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Jours tranquilles à Paris

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7 janvier 2019

Info «Libé» : les amitiés louches de Benalla

Djouhri, Miclet, Hababou Solomon… Depuis l’été, l’ancien collaborateur du Président multiplie les relations avec des intermédiaires controversés. «Libération» révèle ses liens avec Mohamad Izzat Khatab, un homme d’affaires syrien impliqué dans des escroqueries.

C’est la soirée où tout bascule pour Alexandre Benalla. Ce 18 juillet, le journal le Monde vient de révéler l’implication de celui qui est encore l’un des proches collaborateurs d’Emmanuel Macron dans des violences contre des manifestants le 1er mai. Aussitôt publié, l’article provoque une déflagration. Et le téléphone d’Alexandre Benalla commence à crépiter. Installé dans l’enceinte du luxueux hôtel du Collectionneur, puis dans un bar à chicha du VIIIe arrondissement, le jeune homme de 26 ans tente d’anticiper la tempête qui s’apprête à déferler.

La fadette de son téléphone listant les personnes contactées lors de cette folle nuit, versée à la procédure judiciaire, laisse deviner un réseau déjà bien étoffé, hérité notamment de ses années dans la sécurité privée. On y retrouve par exemple Christian Prouteau, fondateur du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), puis de la cellule antiterroriste de l’Elysée sous François Mitterrand. Ou encore le garde du corps historique de Johnny Hallyday, Jimmy Reffas. Un réseau de commissaires de police va en outre s’activer du côté de la préfecture de Paris pour fournir à Alexandre Benalla des images qui lui permettraient de se défendre. Enfin, plusieurs numéros de téléphone de la présidence de la République sont contactés, certains chiffrés, d’autres non.

Une fois exfiltré de l’Elysée, Alexandre Benalla n’aura pas perdu beaucoup de temps pour élargir et faire fructifier un réseau aussi tentaculaire que sulfureux. Chaque semaine qui passe le jette dans les bras d’intermédiaires, notamment connus de la Françafrique et du Moyen-Orient, plus douteux les uns que les autres. En reconstituant le parcours d’Alexandre Benalla depuis l’été, Libération révèle, notamment, l’existence d’un nouveau personnage trouble : le Syrien Mohamad Izzat Khatab, sur qui Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy, a ouvert une enquête en 2018.

Août 2018 : l’escapade marocaine chez Vincent Miclet

En pleine folie médiatique, Benalla commence par s’accorder quelques jours de répit chez Vincent Miclet, comme l’a raconté le Monde. Très en cour sous la présidence de Jacques Chirac, via les «messieurs Afrique» de l’Elysée (Michel de Bonnecorse) et du Quai d’Orsay (Bruno Joubert), cet homme d’affaires ayant fait fortune dans l’agro-alimentaire en Angola a vu son étoile pâlir sous Hollande, puis sous Macron. «Oui, Miclet avait besoin d’un petit téléphoniste comme Benalla pour ouvrir des portes à l’Elysée», glisse un proche de l’homme d’affaires. Alexandre Benalla admet lui avoir organisé «deux ou trois rendez-vous», du temps où il officiait auprès de Macron - mais «sans la moindre contrepartie financière», tient-il à préciser à Libération. Dès lors, quand Vincent Miclet s’empresse de l’héberger dans son splendide palais de Marrakech en août dernier, il faudrait n’y voir qu’un amical renvoi d’ascenseur. «Accueillir Benalla si vite au Maroc, c’est signifier aux dirigeants africains "j’ai mes entrées à l’Elysée !" grince toutefois un ancien proche de Miclet. C’est toujours bon pour un mec comme ça de se faire miroiter.» Surtout que ce dernier a des démélés avec la justice angolaise, qui le suspecte d’avoir détourné plusieurs centaines de millions d’euros. En bon intermédiaire, Alexandre Benalla met en contact pour affaires son ami Miclet avec un autre personnage aussi trouble que fortuné, le Syrien Mohamad Izzat Khatab.

Septembre : le séjour chez Mohamad Izzat Khatab

Après ses quelques jours de repos sous le soleil marocain, Benalla reprend ses quartiers à Paris, au coeur du «triangle d’or». Selon nos informations, il a notamment passé plusieurs semaines chez un sulfureux homme d’affaires syrien, Mohamad Izzat Khatab, avec qui il est apparu très proche ces derniers mois. Une information démentie par l’entourage de Benalla, qui assure qu’il n’y a passé qu’une seule nuit avec sa femme et son fils. Libération dispose d’un selfie qui immortalise la complicité entre les deux hommes. Un cliché pris en septembre dernier dans l’appartement principal d’Izzat Khatab, situé Place de l’Alma (XVIe arrondissement), juste en face de la Seine. Tout sourire, Alexandre Benalla, polo rose sur les épaules et lunettes rondes sur le nez, sort tout juste de son audition devant la commission d’enquête du Sénat.

