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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

dimanche 23 avril 2017

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Mario Testino

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Au Théâtre de l'Oeuvre

prolongation jusqu à fin mai#theatre#succès#paris#

Une publication partagée par Laetitia Casta (@laetitiacasta) le 22 Avril 2017 à 5h27 PDT

http://www.theatredeloeuvre.com/scenes-de-vie-conjugale-laetitia-casta-raphael-personnaz/

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#AvantLeVote : que proposent les candidats pour préserver ou réformer notre modèle social ?

Sur les minima sociaux, les retraites, le chômage ou le pouvoir d’achat, les clivages sont nombreux entre les onze aspirants à la présidence de la République.

Par Anne-Aël Durand

L’accès aux soins de santé, un service public fort, une retraite et une protection face à la perte d’emploi et aux accidents de la vie : telles sont les grandes lignes du modèle social français. Fondé sur la solidarité entre les citoyens et entre les générations, il se heurte de plus en plus à des problèmes de coûts, accentués par le vieillissement de la population et un chômage élevé. Les candidats font le grand écart entre nécessité de réformer et volonté de préserver, voire de renforcer un système cher aux Français.

La protection sociale

La lutte contre le chômage

Les retraites

La Sécurité sociale

Le service public

La protection sociale

 

Les minima sociaux

La solidarité avec les plus démunis est assurée par le versement d’une dizaine d’allocations – revenu de solidarité active (RSA), allocation aux adultes handicapés (AAH), minimum vieillesse, aide personnalisée au logement (APL), etc. – dont les calculs et les modalités de versement sont différents. Sur cette question, on observe un clivage assez net. Plusieurs candidats proposent de les augmenter un peu – Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Jean Lassalle – ou beaucoup – Philippe Poutou, Nathalie Arthaud.

Pour François Fillon et Emmanuel Macron, la priorité est de les fusionner en une allocation unique, plafonnée pour le premier, versée automatiquement pour le second. Marine Le Pen préfère les réserver aux Français et leur adjoindre une prime de pouvoir d’achat, alors que Nicolas Dupont-Aignan instaure cinq ans de délai pour les verser aux étrangers (dix ans pour le minimum vieillesse).

Le revenu universel

Proposition novatrice, le revenu universel d’existence défendu par Benoît Hamon, consistant à verser 600 euros dès 18 ans et sans condition, est aussi très controversé. Les candidats de droite et d’extrême droite (François Fillon, Marine Le Pen) rejettent avec force ce qu’ils considèrent comme de l’assistanat. Nicolas Dupont-Aignan veut même imposer des travaux d’intérêt général aux bénéficiaires du RSA. Moins virulents, Emmanuel Macron et Philippe Poutou restent aussi opposés au principe.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, Jacques Cheminade et Jean Lassalle, ils décrient le revenu universel mais proposent une mesure qui s’en approche, une allocation versée aux jeunes, dès leur majorité.

Le handicap

Sept des onze candidats prévoient de revaloriser l’allocation adultes handicapés (AAH) (Marine Le Pen, François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon) ou d’étendre ses bénéficiaires (Jean Lassalle).

Les allocations familiales

Longtemps universelles, les allocations familiales ont été modulées sous François Hollande en fonction des ressources. Trois candidats de droite et d’extrême droite veulent abroger cette réforme : François Fillon, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen. Mais c’est aussi le cas de… Jean-Luc Mélenchon.

Ce dernier propose également un versement dès le premier enfant, de même que deux autres candidats de gauche : Philippe Poutou et Benoît Hamon. Pour Jacques Cheminade, l’urgence est de les revaloriser.

La lutte contre le chômage

L’inversion de la courbe du chômage a constitué le défi du quinquennat de François Hollande… et constituera probablement celui du prochain. Mais les méthodes divergent pour y parvenir.

L’indemnisation des chômeurs

Pour François Fillon et Emmanuel Macron, la solution passe par une réforme de l’assurance-chômage, confiée à l’Etat, avec des règles incitant au retour à l’emploi, comme une sanction après un ou deux refus (assorti d’allocations dégressives pour François Fillon). En revanche, Emmanuel Macron contrebalance cette sévérité par une extension des droits aux indépendants (comme Nicolas Dupont-Aignan ou Benoît Hamon) et aux démissionnaires (comme François Asselineau).

Les candidats d’extrême gauche (Philippe Poutou, Nathalie Arthaud) et Jacques Cheminade plaident pour une forte hausse des allocations chômage, alors que Jean-Luc Mélenchon compte garantir une continuité de revenu par la sécurité sociale professionnelle et en dernier ressort par un emploi rémunéré par l’Etat.

