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Jours tranquilles à Paris

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2 mars 2019

Echangisme, candaulisme, polyamour : la fidélité s’écrit (aussi) au pluriel

Par Maïa Mazaurette - Le Monde

« Pourquoi sommes-nous si attachés à l’exclusivité sexuelle ? », interroge cette semaine la chroniqueuse de La Matinale Maïa Mazaurette, qui invite chaque couple à se demander si la fidélité est choisie, subie, ou installée comme mode par défaut.

LE SEXE SELON MAÏA

La sexualité de notre partenaire officiel/le nous appartient-elle ? A priori, non : nous avons supposément libéré nos mœurs, le couple n’est pas une prison, et même si on essayait de poser des limites strictes, certains remous nous échapperaient – les rêves érotiques, les fantasmes, un sourire dans le métro. La moitié des hommes et un tiers des femmes se sont déjà livrés à des escapades : ça fait beaucoup de dérapages. Les valeurs de Mai 68 auraient-elles triomphé, serait-il interdit d’interdire d’aller voir ailleurs ?

Que nenni : 84 % des Français jugent la fidélité essentielle à la survie du mariage (sondage Arval 2016, cité par Le Parisien). Quand le sentiment de posséder l’autre est bousculé, les conséquences peuvent être brutales, puisque les comportements abusifs comme la jalousie seraient à l’origine de 15 % des divorces (selon le site Jurifiable). Une obsession qui va jusqu’au féminicide, lequel se produit le plus souvent lorsque la conjointe essaie de partir ou de divorcer, donc de s’émanciper de la possession du conjoint, comme l’explique Titiou Lecoq sur Slate. Cette angoisse s’inscrit dans un continuum intellectuel difficile à négocier : une petite jalousie montre l’attachement, une grosse jalousie peut tuer… et personne n’est d’accord sur les limites, comme nous l’évoquions dans notre chronique sur la question.

Pourquoi sommes-nous si attachés à l’exclusivité sexuelle ? Si nous étions de la famille royale d’Angleterre ou impériale du Japon, sommés de produire une descendance certifiée pur beurre, cela pourrait se comprendre. Seulement, à l’ère de la contraception, la nécessité de surveiller sa lignée a pris un coup dans l’aile, tandis que les préservatifs nous évitent le risque d’infection.

Du coup, admettons-le : nous n’avons absolument aucune raison pratique d’être jaloux. Quand nos conjoints filent à l’hôtel avec leur collègue préféré pendant la pause déjeuner, ils ne nous « volent » pas de rapport sexuel. Déjà parce que les galipettes ne nous sont pas dues. Mais aussi parce que quand on couche hors couple, par définition, on a envie de coucher avec quelqu’un d’autre.

La fidélité ne se coule pas dans une taille unique

Pourrions-nous alors reconsidérer notre tendance à la possessivité ? Nous parlons là d’une conversation qui n’a pas toujours lieu : la fidélité est-elle choisie, subie, ou installée comme mode par défaut ? Votre partenaire aurait-il ou elle préféré un autre arrangement, qui rende moins difficile la tâche consistant à passer quelques décennies (au mieux) ensemble ? De tels enjeux peuvent-ils relever de simples habitudes culturelles ?

Venons-en donc aux pratiques. Contrairement aux moufles et aux bonnets, la fidélité ne se coule pas dans une taille unique. On pense d’abord à l’infidélité. Seulement, cette dernière réaffirme en creux l’importance d’une fidélité maintenue au moins en façade. Les rapports extraconjugaux ne bousculent pas le statu quo. Résumons à grands traits les alternatives :

- l’échangisme et le libertinage consistent à aller voir ailleurs, mais ensemble (selon des modalités variées).

- le candaulisme consiste à « prêter » son/sa partenaire à d’autres (c’est la version acceptée et sublimée du cocufiage).

- le polyamour permet d’avoir plusieurs partenaires affectifs et/ou sexuels en même temps (même s’il peut y avoir une hiérarchisation des liens, avec une union principale).

Ces trois paradigmes reposent moins sur l’indifférence que sur la compersion. Ce mot, populaire chez les polyamoureux, désigne l’inverse de la jalousie. La compersion consiste à se réjouir du fait que votre partenaire trouve de l’épanouissement sentimental et/ou sexuel ailleurs : l’important, c’est qu’il/elle soit heureux.

