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Jours tranquilles à Paris

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21 août 2017

Etat islamique : En Sibérie, une attaque revendiquée par l’EI passée sous silence

Par Isabelle Mandraud, Moscou, correspondante Le Monde

Vladimir Poutine ne s’est pas exprimé après une attaque au couteau dans les rues de la ville de Sourgout, qui a fait sept blessés.

La situation en Espagne, cible de deux attentats meurtriers revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), continue à dominer les informations en Russie, mais une autre attaque survenue en Sibérie occidentale, dont l’EI s’est aussi attribué la responsabilité, est quasiment passée sous silence. Sourgout a pourtant vécu l’horreur, samedi 19 août en fin de matinée, après qu’un homme a poignardé huit passants de cette ville pétrolière de 350 000 habitants située à 2 100 kilomètres à l’est de Moscou. Sept personnes ont été blessées, dont l’une se trouve toujours entre la vie et la mort.

Quatre heures à peine après ce drame, l’EI diffusait un message via son agence de propagande Amaq revendiquant l’attaque et désignant l’assaillant, tué dans la rue par la police, comme l’un de ses « soldats ». Mais la plupart des Russes n’en ont pas entendu parler. Les médias publics ont relayé brièvement « l’incident », sans même faire référence au groupe djihadiste. Ni l’agence Ria-Novosti, ni Tass, n’en ont fait mention, pas plus que la première chaîne du pays, Perviy Kanal, qui a consacré une poignée de secondes au sujet à des heures de faible écoute – rien dans son JT de samedi soir.

Peu d’éléments sur l’assaillant

Prompt à condamner les actes terroristes en Europe, Vladimir Poutine a vite réagi après l’attentat à la voiture-bélier à Barcelone, en exprimant ses condoléances au roi d’Espagne. « Cette attaque montre une fois de plus la nécessité de regrouper les efforts de toute la communauté internationale dans la lutte sans compromis contre les forces de la terreur », a souligné le président russe dans un communiqué le 17 août. Mais il n’a pas dit un mot sur Sourgout, malgré les images qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrant notamment un blessé ensanglanté sur un banc. Dimanche, d’autres vidéos sont apparues sur la mort de l’assaillant, qui portait une fausse ceinture d’explosif, abattu par un policier.

Seul le président français Emmanuel Macron a exprimé sa « solidarité » avec les victimes de Sourgout sur son compte Twitter, dès samedi soir, reprenant au mot le chef du Kremlin : « Le terrorisme frappe partout. La coopération internationale est essentielle pour l’éradiquer ». Son message n’a pas été repris en Russie.

Les réactions paniquées sur Yandex ou Vkontakt, respectivement le moteur russe de recherche et l’équivalent russe de Facebook, ont néanmoins poussé le Comité d’enquête à annoncer, dimanche, qu’il prenait en charge l’enquête à Moscou. « En raison de l’écho [donnée à cette affaire] » a précisé un communiqué d’Alexandre Bastrykine, chef de cette entité judiciaire chargé de toutes les affaires sensibles en Russie.

Très peu d’éléments ont été communiqués par les enquêteurs sur le profil de l’assaillant en dehors de sa date de naissance, 1998, et non 1994 comme cela avait été annoncé précédemment, et l’annonce de perquisitions au domicile du « criminel ». Jusqu’ici, la version officielle s’en est tenue à l’annonce de vérifications sur ses « antécédents psychiatriques ». Des sites proches des services russes ont cependant communiqué le nom de Artur G, originaire du Daghestan, une région du Caucase russe à majorité musulmane.

La Russie, engagée militairement en Syrie au côté de son allié Bachar al-Assad, a déjà été visée par des récents attentats. Le 31 octobre 2015, un charter russe avait explosé au-dessus du Sinaï égyptien avec 224 personnes à son bord, mais il avait fallu trois semaines pour que les autorités russes reconnaissent qu’il s’agissait d’un acte terroriste revendiqué par l’EI. Le 3 avril dernier, la bombe d’un kamikaze dans le métro de Saint-Pétersbourg avait entraîné la mort de 16 personnes. Un obscur groupe « Bataillon de l’imam Chamil », se présentant lié à Al-Qaida, avait revendiqué l’attentat.