L’histoire qui lie les deux hommes commence en 2012. A l’époque, Alexandre Benalla est au service d’ordre du Parti socialiste. Souvent, lors des rassemblements publics, il remarque cet élégant mais insistant homme d’affaires au crâne luisant qui tente par tous les moyens d’être sur la photo. L’obsession d’Izzat Khatab est alors claire : tisser un relationnel qui lui permettra de se valoriser en prétendant faire partie de l’entourage de François Hollande, grand favori des sondages.

Six ans plus tard, lorsque Benalla se fait éjecter de l’Elysée, Izzat Khatab s’empresse de revenir à la charge. Introduit par un ami photographe, il donne rencard à Benalla au Fouquet’s. Selon nos informations, le Syrien fait alors miroiter au jeune chômeur un emploi à 25 000 euros mensuels. Surtout, il l’invite à occuper l’un des nombreux biens dont il dispose, niché sur la prestigieuse avenue Montaigne. Désormais au chaud, l’ancien garde du corps va s’atteler à bâtir sa nouvelle carrière, lui qui dit désormais travailler dans le «consulting international».

Septembre : la rencontre avec Alexandre Djouhri

Quand Libé avait révélé leur rencontre du 5 septembre dans un hôtel londonien, Alexandre Benalla avait démenti vigoureusement en nous traitant par texto de «pire de ce qu’a produit l’humanité». Trois mois plus tard, les deux hommes assument finalement plusieurs rencontres. Interrogé par Libération, Alexandre Djouhri admet avoir vu son cadet. Mais pas pour lui ouvrir les portes du business en Afrique ou au Moyen-Orient, étant peu soucieux de partager son carnet d’adresse : «Il a 26 ans, j’en ai 60. Le garçon est sympa, poli. Mais ouvrir des portes à un gamin que je ne connais pas, jamais de la vie ! Soyons sérieux», précise-t-il à Libération. Célèbre intermédiaire de la sarkozie aujourd’hui assigné à résidence à Londres, Djouhri fait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par la justice française à son homologue britannique dans le cadre de l’enquête sur le financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Benalla et Djouhri assurent finalement s’être rencontrés, une première fois à Londres, dans un restaurant japonais, le Zuma. Une rencontre fortuite, à les entendre. «Au bar», selon Djouhri. Les services de renseignement britannique ont depuis confirmé à leurs homologues français au moins une autre rencontre dans un pub. Les deux hommes ont alors découvert qu’ils avaient une bonne connaissance commune : l’ancien journaliste Charles Villeneuve. L’automne dernier, il s’est lui aussi mis en tête de prendre Alexandre Benalla en main, et surtout de le faire savoir au microcosme politico-financier. C’est ainsi que Charles Villeneuve l’a ostensiblement trimballé chez Laurent, le restaurant du CAC 40, le Stresa, lieu de passage des stars ou à l’Avenue, cantine de l’ancien patron du renseignement intérieur Bernard Squarcini. Largement de quoi alimenter le spectre d’un complot antimacroniste diligenté par ce qui reste de la sarkozie.

Novembre : un contrat pour une entreprise de sécurité privée

Benalla a gardé un pied dans son domaine de prédilection. Comme l’a révélé le Canard enchaîné, son compte bancaire a été crédité en novembre de 12 000 euros, correspondant à un virement d’une toute jeune société dénommée France Close Protection. Selon nos informations, cette structure montée très récemment est domiciliée à la même adresse que Mars, la boîte de Vincent Crase, son ami et compagnon d’infortune du 1er mai. L’entreprise est dirigée par une connaissance de Benalla, Yoann P., ancien militaire de 44 ans. Passé notamment par le Tchad et la Centrafrique, ce dernier affiche sur son CV une vingtaine d’années d’état de service comme commando parachutiste. Lancée avec un capital social de 100 euros, France Close Protection révèle par ailleurs une autre étrangeté : son unique actionnaire est un homme de 18 ans, majeur depuis seulement quelques mois. Pour préciser la nature de cette prestation, l’entourage d’Alexandre Benalla fait valoir «une mission de conseil à l’international».

Self-made-man, Benalla avait déjà tissé des liens dans le milieu de la sécurité privée bien avant de se mettre au service de Macron. Entre 2013 et 2015, il participe, au lancement d’une éphémère filiale marocaine de la société de sécurité Velours. C’est aussi à cette période que le jeune homme intègre l’équipe chargée de la sécurisation des visites parisiennes du futur prince d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane. Dès l’âge de 24 ans, il est par ailleurs initié à la franc-maçonnerie via une branche marocaine de la Grande Loge nationale française, bien plus implantée dans la Françafrique que son homologue et concurrent du Grand Orient. L’international lui sourit encore, quand quelques mois plus tard, Benalla poursuit sa carrière en Allemagne, à Munich, comme garde du corps et conseiller du président de l’Office européen des brevets. «J’ai voyagé, rencontré des gens», éludera-t-il devant la commission d’enquête du Sénat.