On peut sacraliser le lien sans sacraliser le sexe

Dans cette optique, l’autre ne nous appartient pas. Le sexe n’est plus le ciment du couple, qui fait s’effondrer tout l’édifice commun quand il vient à manquer ou être dispersé : il est une composante, mais pas le mur porteur. On peut sacraliser le lien, éventuellement amoureux, sans sacraliser le sexe. Et sans découper le corps en morceaux, dont certaines zones pourraient nous échapper et d’autres nous appartenir.

La jalousie est alors comprise comme le signal d’une vulnérabilité : nous nous sentons menacés parce que nous manquons de confiance en nous, en l’autre, ou en la relation. Mais observons les conséquences. Passer quelques heures avec une autre personne, est-ce vraiment une trahison fondamentale ? Peut-on comparer cette parenthèse avec la réalité longue durée du couple (un présent, mais aussi un passé et un futur en commun) ?

Bien sûr, notre conjoint/e peut tomber amoureux/se. Mais ça n’est pas une question sexuelle, c’est la condition humaine. Qu’il y ait sexe ou pas, attentes de fidélité ou libertinage revendiqué, nous sommes logés à la même enseigne. Par ailleurs, nous pouvons multiplier les sentiments : c’est le temps, alors, qui vient à manquer – et la question perd de sa charge émotionnelle pour devenir plus logistique (en dédramatisant un bon coup).

L’argument voulant que la sexualité soit ce que nous partageons d’unique avec notre partenaire peut, pour sa part, se retourner contre ses défenseurs. Soit le sexe est effectivement unique, et notre rival/e ne va pas faire exactement comme nous, pas avec la même sensibilité, et pas avec le même corps. Soit le sexe se résume à une gymnastique qu’une autre personne pourrait copier, et nous sommes dans la panade : de quel droit demander à l’autre de considérer notre sexualité comme exclusive… si les rapports sexuels n’ont rien d’exclusif ou de spécial ?

Réfléchissez, négociez, verbalisez

Mais peut-être sommes-nous, tout simplement, attachés à la fidélité. Elle nous séduit, elle nous convient. De fait, notre culture nous encourage à la considérer comme souhaitable et naturelle : le consensus n’est pas absolu, mais il y a dans l’exclusivité quelque chose qui nous sécurise, qui nous émancipe de la compétition du marché sexuel… et des autres compétitions. La possession sexuelle du conjoint (pour le dire brutalement) est en effet d’autant plus cruciale que nous devons déjà faire face au chamboulement constant des rapports familiaux, amicaux et professionnels, qui nous font bien comprendre que nous sommes dispensables, remplaçables, interchangeables. Face à ce risque de dissolution, notre vie amoureuse nous remet au centre du jeu, comme pièce maîtresse. Ce qui nous fait courir un autre danger : si on perd l’autre, on se perd soi-même.

Tout cela est terriblement romantique (surtout juste après la Saint-Valentin) ; cependant, est-il raisonnable de faire reposer nos doutes existentiels et notre intégrité sur notre partenaire ? Et surtout : pourquoi cet attachement se porte-t-il spécifiquement sur le sexe, alors qu’il pourrait porter par exemple sur la domesticité (« promets que tu ne feras jamais la lessive sans moi ») ? Si nous ajoutons à cette nébuleuse le fait que notre conception de l’exclusivité soit personnelle et mouvante, cela fait beaucoup d’eaux troubles.

Du coup, quelle que soit votre préférence, ne noyez pas le poisson : réfléchissez, négociez, verbalisez, dans le détail. Cette chronique n’a pas pour vocation de promouvoir une formule spécifique, seulement de questionner des habitudes si solidement acquises qu’elles laissent finalement peu de place à nos préférences réelles. Il existe d’autres options, vivables, heureuses, fondées sur d’autres formes d’honnêteté, d’autres négociations, d’autres conceptions de la tendresse.

Du jardin secret à la ceinture de chasteté, de l’ubérisation des partenaires à l’aventure au sein du couple, la possessivité s’écrit au singulier – et ses alternatives, au pluriel.

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2 mars 2019

Concorde Art Gallery

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2 mars 2019

Milo Moiré

2 mars 2019

Presse - Karl Lagerfeld

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2 mars 2019

PARIS FASHION WEEK #PFW

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2 mars 2019

Ren Hang à la MEP très bientôt...

