Pourquoi le prix de l’électricité va augmenter ?
C’est ce que laisse clairement entendre un rapport de la Cour des comptes qui prévoit un coût de production de l’énergie nucléaire plus élevé, dans les années qui viennent.
Une énergie nucléaire plus chère
Le prix de l’électricité n’est pas prêt de baisser. C’est du moins ce qu’il ressort, en creux, d’un rapport de la Cour des comptes publié mardi. Son objet ? Le coût de production de l’énergie nucléaire, énergie qui représente 75 % de l’électricité française. De 2010 à 2013, il a augmenté de 20,6 %, passant de 49,60 € à 59,80 € le mégawattheure (MWh). Pourquoi ? Parce que les dépenses d’exploitation d’EDF (achat de combustibles, logistique, personnels…) ne cessent d’augmenter (+ 11 %). Et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Le parc de réacteurs (cinquantehuit implantés, sur dix-neuf centrales) vieillit ; il faut l’entretenir. Ce qui coûte cher, très cher. Surtout qu’EDF a dans ses cartons un plan de travaux de maintenance et de modernisation de ses réacteurs, à l’horizon 2025. Pour prolonger leur durée de vie audelà de 40 ans, voire plus. Montant des travaux ? 55 milliards d’euros. À l’arrivée, cela aura un impact sur le porte-monnaie. Car le coût de production pèse 40 % de la facture. Reste que l’électricité nucléaire est, aujourd’hui, la moins chère (par rapport au gaz, charbon, hydraulique, énergies renouvelables).
Une nouvelle politique
Ce rapport est publié alors que le gouvernement s’apprête à présenter, dans les prochaines semaines, son projet de loi sur la transition énergétique. Un projet promis par le candidat Hollande. Et qui est une des« priorités » du Premier ministre, comme il l’a rappelé le 8 avril. L’enjeu est d’importance : réduction des émissions de gaz, amélioration de l’efficacité énergétique et, surtout, réduction de la part du nucléaire à l’horizon 2025, de 75 % à 50 %. La grande idée : produire de l’électricité grâce à un mix énergétique (nucléaire, énergies fossiles, renouvelables). Le débat s’annonce chaud entre les partisans de l’abandon – total ou partiel – de l’énergie nucléaire et les tenants du statu quo, au premier rang desquels EDF.
Changement en Europe
La demande d’énergie de l’Union européenne est en baisse. Mais il y a une grande nouveauté… D’après le cabinet Enerdata, en 2013, le mix électrique est« dominé pour la première fois par les énergies vertes » , avec près de 200 gigawatts (GW) de capacités installées (120 GW d’éolien et 80 GW de solaire). Ce qui fait de l’Europe« le champion des énergies renouvelables » . Un signe pour la France ? Article de Yann BESSOULE.














