Le bikini en Algérie...
En Algérie, des femmes se battent pour porter le bikini. (Par Le Hic) pic.twitter.com/SeLIjGTOHU
— Ornikkar ™ (@ornikkar) 6 août 2017
LES NATURISTES ont le vent en poupe
Vacances : Les adeptes des séjours dans le plus simple appareil sont de plus en plus nombreux. Ce mouvement se rajeunit et surfe sur la vague bio.
Par Aymeric Renou - Le Parisien
Les « textiles » n’ont qu’à bien se tenir. Sans crier gare, et petit à petit, les adeptes des vacances sans vêtements sont de plus en plus nombreux en France. Selon une étude menée en 2015 par le cabinet Protourisme, on estime que 2,6 millions de Français pratiquent régulièrement le naturisme.
« Le nombre d’adeptes augmente de façon constante, environ 2 % par an, depuis un peu plus d’une dizaine d’années, explique Jean-Philippe Pavie, coordinateur de France 4 Naturisme, un groupement de huit villages campings familiaux. La plupart de nos clients sont des habitués, et pour moitié des étrangers. »
Cet engouement pour la vie « au naturel » se retrouve à Héliomonde, un grand centre de vacances naturiste situé à Saint-Chéron, dans l’Essonne, en région parisienne. Des emplacements pour canadiennes ou camping-cars, des bungalows et des mobile homes alignés les uns à côté des autres et une grande piscine au milieu d’un parc arboré de 47 ha. Rien ne différencie à première vue Héliomonde d’un autre centre de vacances. Un détail, tout de même : le premier couple croisé, visiblement fan de marche en forêt, porte des chaussures de randonnée et un sac à dos. Rien d’autre. Vraiment rien d’autre. On est tenté de baisser les yeux ou de les détourner. Pas le temps : les deux touristes lancent à l’unisson un « bonjour ! » aussi nonchalant que sympathique, le regard droit dans celui de leur interlocuteur, avant de poursuivre leur route.
« Le renouvellement est de plus en plus sensible, remarque Michel Sarrazin, le directeur du centre Héliomonde. On accueille de plus en plus de trentenaires, des couples avec de jeunes enfants qui, en venant ici, poussent un peu plus loin une philosophie de vie de plus en plus courante. Cela consiste à faire attention à son environnement, à manger bio et à vivre davantage en harmonie avec la nature. »
L’engouement pour le naturisme ne touche plus uniquement la période des vacances estivales. Les adeptes, nouveaux et anciens, pourront à partir du printemps prochain être nus en toute légalité à Paris. Une zone naturiste est en effet en projet dans le bois de Vincennes. L’idée est de prôner un nouvel espace de liberté.
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Naturisme ou nudisme ?
Attention à ne pas faire l’amalgame, au risque de se faire reprendre de volée par un adepte militant du naturisme. Pour ce dernier, se mettre nu est une philosophie, presque un art de vivre, fût-il pratiqué seulement quelques jours ou semaines pendant l’année. Le naturiste est proche de la nature et adapte donc, quand il le peut, en fonction du lieu et de la météo, son comportement pour être au plus proche de l’état naturel.
A l’inverse, le nudisme est un acte d’opportunité et de pur plaisir personnel. L’exemple le plus courant est celui qui consiste à « tomber le maillot » le temps de se baigner pour profiter du contact de l’eau sur l’ensemble de son corps… et de vite se rhabiller par pudeur dès que la baignade est terminée. A.R.
