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Jours tranquilles à Paris

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12 avril 2018

Emily Ratajkowski

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12 avril 2018

Les enjeux des deux prochaines interviews télévisées pour Emmanuel Macron

Par Cédric Pietralunga - Le Monde

Alors que les oppositions se multiplient, le président de la République répondra le 12 avril à M. Pernaut et le 15 avril à MM. Bourdin et Plenel.

Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron n’avait accordé que deux entretiens télévisés : aux journalistes Anne-Claire Coudray, Gilles Bouleau et David Pujadas sur TF1 et LCI le 15 octobre 2017 ; à Laurent Delahousse le 17 décembre sur France 2. Une « parole rare » assumée par l’Elysée, destinée à rompre avec la « présidence bavarde » de François Hollande et à mettre en scène la vision de la « verticalité du pouvoir » du nouveau chef de l’Etat.

Mais alors que M. Macron s’apprête à fêter le premier anniversaire de son élection, le 7 mai, changement de pied : le président répondra, jeudi 12 avril, aux questions de Jean-Pierre Pernaut, sur TF1 et LCI, puis à celles de Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, dimanche 15 avril, sur BFM-TV, RMC et le site Mediapart. Deux rendez-vous destinés à reprendre la main, alors que les oppositions se multiplient (retraités, cheminots, personnels soignants, étudiants, etc.) et que l’exécutif souffre dans les sondages.

Pour le premier round, le chef de l’Etat a choisi de s’adresser d’abord aux retraités, aux provinciaux, aux classes populaires, publics fidèles du journal de 13 heures de TF1. Un choix a priori judicieux : chaque jour de la semaine, M. Pernaut réunit plus de 5 millions de téléspectateurs, soit parfois plus que le 20 heures de France 2 ou même de TF1.

Dans l’école du village de Berd’huis

L’entretien avec le présentateur, prévu pour durer une heure, sera réalisé en direct de la classe de CE2 de l’école maternelle et élémentaire de Berd’huis, dans l’Orne.

Ce petit village normand d’un peu plus de 1 100 habitants, situé dans le parc naturel régional du Perche, n’a pas été choisi par hasard : Marine Le Pen y est arrivée en tête lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, avec 30,4 % des voix. M. Macron n’y avait, lui, obtenu que 20 % des suffrages, derrière François Fillon (21,9 %). « On n’est clairement pas en terre macroniste », explique-t-on à TF1, où l’on assure que c’est M. Pernaut qui a eu l’idée de réaliser l’entretien dans une école de campagne.

« Si nous avons choisi Berd’huis, c’est aussi parce qu’il s’agit d’une commune très représentative de ce que vivent les territoires ruraux : elle fait de gros efforts pour maintenir ses services publics, même si elle a perdu son bureau de poste en 2017, elle se bat pour garder ses commerces de proximité… », détaille Philippe Morand, rédacteur en chef adjoint du service politique de TF1. Le chef de l’Etat a d’ailleurs prévu de rencontrer les élus locaux après son entretien, ainsi que les enseignants et les élèves de l’école, qui restera ouverte pendant la durée de l’interview. « On entendra certainement les enfants dans la cour et peut-être même la sonnerie à 13 h 30 », détaille-t-on à TF1.

Un dispositif technique calibré

Pour réaliser le premier entretien d’un président de la République dans un journal de 13 heures – en tout cas depuis celui de Patrick Chêne avec Jacques Chirac sur France 2 en 1995 –, la chaîne du groupe Bouygues a investi les lieux dès mercredi après-midi, après la fin des cours. « Nous aurons soixante personnes sur place, c’est une grosse production », détaille M. Morand.

Lors de l’interview, MM. Macron et Pernaut seront assis sur deux fauteuils transparents et filmés par six caméras disposées dans la classe. Un drone survolera l’école et retransmettra des images de la cour occupée par les enfants ou de la campagne environnante.

L’entretien sera entrecoupé de reportages réalisés par la chaîne dans différents endroits de France. Y seront abordés les questions de la réduction à 80 km/h de la vitesse sur les routes, de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités, des fermetures de classes à la campagne, de la fracture rurale… « L’entretien sera lancé par un reportage sur l’image du président auprès des Français, qui a été tourné sur un marché dans [la région] des Hauts-de-France », explique M. Morand.