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Première exposition majeure de l’œuvre de l’artiste chinois Ren Hang depuis sa disparition tragique en 2017, et première présentation personnelle au sein d’une institution parisienne (MEP), cette exposition réunit plus de 150 œuvres, issues de collections européennes et chinoises, ainsi que des publications et autres documents inédits.

OUVERTURE
Mercredi jeudi vendredi de 11h à 19h45, samedi dimanche de 10h à 19h45.
TARIFS
Tarif plein : 10 €

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2 mars 2019

PARIS FASHION WEEK

2 mars 2019

Milo Moiré

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Photos : Peter Palm

2 mars 2019

Algérie : des dizaines de milliers d’Algériens manifestent contre un cinquième mandat de Bouteflika

La mobilisation, supérieure à celle de la semaine passée à Alger, était le principal enjeu de ce vendredi, alors qu’il reste moins de trois jours au camp présidentiel pour déposer le dossier de candidature du chef de l’Etat.

Plusieurs dizaines de milliers d’Algériens ont défilé, vendredi 1er mars, dans le centre d’Alger et dans le reste du pays, contre la perspective d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika en scandant des slogans hostiles au pouvoir, face à une police paraissant débordée.

Les heurts ont fait 56 blessés parmi les forces de l’ordre et sept chez les manifestants, a annoncé la police, citée par la télévision nationale. Des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) ont eux dénombré une dizaine de blessés chez les manifestants, cibles de coups de matraque, de pierres que renvoyaient certains policiers, d’éclats de grenade lacrymogènes ou intoxiqués par les gaz.

Les forces de l’ordre ont procédé dans la journée à 45 arrestations, dont cinq personnes ayant tenté d’entrer dans l’hôtel El Djazaïr, a ajouté la télévision, citant un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), qui chapeaute les différents services de la police algérienne.

La mobilisation, bien supérieure à celle de la semaine passée à Alger, était le principal enjeu de ce vendredi, alors qu’il reste moins de trois jours au camp présidentiel pour déposer dans les délais – jusqu’à dimanche minuit, heure locale – le dossier de candidature de M. Bouteflika à la présidentielle du 18 avril devant le Conseil constitutionnel.

En annonçant, le 10 février, cette candidature, M. Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a déclenché une contestation d’ampleur inédite en vingt ans, le visant directement.

Des dizaines de milliers de manifestants à Alger

Des sources sécuritaires ont fait état de « plusieurs dizaines de milliers de personnes » dans les rues de la capitale, au-dessus de laquelle un hélicoptère tournoyait bruyamment depuis le matin, comme les jours de mobilisation précédents.

Brandissant des drapeaux algériens, une foule impressionnante s’est rassemblée en début d’après-midi aux cris de « Pouvoir assassin » sur la place de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du centre-ville. Composée d’hommes et de femmes de tous âges, la foule n’a cessé de grossir, rejointe par des cortèges venus de divers quartiers – la casbah, Bab el-Oued ou la place du 1er-Mai – qui ont forcé plusieurs cordons de police, vite débordés.

« Pacifiques ! pacifiques ! », scandaient les manifestants que quelques jets de gaz lacrymogènes n’ont pas réussi à décourager. « Le peuple veut la chute du régime », « Non au cinquième mandat ! », « On ne va pas s’arrêter ! », a-t-on aussi entendu.

Aux balcons du centre-ville, de nombreux riverains agitaient des drapeaux algériens, verts et blancs frappés du croissant et de l’étoile rouge, en soutien aux protestataires. Une partie des manifestants a ensuite pris le chemin du palais du gouvernement, qui abrite les bureaux du premier ministre, Ahmed Ouyahia, aux cris de « ce peuple ne veut pas de Bouteflika ! »

Des blessés dans des heurts avec la police

A Alger, la police a dispersé le millier de manifestants regroupés sur un rond-point d’accès en tirant des dizaines de grenades lacrymogènes, faisant massivement refluer la foule, selon une journaliste de l’AFP. Deux personnes ont été légèrement blessées aux jambes par des éclats selon cette journaliste.

Un autre groupe de milliers de personnes se dirigeant vers la présidence a été bloqué à environ un kilomètre de sa destination par la police, selon un journaliste de l’AFP. La police a fait usage de gaz lacrymogènes contre ces manifestants qui lançaient des pierres aux abords du palais présidentiel, et ces heurts ont fait des blessés des deux côtés, ont rapporté des témoins.