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21 août 2017

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21 août 2017

Act Up : guérilla antisida

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 «Die-in» géant d’Act Up dans une rue de la capitale à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida de 1994. Photo Jean-Marc Armani. PictureTank 

En 1989, l’association importe un militantisme transgressif, fait d’actions spectaculaires comme le célèbre encapotage de l’obélisque à Paris. Il s’agit alors de marquer les esprits au moment où le pouvoir reste attentiste face à l’apparition de l’épidémie de sida qui tue en masse. Quitte à diviser.

  Act Up : guérilla antisida

Quel étonnant retour et retournement du passé. A travers l’acclamation dont fait l’objet, depuis le Festival de Cannes, 120 Battements par minute, voilà donc célébré un mouvement qui s’est, lui, toujours voulu en rupture, loin des honneurs, et en conflit ouvert avec l’ordre établi. Voilà aussi que ces années-là remontent d’un coup. Ces années où est apparue la génération Act Up, bruyante, insolente, gonflée, sans foi ni loi, mais terriblement vivante.

La naissance d’Act Up, c’est la génération «séropo». En 1989, année où Didier Lestrade, entouré de Pascal Loubet et de Luc Coulavin, créent Act Up-Paris, le paradoxe de l’épidémie du sida éclate au grand jour : une situation nouvelle émerge, impossible et intenable, celle du séropositif, porteur du virus, à l’avenir cassé, pouvant contaminer à tout moment lors de relation sexuelle ou à la suite d’une seringue partagée. Trois ans après que s’est révélé en France le drame du sang contaminé transfusé à des milliers d’hémophiles, on est déjà loin des premières années de l’épidémie.

En 1984, à la mort de Michel Foucault, son compagnon Daniel Defert fonde l’association Aides, tournée vers l’accompagnement des malades. Là était l’urgence : à l’époque il n’y avait pas de tests, il n’y avait pas de séropos, la plupart des volontaires ne se savaient pas malades. Didier Lestrade est, lui, d’une autre génération que celle des fondateurs d’Aides (chez qui il a d’ailleurs milité). Il a 23 ans quand les premiers cas de sida apparaissent en France au début des années 80. Spécialiste de musique soul, qu’il chronique dans Libé, il séjourne souvent à New York. Ce n’est pas un militant politique. Il est gay et vit à fond l’émergence de cette communauté. Il est aussi marqué par les nouvelles formes d’activisme, où le visuel s’impose sur les autres formes de luttes.

Le 26 juin 1989, lors du défilé de la Gay Pride à Paris, une quinzaine de «pédés, séropos, en colère» s’allongent sur le sol. Ils portent tous des tee-shirts marqués d’un triangle rose, sur lesquels est écrit : «Silence=Mort», reprenant la scénographie conçue par les activistes d’Act Up-New York, fondé en 1987. C’est la première action publique, et ce sera la marque du collectif. Le 1er décembre, Act Up-Paris frappe encore. Par l’image, en accrochant une gigantesque banderole sur les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour dénoncer l’attitude de l’Eglise catholique sur le préservatif. Des actions spectaculaires, toujours visibles, provocantes et transgressives, accompagnées d’un engagement physique des «combattants». L’association «la plus turbulente» de France est née, dans le conflit et la tension, et va profondément marquer le paysage de la lutte contre le sida porté par trois associations : Aides, incontournable et puissante, représentante des malades et de leurs droits ; Arcat-sida, qui se veut surtout un lieu d’expertise ; et Act Up donc, le petit frère qui emmerde les aînés, en a marre des bonnes manières, et use de l’outrance pour faire bouger les lignes.

«Ce qu’il faut, c’est une image pour la télé»

En 1989, au début du second septennat de François Mitterrand, peu de perspectives se dessinent et la France s’ennuie. Il y a, cette année-là, 4 000 cas diagnostiqués de sida et l’on commence à parler de séropositifs qui vont vivre des années terribles avant de se déclarer malades. Claude Evin, alors ministre de la Santé, met en place des structures inédites de lutte contre le virus, avec des agences de recherche et de prévention, ainsi qu’un Conseil national du sida, investi des questions éthiques.

