Publicité

Caen tire un trait sur le dessin de presse
Les Rencontres du dessin de presse ne se tiendront pas à Caen mi-avril. Trop dangereux, dans le contexte actuel, a jugé le Mémorial qui devait accueillir 44 dessinateurs du monde entier.
Les balles tirées sur les participants d’un débat sur la liberté d’expression et le blasphème, le 14 février à Copenhague, ont atteint par ricochet le Mémorial de Caen. Il devait organiser, les 10 et 11 avril, ses 5es Rencontres du dessin de presse.« Elles sont annulées », a annoncé, hier, avec regret Stéphane Grimaldi, le directeur général.« Dans le climat actuel, je ne peux pas assurer la sécurité des dessinateurs, des salariés et du public. »
Victoire des terroristes ?
Le Mémorial avait invité 44 dessinateurs du monde entier : des Français, mais aussi des Russes, des Américains, des Israéliens, des Iraniens, des Espagnols, des Colombiens… Après les attentats contre Charlie Hebdo , la volonté de les réunir une nouvelle fois dans ce lieu de paix et d’histoire était apparue comme une nécessité. Pas pour rire de l’actualité, comme les années précédentes. Stéphane Grimaldi comptait confronter leurs cultures et leurs manières de travailler autour du thème de « L’autre ». Une exposition de leurs 44 dessins devait être accrochée dans la foulée. Elle restera dans les cartons. Dès le lendemain de Copenhague, Stéphane Grimaldi a reçu des coups de fil ou des mails de dessinateurs.« Ils m’ont parlé de leur inquiétude, voire de leur peur. Certains m’ont même dit de ne pas «déconner». Ça m’a marqué, car plusieurs exercent leur métier au péril de leur vie. Le courage, ils connaissent. » Cette alerte faisait suite à plusieurs piratages du site Internet du Mémorial, après les attentats de Charlie .« Ils venaient d’Inde ou de Tunisie. Notre site est pourtant bien protégé, donc on n’a pas affaire à des «zozos». Et cela signifie que nous sommes connus et repérés. » Dans ce contexte, quand il a fallu réfléchir aux mesures de sécurité, Stéphane Grimaldi s’est rendu à l’évidence :« Je ne pouvais pas l’organiser sans faire courir un risque à tout le monde. Il fallait être raisonnable. » Le directeur général du Mémorial assure avoir pris seul cette décision. Aucune injonction des autorités à jouer la prudence.« La préfecture était prête à mettre tous les moyens. » Mais impossible de garantir qu’un« dingue ne débarque pas ». Cette annulation ne scelle-telle pas la victoire des terroristes ?« C’est facile de dire ça ! On le refera d’ici la fin de l’année. C’est les dessinateurs qui le souhaitent. » Article de Guillaume BALLARD.
Ce sera finalement en octobre. Les 5es Rencontres internationales du dessin de presse organisées par le Mémorial de Caen auront bel et bien lieu, mais à l’automne, et non les 10 et 11 avril comme initialement prévu. Après avoir annoncé, jeudi 26 février, que la manifestation était annulée au printemps pour des raisons de sécurité, le directeur du site, Stéphane Grimaldi, a confié, vendredi 27 février, au Monde, que ce rassemblement d’une quarantaine de caricaturistes du monde entier se tiendrait six mois plus tard, en octobre, donc : « Cela fait quarante-huit heures que nous cherchions une autre date. C’est fait. Cela va nous laisser le temps pour reconfigurer notre événement. »
Un certain nombre d’indices avait incité la direction du Mémorial à repousser ces Rencontres. Tout d’abord, le piratage – à six reprises depuis l’attaque contre Charlie Hebdo – du site Internet du musée. Celui-ci s’est notamment trouvé hors service pendant deux jours en janvier après avoir été visé par des hackers se présentant comme des islamistes tunisiens. Ensuite, les fusillades de Copenhague, les 14 et 15 février, ont eu pour effet de diffuser un sentiment d’inquiétude parmi certains des dessinateurs invités, en particulier étrangers. Si un seul des 44 auteurs attendus avait annulé sa venue, M. Grimaldi dit avoir reçu plusieurs courriers faisant part d’une vive appréhension.
Le prochain numéro de la mythique publication Playboy sera glam’ ou ne sera pas. Il faut dire que les têtes pensantes du magazine ont décidé d’en donner les clés au photographe de mode Terry Richardson, qui signe TOUS les shootings relayés dans ce numéro spécial.
Le sulfureux photographe de mode Terry Richardson est sur tous les fronts en ce début d’année 2015. Terminées les accusations de harcèlement sexuel, l’homme semble désormais rangé des voitures, garé des scooters, et se verra même consacrer une exposition, à Paris, du 7 mars au 11 avril prochain dans la célèbre Galerie Perrotin. Il y présentera « The sacred and the profane », « Le sacré et le profane », un travail radicalement différent de celui qu’il produit habituellement.
Ce qui ne l’a pas empêché de réaliser l’intégralité des shootings pour un numéro spécial de Playboy, au nom équivoque : « California Dreamin ». De quoi réchauffer l’hiver, grâce à 4 Playmates photographiées dans des endroits de renoms, tels que les Joshua Tree National Park et Château Marmont de West Hollywood. La signature surexposée de l’artiste se capte au premier coup d’oeil. On a peur l’instant d’une seconde.