Décembre : la virée tchadienne avec Philippe Hababou Solomon

Ce controversé intermédiaire d’origine israélienne, condamné en France mais très en cours dans certains pays arabo-musulmans, a pris en charge l’ancien conseiller de Macron. Il l’a notamment fait voyager au Tchad comme l’a révélé le Monde. Leur rencontre s’est effectuée via un ami commun, autre autodidacte devenu courtier renommé sur la place financière. Face à la polémique sur leurs pérégrinations communes au Tchad, au Cameroun ou au Congo-Brazzaville, Philippe Hababou Solomon s’en est expliqué à Libé : «J’ai rencontré ce jeune homme brillant à Paris. J’ai compris pourquoi Macron l’avait recruté… Je ne l’emploie pas, je ne le rémunère pas, mais j’ai seulement détecté un potentiel en lui.»

Mais pourquoi diable le trimbaler partout en Afrique alors qu’il le connaît si peu, si ce n’est pour son influence réelle ou supposée ou pour se faire mousser ? «Je n’ai pas besoin de lui pour ouvrir des portes. Il ne m’est pas utile, alors que je lui suis utile.» Un rôle de simple mécène, à l’entendre, qui lui permet toutefois de dresser la psychologie de son jeune poulain : «Il a un dévouement, une adoration excessive vis à vis du président. Il voit des complots partout, la technocratie contre le peuple. C’est un animal blessé, du coup je ne comprends pas l’attitude de l’Elysée : ils connaissent les qualités et les défauts de ce garçon impulsif. Dès lors, pourquoi le menacer, l’acculer, ils poussent Benalla à la faute alors qu’ils savent qu’il peut être dangereux.» Source : Libération

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7 janvier 2019

Emily Ratajkowski

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7 janvier 2019

Au théâtre ce soir - "Nos années Saint Germain"

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Théâtre de Nesle - 8 Rue de Nesle, 75006 Paris

Spectacle musical sur les folles années de saint Germain des près et les figures qui les ont inspirées.

"Nos années Saint Germain" spectacle consacré aux années 50 et 60, à Saint Germain au Tabou et à ses rencontres, au jazz, aux caves où l'on refait le monde avec Boris Vian, Greco et puis au Flore et à ses idées, celles de Sartre et Camus, à la rue Saint Benoit de Marguerite Duras, au phénomène Sagan.

Une relation frontale à la vie sous le soleil de Camus, l'intensité comme mesure de vie, la perpétuation du désir au coeur du quotidien, la lucidité, la vitesse l'ailleurs de l'écriture, la fête , la mer et l'infini des plages normandes , les gauloises brunes feront le thème de ce spectacle a l'allure libre et singulière

Les musiques de Dave Brubeck, Prévert Kosma, Francis Poulenc, Boris Vian, Barbara et pourquoi pas de Brahms, car on peut l'aimer aussi . En bref une ballade inspirée et quelque peu insolente.

Sur Scène Blandine Jeannest de Gyves (soprano) et Sophie Teulon ( pianiste ) et c'est bien naturel car ce ces deux -là se sont connues ... à Saint germain .

Les images et la scénographie du spectacle seront de Jean Pierre Schneider

Face au mur du réel et toujours prompte à saisir l'instant, ses vidéos et flashs feront revivre cette intense période de création. Plus encore peut-être ils donneront à vivre.

A l'univers de Saint germain est attaché un relent de fête de bruits de glacons dans des verres à whiskies, de provocation aussi, d'insolence du moins. Une atmosphère de fin de siècle pour moi, d'avant -guerre coloniale, d'avant révolution (mai 1968).

C'est tout à coup la place de l'individu dans l'ordre social qui change. Voici battues en brèche les notions de communauté, d'harmonie sociale, de progrès d'engagement au profit d'une affirmation individuelle et gratuite de la liberté de vivre fut-ce avec désespoir et face à l'absurde. Les années 80 avec l'avênement de la gauche au pouvoir ne seront pas une réponse à Saint germain.

Il n'y a plus d'après à Saint Germain des près. Il n'y a qu'aujourd'hui, une invite épicurienne et irrécupérable à cueillir le jour et à vivre pleinement : "si tu crois fillette ..." comme chantait Greco...

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7 janvier 2019

Kate Moss

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7 janvier 2019

5G, la course est lancée

Par Charles de Laubier

Les enjeux géopolitiques autour de la cinquième génération de téléphonie mobile se mêlent aux défis financiers et concurrentiels. Les opérateurs télécoms craignent de perdre la main.