La France se montre formellement en pointe mais, dans les faits, avec beaucoup de mots et peu d’actions, la situation reste compliquée et tendue. Les blocages sont nombreux, à l’image de ces campagnes de prévention policées à l’extrême. Le sida - maladie publique et virus privé - se révèle alors en miroir des dysfonctionnements de la société : l’exclusion, la discrimination. La mort, aussi. On meurt du sida et on en meurt massivement. Dans certains services de maladies infectieuses, ce sont plus de 10 décès par semaine. Les malades sont jeunes. Peu de traitements pour les soulager, et souvent, si souvent, la petite planète sida se retrouve au crématorium du Père-Lachaise : on estime qu’entre 1982 et 2002, le virus aura causé près de 40 000 décès en France.

C’est dans cet environnement contrasté qu’une fois par semaine, dans l’amphi des Beaux-Arts, quai Malaquais à Paris, ils se retrouvent. L’assemblée des activistes d’Act Up. Au mieux, ils sont 200. Mais indéniablement une nouvelle forme de militantisme émerge, au point que certains parlent de secte. Tout y est codifié. On n’applaudit pas, on claque des doigts. Il y a un facilitateur qui passe la parole. Au début de chaque réunion, on fait état des morts. Puis vient l’ordre du jour. Didier Lestrade s’énerve souvent car il a le sentiment que la réunion traîne. Il impose la théâtralisation des actions, répétant : «Ce qu’il faut, c’est une image pour la télé.» Ces réunions sont aussi des lieux de défouloirs, on y rit comme on y pleure. L’un lâche : «Je cherche un mec, le mien est mort.»

Peu importe la réalité, «nous, on va mourir»

Act Up innove, Act Up s’impose mais Act Up fait peur aussi. Avec son discours très politique où l’Etat est systématiquement mis en accusation pour la faiblesse de sa réponse, où les gays sont accusés de complaisance et les labos d’être «des criminels». Dans ce combat, tout est bon, y compris l’exagération, voire quelques mensonges. Le nombre de séropos comme celui des morts se trouve systématiquement gonflé. Peu importe la réalité des chiffres, «nous, on va mourir», répètent les activistes. En revanche, les actions sont préparées au millimètre. Et se révèlent particulièrement bien ciblées, comme le «zap» (action brève et spectaculaire) de janvier 1993 au laboratoire d’analyses d’Artois, qui pratique alors le poolage (regroupement de différents sérums) du sang lors des tests, soupçonné de multiplier les risques d’erreurs de dépistage. Cette action entraînera la fermeture dudit labo et de cinq autres. Le 1er décembre 1993, c’est l’apogée de l’activisme visuel avec l’encapotage de l’obélisque de la Concorde, image qui fera le tour du monde.

Le Ministère tétanisé

Mais tout n’est pas consensuel. En avril 1991, lors d’une table ronde, des militants étaient intervenus brutalement pour tenter - en vain - de menotter Dominique Charvet, ex-magistrat qui dirige alors l’Agence française de lutte contre le sida, dont Act Up dénonce la faiblesse des campagnes de prévention. En juin 1996, a lieu le fameux Sidaction où le président d’Act Up d’alors, Christophe Martet, invité sur le plateau, lâche un «La France, pays de merde» catastrophique pour les collectes de fonds. Et en 1999, Act Up vote le principe de l’outing, qui consiste à révéler l’homosexualité de certains responsables publics aux agissements hostiles à la communauté gay. Dès février, pour la première fois, elle menace de révéler le nom d’un député de droite présent lors d’une manif anti-pacs aux relents homophobes. Si l’association renonce finalement, les débats auront été violents.

Dans les années 90, Act Up est ainsi un mélange unique : gays en majorité, «séropos» comme «séronegs», chômeurs, étudiants, filles comme garçons. Il y a beaucoup de passage, et si l’on n’y reste pas forcément longtemps, on y apprend beaucoup. Le ministère de la Santé est tétanisé devant ses actions. Les activistes ne sont pas très nombreux, mais leur impact s’avère maximum. Act Up apparaît quasi intouchable. En 1999, le collectif se fond dans un appel de 40 associations claironnant à la face des politiques : «Nous sommes la gauche.»