L’enjeu : reconquérir la campagne

Depuis le début de son quinquennat, M. Macron est attaqué par ses adversaires sur sa supposée méconnaissance de la ruralité. A les entendre, il serait « le président des villes ». « Il a la haine de la province », l’accuse même le patron des Républicains (LR) Laurent Wauquiez. Faux, rétorque-t-on à l’Elysée, où on rappelle que le chef de l’Etat est « un enfant de la province », né à Amiens et dont les racines familiales s’ancrent dans les Pyrénées.

Seule certitude, M. Macron a été élu par les villes davantage que par les campagnes. Selon l’Institu français d’opinion publique (IFOP), 58 % des habitants des zones rurales avaient voté pour lui au second tour, contre 65 % des habitants de zones urbaines de province et 79 % des habitants de l’agglomération parisienne. Les ruraux n’ont représenté que 22,3 % de ses électeurs au second tour.

Surtout, M. Macron a parfois donné le sentiment, depuis son élection, de ne pas considérer les habitants des zones rurales, de leur préférer « les premiers de cordée » et les « Français qui vont bien », ceux qui habitent dans les grandes villes. Dans un sondage Odoxa publié avant le Salon de l’agriculture de Paris, en février, 69 % des Français interrogés jugeaient le président de la République « plutôt éloigné » des préoccupations de la France des campagnes.

« La ruralité est une chance », avait pourtant lancé M. Macron durant la campagne présidentielle, lors d’une tournée qui l’avait emmené, en février 2017, de Souillac (Lot) à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) en passant par Saint-Priest-Taurion (Haute-Vienne). « Paysan, j’aime ce mot », avait-il même ajouté, non sans une once de démagogie. A lui d’en convaincre les téléspectateurs de TF1.

12 avril 2018

Miles Aldridge

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12 avril 2018

Au boulot !

au boulot

12 avril 2018

Radio France : Présidence de Radio France : six candidats pour un fauteuil

Par François Bougon, Alexandre Piquard - Le Monde

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionnera les prétendants du 10 au 12 avril. Le nom du successeur de Mathieu Gallet sera connu au plus tard le 14.

Six candidats pour la pré­sidence de Radio France. Les prétendants seront auditionnés du 10 au 12 avril, a annoncé mercredi 4 avril le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Samedi 14 avril, au plus tard, sera connu le nom du successeur de Mathieu Gallet, destitué après sa condamnation pour favoritisme. L’originalité de la procédure tient à une transparence accrue : les noms et projets des candidats retenus ont été dévoilés et une partie des auditions sera publique. Le contexte est aussi particulier : le CSA exerce une fois encore ce pouvoir de nomination alors que l’exécutif a promis de le lui retirer et prévoit une grande réforme de l’audiovisuel public. Dès 2019 pourrait être créé un poste de « super-président » qui chapeauterait les dirigeants de Radio France et France Télévisions.

Sibyle Veil, la continuité

Seule femme, Sibyle Veil, 40 ans, peut, comme ses concurrents, offrir un nouveau visage à Radio France. Mais seule la directrice déléguée de Radio France, chargée des opérations et des finances, peut se prévaloir de l’héritage de Mathieu Gallet et du soutien tacite de son équipe de directeurs. Elle souhaite mieux maîtriser la diffusion des contenus sur le numérique. Et propose une « direction de l’investigation » transversale à tout l’audiovisuel public, ainsi qu’« un média global de la culture », une « offre jeunesse » et un « média de proximité » associant France Bleu et France 3. Des projets déjà en discussion entre France Télévisions, Radio France et le gouvernement.

Elle est présentée par les observateurs comme favorite, ce qui inquiète ses concurrents. Certains au sein de la majorité craignent que sa nomination ne nourrisse le reproche d’un manque d’indépendance par rapport à l’exécutif. Car cette conseillère d’Etat est issue de la même promotion de l’ENA qu’Emmanuel Macron. Comme son mari, Sébastien Veil, qui a participé à la campagne du futur président. Ses partisans rétorquent qu’elle a été conseillère du président Nicolas Sarkozy, avant de rejoindre l’AP-HP et d’être nommée à Radio France, en 2015, bien avant l’élection de M. Macron.