Personne ne l’a encore vue, mais tout le monde en parle. Alors que les déploiements commerciaux de la 5G ne sont pas attendus avant 2020, cette cinquième génération de téléphonie mobile échauffe déjà les esprits et sera de toutes les conversations à la grand-messe mondiale l’électronique grand public qui se tiendra à Las Vegas du 8 au 11 janvier 2019.

Au point que cette technologie est devenue un enjeu géopolitique majeur entre la Chine et les Etats-Unis. L’empire du Milieu montre ses muscles depuis trois ans avec son plan de développement industriel « Made in China 2025 », sur lequel Pékin compte pour devenir la référence mondiale dans les nouvelles technologies comme la robotique, les semi-conducteurs, l’espace, les voitures électriques, l’impression 3D et les télécommunications, dont, bien sûr, la 5G.

Cette ambition fait peur à Washington. C’est « effrayant », avait lâché en avril 2018 le secrétaire au commerce des Etats-Unis, Wilbur Ross, craignant non seulement pour les droits de propriété intellectuelle américains, mais surtout pour la sécurité nationale. La 5G est perçue par certains Etats comme la boîte de Pandore à ne pas ouvrir car elle transportera les données sensibles des gouvernements, des citoyens, des patients, des objets connectés, demain des voitures autonomes. Donald Trump a aussi dans le collimateur les équipementiers télécoms chinois tels que ZTE et Huawei – champions potentiels des infrastructures 5G.

« Le déploiement de la 5G va permettre l’essor de nouveaux services développés par les entreprises et de nouveaux usages dans notre quotidien. Ce déploiement intervient dans un contexte de tensions commerciales et géopolitiques », déplore Steeve Bourdon, un porte-parole de Huawei. La politique protectionniste de Trump, assortie de son slogan « America First », touche de plein fouet la 5G, qui fait l’objet d’une « guerre froide » technologique.

Le chinois Huawei, qui dispute au sud-coréen Samsung le titre de numéro un mondial des smartphones après avoir détrôné cette année Apple de la deuxième place, est également en pole position pour fournir aux opérateurs de mobile des équipements 5G. Le premier marché de la firme de Shenzhen est, bien sûr, la Chine, mais à l’exportation, ce sont les Etats-Unis. L’Australie est également en pointe sur l’ultra haut débit mobile. Or les autorités américaines et australiennes veulent justement barrer la route aux fournisseurs chinois, Huawei et ZTE en tête.

La 5G, nouvelle ligne Maginot

Selon le quotidien The Australian, Donald Trump s’apprête à bannir – sans les nommer – les chinois du marché américain de la 5G pour des raisons de sécurité nationale, en prenant exemple sur l’Australie qui a annoncé une décision en ce sens le 23 août 2018. La Maison Blanche réfléchit à des mesures de restrictions à l’encontre des fabricants chinois de produits 5G. Verizon, dirigé depuis 2017 par le Suédois Hans Vestberg, ancien patron d’Ericsson, a devancé l’appel en démarrant dans quatre villes américaines sa pré-5G fixe avec… Ericsson.

Et selon le Wall Street Journal du 23 novembre 2018, le gouvernement américain tente même de dissuader ses alliés d’acheter chinois en leur proposant de les aider financièrement à acquérir des équipements « politiquement corrects ».

A peine sortie des limbes de sa normalisation technique par l’Union internationale des télécommunications (UIT), cette cinquième génération – après les 2G, 3G et 4G – est donc prise en otage par les politiques au risque de ralentir les investissements et les lancements commerciaux. « L’Europe n’est pas en retard sur la 5G, mais elle doit veiller à ne pas en prendre… Il importe, après les expérimentations techniques de 2018 et les expérimentations précommerciales en 2019, de tenir le calendrier des lancements commerciaux prévus pour 2020-2021 », prévient Jean-Pierre Bienaimé, secrétaire général de la 5G Infrastructure Association (5G-IA), basée à Bruxelles, où l’on retrouve des opérateurs de télécoms comme Orange, Telecom Italia ou Telenor mais aussi des équipementiers tels que Huawei aux côtés d’Ericsson ou Nokia.

Or la Grande-Bretagne, où des fréquences 5G ont été vendues dès avril 2018, a mis en garde ses opérateurs télécoms – BT et sa filiale mobile EE en tête – sur le choix de leurs équipements mobile de nouvelle génération. Ils devront être conformes aux exigences de sécurité des « infrastructures critiques nationales » en vigueur depuis juillet 2018. Comprenez : les fournisseurs chinois ne sont pas les bienvenus.

L’Allemagne, qui va, début 2019, vendre aux enchères ses fréquences 5G, s’interroge. Cette défiance occidentale envers Huawei et ZTE – voire Xiaomi et ses smartphones – joue en faveur des équipements réseaux du sud-coréen Samsung, du suédois Ericsson et du finlandais Nokia, ou encore des puces 5G pour smartphones de l’américain Qualcomm.