Tout change avec l’arrivée des trithérapies, en juillet 1996 au congrès de Vancouver : des traitements qui bloquent le virus et empêchent sa reproduction. Ces molécules marchent, et même de mieux en mieux, bouleversant toutes les perspectives en profondeur. La génération de combattants - à Aides, à Act Up ou ailleurs - croyait qu’elle allait mourir, elle va survivre. Beaucoup de militants ont enduré le poids de ce mot. Survivre. Mais à quoi ? Le combat n’aura plus, en tout cas, cette intensité vitale qui avait fait sa force. Il reste certes d’autres défis, comme celui de se battre pour l’accès aux médicaments des pays du Sud. Ou celui d’imposer la présence de malades ou d’activistes dans les sphères importantes du monde de la santé et de la recherche. Ce sera le cas avec la constitution du groupe TRT-5, pour «traitement et recherche thérapeutique». A l’initiative d’Act Up, cette entité interassociative réalisera pendant près de quinze ans un travail inouï de surveillance des médicaments et des essais thérapeutiques, obligeant les grandes firmes à privilégier la santé publique à leurs profits. Le groupe poursuit toujours son travail de vigie.

Vingt-huit ans après sa naissance, Act Up est toujours vivante. Elle a survécu. L’association, constituée pour la guerre et non pour la paix, tourne certes au ralenti. Elle n’est plus force de transformation sociale. Il manque, aujourd’hui, bien des noms, bien des visages. La génération Act Up s’est dispersée. Certains ont investi d’autres fronts. Des mouvements comme les Femen ou les associations LGBT se sont, à l’évidence, inspirés de son histoire - jusqu’à Nuit debout, avec son affichage de démocratie directe. C’est la vie, en somme, qui se poursuit, sur d’autres fronts.

Eric Favereau - Libération

Film : "120 battements par minute"

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21 août 2017

Pascal André Heimlicher

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21 août 2017

Coco de Mer

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21 août 2017

Extrait d'un shooting - topless

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21 août 2017

Cinq bonnes raisons de visiter la ria d’Etel

Le site à découvrir. De son embouchure avec la célèbre barre d’Etel au pittoresque îlot de Saint-Cado, la ria d’Etel demeure l’un des plus beaux sites de la région.

- Pour sa célèbre barre, celle de tous les dangers

L’endroit est paradisiaque. Mais pour pénétrer dans la ria d’Etel, les marins doivent d’abord affronter un obstacle de légende : la barre d’Etel, un banc de sable blanc en perpétuel mouvement. Il rend ainsi difficile l’entrée de la ria car il se déplace au gré des vents et des courants. L’endroit est d’ailleurs riche de dramatiques histoires comme celle du chavirage du canot de sauvetage d’Alain Bombard le 3 octobre 1958, où neuf personnes ont perdu la vie. Le sémaphore de Plouhinec, sorte de poste de surveillance construit à son entrée, est donc là pour aider les navigateurs à la passer. Découvrir la ria se mérite…

- Pour la beauté de ses paysages

Une fois la barre franchie, c’est un paysage magnifique qui se dévoile. La petite baie, d’une vingtaine de kilomètres, regorge d’îlots. Sur les rives, les communes d’Etel, Belz, Plouhinec et Locoal-Mendon ne manquent pas de caractère. Leurs sentiers balisés offrent de nombreuses balades à réaliser par tous temps, en famille ou entre amis.

- Pour la découverte de son port, celui d’Etel

Etel, qui s’étend sur la rive est de la ria, est l’un des passages incontournables. C’est l’un des ports du département qui a le mieux su préserver son authenticité. Il a ainsi été l’un des plus grands ports de pêche au thon de la façade atlantique. Jusqu’à 250 dundees – les célèbres thoniers à voile – y étaient enregistrés. Ils alimentaient alors les nombreuses conserveries de la région. De ce passé très riche, la ville en a gardé sa glacière ou encore son lycée maritime… Une histoire intense que le Musée des thoniers, niché au cœur de la ville, retrace au travers de ses expositions. Aujourd’hui, Etel est un port de plaisance prisé des plaisanciers.

- Pour sa faune et sa flore exceptionnelles

Mais la ria d’Etel, ce n’est pas seulement un passionnant passé et de jolies cartes postales. C’est aussi un lieu où faune et flore sont riches. Il fait d’ailleurs partie du réseau Natura 2000. Le fond de la ria est ainsi le domaine des zones humides habitées par de multiples espèces d’oiseau. On y croisera aussi la loutre d’Europe ou encore pas mal de poissons migrateurs. C’est aussi le paradis des plongeurs : la ria est en effet l’un des rares endroits de France à réunir autant d’espèces en un seul endroit. Anémones, hippocampes, spirographes… La rivière fait le bonheur des passionnés de biologie sousmarine.

