Mario Testino et Helmut Newton exposent à BERLIN...
Mario Testino en pleine face
Avec l'exposition "In Your Face", présentée pour la première fois en Europe et inaugurée à l'occasion de la Fashion Week berlinoise, Mario Testino nous met face à la diversité de ses talents, au travers de 125 photographies hétérogènes et originales. Une chance d'observer son travail de (très) près à la Kunstbibliothek du Staatliche Museen zu Berlin.
"Le pouvoir d'un photographe est de pouvoir attraper, le temps d'une seconde, un moment qui n'existait pas et qui n'existera plus jamais", explique Testino. Il collectionne ces moments depuis 40 ans, car il est de ceux qui savent les voir venir, les attraper et les transformer en véritable œuvre d'art.
Il dit puiser son inspiration de ses origines italiano-irlandaises et du Pérou où il est né, comme des États-Unis où il a fréquenté l'Université de Californie à San Diego ; mais aussi, et surtout, de la capitale anglaise où il débarque à tout juste vingt-deux ans, quelques polaroids en poche, et passant ses journées à fréquenter les musées gratuits. Refusant catégoriquement de limiter son propre univers artistique, il a choisi de cultiver, à travers ses photos, tous les fruits de ces influences. Plusieurs fois de passage à Berlin par la suite, il y découvre une liberté et un dynamisme artistiques. "On se fixe souvent, nous-mêmes, des limites d'expression, ici, j'ai vu ce qu'était un affranchissement total", dit-il.
Cette liberté, il se l'accorde naturellement au cours de sa carrière. Elle se reflète avec brio à travers l’exposition "In Your Face" : ses photos sont petites, grandes, certaines encadrées, d'autres non, Madonna en couleurs saturées, Rihanna en noir et blanc, Kate Moss se remaquillant dans les toilettes d'une soirée branchée, une fresque de tatouages multicolores, des paysages... Un véritable bric-à-brac artistique sur lequel règne, en plein centre, une majestueuse et méconnaissable Claudia Schiffer en rouge et noir, parfaite icône du travail du photographe. Car la force de Mario Testino réside justement dans cette façon qu'il a de photographier les personnalités qui l'entourent. Chercher leurs faiblesses ne l'intéresse pas, il préfère mettre en lumière leur puissance, profonde et intense, inconnue des modèles eux-mêmes, parfois. Le résultat en est d'autant plus époustouflant.
Ces travaux à la fois modernes et provocants s'inscrivent avec un naturel déconcertant au milieu des œuvres classiques de la Kunstbibliothek. Ils sont un témoignage vivant de l'évolution de la mode dans le monde actuel, un ensemble splendide et sophistiqué, créés par un magicien de la photo qui refuse incontestablement d'être enfermé dans un carcan : " I want to be nothing in order to be everything !", clame-t-il
Infos Pratiques
Tiergarten
Die Kunstbibliothek
Mario Testino "In Your Face"
JUSQU'AU 26 JUILLET 2015
10 €/ 5 €
Mardi, Mercredi et Vendredi : 10h-18h
Jeudi : 10h-20h
Samedi et Dimanche : 11h-18h
T. 030/ 266 - 424242
www.smb.museum/kb
Kulturforum
Matthäikirchplatz 6 - 10785 Berlin
U2, S1, S2, S25 Postdamer Platz
Portraits, nus et mode : l'expo photo d'Helmut Newton !
Dix ans, ça se fête ! C’est pourquoi la Fondation Helmut Newton, instituée par le célèbre photographe et présidée par sa femme, June Newton, a décidé de dévoiler près de 200 de ses œuvres, certaines n’ayant encore jamais été montrées à Berlin. Elles font partie d’une collection permanente offerte par Helmut Newton lui-même, d’où le titre de l’exposition : Permanent Loan Selection. Présentées jusqu’au 17 mai 2015, les photographies sont triées selon les trois aspects principaux du travail de l’artiste : la mode, le portrait et le nu.