D’autres manifestations dans le pays

Des manifestants ont aussi défilé dans près des deux tiers des wilayas (préfectures) du nord du pays, zone la plus peuplée, sans donner de chiffre de participation. Selon des sources sécuritaires, d’autres rassemblements se sont déroulés sans incidents notamment à Oran et à Constantine, deuxième et troisième villes du pays.

Des rassemblements ont aussi eu lieu à Blida (35 km au sud d’Alger), Tizi-Ouzou, Béjaïa, Skikda, Annaba (90, 180, 350 et 400 km à l’est), à Bouira, M’sila, Sétif, Biskra, Batna (90 km, 150, 200 km et 300 km au sud-est), à Médéa, Tiaret et Sidi Bel Abbès (60, 200 et 400 km au sud-ouest). A Oran, un des manifestants a indiqué à l’AFP que la mobilisation était supérieure à celle de la semaine précédente.

Pour l’heure aucun incident notable n’a été signalé, en dehors des quelques heurts d’Alger, et les manifestants étaient pacifiques. « Nous sommes là pour encadrer la manifestation et éviter tout éventuel débordement », avait indiqué dans la matinée à l’AFP un officier de police. Amnesty International a appelé jeudi les forces de l’ordre à « s’abstenir de recourir à une force excessive ou inutile pour disperser des manifestants pacifiques ».

Candidature déposée le 3 mars ?

Certains observateurs craignent que les partisans du chef de l’Etat n’utilisent la manière forte pour s’éviter une campagne électorale avec le double handicap d’un candidat absent physiquement – M. Bouteflika n’apparaît plus qu’à de rares occasions, et ne s’est pas adressé à la nation depuis son accident vasculaire cérébral en 2013 – et contesté dans la rue.

La candidature de M. Bouteflika sera déposée le 3 mars, a annoncé son directeur de campagne, Abdelmalek Sellal : « Personne n’a le droit d’empêcher un citoyen algérien de se porter candidat. C’est un droit constitutionnel. » Le chef de l’Etat est cependant hospitalisé depuis dimanche à Genève (Suisse), officiellement « pour des examens médicaux périodiques » et son retour en Algérie n’a toujours pas été annoncé.

2 mars 2019

Thierry Mugler - Exposition au Musée des Beaux Arts de Montréal

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The world's first exhibition devoted to Thierry Mugler is opening at the Montreal Museum of Fine Arts on March 2, 2019. Looking back over the archives, more than 140 dresses, accessories and sketches will be on display, shedding light on the work of a couturier who uses visionary designs to empower women. Here, Vogue Paris takes a look at some Thierry Mugler masterpieces, captured by photographers from Helmut Newton to Karl Lagerfeld.

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L'exposition "Thierry Mugler: Couturissime" ouvre à Montréal

La première exposition consacrée à Thierry Mugler est inaugurée au Musée des beaux-arts de Montréal, ce 2 mars. Au total, plus de 140 robes, accessoires et foule de documents d'archives éclairent le travail du couturier du "female empowerment".

Grande première pour Thierry Mugler. Le couturier du "female empowerment", qui a fait de sa mode une célébration du spectaculaire, est à l'honneur d'une exposition solo au Musée des Beaux-Arts de Montréal, inaugurée le 2 mars février prochain. Baptisée Thierry Mugler: Couturissime, l'exposition donnera à voir les plus sculpturales créations de Thierry Mugler, de sa Chimère à sa femme robot futuriste, au total 140 tenues conçues entre 1973 et 2001, mais aussi ses parfums culte, des photographies et croquis rares, sans oublier le fruit de ses multiples collaborations artistiques dans le domaine du spectacle, de la musique et du cinéma. "Métamorphoses, super héroïnes et cyborgs sont déjà présents chez Mugler qui a perçu très tôt les révolutions d’un transhumanisme à venir. Ses créatures carrossées et élégantes, ses femmes dangereuses et séduisantes, peuplent un univers de glamour et de séduction aux frontières du réel" résume Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du MBAM qui mise ainsi sur une exposition à grand spectacle, à l'heure où les expositions mode ont plus que la cote. En complément, le catalogue de l'exposition riche de 600 illustrations, dirigé par Thierry-Maxime Loriot et co-édité par le musée et Phaidon, devient la première monographie du créateur. Collector donc.

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