Jérôme Batout, connaisseur des médias

Jérôme Batout, 39 ans met en avant ses fonctions de directeur général de Publicis Media France mais aussi de conseiller à la revue Le Débat. Deux fonctions jugées « complémentaires » : l’une lui a fait connaître l’écosystème des médias pour conseiller les annonceurs sur leurs investissements publicitaires, l’autre illustre sa formation de philosophe, tout en le classant à gauche. Il a été conseiller spécial du premier ­ministre socialiste Jean-Marc Ayrault.

Sans expérience dans l’audiovisuel public, il tente de se démarquer par un projet insistant sur l’aspect « son » de la radio, promis à la « disruption » par les plates-formes numériques mais plein d’avenir, en raison des voitures connectées, notamment. Selon lui, le « cœur radio » de Radio France doit rester un média d’offre et concentrer sa puissance sur peu d’antennes. Il veut créer un « levier de diversification », produisant notamment des contenus pour des institutions extérieures.

Bruno Delport, l’amoureux de la radio

Directeur de la radio TSF Jazz, ex-directeur général du groupe Nova Press (dont le propriétaire, Mathieu Pigasse, est actionnaire à titre individuel du Monde), Bruno Delport, 53 ans, a été président de Solidarité Sida et engagé dans les campagnes d’Europe-Ecologie Les Verts depuis 2010. « J’ai bien conscience de ne pas avoir le parcours typique », a-t-il dit à BFM-TV. Il juge que France Bleu et France Musique peuvent être améliorées. Il propose d’investir sur la technologie de diffusion numérique des contenus et leur indexation pour les assistants vocaux. Il veut générer de nouveaux revenus en créant des ­« contenus dédiés » pour des marques, citant l’exemple d’Engie pour la COP 21.

François Desnoyers, l’ancien de la maison

François Desnoyers, 62 ans, connaît bien la Maison de la Radio : il y est entré en 1980 comme journaliste, en locale. Parti en 1988, ce proche de Jean-Marie Cavada y est revenu comme délégué général, durant la présidence de l’ancien présentateur, entre 1998 et 2004. Il juge que la bataille n’est pas celle des technologies, mais des contenus : « Penser que rajouter de l’image à la radio répondrait [aux] nouvelles demandes est une idée simpliste. » Pour celui qui s’était occupé des questions de décentralisation au début des années 1980, la priorité, entre France Bleu et France 3, ce sont les « synergies éditoriales ».

Guillaume Klossa, l’Européen

Guillaume Klossa, 45 ans, a connu à la fois les cabinets ministériels – notamment auprès du secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes Jean-Pierre Jouyet – et les entreprises privées comme McDonald’s ou Veritas. Mais c’est son expérience comme dirigeant de l’Union européenne de radio-télévision (UER), depuis 2013, la plus grande alliance de médias de service public, qu’il met en avant : une façon de souligner qu’il travaille déjà à la mise en place de synergies entre différentes structures, sur le modèle de ce que souhaite le gouvernement pour Radio France et France Télévisions.

Christophe Tardieu, l’homme de culture publique

Une grande partie de la carrière de Christophe Tardieu, 53 ans, a été celle d’un numéro deux, au Château de Versailles, à l’Opéra de Paris ou au Centre national du cinéma. Cet inspecteur des finances, qui a été conseiller de Christine Albanel, ministre de la culture de M. Sarkozy, veut s’inscrire dans la continuité de M. Gallet. Il dit vouloir garder les équipes en place. S’il insiste lui aussi sur la nécessaire adaptation aux usages du numérique, il se distingue par sa volonté d’accorder « une place plus importante à la chanson française » et de « développer encore davantage la place des langues régionales sur les antennes de France Bleu ».