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« Ça fait du bien de se sentir libre »
LP/matthieu rosier
Adeline, 37 ans, récente adepte du naturisme
Elle a découvert le naturisme il y a trois ans, pendant des vacances estivales avec des amis dans les Landes. « Ils m’ont proposé de les rejoindre au centre Euronat et, même si le naturisme n’était pas du tout dans mes habitudes, j’ai bien apprécié, raconte Adeline, 37 ans. Je suis ni une accro ni une militante mais, quand l’occasion se présente, j’y vais ! »
Mère célibataire, ancienne graphiste reconvertie dans la production et la vente de légumes bio dans l’Orne, en Normandie, elle s’est offert, à l’occasion d’un séjour parisien, une journée nature et détente, début juillet, au centre francilien Héliomonde avec son fils, Raphaël, 4 ans. « Nus, on se sent libre, sans contrainte… et ça fait du bien. C’est une vraie coupure avec la vie quotidienne. Et puis l’atmosphère qui règne ici est plus tranquille que dans des campings ou des centres de vacances traditionnels. C’est difficile à comprendre pour les non-pratiquants, mais on est bien moins observé et moins jugé ici nu qu’habillé ailleurs. »
La jeune femme apprécie également l’absence totale d’agressivité entre tous les résidants, quel que soit leur âge ou leur niveau social. « Le fait d’être nus nous rend plus fragile physiquement, presque sans défense. Du coup, il y a une ambiance de solidarité, d’attention vis-à-vis de chacun que l’on ne ressent curieusement que dans un centre naturiste et pas ailleurs. » A.R.
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« L’état du corps au plus proche du naturel »
Hubert Prolongeau, auteur de « Couvrez ce sein… »
Journaliste et écrivain, Hubert Prolongeau, 53 ans, vient d’éditer « Couvrez ce sein… : la Nudité dans tous ses états », un essai (12 €, chez Robert Laffont).
Pourquoi y a-t-il encore autant de fantasmes vis-à-vis du naturisme chez les non-adeptes ?
Hubert Prolongeau. A chaque fois que j’en parle, mes interlocuteurs se sentent obligés de se positionner sur le sujet. Et beaucoup disent : « Moi, jamais ! » Il y a un poids culturel certain. Pour la majorité d’entre nous, le nu est associé au sexuel. La réalité est différente car on se met nu plus souvent pour d’autres raisons : pour dormir, pour se laver ou pendant une visite médicale, par exemple. L’image du naturisme reste également encore un peu floue médiatiquement. L’inévitable séquence libertine et « hot » sur le Cap-d’Agde occulte le reste de la réalité du naturisme, fait de respect de soi, d’autrui et de la nature.
Avez-vous compris, au cours de votre enquête, d’où vient le besoin des naturistes de partager socialement leur nudité avec d’autres ?
Pour les naturistes, être nu, c’est l’habillement zéro, c’est l’état du corps au plus proche du naturel. Ils sont nus seuls, chez eux, mais se retrouvent également entre eux dans des lieux adaptés car il est tout simplement interdit de le faire dans l’espace public. Tous ne partagent d’ailleurs pas les mêmes valeurs du naturisme. Il y a deux écoles : celle du naturisme philosophique, écolo et volontairement proche de la nature, et celle des hédonistes qui vivent la nudité principalement parce qu’ils trouvent cela agréable, sans ériger leur pratique en quasi-religion.
Assiste-t-on à un renouvellement de la population pratiquante avec davantage de jeunes ?
Oui. Les « purs et durs », adeptes depuis les années 1960 et 1970, sont moins influents dans les centres de vacances. Les règles s’y adoucissent petit à petit. Le fameux cliché de personnes entièrement nues en train de choisir des fruits et des légumes dans la supérette de leur camping a quasiment disparu. Il y a davantage de tolérance avec les vacanciers qui ne sont pas 100 % naturistes. Les gens s’habillent d’ailleurs de plus en plus, surtout pour dîner et pour les soirées pendant lesquelles, vêtements remis, ils s’autorisent alors à rejouer le jeu de la séduction qu’ils s’interdisent pendant la journée.
Propos recueillis par A.R. - Le Parisien
La une de Libération ce matin
A la Une de @libe lundi 7 août :
— Libération (@libe) 6 août 2017
Le PS bouge-t-il encore ?
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