Les conditions d’embauche

Là encore, la fracture est nette entre les candidats libéraux (François Fillon, Emmanuel Macron) qui veulent rendre le droit du travail plus flexible et plafonner les indemnités, et les tenants d’une politique sociale, qui veulent mettre un frein aux licenciements (Jacques Cheminade, Jean-Luc Mélenchon), voire les interdire (Philippe Poutou, Nathalie Arthaud).

Marine Le Pen compte enrayer le chômage par la priorité nationale, en taxant l’embauche de salariés étrangers.

Le temps de travail

Pour donner un emploi à tous, la gauche propose de réduire le temps de travail de chacun (Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Jean-Luc Mélenchon) ou d’inciter au temps partiel (Benoît Hamon).

Emmanuel Macron préfère assouplir les trente-cinq heures et François Fillon, les supprimer. Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Marine Le Pen maintiennent la durée actuelle en exonérant les heures supplémentaires.

Les retraites

Le vieillissement de la population bouscule l’équilibre du système de retraites par répartition, auquel sont attachés les Français. Mais les différentes réformes ont provoqué de vifs mouvements sociaux en 1995 et 2010.

L’âge de départ et le montant

Plusieurs candidats promettent de rétablir l’âge légal à 60 ans, contre 62 ans aujourd’hui, et d’augmenter le montant des pensions au moins pour les plus modestes. Sans surprise, on y retrouve les représentants de la gauche (Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Jean-Luc Mélenchon) mais aussi Marine Le Pen à l’extrême droite.

Sans toucher à l’âge légal, Jacques Cheminade et Nicolas Dupont-Aignan préconisent aussi une augmentation, alors que François Asselineau veut inscrire le droit à une « retraite minimale » sans plus de précisions. Pour maintenir l’équilibre et revaloriser les petites retraites, François Fillon est le seul à appeler à reculer l’âge légal à 65 ans.

La réforme du système

Ils sont peu nombreux à oser modifier le principe de calcul des retraites. Benoît Hamon l’aménage à la marge, en renforçant le compte pénibilité et autorisant les transferts de trimestre entre conjoints. François Fillon compte mettre fin aux régimes spéciaux et harmoniser les règles entre public et privé. Un projet partagé par Emmanuel Macron et Nicolas Dupont-Aignan, qui souhaitent réformer le système en profondeur pour aboutir un système unique, basé sur le principe de retraites à points.

La Sécurité sociale

Le remboursement des soins

En janvier, François Fillon avait provoqué de vives réactions en proposant de limiter l’Assurance-maladie aux affections graves. A tel point qu’il a dû retirer cette mesure, et promettre au contraire un meilleur remboursement des soins dentaires, de l’optique et des prothèses auditives, en lien avec les mutuelles, comme le proposent aussi Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Marine Le Pen.

La plupart des autres candidats vont plus loin en réclamant que la Sécurité sociale rembourse 100 % de tous les soins de santé : Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, Jean Lassalle et François Asselineau.

Les trois candidats de droite et d’extrême droite, François Fillon, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen se rejoignent sur une mesure symbolique : la suppression de l’aide médicale d’Etat (AME) pour les étrangers sans papiers.

Le régime social des indépendants (RSI)

Le régime social des travailleurs indépendants, qui gère la retraite et l’Assurance-maladie de plus de six millions de commerçants, artisans et chefs d’entreprise, est critiqué depuis sa création pour ses dysfonctionnements et erreurs de gestion. Résultat, hormis Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, qui ne se sont pas exprimés sur le sujet, car ils se concentrent sur la défense des salariés, la totalité des candidats à la présidentielle souhaitent soit réformer en profondeur le RSI (Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Fillon), soit le supprimer purement et simplement pour intégrer tous les actifs au régime général de la Sécurité sociale (Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Cheminade, Jean Lassalle et François Asselineau).

Le service public

Le nombre de fonctionnaires

Pour réduire les dépenses publiques, le candidat de droite François Fillon et le centriste Emmanuel Macron comptent réduire le nombre de fonctionnaires (500 000 emplois en moins pour le premier, 120 000 pour le second) et les rémunérer au mérite. Seule exception à leur cure d’austérité, la police et la gendarmerie, où ils prévoient des postes supplémentaires, comme l’extrême droite de Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan.

