Magritte à partir d'aujourd'hui au Centre Pompidou
HERB RITTS en pleine lumière à la MEP
Chouchou des célébrités, figure incontournable de la mode, l’Américain Herb Ritts a su faire sienne la photo de commande pour la transformer en œuvre d’art. La MEP rend hommage au photographe star des années 90.
Pénétrer dans une exposition d'Herb Ritts, c'est reconnaître instantanément des clichés entrés dans l'histoire de la pop. Madonna de profil sur la pochette de l'album True Blue, les tops Stephanie, Cindy, Christy, Tatjana et Naomi nues et enlacées les unes aux autres, Michael Jackson en marcel blanc, les cheveux tirés, un jeune éphèbe en caleçon pour une publicité Calvin Klein... Nous sommes dans les années 80 et 90 et Herb Ritts est le photographe incontournable du moment. Grâce à sa maestria du noir et blanc et de la lumière ou sa mise en avant de la plasticité des modèles, il a su capter quelque chose de l'époque avec une esthétique des plus classiques. Mélange de spontanéité et de composition, de glamour et d’immédiateté, de poses sophistiquées et d’amusement pur, les clichés de Ritts sont si puissants qu'ils vont replacer Los Angeles, sa ville natale, sur la carte de la photographie de mode. Tout se passe alors côte Est, à New York, ville de Richard Avedon et d'Irving Penn. Mais c'est la cité des Anges qui donne à Herb Ritts les éléments de sa réussite. D'abord une proximité avec les stars : voisin de Steve McQueen dans sa prime jeunesse, ami de Richard Gere (c'est d'ailleurs une photo prise à 25 ans lors d'une virée entre copains qui les rendra tous deux célèbres), Ritts n'est jamais intimidé par le statut des stars et réussit à créer avec elles une complicité rare. Ensuite, la ville lui offre un décor parfait qu'il a su magnifier. On retrouve dans toutes ses photographies les éléments naturels dont se nourrissait son regard, le vent, la lumière et la terre de Californie, l’horizon à perte de vue, les espaces immenses. Il shootait exclusivement entre 15 h et 18 h, à ces heures magiques où la lumière de L.A. remplit de chaleur et irradie chacune des images.
Stephanie with Flower, Los Angeles 1989 © Herb Ritts Foundation
Son intérêt pour la nudité a pu également se déployer librement dans une ville, berceau de la body culture. La nudité, le corps, vrai sujet de ce photographe de mode, dont Anna Wintour aurait dit qu'il était « moins intéressé par les vêtements que par la texture de la peau ». C'est lui qui changea d'ailleurs la façon dont on a représenté le corps masculin dans les publications de l'époque. Il a développé une capacité à analyser le nu masculin à partir d'une variété d'angles et à créer des compositions s'inspirant des magazines de culture physique masculins des années 50 et des images classiques du nu de la mythologie grecque et de l'Antiquité. À la fin des années 80, il passe à la réalisation de clips vidéo à la grande époque de MTV pour Madonna, avec notamment « Cherish », mais aussi Chris Isaak ou Janet Jackson. Il passe aussi derrière la caméra pour des publicités pour Guess, Calvin Klein ou Levi’s : on y retrouve sa patte, avec les mêmes environnements naturels, des corps aux muscles saillants et ce sens du mouvement propre à sa photographie. Décédé en 2002, Herb Ritts laisse une œuvre qui dépasse la commande où on peut voir une sensibilité tangible et une conscience profonde de la complexité du geste photographique, de sa valeur, de son sens et de son histoire.
Stephanie, Cindy, Christy, Tatjana, Naomi, Hollywood 1989 © Herb Ritts Foundation