La France n’en est pas encore là. SFR n’a pas eu de scrupule à réaliser en mai 2018 ses premiers tests 5G « en conditions réelles » avec des équipements Huawei – dont une box 5G. En plus du nouveau siège parisien Altice Campus de sa maison mère, où de la vidéo en ultra haute définition 4K est diffusée en 5G, d’autres expérimentations d’ultra haut débit mobile sont prévues à Toulouse et à Nantes.

Des essais sont aussi en cours avec Nokia. De son côté, Bouygues Telecom étend à la 5G le partenariat qu’il avait déjà avec Huawei dans la 4G. La filiale française du chinois détenu entièrement par ses employés se veut rassurante : « Depuis sa création il y a trente ans, et sa présence en France depuis seize ans, il n’y a jamais eu le moindre problème de cybersécurité sur un équipement Huawei », indique son porte-parole.

Quant à Orange, il expérimente la 5G avec Ericsson, à Lille-Douai notamment, mais reste vague pour la suite. « Orange n’a pas encore arrêté ses choix en matière de fournisseurs 5G, dont les équipements retenus devront en tout état de cause respecter les réglementations nationales en vigueur et à venir », répond Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, directrice générale adjointe d’Orange, chargée de la technologie et de l’innovation. Avant que son patron, Stéphane Richard, ne lance le 12 décembre : « Nous n’avons pas prévu de faire appel à Huawei dans la 5G ».

« La fibre sans fil » n’a pas fini de jouer les trouble-fête

L’opérateur teste aussi la technologie en Roumanie, en Belgique, en Espagne et en Pologne, où les éventuelles consignes gouvernementales ne seront pas forcément les mêmes qu’en France. Au Japon, où les fréquences 5G seront attribuées en mars et opérationnelles à l’occasion des Jeux olympiques de l’été 2020, les équipementiers maison (Fujitsu, NEC, Mitsubishi) devraient bénéficier d’une préférence nationale de la part des opérateurs NTT Docomo, Softbank et KDDI.

Quoi qu’il en soit, « la fibre sans fil », comme on la surnomme déjà, n’a pas fini de jouer les trouble-fête dans les télécoms. La 5G pourrait fragiliser les opérateurs de réseaux confrontés à de lourds investissements tels que la fibre à domicile (FTTH), elle-même menacée de cannibalisation par les futures « box 5G ». La fin annoncée du distinguo entre fixe et mobile pourrait déstabiliser le marché. Selon Deutsche Telekom, les opérateurs télécoms européens devront mettre sur la table jusqu’à 500 milliards de dollars (438 milliards d’euros) rien que dans l’ultra haut débit mobile. « Cette estimation intègre l’achat et l’installation de matériels ainsi que l’achat de fréquences », précise Flavien Vottero, directeur d’études économiques chez Xerfi.

En Italie, premier pays européen à avoir vendu aux enchères ses fréquences 5G, l’Etat a engrangé, début octobre 2018, 6,5 milliards d’euros (dont 2,4 milliards payés par Vodafone et 1,2 milliard par Iliad). L’Allemagne espère 4 à 5 milliards d’euros de ses enchères ! Aux Etats-Unis, où la Commission fédérale des communications (FCC) a lancé le 14 novembre 2018 sa première vente aux enchères de fréquences 5G, le dernier kilomètre est quatre fois moins cher à déployer en 5G (600 dollars par foyer) qu’en fibre (jusqu’à 2 900 dollars à la campagne).

Mais c’est sans compter le prix des fréquences. Au sein du think tank européen Idate, la consultante Carole Manero se veut prudente : « La question des investissements liés à la 5G est extrêmement sensible, tout d’abord parce que peu de chiffres circulent, que les rares estimations apparaissent parfois fantaisistes et divergentes, et qu’enfin, peu de gens ont une idée claire sur le sujet. »

« Logique de complémentarité »

En France, où le régulateur des télécoms et le gouvernement n’ont pas encore arrêté leur décision sur le mode d’attribution des fréquences 5G, attribution qui commencera à l’été 2019 (enchères, « concours de beauté » ou gratuité contre une couverture généralisée du territoire), le régulateur des télécoms ne s’attend pas à la cannibalisation du très haut débit fixe par le très haut débit mobile.

« Les pays qui se lancent dans la 5G fixe [pour la télévision ou l’Internet à domicile], comme les Etats-Unis, sont très en retard sur la fibre, contrairement à la France. Chez nous, on sera plus dans une logique de complémentarité. D’abord parce que la 5G va être plus une “4G +” pendant quelques années, avant de pouvoir atteindre sa réelle promesse technologique. Ensuite, elle restera une technologie mobile, avec des débits variables, qui peuvent être dégradés par le nombre d’utilisateurs ou des usages très consommateurs de bande passante », temporise Sébastien Soriano, le président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).