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12 avril 2018

Jacquemus

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12 avril 2018

Extrait d'un shooting

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12 avril 2018

Hollande l’humilié – Le Parisien

Il y a une rancœur qui saute aux yeux chez François Hollande. Mais aussi un sentiment que ni son humour, ni sa cordialité ni ses bonhommes rondeurs ne parviennent à masquer : l’humiliation. Mettons-nous quelques instants à sa place. Voilà un homme qui, au sortir d’un quinquennat infernal, voit l’embellie économique profiter à son successeur. Grâce aux mesures qu’il a prises, affirme-t-il. Pas seulement, mais c’est vrai que la reprise doit - pour l’instant - plus au socialiste qu’à Emmanuel Macron. « Hollande la baraka », disait-on un temps. Mais la chance a tourné depuis longtemps pour l’ancien chef de l’Etat. Autre exemple de cette bonne étoile qui a filé chez son successeur : le cas Assad, fin août 2013. La fermeté et la détermination de Hollande avaient buté sur l’indécision d’Obama. Il avait lâché le Français alors qu’ils s’apprêtaient à châtier le régime syrien. Presque cinq ans plus tard, les deux pays s’apprêtent à frapper le raïs, coupable d’avoir à nouveau franchi la ligne rouge en gazant son peuple. Une question de jours et peut-être d’heures. C’est encore Macron qu’on créditera pour sa « détermination » et sa fermeté, là où Hollande s’était retrouvé en capitaine abandonné. On comprend l’obsession - qui affleure dans chaque chapitre de ses Mémoires - de ce dernier pour son ancien conseiller qui lui a tout chipé : son fauteuil, son bilan, sa guerre contre Assad… Ce qu’on comprend moins, c’est le timing de l’ex-président. Pourquoi tant de précipitation à vouloir redorer son blason et tacler Macron, alors que les Français ne sont pas prêts à entendre qu’il aurait pu avoir raison ? A occuper le terrain de la sorte moins d’un an après son éviction, en oubliant d‘attendre son « heure », il se prive d’une véritable revanche.

11 avril 2018

Facebook

Affaire Cambridge Analytica

Facebook : face au Congrès américain, la stratégie des excuses ne suffit plus

Par Morgane Tual - Le Monde

Après avoir affronté les sénateurs, Mark Zuckerberg s’est présenté mercredi devant les élus de la Chambre des représentants. Un exercice plus ardu, avec des interlocuteurs plus tenaces.

Le ton s’est durci, mercredi 11 avril après-midi, lors de la deuxième audition de Mark Zuckerberg au Congrès des Etats-Unis. La veille, le patron et fondateur de Facebook avait affronté pendant cinq heures les questions des sénateurs américains, pour s’expliquer sur la responsabilité de son réseau social, après le scandale Cambridge Analytica, dans lequel les données de 87 millions d’utilisateurs ont été siphonnées. Mercredi, le trentenaire se présentait cette fois devant les élus de la Chambre des représentants.

Si sa première prestation a été considérée comme une réussite face aux questions, souvent mal informées, des sénateurs, M. Zuckerberg s’est retrouvé confronté, le lendemain, à des interlocuteurs plus coriaces – et qui connaissaient mieux leurs dossiers.

Questions insistantes, relances acerbes

Comme le démocrate Ben Lujan (Nouveau-Mexique), qui s’est fait remarquer lors d’une déclaration musclée sur la façon dont Facebook collecte les données des internautes, même si ceux-ci ne sont pas inscrits sur le réseau social. « Nous collectons [ces données] pour des raisons de sécurité », s’est défendu Mark Zuckerberg. « Est-ce que quelqu’un qui n’a pas de compte Facebook peut demander à Facebook de cesser cette collecte ? », a demandé, avec une fausse innocence, l’élu – la ligne de défense du PDG consiste à répéter que les utilisateurs ont un total contrôle sur la collecte de leurs données.

« Donc, vous dites à des gens qui n’ont même pas de compte Facebook de s’inscrire à Facebook pour pouvoir accéder à leurs données… »

Les bribes de réponse apportées par Mark Zuckeberg n’ont pas suffi à convaincre.

Questions insistantes, répétées, plus concrètes, précises, relances acerbes… Le patron de Facebook a sans cesse été coupé, les parlementaires refusant de se laisser endormir par des digressions. « Oui ou non ? », ont-ils souvent interrompu leur interlocuteur.

Mark Zuckeberg, qui s’était minutieusement préparé à ces deux épreuves, a semblé cette fois prendre sur lui pour ne pas laisser poindre son exaspération.

Sa feuille de route : garder son calme, se montrer poli, respectueux – chacune de ses interventions commençait par un poli « M. le représentant » ou « Mme la représentante » –, ne pas faire d’esprit… Et surtout, surtout, reconnaître humblement ses erreurs.