Face à eux, les candidats de gauche et d’extrême gauche (Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud) réclament une hausse de tous les recrutements et titularisation de fonctionnaires (police, justice, enseignement, santé, etc.), Jean Lassalle évoquant même 200 000 emplois supplémentaires « sur le terrain ».

La couverture du territoire

Si les candidats de gauche réclament des recrutements massifs, à l’extrême droite, la priorité est de mieux desservir le territoire : maintenir les services publics en milieu rural pour Marine Le Pen, interdire toute fermeture d’école pour Nicolas Dupont-Aignan.

Jacques Cheminade, François Fillon et Emmanuel Macron partagent la même solution : instaurer un maillage de maisons de services publics regroupant les prestations essentielles en un seul lieu.

Pour Jean-Luc Mélenchon, l’essentiel est d’arrêter la libéralisation des services publics, et Philippe Poutou propose même de les renforcer dans les domaines des transports, du logement, de l’énergie, de l’eau et de la culture.

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Vu sur instagram - j'aime beaucoup

Une publication partagée par Luxsure (@luxsure) le 22 Avril 2017 à 22h00 PDT

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Extrait d'un shooting - portrait

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Jean Paul Four (photographe)

jean paul four

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À quoi ça sert, un président de la République ?

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Les Français en mode commando

Par Nicolas Santolaria

Face au sentiment d’impuissance que génère la menace terroriste, de plus en plus de civils sont conquis par l’esprit paramilitaire. Cross-fit, close-combat et stages d’entraînement connaissent un succès grandissant.

Pour des raisons évidentes de sécurité, j’ai choisi de réaliser mon premier reportage de guerre en zone de paix. J’ai donc rendez-vous en ce radieux dimanche de mars à l’embarcadère de Courseulles-sur-Mer (Calvados), pour participer à la D-Day Race, une course à obstacles organisée en partenariat avec l’armée qui propose de faire revivre le Débarquement de Normandie aux citadins en panne de sensations fortes.

Embarqués dans des Zodiac, les participants sont conduits au large pour ensuite se jeter dans l’eau froide et partir à l’assaut de Juno Beach, une plage mythique où 359 soldats canadiens sont tombés, le 6 juin 1944.

Mixant course à pied et parcours commando, la D-Day Race réunit quelque 4 000 néoguerriers survoltés et s’inscrit dans un climat de remilitarisation, où l’esprit de corps, les plongeons dans la boue et l’imprimé camouflage font leur grand retour.

« Engagez-vous », était-il écrit sur le site Internet de l’événement. La veille, j’ai récupéré mon dossard et un « uniforme » que décore la célèbre maxime de Winston Churchill : « We shall never surrender » (« nous ne nous rendrons jamais »)

De la guerre sans la guerre

Un peu inquiet de ce qui m’attend, j’arrive en trottinant devant une grande estrade où a lieu l’échauffement. Mes camarades et moi ayant rendez-vous à 12 h 18 précises, nous formons désormais une compagnie dénommée « la 12:18 ».

« Allez, les warriors de la “12:18”, on est fiers de ce que vous faites. C’est le moment d’être hargneux, un vrai soldat ! En position gainage », hurle l’animateur pour galvaniser les troupes. Les gars et les filles de ma compagnie n’ont rien à voir avec des « fana mili ». Citadins en majorité trentenaires, ils viennent là tromper l’ennui chronique d’une existence moderne saturée d’interdits.

Dans un monde où plus aucune aventure ne semble possible, la guerre figure désormais ce rituel ordalique où l’instant présent pourrait être rendu à son intensité par la possibilité immédiate de la mort.

Tout cela est bien entendu théâtralisé, puisque aucun Allemand n’est là pour nous cueillir à la mitrailleuse lourde. De la guerre sans guerre, un peu comme le café sans caféine. « On vient là pour voir ce qu’ont vécu ceux qui ont débarqué ici. C’est une façon de leur rendre hommage et aussi de s’évader », m’explique Lucas Hottin, un cariste de 25 ans qui arbore un pantalon de combat.

« La tête décide, les jambes obéissent ! »

Comme il y a une forte houle, j’apprends que la « 12:18 » ne pourra finalement pas monter dans les Zodiac. Trop dangereux. Nous nous contentons d’un simulacre de débarquement en nous jetant en hurlant dans l’eau du port.

Les épreuves s’enchaînent alors, produisant une immédiate émulsion chimique qui fait apparaître l’esprit de corps. Après nous être donné la main pour traverser un tunnel enfumé, avoir tiré en binôme des sacs de sable, sauté du haut d’un bunker, escaladé des murs de béton, nous sommes invités par deux soldats à faire cinq « burpees » (pompes + sauts) devant une immense croix de Lorraine.