EN FRANCE, LES OPÉRATEURS TÉLÉCOMS ORANGE, SFR, BOUYGUES TELECOM ET FREE FONT DES APPELS DU PIED AUX POUVOIRS PUBLICS (GOUVERNEMENT, ARCEP, AUTORITÉ DE LA CONCURRENCE) POUR PASSER DE QUATRE À TROIS ACTEURS

Handicapés par leurs investissements en couverture 4G à terminer et par la coûteuse fibre à domicile où les abonnés manquent à l’appel (sur 12 millions de prises FTTH en France, seules 4 millions font l’objet d’un abonnement), les opérateurs télécoms Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free font des appels du pied aux pouvoirs publics (gouvernement, Arcep, Autorité de la concurrence) pour passer de quatre à trois acteurs. L’objectif de cette consolidation viserait à faire cesser la guerre des prix qui lamine leurs marges et, selon eux, permettrait d’accroître leur capacité d’investissement dans le très haut débit – alors que les fréquences 5G s’annoncent coûteuses.

« Sur la consolidation dans les télécoms, la porte de l’Arcep est désormais entrouverte », avait lancé M. Soriano le 22 mai 2018. L’a-t-il refermée depuis ? « Le secteur peut fonctionner à quatre opérateurs et notre régulation pro-investissement est adaptée à cette configuration, dit-il au Monde. En particulier, nous les autorisons à partager leurs coûts, comme Bouygues et SFR le font déjà avec un réseau commun hors des principales agglomérations. J’aimerais que les opérateurs, au premier rang desquels Orange, me parlent davantage de leurs ambitions pour la France. J’appelle tous les acteurs à être au rendez-vous de la 5G ! »

D’une guerre de la capacité à une concurrence sur les contenus ?

Mais les difficultés de Free et de SFR pourraient faire revenir l’idée de consolidation par la fenêtre… En Allemagne, le régulateur veut au contraire profiter de la 5G pour faire entrer un quatrième opérateur afin de concurrencer Deutsche Telekom, Vodafone et Telefonica Deutschland. Les Européens ne semblent pas prêts à payer plus cher leur consommation « mobile ». Or les opérateurs, eux, espèrent augmenter leur ARPU (le revenu moyen par abonné). La bataille des forfaits va-t-elle passer d’une guerre de la capacité (quantité de données inclue en gigaoctets) à une concurrence sur les contenus ?

Autre facteur de rupture pour les opérateurs télécoms en place : le fait que l’Europe ait décidé d’autoriser des utilisateurs dits « verticaux » – industries, transports, constructeurs automobiles, banques, collectivités, voire les géants du Net (les GAFA) – à acquérir eux aussi des fréquences 5G. Imaginons la SNCF, PSA, Google ou Facebook devenant leur propre opérateur mobile.

Les « telcos » ne voient pas d’un très bon œil cette ouverture du marché. « En spécialisant les fréquences par usage, on dégrade l’expérience client et la capacité d’investissement des acteurs économiques. D’ailleurs, cela ne répond pas vraiment aux besoins de nos clients de l’entreprise, qui demandent à pouvoir justement bénéficier de la connectivité des opérateurs mobile (pour accéder à Internet, etc.), tout en disposant pour certains de fonctionnalités professionnelles. Avec la 5G, ce type de solutions sera bien plus simple et facile à mettre en œuvre par les opérateurs », met en garde Mari-Noëlle Jégo-Laveissière chez Orange.

Il n’empêche qu’une attribution plus large des fréquences 5G permettra à certains « verticaux » de s’affranchir des opérateurs télécoms. Déjà enfer géopolitique, la boîte de pandore de la 5G ouvrira alors sur une nouvelle donne économique.

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7 janvier 2019

Helmut Newton

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7 janvier 2019

Golden Globes 2019 : « Roma », « Bohemian Rhapsody » et « Green Book » dominent la cérémonie

Au terme d’une soirée apaisée et consensuelle, l’Association de la presse étrangère à Hollywood a récompensé également les séries « The Americans » et « The Kominsky Method ».

Après des années marquées par les discours politiques ou l’émergence du mouvement #metoo, les Golden Globes ont donné l’image d’un Hollywood apaisé et consensuel, dimanche 6 janvier. Jusqu’au palmarès : la cérémonie des prix accordés par l’Association de la presse étrangère (HFPA) a récompensé bons sentiments et acteurs et actrices confirmés, donnant ainsi le coup d’envoi de la période des prix, qui s’achèvera le 24 février avec les Oscars.

« Bohemian Rhapsody » meilleur film, trois récompenses pour « Green Book »

Côté cinéma, d’abord, puisque les 90 membres de la HFPA décernent leurs statuettes au grand comme au petit écran. Avec trois récompenses, Green Book (Sur les routes du sud) de Peter Farrelly, qui sort en France le 23 février, arrive en tête. Ce récit sympathique et léger d’une tournée du pianiste afro-américain Donald Shirley dans le Sud des Etats-Unis, en 1962, accompagné d’un chauffeur italo-américain, a été sacrée meilleure comédie, meilleur scénario et meilleur second rôle (Mahershala Ali).