Baladez-vous dans les différentes salles et admirez les superbes photographies – en noir et blanc mais aussi en couleurs – des nombreuses personnalités qu’Helmut Newton a pu placer devant son objectif. On citera notamment David Bowie, Karl Lagerfeld, Ségolène Royal, Catherine Deneuve, Paloma Picasso, David Lynch, Mary Pierce, Donatella Versace et Nicolas Cage. Ou arrêtez-vous devant cinq des Big Nudes pris à Paris en 1980, ces femmes photographiées grandeur nature et vêtues seulement d’un accessoire comme des bottes ou un fume-cigarette. Également, à découvrir des photos sensuelles voire érotiques publiées dans les magazines de mode tels que Vogue, Queen Magazine et Nouvel Observateur. Enfin, pénétrez dans la June’s Room où vous trouverez quelques-unes de ses planches contacts.
Infos Pratiques
Tiergarten
Permanent Loan Selection
Helmut Newton Foundation - Museum of Photography
JUSQU'AU 17 MAI 2015
Ouverture le mardi, mercredi et vendredi de 10h à 18h
Le jeudi de 10h à 20h
Le samedi et le dimanche de 11h à 18h
Fermeture le lundi
10 € / 5 €
U2, U9, S5, S7, S75 Zoologischer Garten
POURQUOI LA PANSEXUALITÉ EST À LA MODE ?
Au début des années 90, dans la série Sex and the City, l’actrice Kim Catrall, alias Samantha, affirmait qu’au début du prochain millénaire, tout le monde serait bisexuel. Aujourd’hui, on peut aller encore plus loin et affirmer d'emblée que la pansexualité est la nouvelle bisexualité ! Pour faire simple et court, la pansexualité caractérise une attirance sentimentale et sexuelle qui dépasse la binarité des genres, donc indifféremment du sexe anatomique. Ces derniers temps, la pansexualité est de plus en plus représentée dans la culture pop. Mais qui en sont les fers de lances ?
En musique : Christine and The Queens
La chanteuse ne cesse de le répéter dans toutes ses interviews : pour elle, l’amour n’a véritablement pas de sexe. Elle cultive les histoires avec des personnes de sexes différents et avoue même s’amouracher plus généralement de personnes brisant véritablement les codes du genre. Ses clips Loving Cup ou Narcissus is Back illustrent parfaitement ce nouveau souffle d’émancipation de la nouvelle scène française. La chanteuse, elle-même particulièrement androgyne, joue avec cette hybridité.
Le créateur de la série Queer as Folk, qui avait déjà déniaisé la télé anglaise il y a 15 ans, revient avec une série très réussie qui donne la parole à toutes les formes de sexualité. Dans cet univers très british, les pères de familles hétéros couchent avec des hommes gays qui couchent eux-mêmes avec des femmes. L’intrigue se distingue par une mixité sexuelle et générationnelle. Davies s’était déjà illustré en proposant l’un des premiers personnages omnisexuels à la télévision avec le Capitaine Jack Harkness dans Torchwood.
L’ancienne glacière d’Etel pour musée ?
Trop à l’étroit et peu en vue du public, le musée des thoniers rêve d’emménager un jour dans l’ancienne glacière du port. Face à l’emblématique barre d’Etel.
Créé voici 30 ans, le musée des thoniers, emmené par Michel Le Leuch et son équipe, rêve de nouveaux horizons. Depuis son lancement, l’espace muséographique a bien grandi. Réunissant dans ses cales une somme gigantesque de documents, pièces de bateaux, de maquettes et autres trouvailles audiovisuelles témoin du glorieux passé du port de pêche d’Etel. Une mémoire maritime unique, que l’équipage du musée s’emploie à préserver de l’oubli et à transmettre aux nouvelles générations. Mais ces bénévoles doivent aussi jouer des coudes dans un écrin trop étriqué. Alors que sur le port… Face à l’océan et à la si fameuse et dangereuse barre, trône l’ancienne glacière municipale d’Etel. L’édifice, érigé en 1946, en impose. C’est aujourd’hui une immense friche, vestige du temps passé. Quand Etel et sa flottille de thoniers caracolaient en haut de la vague, avant que Lorient, sa grande voisine, ne digère tout cru son économie maritime dans les années 1960.
