leur convient », avance-t-il. Responsable d’un projet de recherches sur le thème du recul du couple à l’agence de publicité Hakuhodo, il estime qu’en 2035, un Japonais sur trois et une Japonaise sur cinq vivront seuls (célibataires ou divorcés).

Aux phénomènes sociaux-économiques épinglés par les médias contribuant à faire reculer le mariage et entraînant une dénatalité alarmante, s’en ajoutent d’autres, moins visibles : la perception réciproque des femmes et les hommes.

Les mariages arrangés en déclin

Selon le sociologue Satoshi Ota de l’université Tama, « la “bulle financière” du milieu de la décennie 1980, qui a fait bondir la consommation, et la loi sur l’égalité des sexes dans le travail (1985), même imparfaitement appliquée en matière de salaire et de carrière, ont eu un effet sur les comportements et l’image de la femme : de la jeune fille un peu mièvre (kawaii), et de l’épouse-mère de famille, on est passé à celle de la femme indépendante ».

Les médias de la dernière décennie du XXe siècle montrent que « les femmes ont joué un rôle déterminant dans la culture jeune depuis les années 1980, poursuit le sociologue. Alors qu’auparavant, les garçons faisaient découvrir les lieux à la mode aux filles, ce sont elles qui, mieux informées, ont pris l’initiative. Et elles ont commencé à fréquenter entre elles restaurants, cafés, bars et discos. Disposant de plus de moyens financiers, les jeunes Japonaises sont devenues plus aventureuses et se sont dérobées au rôle qui leur était imparti par la société : se marier et fonder un foyer ».

Cette plus grande indépendance des jeunes femmes a favorisé un autre phénomène : le déclin de la pratique du mariage arrangé (par les familles, un intermédiaire, l’entreprise). Il y a un demi-siècle, c’était le cas pour la moitié des unions. Aujourd’hui, pour à peine 6 %. « Les garçons sûrs d’eux-mêmes s’accommodent de l’évolution du comportement des filles, poursuit Satoshi Ota. Mais beaucoup sont désarçonnés par une conduite ne correspondant plus à l’image stéréotypée de la femme donnée par leur mère. Ces garçons trouvaient dans le mariage arrangé un moyen de pallier introversion ou timidité. Ce n’est plus le cas. De peur d’être repoussés, ils se replient sûr eux-mêmes. »

« Garçons herbivores » et « filles carnivores »

Depuis une dizaine d’années, les médias ont épinglé un apparent recul de la libido par des formules chocs : « garçons herbivores » (soshokukei-danshi) et « filles carnivores » (nikushokukei-joshi), la métaphore désignant les garçons qui ont renoncé à « draguer » les filles et les « prédatrices » qui chassent les garçons.

Selon les statistiques, près 35 % des garçons et des filles de 25-39 ans sont célibataires et n’ont pas de partenaire régulier. Le couple n’est plus l’horizon obligé des jeunes Japonais. « Beaucoup de garçons et de filles pensent que tomber amoureux est “fastidieux” et qu’il y a autre chose à faire dans la vie », explique Satoshi Ota. Recul de l’appétit sexuel ? « Ils ou elles n’ont pas de partenaire fixe. C’est tout. Cela ne veut pas dire qu’ils ne font pas l’amour. Choisi ou subi, leur célibat pèse en tout cas sur la natalité car, contrairement aux pays occidentaux, où la naissance d’un enfant hors mariage est acceptée, au Japon, elle est très mal vue. »

Pour ces jeunes Japonais, garçons ou filles, qui en majorité ne votent pas, le duel Abe-Koike semble loin d’offrir des réponses à leurs préoccupations et à leurs attentes. Une simple turbulence dans la « bulle politique ».

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4 octobre 2017

Coco de Mer

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4 octobre 2017

KARRY ANN – LARRY ROSTANT {EXCLUSIVE EDITORIAL/ NSFW}

Larry Rostant is a commercial and editorial photographer based in London. His unique and eye catching photographic style is always in demand from clients requiring bold and dynamic imagery. His distinctive and creative use of lighting and color, brings out the drama and beauty in every subject. His work is delicious, contemporary and commercial and all delivered within a relaxed and enjoyable studio atmosphere. Larry has shot a wide variety of artists in the sports, music and celebrity world such as Ben Stokes, David Weir, Norman Cook and the legendary Dame Edna, his work continues to receive critical acclaim both in the UK and internationally.

