Une information russe fait état d ’ un accord final entre Paris et Moscou sur la résiliation du contrat de livraison de deux BPC à la Russie. L’Élysée n’a pas souhaité confirmer.
Le Premier ministre Manuel Valls a beau assurer que des« décisions importantes » seront prises à la fin de l’été, le sort des deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) construits pour la Russie à Saint-Nazaire est indéniablement scellé. Le premier des deux BPC de type Mistral , le Vladivostok , devait être initialement remis à Moscou à la mi-novembre 2014, tandis que le second, le Sébastopol , devait théoriquement être livré à la Russie cet automne. Or, ils patientent gaillardement dans le port de Saint-Nazaire où le coût de leur stationnement irait« d ’un million à quelques millions d’euros par mois », selon le patron de DCNS, Hervé Guillou. Lundi, le président François Hollande avait déclaré qu’ il allait prendre« dans les prochaines semaines » sa décision finale. La partie russe n’a pas attendu que la France s’exprime. Dès jeudi soir, le conseiller pour la coopération militaire et technique du président russe, Vladimir Kojine, a déclaré que« les négociations sont déjà entièrement achevées, tout a déjà été décidé – et les délais et la somme » . Le montant des compensations que Paris devra reverser à Moscou aurait été fixé à 1,16 milliard d’ euros, affirme le quotidien russe Kommersant citant plusieurs sources anonymes. Les négociations auraient été menées par le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine et Louis Gautier, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale.
Que faire des navires ?
Ni l’ Élysée, ni la société chargée des exportations d’ armes russes Rosoboronexport , ni les services de Dmitri Rogozine, n’ ont souhaité confirmer ces informations. François Hollande a dit qu’il n’y avait pas d’accord, mais« un accord a été trouvé, des détails doivent être affinés » , a toutefois confirmé une source française proche du dossier. Totalement scellé, le sort des deux navires ? Non, car leur avenir se résume actuellement à un double point d’interrogation. Que faire de ces bâtiments qui ne valent que par leurs capacités à embarquer des hélicoptères et de la batellerie (péniches de débarquement) ? Les transférer à Brest pour couper sur les coûts de gardiennage et de stationnement d’abord. Ne pas espérer que la Marine nationale se dise intéressée mais trouver un ou deux acheteurs étrangers en recherche de capacités de projection navale. Quel pays pourrait être intéressé par le rachat des exSebastopol et exVladivostok ? Le Canada, le Japon, l’Inde… ? DCNS devrait être missionnée pour trouver un acquéreur. Une fois le deal franco-russe rendu officiel.