Pignon sur mer, à vendre…
Tombé en désuétude, cet immense bâtiment fait de l’œil à Michel Le Leuch et aux artisans du musée des thoniers qui rêvent de s’y installer.« Le musée manque cruellement de place, jauge Michel Le Leuch.Nos 500 m actuels ne suffisent plus et ne permettent pas d’imaginer l’avenir d’un espace muséographique dédié au monde du travail maritime. Alors que la glacière peut abriter jusqu’à 1 000 m2 de collections sur plusieurs niveaux. Son emplacement, à même les quais, est idéal. » À deux pas du bâtiment qui abrite le canot de sauvetage, la glacière a pignon sur mer sur ce vaste quai qui n’a d’autre fonction que de parking.« C’est dommage. Etel et son histoire maritime méritent beaucoup mieux. » La glacière est aujourd’hui propriété privée et elle est à vendre. La Ville d’Etel, qui en rêve également, peutelle se porter acquéreur ? Des discussions sont en cours avec les propriétaires des lieux. Si le projet devait se concrétiser, la glacière sera réhabilitée dans les règles de l’art, en respectant son architecture d’origine. Tout se fera sous le contrôle de l’architecte des bâtiments de France. Le sujet sera aussi sur la table du musée des thoniers ce samedi à l’occasion d’une assemblée générale qui s’annonce fructueuse en débats.« On aimerait tellement que ce projet aboutisse, semblent rêver tout haut Michel Le Leuch et Louis Guézel.Ce serait une belle vitrine culturelle et symbolique pour Etel». Article de Pierre WADOUX.
Le bord des mondes
Au Palais de Tokyo jusqu'au 17 mai 2015
Y-a-t-il des œuvres qui ne soient pas d’art ? C’est en s’interrogeant avec Duchamp sur l’essence de la création et ses territoires que le Palais de Tokyo explore les mondes interstitiels, à la lisière de l’art, de la création et de l’invention. L’exposition Le Bord des mondes invite à un voyage aux confins de la création, en révélant les prodigieuses recherches et inventions de visionnaires au-delà du territoire traditionnel de l’art. Des créatures de plage géantes de Theo Jansen aux étonnants chindogu de Kawakami Kenji en passant par les poétiques attrape-nuages de Carlos Espinosa, l’exposition invite à emprunter des sentiers interdits et à chevaucher sur la faille qui habituellement sépare la création artistique et l’invention créative. A la lisière de l’art et de l’invention, l’exposition fait voler en éclats les frontières entre les mondes, entre territoire artistique identifié et mondes parallèles absents du système de l’art, en explorant le fécond précipice qui peut les unir. Questionnant les fondements d’une modernité qui rationnalise, cloisonne les savoirs et les pratiques en excluant des gestes et des idées inclassables, l’exposition s’intéresse aux recherches originales et surprenantes.
Une trentaine de créateurs, pour la plupart extérieurs au champ de l’art, y déploient leurs visions et idées, qui par leur profondeur et leur beauté pourraient pourtant y appartenir. Ni « outsiders », ni « naïfs », pas plus qu’ « hors-normes », ces esprits affranchis explorent des formes inconnues et rafraîchissent notre regard, au-delà des canons et des disciplines. Ce sont autant d’histoires, qui, par leur originalité et leur inventivité, renouvèlent l’attention sur les zones mystérieuses de la création, dans son expression la plus audacieuse. Ici prévaut l’expérience, la réinvention, le dépassement des clivages.


