See more of Larry Rostant's work here: WEBSITE INSTAGRAM

Model: Kerry Ann

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4 octobre 2017

Fashion Week - ETAM

4 octobre 2017

Exposition - Intérieurs parisiens à "PARIS Rendez-vous" - rue de Rivoli

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Photos : Jacques Snap

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3 octobre 2017

Défilé CHANEL au Grand Palais - les gorges du Verdon

3 octobre 2017

Abercrombie & Fitch - Champs Elysées

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Entrée du magasin. Photos : J. Snap

3 octobre 2017

Les dirigeants catalans se sont mis "en marge du droit et de la démocratie", estime le roi d'Espagne.

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Felipe VI ne joue pas la carte de l'apaisement. Dans une allocution diffusée mardi 3 octobre, le roi d'Espagne a dénoncé l'attitude des séparatistes catalans. Deux jours après l'organisation du référendum sur l'indépendance interdit par Madrid, il a accusé les dirigeants de la région autonome de se mettre "en marge du droit et de la démocratie".

Quelque 300 000 personnes ont participé à un rassemblement, à Barcelone, selon la police municipale pour "dénoncer" les violences policières en marge du référendum interdit. Lors du scrutin, la police et la garde civile sont intervenues dans une centaine de bureaux de vote pour saisir urnes et matériel électoral, et des heurts ont éclaté.

3 octobre 2017

Exposition à ARTCURIAL

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Photos : J. Snap

3 octobre 2017

Référendum en Catalogne

L’Espagne et la Catalogne plongent dans l’inconnu

Par Sandrine Morel, Madrid, correspondance

Carles Puigdemont, le président catalan, veut enclencher le processus d’indépendance de la région après la victoire du oui au référendum.

Et maintenant ? Le scénario des événements de dimanche 1er octobre était écrit d’avance. Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, avait prévenu qu’il ne laisserait pas s’organiser, au mépris de la loi et de l’autorité de l’Etat, le référendum sur l’indépendance de la Catalogne, interdit par la Cour constitutionnelle espagnole. Le président catalan, Carles Puigdemont, l’a maintenu envers et contre tout, au nom de la « légitimité populaire » et de l’« engagement » pris envers ceux qui ont porté au pouvoir la coalition indépendantiste en Catalogne, en septembre 2015.

L’escalade verbale entre les deux hommes, incapables d’engager un quelconque dialogue, annonçait ainsi depuis des mois un choc inévitable. Ce dernier a finalement eu lieu le 1er octobre lorsque la police nationale a chargé sur des Catalans qui voulaient ­voter. Ses conséquences sont à présent ­imprévisibles.

Le président de la Catalogne a laissé peu de place au doute quant à son intention de proclamer l’indépendance de la région espagnole dans le courant de la semaine. « En ce jour d’espoir et de souffrances, les citoyens catalans ont gagné le droit d’avoir un Etat indépendant sous la forme d’une république », a-t-il déclaré lors une allocution télévisée, avant même la publication des résultats, insistant sur les « atteintes aux droits et libertés » qui se sont produites dans la journée.

A maintes reprises, dans son discours, il a mentionné l’Europe, demandant une médiation internationale. Mais il a aussi laissé entendre qu’il n’attendra pas celle-ci pour agir et qu’il « transmettra dans les prochains jours les résultats du scrutin au Parlement catalan, afin qu’il puisse agir conformément à la loi référendaire ».

« Processus long et laborieux »

D’après cette loi polémique, sorte de mini-Constitution liquidant à la fois la Loi fondamentale espagnole et le statut d’autonomie catalan, approuvée sans débat le 7 septembre au Parlement régional par une majorité simple et suspendue par le Tribunal constitutionnel, la sécession doit être proclamée dans les 48 heures suivant la publication des résultats, si le oui l’emporte.

Sauf surprise majeure, la coalition indépendantiste Junts pel si (« Ensemble pour le oui ») et la Candidature d’unité populaire (CUP, extrême gauche) devraient proclamer l’indépendance de la Catalogne mercredi 4 octobre. Selon leur programme s’ensuivrait ensuite un « processus constituant » de négociation entre les différents partis et avec l’Etat.