Côté drame, c’est Bohemian Rhapsody, biographie aseptisée du chanteur Freddie Mercury, qui rafle le meilleur film et le meilleur acteur (Rami Malek). Son réalisateur, Bryan Singer, a été écarté du tournage après des accusations d’agressions sexuelles. Sans conséquences, donc, pour la carrière du long-métrage. Glenn Close, est elle meilleure actrice pour The Wife, inédit en France. A Star Is Born, de et avec Bradley Cooper, repart bredouille, si ce n’est le prix de la meilleure chanson originale pour Shallow.

Vice, biographie déconstruite de Dick Cheney, vice-président de George W. Bush, qui était le film le plus nommé, repart également avec un seul lot de consolation, le prix du meilleur acteur dans une comédie pour Christian Bale, grimé et méconnaissable pendant tout le film (qui sort le 13 février en France). L’acteur est l’un des seuls à avoir tenté une incursion véritablement politique, épinglant dans son discours le leader républicain au Sénat Mitch McConnell.

Dernier (relatif) perdant, La Favorite, du grec Yorgos Lanthimos, qui n’obtient « que » le prix de la meilleure actrice dans une comédie pour Olivia Colman, qui y joue la reine Anne d’Angleterre au début du XVIIIe siècle. Le film sort le 6 février en France.

Roma, d’Alfonso Cuaron, Lion d’or à Venise, obtient sans surprise les Golden Globes du meilleur film en langue étrangère et du meilleur réalisateur, permettant au service de streaming Netflix de passer une bonne soirée.

« La Méthode Kominsky » et « The Americans » sacrées meilleures séries

D’autant plus que The Kominsky Method, également diffusée sur la plateforme, a été élue meilleure série dans la catégorie comédie (et meilleur acteur pour Michael Douglas, l’un des héros).

Parmi les séries, l’absence de poids lourds (La Servante écarlate a été quasi ignorée lors des nominations, aucune saison de Game of Thrones n’était éligible) a laissé une place occupée équitablement. Du côté des drames, The Americans est récompensée pour sa dernière saison, mais Richard Madden (Bodyguard) et Sandra Oh (Killing Eve) sont meilleurs acteur et actrice. Côté comédie, Rachel Brosnahan obtient sa deuxième statuette de meilleure actrice pour La Fabuleuse Mme Maisel.

The Assassination of Gianni Versace (meilleure mini-série, meilleur second rôle pour Darren Criss), Escape at Dannemora, la série réalisée par Ben Stiller (meilleure actrice dans une mini-série pour Patricia Arquette), prennent également leur part du gâteau. Loin du palmarès très #metoo de 2018, qui avait laissé la part belle à Big Little Lies et à son équipe d’actrices engagées ou encore à la dystopie féministe de La Servante écarlate.

7 janvier 2019

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7 janvier 2019

« Gilets jaunes » : l’exécutif mis au défi par la persistance du mouvement et les violences

Par Cédric Pietralunga - Le Monde

Les mesures prises à la fin de l’année n’ont pas éteint la protestation. Et la mobilisation de « l’acte VIII », samedi, a été en hausse, avec de nouveaux épisodes de violence.

Après sept semaines d’une mobilisation entamée le 17 novembre, l’exécutif espérait débuter l’année 2019 en laissant le conflit des « gilets jaunes » derrière lui. En octroyant, le 10 décembre, quelque 10 milliards d’euros de pouvoir d’achat supplémentaire, le gouvernement pensait avoir fait le plus dur. Las ! Pour le huitième samedi d’affilée, plusieurs dizaines de milliers de contestataires ont défilé en France, le 5 janvier, et provoqué des violences à Paris mais aussi dans plusieurs villes de province.

Selon la police, près de 50 000 personnes ont manifesté samedi, dont 3 500 dans la capitale. Un chiffre loin de la mobilisation du 17 novembre, lorsque 282 000 « gilets jaunes » avaient été comptabilisés à travers la France, mais en hausse par rapport aux dernières semaines. Le 29 décembre, 32 000 contestataires étaient descendus dans la rue, contre 38 600 le 22 décembre. Dans certaines villes, comme Bordeaux avec 4 600 manifestants dénombrés, les chiffres ont même été multipliés par près de deux d’une semaine à l’autre.

Surtout, les défilés ont été une nouvelle fois émaillés de violences. A Paris, des scooters, des voitures et même une péniche ont été incendiés. Des gendarmes ont été violemment frappés sur une passerelle au-dessus de la Seine et l’entrée du ministère du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a été enfoncée par un engin de chantier, obligeant le secrétaire d’Etat, présent sur les lieux, à fuir par une porte de service. Une gendarmerie a été également dégradée à Dijon, tout comme une entrée de la mairie de Rennes.