« En quoi les excuses d’aujourd’hui sont-elles différentes ? »

C’est d’ailleurs de cette manière que Mark Zuckerberg a introduit ses deux interventions :

« Nous n’avons pas fait assez pour empêcher ces outils d’être utilisés à mauvais escient. Nous n’avons pas pris suffisamment conscience de notre responsabilité, et c’était une énorme erreur. C’était mon erreur, et je vous présente mes excuses. »

Une habitude chez Facebook : à chaque crise, l’entreprise présente ses excuses, puis annonce une série de mesures et promet que cela ne se reproduira plus. Mais après bientôt quinze ans d’existence, il semblerait que cette stratégie ne suffise plus à apaiser, voire duper, les élus américains.

« Vous avez une longue histoire de croissance et de succès, mais vous avez aussi une longue liste d’excuses, qui ont commencé en 2003 à Harvard », a ainsi lancé la démocrate Jan Schakowsky (Illinois), en référence au site créé par l’étudiant Zuckerberg qui permettait alors de comparer le physique des étudiantes. A l’époque, il avait déjà battre sa coulpe : « Je m’excuse pour tout le mal qu’a pu causer ma négligence. » Elle poursuit, déroulant la liste des excuses de Mark Zuckerberg :

« – 2006 : “nous avons vraiment fait une erreur”.

– 2007 : “nous avons fait du mauvais travail, je m’excuse”.

– 2010 : “parfois nous allons trop vite”.

– 2011 : “je suis le premier à admettre que nous avons fait pas mal d’erreurs”.

– 2017 : “je vous demande de me pardonner, je vais faire en sorte de m’améliorer”. »

Pour elle, « cela prouve que l’autorégulation ne fonctionne pas ». La veille, plusieurs sénateurs avaient également dénoncé cette stratégie, comme le sénateur républicain John Thune (Dakota du Sud).

« Après plus d’une décennie passée à promettre que vous allez vous améliorer, en quoi les excuses d’aujourd’hui sont-elles différentes ? Et pourquoi devrions-nous croire Facebook, quand il nous dit qu’il fera les changements nécessaires pour sécuriser les données des utilisateurs ? »

Réponse du PDG : « Ces erreurs étaient différentes. Nous essayons de ne pas commettre les mêmes erreurs plusieurs fois. » « Arrêtez de vous excusez, et faisons en sorte que cela change », avait aussitôt enjoint la sénatrice démocrate du Nevada Catherine Cortez Masto.

Régulation « inévitable »

Changer les choses, certes, mais de qui est-ce vraiment la responsabilité ? La capacité de Facebook et des grandes plates-formes à s’autoréglementer ne semble plus convaincre. Et contrairement aux erreurs commises par le réseau social par le passé, l’interférence dans les élections américaines et le siphonnage de données de dizaines de millions d’Américains ont marqué une rupture pour les élus.

La menace de la régulation se fait plus pressante, et Mark Zuckerberg a laissé entendre face au Congrès qu’il n’y était pas fondamentalement opposé. « L’importance d’Internet grandit dans le monde et je pense qu’une certaine forme de régulation est inévitable », a-t-il déclaré mercredi, sans vouloir se montrer plus précis. « Mais il faut faire attention en la mettant en place, a-t-il poursuivi. Souvent les régulations appliquées font qu’une entreprise disposant de ressources telles que les nôtres peut les respecter mais pour des entreprises plus petites cela peut être plus difficile de le faire. »

Cela représente un changement de discours de la part de Facebook qui tente, depuis des années, d’éviter que les Etats ne légifèrent, et n’interfèrent dans ses activités.

Les données de Mark Zuckerberg aspirées

Cette deuxième audition fut toutefois pauvre en révélations – tout juste a-t-on appris que les données personnelles de Mark Zuckerberg lui-même avaient, elles aussi, été aspirées au profit de Cambridge Analytica.

Les questions, bien que plus pointues, ressemblaient pour la plupart à celles posées la veille par les sénateurs. Et les réponses, bien préparées, étaient parfois mot pour mot identiques.

Même si les sujets évoqués dépassaient, bien largement, les questions directement liées au scandale Cambridge Analytica – dont le nouveau PDG a d’ailleurs annoncé mercredi, en parallèle, quitter son poste.

Manque de diversité dans l’entreprise, possibilité d’achat de drogue via Facebook, usurpation d’identité, protection des enfants, liberté d’expression et même trafic d’ivoire dans des groupes privés… Mark Zuckerberg a dû répondre à des questions très variées. Tandis que d’autres, pourtant bien essentielles, restent invariablement en suspens.

11 avril 2018

Affiche du prochain Festival de Cannes

cannes

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