Mémorial des Martyrs de la Déportation - Paris
Inauguré le 12 avril 1962 par le général de Gaulle, alors Président de la République, le mémorial des Martyrs de la Déportation rappelle certains aspects caractéristiques du monde concentrationnaire : emprisonnement, oppression, impossible évasion ; " le long calvaire d'usure, la volonté d'extermination et d'avilissement. "
Œuvre de l'architecte Georges-Henri Pingusson, la vaste crypte de forme hexagonale, faiblement éclairée, ouvre sur la galerie couverte des bâtonnets lumineux représentants les déportés morts dans les camps ainsi que les cendres d'un déporté inconnu du camp de Natzweiler-Struthof.
De part et d'autre de la crypte, deux petites galeries contiennent de la terre provenant des différents camps et des cendres ramenés des fours crématoires, enfermés dans des urnes triangulaires.
Autour, en caractère rouge, sont inscrits les noms des camps et des extraits de poèmes de Robert Desnos, Louis Aragon, Paul Eluard, Jean-Paul Sartre, Antoine de Saint-Exupéry.
Annuellement, le dernier dimanche d'avril, le Mémorial accueille la Journée du souvenir des martyrs et des héros de la déportation.
Photos : Jacques Snap
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/memorial-des-martyrs-de-la-deportation
La censure plane sur les spectacles de rue
Des coups de feu dans la rue. Un homme nu surgi d’un tas de terre. Ce sont des scènes de spectacles de rue qui ont récemment été censurées à Paris ou ailleurs. À l’occasion du festival des Rias, dans le pays de Quimperlé (Finistère), une rencontre a eu lieu, vendredi dernier, autour du thème : « création artistique en espace public : censure et autocensure ». Paroles de professionnels.
L’effet Charlie Hebdo
Caroline Loire, codirectrice du festival Onze bouge, à Paris : « Après les attentats de Charlie Hebdo , beaucoup de choses ont changé. En juin, nous avions programmé le spectacle Garden Party , de la Compagnie N° 8. Dans une scène, il y a des pistolets et des kalachnikovs. Des coups de feu, à deux pas du lieu de l’attentat contre Charlie Hebdo , était-ce prudent ? En accord avec le maire et la préfecture, on a choisi de déprogrammer le spectacle. J’assume cette décision. On ne pouvait pas faire autrement. »
Une censure sécuritaire
Paul Bloas, artiste de rue : « Récemment, j’ai collé des silhouettes sur des navires, au cimetière des bateaux à Landévennec, près de Brest. Je n’avais pas d’autorisation officielle. La Marine nationale a porté plainte pour des raisons de sécurité. J’estime que c’est une censure juste. J’ai été condamné à un rappel à l’ordre. Soit. Mais mon rôle d’artiste, c’est d’aller jusqu’au bout. »
L’autocensure économique
Alexandre Pavlata, auteur de la compagnie n° 8 : « J’ai été censuré plusieurs fois. J’avoue qu’aujourd’hui, je lisse mes spectacles. Pourquoi ? Parce qu’autrement je ne bouffe pas et que j’ai douze personnes derrière moi. »
Le scandale fait peur
Patrice Papelard, directeur du Centre national des arts de la rue de Villeurbanne (près de Lyon) : « Il faut parler avec les élus et les forces de l’ordre, et expliquer notre métier. Aujourd’hui, un coup de feu, un homme nu ou une petite culotte dans la rue créent le scandale. En vingt ans, je n’ai jamais connu ça. Parfois, j’ai peur. »
Toujours de l’audace
Ingrid Monnier, de Picnic production : « Les Squames , un spectacle, qui tournait depuis vingt ans, a été interdit à Angers, lors du festival des Accroche-cœurs, suite à des manifestations d’intégristes musulmans et catholiques. Cet incident ne doit pas freiner notre audace. Par exemple, jouer devant un monument aux morts est interdit. Pourtant, une compagnie passe outre, et son spectacle tourne bien : il en est à quarante dates. Il ne faut pas baisser les bras. » Article de Lucile VANWEYDEVELDT.
Albert Elbaz / Lanvin » : l’exposition à ne pas manquer ! - save the date
Le créateur nous propose une exposition qui revient sur son parcours à la tête de la célèbre maison Lanvin.
« Une rétrospective, c’est le début de la fin », a coutume de dire Alber Elbaz. Alors plutôt que d’égrener ses quatorze années à la tête de la direction artistique de Lanvin, le charismatique créateur a préféré, pour cette première exposition sur son oeuvre, inviter le visiteur à une plongée dans son imaginaire. En avant donc à travers une forêt de lightbox et de photos taille XL d’où surgissent la magie d’instants volés dans les backstages ou le galbe d’une robe en Néoprène qui caresse le corps. Ici, comme dans cette salle saturée de photos signées de quelques témoins avertis de la maison, But Sou Lai, Mark Leibowitz, Katy Reiss, James, Juliette Da Cunha et Alex Koo, s’écrit une histoire de mode enchantée portée par ce passeur d’élégance et de féminité absolue. La fulgurance d’un croquis, les petites mains qui s’affairent, le pan d’une manche qu’on découpe, l’intimité des essayages, l’esprit de famille, le créateur seul face à ses dessins et l’humour facétieux de ses poupées aux cils surdimensionnés et à la bouche en coeur… L’allégresse circule, contamine, gagnée par l’émotion de ces images de défilés – ralentis sur ces traînes chatoyantes qui irradient l’espace, ces décolletés parés de plumes et de volants, ce mouvement de la soie qui enivre –, ou, plus loin, de ces stockmen habillés de tulle, de satin, de dentelle. Des modèles en devenir comme autant de promesses.
« Alber Elbaz / Lanvin. Manifeste », du 9 septembre au 31 octobre, Maison Européenne de la Photographie, Paris-4e.