- Pour Saint-Cado

La petite île de Saint-Cado fait partie des incontournables de la ria d’Etel. Reliée à la terre ferme par son pont légendaire, qui serait l’œuvre du diable, elle abrite une chapelle romane et de nombreuses maisons de pêcheurs. De son célèbre pont, on peut apercevoir la célèbre maison de Nichtarguer, avec ses volets bleus, la fameuse carte postale de Belz.

Article de Stéphanie HANCQ - Ouest France

21 août 2017

Bondage is not a crime

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21 août 2017

Armano Scacci

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21 août 2017

Jerry Lewis. Un pitre au grand coeur

Icône comique et légende du cinéma hollywoodien, Jerry Lewis s'est éteint, hier, à l'âge de 91 ans.

Très apprécié du public français, l'acteur et cinéaste aura marqué les esprits par son talent burlesque et enfantin effleuré d'une douce mélancolie.

Les Américains se demandaient, parfois, pourquoi il faisant tant rire les Français. Clown des temps modernes aux mimiques élastiques, Jerry Lewis, est décédé, hier, à Las Vegas, à l'âge de 91 ans. Talentueux dans les comédies, Jerry Lewis l'était aussi dans les oeuvres plus dramatiques, comme Martin Scorsese l'a révélé dès 1983 avec « La valse des pantins ».

« On n'est pas sérieux lorsqu'on a perpétuellement neuf ans », remarque celui que ses parents, tous deux artistes de music-hall, appelaient Monsieur Néon. Artiste complet, déjà bête de scène à 15 ans dans des rôles d'imitateur, il pousse à l'extrême le burlesque américain et s'illustre en chantant, dansant, mimant et excellant dans ses one-man-show. Avec son visage poupin, cet inlassable créateur de gags, au comique essentiellement visuel, semble avoir conservé toute son enfance au fond de son regard étonné. Fausses dents, faux nez, de haute taille, il jongle avec les infirmités. Son art du dédoublement trouve son apogée dans « Docteur Jerry et Mister Love ».

« Supérieur à Chaplin »

Acteur dans plus de 60 films, Jerry Lewis est aussi producteur et metteur en scène, utilisant les handicaps dont on lui a fait grief, tour à tour « l'idiot » ou « le laid ».

Ses détracteurs lui reprochent ses grimaces à répétition, un jeu sans nuances et un comique jugé épais. Il est moins fêté dans son pays qu'en Europe, en France, en particulier, où son prénom seul, en lettres majuscules, suffit souvent sur les affiches. Pour Jean-Luc Godard, il est « bien supérieur à Chaplin et Keaton ». Sa rencontre avec le chanteur Dean Martin, en 1946, est déterminante. Ils deviennent inséparables et montent une série de numéros qui font leur succès. Après leur participation au fameux Ed Sullivan Show (1948), ils sont engagés par la Paramount et, dès leur premier film, « Ma bonne amie Irma », ils séduisent le public.

Une carrière en solo

Dix ans plus tard, lassés par leur tandem, ils décident de faire carrière en solo. Jerry devient le principal interprète de films souvent dirigés par Frank Tashlin, comme « Le kid en kimono » et « Cendrillon aux grands pieds ». Il est aussi metteur en scène comme dans « Le dingue du palace ».

Devenu professeur de cinéma à l'université de Californie du Sud, il réalise « Ya, Ya, mon général », hommage à Chaplin et nouvelle variation sur le thème favori du double.

Il apparaît davantage au petit écran, au théâtre et dans des spectacles, à Las Vegas notamment. Après dix ans d'absence au cinéma, « l'idiot burlesque » retrouve son public dans « Au boulot Jerry » avant que Martin Scorsese, en 1983, et Emir Kusturica, en 1991, lui offrent un rôle dramatique, respectivement dans « La valse des pantins » et « Arizona Dream ».

Parallèlement à ses activités artistiques et sportives (il s'entraîne au baseball avec les Los Angeles Dodgers), Jerry Lewis, père de sept enfants, s'occupait activement des handicapés physiques et mentaux. Son engagement constant dans la lutte contre la dystrophie musculaire, avec l'animation, depuis 1966, d'un téléthon pour les myopathes, lui a valu une nomination au prix Nobel de la Paix.

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