Le dissident Ai Weiwei expose en toute liberté
Assigné à résidence en 2010, emprisonné en 2011, puis privé de passeport jusqu’à l’été dernier, l’artiste dissident chinois Ai Weiwei vit aujourd’hui en partie à Berlin. Mais il expose ses œuvres à Londres, à partir demain, en toute liberté. L’exposition que lui consacre la Royal Academy of Arts retrace la carrière de l’artiste depuis 1993. Ai Weiwei, architecte, plasticien et défenseur des droits de l’homme, met sous le nez des visiteurs les preuves incontestables de la nature oppressive du régime, dont lui et des centaines de millions de Chinois sont victimes. À partir des ruines de son studio de Pékin, détruit par les autorités en 2011, Ai Weiwei a construit avec beaucoup d’application un tas de briques. L’artiste a agrémenté les gravats d’un cadre en bois très travaillé. Mais la petite construction sans portes ni fenêtres n’a rien d’une fantaisie : c’est une pièce à conviction contre le régime chinois, exposée en plein cœur de Londres. Cette rétrospective est aussi un événement, car Ai Weiwei a pu se déplacer à Londres pour participer à sa préparation. Après que les autorités chinoises lui ont rendu son passeport, il a quand même fallu un mouvement de protestation sur Twitter pour que le gouvernement britannique lui accorde un visa… Article de Amandine ALEXANDRE.
Rétrospective Ai Weiwei (depuis 1993) du 19 septembre jusqu’au 13 décembre, à Londres, à la Royal Academy of Arts. www.royalacademy.org.uk, #aiweiwei sur Twitter.

