Par Jeanne Sorel
BIOGRAPHIES, T-SHIRTS, TUMBLR : CONSIDÉRÉ COMME L’HOMME POLITIQUE PRÉFÉRÉ DES FRANÇAIS, JACQUES CHIRAC EST ENCORE LOIN D’ÊTRE HAS BEEN. SA COTE DE POPULARITÉ NE CESSE DE GRIMPER.
Avec trois biographies en tête de gondole, Jacques Chirac est la star de librairie du moment. S’il n’est plus un acteur de la vie politique française, il reste un sacré personnage. Avec, comme toujours depuis son entrée dans l’histoire de la Ve République, tous les rôles à la clé. Il est Le roi se meurt dans Les Chirac, les secrets du clan (Robert Laffont), plongée élyséenne de la journaliste du Monde Béatrice Gurrey ; il est le Corrézien du Chirac-Hollande, une histoire corrézienne (Plon) écrit par l’ami et biographe Denis Tillinac, enfin, il est l’homme de The Kooples, pour Candice Nedelec, rédac chef politique de Gala, qui choisit d’élargir la focale sur l’incroyable duo, Bernadette et Jacques (Stock).
Il est drôle et sympathique
L’hipstérisation du Cary Grant corrézien a commencé il y a quatre ans. Dès 2011, avec l’irrésistible Tumblr FuckYeahJacquesChirac, qui déclinait les poses de l’ancien président. Même la mode s’en est emparée. Ou plutôt le marketing, qui trouve en lui une proie pop et vintage et le détourne en logo. La lame de fond se répand jusqu’en Corrèze où un entrepreneur malin lançait, en août dernier, son T-shirt local "Ici, c’est la Corrèze", avec une photo libre de droit du président. Pourquoi lui ? Le "capital sympathie", avait répondu le créateur de la marque, mais surtout, "il est dépolitisé" !.
C'est un escroc magnifique
C’est bien le comble, pour celui qui a créé deux partis, le RPR en 1976, et l’UMP en 2002, et a été successivement député de Corrèze, maire de Paris et président de la République par deux fois. "Ce qui est amusant, souligne Yves Le Rolland, producteur des Guignols, miroir grossissant depuis 1992 de tous ses travers, du mangeur de pommes au supermenteur, c’est que nous, on le sort de moins en moins. Il devient un escroc sympathique parce que le temps a passé. Et puis, il dégage un truc très français.
Il aime picoler, casser la croûte, regarder les belles nanas. Il n’a ni la raideur de Giscard, ni le côté sphinx de Mitterrand, ni le côté excité de Sarkozy". "Il est branché et débranché, rebondit un journaliste politique. Mitterrand disait
de lui qu’il parlait comme une machine à écrire. Désormais, il est un homme âgé, malade, qui retrouve une forme de sincérité. Ce n’est plus un acteur, c’est un souvenir". Et ce qui est magique avec les souvenirs, c’est que ne reste que le meilleur.
Il ne fait plus de politique
Autre point positif, il a réussi à décrocher. Certes, il a semblé soutenir François Hollande dans la dernière présidentielle, mais ne s’est pas agrippé au pouvoir : "Les Français adorent les hommes politiques qui ne font plus de politique", relève le chroniqueur David Abiker. Ils ont adoré Séguin, ils ont failli adorer Sarkozy (s’il n’avait pas tout foutu en l’air en revenant), ils respectent Jospin et Rocard. Et puis, "il y a le charme, poursuit Abiker. Le côté costard trois-pièces, grandes lunettes, c’est Jean Rochefort dans Un éléphant ça trompe énormément, l’allure d’un Yves Montand dans les films de Sautet, ce côté grand escogriffe".
Même si vers la fin, les pantalons remontent un peu plus au-dessus de la taille, comme le remarque Béatrice Gurrey, il demeure "le grand séducteur qui domine ses interlocuteurs", qui dérape parfois en mode lourdingue et dragueur. On ne saurait oublier Bernadette, ses tailleurs poudrés et son visage fermé. Par son intransigeance, et le fait qu’elle reprend la main, elle amplifie la compassion. Et rajoute à l’effet gag : "Ce duo de l’aristocrate et du roturier, c’est romanesque. Sauf que parfois, ça vire au tandem des deux vieux du Muppet Show", ironise un journaliste. Et le gag, c’est important.
Il a le sens des formules
Avec Chirac, on achète aussi la compilation de formules légendaires : le "C’est beau mais c’est loin" que l’on se repasse comme un refrain, mais aussi le "Bien sûr que je suis de gauche ! Je mange de la choucroute, je bois de la bière", ou encore le célèbre "What do you want ? Me to go back to my plane" ? adressé au service d’ordre israélien en 1996. L’animal se montre tantôt mordant quand en plateau, il traite Laurent Fabius de "roquet", tantôt mordu quand, s’adressant à Mitterrand en plein débat de la campagne présidentielle, il perd sa contenance et lâche : "Je ne suis plus votre Premier ministre".
Plus que tous les autres anciens présidents, il incarne les attentes paradoxales des Français à l’égard de la chose politique. Des Français capables d’éprouver sur le tard de l’affection pour un homme dont le bilan a pu être plus qu’incertain. Les Français eux aussi sont parfois oublieux.