« Une fois encore, une extrême violence est venue attaquer la République – ses gardiens, ses représentants, ses symboles. Ceux qui commettent ces actes oublient le cœur de notre pacte civique », a dénoncé Emmanuel Macron sur Twitter, samedi soir, assurant que « justice sera faite ». « Il y a aujourd’hui des forces qui veulent tout simplement mettre à bas la démocratie », a abondé le ministre de l’économie Bruno Le Maire, dimanche sur Europe 1. « Une partie des manifestants s’extraient désormais des institutions », constate un conseiller de l’exécutif.

Mettre hors d’état de nuire les casseurs

Face à cette mutation, le gouvernement n’entend pas rester les bras ballants et envisage de nouvelles mesures pour endiguer les violences. Dimanche, le premier ministre a tenu une réunion à Matignon avec Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, et Laurent Nunez, le secrétaire d’Etat à la sécurité. Objectif : « adapter » les dispositifs législatif et administratif pour mettre hors d’état de nuire les casseurs. « On est face à un mouvement qui mobilise moins mais qui se radicalise plus, on doit donc faire évoluer notre réponse », explique-t-on à Matignon. Edouard Philippe devait annoncer lundi soir ou mardi matin son nouvel arsenal.

Si de nombreux responsables politiques ont condamné les exactions commises samedi, à l’exception de ceux de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN), certains s’inquiètent pour autant de voir l’exécutif n’apporter qu’une réponse sécuritaire à la crise. « Nous sommes dans une impasse, s’est ainsi alarmé Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, dimanche sur France Inter. On a un mouvement violent (...) et on a face à cela un gouvernement qui considère qu’il va pouvoir trouver les solutions tout seul, et ça ne marche pas. »

Certains membres de l’opposition accusent même l’exécutif de mettre de l’huile sur le feu, en qualifiant les « gilets jaunes » de « foule haineuse », comme l’a fait le chef de l’Etat le 31 décembre, ou d’« agitateurs qui veulent l’insurrection », ainsi que l’a déclaré Benjamin Griveaux le 4 janvier. Des propos qui interpellent jusqu’au sein de la majorité. « Il faut éviter de globaliser, tous les gilets jaunes ne veulent pas décapiter le président. Dans un contexte de crise, ce n’est pas la peine d’en rajouter », estime un conseiller.

Tenir une ligne de crête entre fermeté et dialogue

Tenir une ligne de crête entre fermeté et dialogue apparaît d’autant plus nécessaire qu’Emmanuel Macron a fait du « grand débat national », qui doit être officiellement lancé le 15 janvier, l’autre élément de sa réponse à la crise des « gilets jaunes », avec les mesures de pouvoir d’achat. Toute la fin de semaine dernière, le chef de l’Etat a multiplié les réunions à l’Elysée, pour définir les modalités de l’événement. Celles-ci seront dévoilées dans une lettre ouverte qu’il adressera mi-janvier aux Français, par voie de presse et sur les réseaux sociaux.

« Le président a fait le choix politique du dialogue. Il faut que les violences laissent la place au débat, à la raison. C’est comme cela qu’on résoud les difficultés dans une démocratie », explique un proche de M. Macron. Samedi soir, le président a lui même invité « chacun [à] se ressaisir pour faire advenir le débat et le dialogue ». « Si on veut sincèrement faire avancer la France, alors on joue le jeu [du] grand débat », a estimé le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer, dimanche sur RTL.

Mais déjà, plusieurs responsables s’inquiètent de voir ce grand débat confisqué par l’exécutif et la majorité. Dimanche, Laurent Berger s’est ému de ne plus avoir de contact avec MM. Macron et Philippe depuis le 10 décembre, lorsqu’il avait été invité à l’Elysée avec d’autres syndicats pour exposer ses propositions de sortie de crise. Pour le syndicaliste, le « grand débat » doit s’accompagner « d’une discussion avec les organisations syndicales, patronales, avec les élus locaux ».

Dans une lettre adressée mi-décembre à Matignon, Chantal Jouanno, la présidente de la Commission du débat public, chargée d’organiser la consultation, avait elle aussi alerté le gouvernement. « Les réunions qui seront organisées n’ont pas vocation à se transformer en meeting politique », avait écrit l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy. « L’ensemble du processus jusqu’à sa restitution doit rester parfaitement neutre », a-t-elle ajouté dans Le Journal du dimanche, le 6 janvier, estimant que si le chef de l’Etat venait à « piloter directement l’organisation, (…) cela saperait toute confiance dans la consultation ». « Le grand débat est le moyen de sortir de cette situation. Mais pour que ça fonctionne, il faut que les gens viennent… », reconnaît Sacha Houlié, député La République en marche de la Vienne.

7 janvier 2019

Milo Moiré

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