Le visage plein de terre, je dois maintenant affronter les terribles « hérissons tchèques » qui se dressent sur la plage centrale, croisillons en métal au milieu desquels il faut se frayer un passage. Vient ensuite un interminable filet blanc de 95 mètres de long figurant des barbelés, sous lequel je progresse péniblement à quatre pattes. Ce long tunnel tissé de filaments soyeux fait penser à une chrysalide qui aurait le pouvoir de transformer des larves civiles en ébauches de combattants.

« Allez, la tête décide, les jambes obéissent ! Bravo, vous êtes un exemple pour la jeunesse », encourage une réserviste de la marine, pendant qu’un autre soldat joue d’un clairon de fortune. Juste après, tout ce joli monde est invité à traverser une rivière marronnasse qui sent fort le lisier.

Nouvelle communion entre l’armée et la nation

Incapable d’avancer, une demoiselle s’attire les railleries de son équipe : « On ne va pas y arriver ! Abattez-la ! » Après avoir passé un dernier mur en bois, un réserviste arrache aux participants un consentement terminal : « Vous êtes en forme ? Alors, faites-moi dix pompes ! » Tout le monde obtempère en riant, avant d’aller recevoir sa médaille. « Félicitations, bonne récup’! », martèle un officier en serrant la pogne de tous ceux qui passent à sa portée.

« ON EST UNE GÉNÉRATION QUI N’A PAS CONNU LA VIE DE CHAMBRÉE, DU COUP ÇA CRÉE UNE ENVIE. » JEAN-CHARLES PAGNOUD, FONDATEUR DE LA D-DAY RACE

Comme la D-Day Race, les courses au succès mondialisé de type Spartan Race (créée par des marines américains) ou The Mud Day instillent dans le corps social cet esprit commando, sorte de nouvelle communion entre l’armée et la nation sur fond de dépassement de soi. Sur la ligne d’arrivée, l’animateur invite d’ailleurs les participants à aller faire un tour au stand de la marine nationale, signe de la porosité croissante entre les univers civil et militaire.

Je m’y arrête un instant et récupère quelques prospectus. « Ce qui attire les jeunes aujourd’hui, ce sont surtout les forces spéciales. Comme il y a de plus en plus de reportages là-dessus à la télé, les gens sont influencés par ce qu’ils voient », m’explique le conseiller en recrutement.

Ce n’est donc pas un hasard si la réintroduction du service militaire s’est retrouvée dans le programme de campagne de plusieurs candidats. « On est une génération qui n’a pas connu la vie de chambrée, du coup ça crée une envie, ajoute Jean-Charles Pagnoud, 35 ans, fondateur de la D-Day Race. Mais il n’y a pas que ça : on a tous été percutés par le terrorisme. Les ­attentats nous ont soudain rendus vulnérables, “murderable”, pour reprendre l’expression d’un journaliste anglo-saxon. »

Il convient désormais d’être prêt

Selon une étude de l’institut britannique Demos datant de 2016, plus de 80 % des Français pensaient qu’un nouvel attentat était probable dans les six prochains mois. L’attaque du 20 avril sur les Champs-Elysées leur aura donné raison.

Pas vraiment en guerre, mais pas vraiment en paix non plus, le corps social réagit à sa manière à cet état d’urgence par une forme de mobilisation accrue de ses capacités opérationnelles.

Le film Les Combattants, de Thomas Cailley (2014), restitue parfaitement ce climat où domine l’idée que, face à une menace diffuse (crise environnementale, effondrement du système financier, attaque kamikaze), il convient désormais d’être prêt.

Depuis l’attaque du Bataclan, le 13 novembre 2015, les demandes de formation aux premiers secours ont ainsi augmenté de 40 % en Ile-de-France. La Croix-Rouge a décidé de réintroduire la technique du garrot, absente de ses enseignements depuis plus de dix ans. Et même s’il était déjà en progression auparavant, le nombre de licenciés en krav-maga, ­méthode d’autodéfense de l’armée israélienne, a fait un bond spectaculaire, passant de plus de 12 000 licenciés en 2013 à environ 17 000 en 2017.

« La sueur épargne le sang », peut-on lire sur le site de la Fédération nationale de close-combat, qui met en avant, dans son argumentaire, l’attaque dans le Thalys en août 2015 pour justifier l’apprentissage du corps-à-corps.