Après plusieurs mois, le projet de Constitution qui en émanerait serait soumis à une nouvelle assemblée, dite constituante, formée après de nouvelles élections. Selon un dirigeant de Ciudadanos, le principal parti d’opposition, « le gouvernement catalan pourrait en quelque sorte essayer d’appliquer dès mercredi l’équivalent de l’article 50 pour le Brexit : l’ouverture d’un processus de négociation long et laborieux qui lui permettrait en fait de gagner du temps pour chercher des soutiens dans la communauté internationale et essayer de renforcer encore le bloc indépendantiste, en marge de la CUP, qui est un allié gênant pour son image… »

Quelle sera la réponse de Madrid ? Il semble improbable que Mariano Rajoy laisse passer une déclaration d’indépendance sans réagir. En cas de sédition, la loi lui permet de suspendre l’autonomie de la Catalogne et de prendre le contrôle de la police régionale, les Mossos d’Esquadra.

La déclaration d’indépendance pourrait aussi conduire les juges à procéder à l’arrestation de Carles Puigdemont et des membres du gouvernement, déjà mis en examen pour détournement de fonds publics pour l’organisation du référendum. « Si cela se produit, l’Etat de droit aura vaincu mais le système politique de l’Espagne, celui des régions autonomes, aura perdu, affirme le journaliste Xavier Vidal-Folch, auteur de plusieurs ouvrages sur la question catalane. Et il faudra de nombreuses années pour le recoudre et réparer les fractures de la société. »

Fuite en avant et manque de vision

Les principaux syndicats ont appelé à une grève générale en Catalogne, mardi 3 octobre, pour protester contre les violences policières.

Et les puissantes associations indépendantistes ont envoyé un avertissement à M. Puigdemont. « Nous attendons tout de votre engagement : Président, ne nous faites pas défaut », a déclaré dimanche soir devant une foule enthousiaste, place de la Catalogne, à Barcelone, Jordi Sanchez, le président de l’Assemblée nationale catalane (ANC), à l’origine des manifestations monstres qui ont lieu chaque année pour la Diada (la fête nationale catalane).

La fuite en avant des indépendantistes et le manque de vision du chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, cadenassé derrière une lecture uniquement juridique de la crise la plus grave qu’ait connue son pays en quarante ans de démocratie, font craindre le pire. Persuadé que la reprise économique ramènerait les Catalans « à la raison », et que les divisions internes au sein du bloc indépendantiste feraient exploser leur fragile unité, M. Rajoy a attendu que le temps règle les choses.

La seule proposition que sont prêts à accepter les indépendantistes est l’organisation d’un véritable référendum d’autodétermination légal. Le temps des négociations sur le système de financement et l’amélioration du statut d’autonomie est passé, disent-ils. « Celui qui renonce à l’indépendance meurt immédiatement politiquement », affirme un dirigeant de la Gauche indépendantiste catalane (ERC).

« Une simple mise en scène »

Or, un référendum d’autodétermination n’a jamais été envisagé par le chef du gouvernement espagnol : la Constitution ne le permet pas et le Parti populaire ne la réformera pas pour qu’elle le permette. Dimanche soir, M. Rajoy, lors d’un discours froid, a répété « qu’il n’y a pas eu de référendum en Catalogne, mais une simple mise en scène », se félicitant d’avoir appliqué « la loi, rien que la loi », comme s’il avait remporté une victoire.

C’est une erreur. Ni Madrid ni Barcelone ne sortent vainqueurs ce 1er octobre. Le chef du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, est certes parvenu à faire descendre dans la rue des milliers de Catalans pour voter à son référendum d’autodétermination unilatéral. Mais il s’est agi d’un simulacre dépourvu des garanties démocratiques minimales, avec des urnes opaques et un programme informatique défaillant qui a permis à ceux le souhaitant de voter à plusieurs reprises. Ce scrutin illégal s’est soldé par un résultat digne d’une république bananière : 90 % de oui à l’indépendance, avec un taux de participation de 42,3 % (2,26 millions de personnes).

Quant à Mariano Rajoy, sa défaite est double. Non seulement il n’est pas parvenu à empêcher le vote, comme il s’y était engagé, mais il a perdu la bataille morale. Les images des charges policières ont fait le tour du monde et donné aux indépendantistes de nouveaux arguments.

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