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BRETAGNE : À Sainte-Anne d'Auray, une exposition sur les pardons bretons
L’immense galerie du cloître de Sainte-Anne-d’Auray revisite les pardons de Bretagne jusqu’au 2 novembre. Objets, statues et peintures accompagnent une somptueuse procession de costumes d’époque.
Ces « miraculés » marchaient pieds nus. En première ligne des processions d’antan. Derrière ces pauvres hères en guenilles, sous la bannière des saints bretons, s’avançaient les pèlerins en costume. Puis le clergé. En tenue d’apparat, celle des grands jours de pardons. Qui mieux que Sainte-Anne-d’Auray, terre du grand pardon (le 26 juillet), pouvait s’autoriser à remettre en lumière ces cérémonies où sacré et profane convolent en justes noces bretonnes.
Des pièces uniques et rares
Un enjeu de taille pour l’Académie de musique et d’arts sacrés. Épaulée par le conseil général du Morbihan, elle revisite ce vaste monde dans les pas des pardonneurs. Ceux d’hier et d’aujourd’hui. Dans l’immense galerie circulaire du sanctuaire, une impressionnante reconstitution fait désormais le tour de la question. Le choix de Sainte-Anne-d’Auray, écrin du vieux musée du costume breton (fermé il y a dix ans) ne s’est pas imposé miraculeusement.« Nous disposions du fonds de 800 costumes issus de dons de fidèles, dont 55 tabliers de mariées en soie brodée main, raconte Clara Hémon, chargée de production.Ces femmes offraient à Sainte-Anne, ce qu’elles avaient de plus précieux. » Ces trésors de générosité sont les pièces maîtresses de cette exposition où les plus beaux costumes s’admirent en déambulant dans les pas des mannequins immobiles… et pourtant si vivants. Remis en lumière grâce au précieux concours des fédérations culturelles bretonnes War’l leur et Kendalc’h, ces costumes reconstituent les pardons contés par Anatole le Braz, peints par Jules Breton, croqués par un certain Jean Moulin, (alors préfet de Châteaulin, lui-même inspiré par Tristan Corbière), sculptés par Micheau-Vernez ou dansés plus récemment par le cercle quimpérois Eostiged Ar Stangala. La procession muséographiée se nourrit de ces pièces uniques et rares. Se déguste pas à pas, comme on croque le fil des siècles. Elle redit avec précision, par le geste et l’objet, la quête du pardonneur :« La guérison ou la réconciliation, la prière de demande ou de remerciement mais aussi le goût de la fête collective exprimée par le chant, la danse, les jeux… » Cécile Perrochon, responsable des collections du sanctuaire, s’est aussi appuyée sur la thèse du commissaire de l’exposition, l’universitaire Georges Provost.« La déambulation s’appuie sur quatre thématiques : la rencontre du sacré, l’affirmation d’une identité, les dévotions et réjouissances, et le pardon dans l’art. » Article de Pierre WADOUX.
L’exposition « Pardons de Bretagne » est ouverte tous les jours jusqu'au 2 novembre de 14 h à 18 h, à la galerie du cloître de SainteAnne-d’Auray.