Le succès du « cross fit » (une gymnastique spartiate) et plus marginalement du « tac fit » (un entraînement à base de mouvements fonctionnels pour le champ de bataille) participent également de cet esprit général d’aguerrissement. « Les gens ont compris qu’ils devaient être capables de sortir de la sidération. Le monde évolue, il faut évoluer avec lui », résume Marius (Alain Alivon, de son vrai nom) ancien instructeur des commandos marine.

« Gestion du stress »

Alors que les clubs de tir font le plein, les « boot camps » sont devenus le nouvel outil à la mode pour consolider l’esprit d’entreprise. Très en vogue dans les écoles de commerce, ces stages de renforcement inspirés de l’armée américaine ont même fait l’objet d’un récent partenariat entre le Medef et le ministère de la défense.

En ­tenue de combat, de grands patrons ont été conviés à suivre un authentique stage commando pour parfaire leur « gestion du stress », leur « résilience face à l’épreuve », leur « esprit d’équipe » et leur « capacité à exprimer leur leadership dans un univers méconnu ».

Plus de 4 000 personnes ont participé à la D-Day Race organisé dans le Calvados fin mars. | JULIEN POUPART / HUGO EVENTS

Dans un contexte économique et social chaotique, l’armée figure désormais cette structure où l’on apprend à conserver ses capacités d’action intactes malgré le stress.

C’est à ce savoir-faire que Fabien Gardanne, PDG de la société de traitement du bois ACEH, a voulu faire ­appel pour motiver ses commerciaux : « Dans le travail, on finit souvent par s’installer dans un confort dont on a du mal à sortir. Pour pousser mes gars à se dépasser, je les ai inscrits à un stage organisé par des anciens des forces spéciales. On a toujours l’image du militaire bourrin, or ils savent très précisément activer les ressorts qu’il faut pour amener les gens à trouver de nouvelles ressources. Pendant trois jours, on a couru, rampé, fait des pompes, on s’est battus à mains nues… A la fin du stage, quand ils ont reçu leurs médailles, beaucoup avaient les larmes aux yeux. Le mois qui a suivi, le chiffre d’affaires a ­augmenté de 20 %, et le soufflé n’est toujours pas retombé. »

« CHEZ NOUS, LES FILLES PORTENT TOUTES LA MÊME CHASUBLE NOIRE. DU COUP, ELLES NE SE REGARDENT PAS, NE SE COMPARENT PAS. C’EST COMME À L’ARMÉE. » MATTHIEU NOUDELBERG, FONDATEUR DE BOOT CAMP GIRLS

L’armée a même fini par représenter le sanctuaire de valeurs humaines bafouées. Dans un monde structurellement individualiste, le commando serait ce groupe humain forgé dans les épreuves où la solidarité ne se dément jamais.

« Esthétisation de la guerre »

Fondateur de Boot Camp Girls, un club de « cross training » parisien où les filles s’endurcissent et ­apprennent à se défendre, Matthieu Noudelberg voit dans ces valeurs militaires une réponse aux excès égotistes des individus : « Chez nous, les filles portent toutes la même chasuble noire. Du coup, elles ne se regardent pas, ne se comparent pas. On travaille en binôme, avec un esprit d’entraide. Si l’une manque de souffle, l’autre essaiera de l’épauler. C’est comme à l’armée. Si ton binôme se prend une balle, tu ne vas pas le laisser mourir sur le champ de bataille. »

Quant au bivouac, il matérialise désormais un idéal d’existence frugale, ascétique, presque un repos de l’esprit en ces temps d’hyperchoix. « Vos repas sont même servis sous forme de rations ! », peut-on lire sur le site qui fait la promotion d’un week-end boot camp.

« Il y a aujourd’hui une ludicisation de la chose guerrière. D’un côté, la population est coupée des réalités militaires en raison de la professionnalisation des armées, et de l’autre, on lui présente les forces spéciales et leur matériel high-tech comme quelque chose de sexy, de désirable. C’est une façon de fabriquer un mouvement d’esthétisation de la guerre qui contribue à en faire oublier la réalité », explique le sociologue Laurent Trémel.

Tous ces éléments mis bout à bout dessinent les contours d’un climat paramilitaire aux allures de « wargame » géant, des jeux de guerre qui ont pour particularité d’être aussi futiles que sérieux. Mais, comme le fait remarquer justement un de mes camarades de la « 12:18 » pendant que nous patientons pour prendre notre douche : « On n’est quand même pas en Syrie… »

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