Guy Bourdin à la Maison Chloé
Une pluie de V.I.P. à l'inauguration de la #maisonChloé >> #GuyBourdin #HauteCouture https://t.co/N8e71TcdYp
— Grazia France (@grazia_fr) 3 juillet 2017
Le retour en force du cabinet de curiosités dans les salons chics
Par Catherine Rollot
Très en vogue au XVIIIe siècle, les cabinets de curiosités étaient des pièces ou des meubles où étaient exposés des fossiles, des animaux empaillés, ou des antiquités... Quelques siècles plus tard, la quête du savoir n’est plus la principale motivation de la tendance chambre des merveilles.
C’est la revanche de l’accumulation et du bizarre sur les lignes épurées des décos scandinaves. Le gothique et le sombre à rebours de l’ambiance nordique aussi monochrome qu’un jour de janvier à Helsinki. L’ambiance cabinet de curiosités, ces ancêtres des musées, fait un retour en force.
Apparus à la Renaissance et très en vogue au XVIIIe siècle, les cabinets de curiosités étaient des pièces ou des meubles où étaient entreposés et exposés naturalia (fossiles, animaux empaillés, herbiers…), artificialia (objets créés ou modifiés par l’homme comme les antiquités), exotica (plantes et animaux exotiques). Aristocrates et érudits y montraient leurs collections de pièces rapportées de lieux lointains, dans le but de faire découvrir et comprendre le monde.
« Cabinet de curiosités », huile sur toile de Domenico Remps (vers 1689). Museo dell’Opificio delle Pietre Dure, Florence. | DR
Quelques siècles plus tard, la quête du savoir n’est plus la principale motivation de la tendance chambre des merveilles. On s’en inspire aujourd’hui essentiellement pour leur haut potentiel décoratif.
La cloche, accessoire magique
Pour éviter l’effet vide-greniers, limiter la surface dévolue à votre petit musée personnel à un dessus de buffet ou un manteau de cheminée. Un fond de peinture ou de papier peint de couleur sombre, un grand mur de cadres de formats différents, ou d’affiches, disposés dans un chaos organisé, suffisent à créer une ambiance. Les miroirs, qui agrandissent et donnent de la profondeur, plantent le décor.
Côté objets, si la perspective d’afficher papillons encadrés, trophées de chasse et perruches déplumées ne vous enthousiasme pas, il existe de nombreuses autres façons de donner un petit côté société savante à votre salon, la poussière et l’odeur de renfermé en moins.
L’accessoire magique, c’est la cloche. Cet objet de verre transforme toute pacotille en une installation artistique et précieuse. Coquillages ramassés lors de votre dernier week-end breton, branches et fleurs séchées glanées en campagne, Playmobil ou figurines de Casimir ou de Goldorak sauvés de votre enfance, boîtes d’allumettes, simples feuilles de papier roulées façon parchemin, enfermées dans un cocon de faux cristal… passeront pour des trésors.
La biologie, l’histoire naturelle, la géographie, toutes ces thématiques chères aux cabinets de curiosités d’antan pourront être détournées. Les plus créatifs se risqueront à des inspirations plus contemporaines. Attention cependant : pas sûr que puces électroniques, sneakers et smartphones fassent leur effet en vitrine.
Derrière le discours d’Emmanuel Macron au Congrès, le spectre de l’omniprésidence
Par Bastien Bonnefous, Solenn de Royer - Le Monde
Le président réunit lundi les députés et sénateurs à Versailles, à la veille du discours de politique générale du premier ministre.
A 15 heures, il rejoindra l’aile du Midi, qui fut construite pour loger la famille royale, autrement connue sous le nom d’« aile des princes ». Plus d’un mois après y avoir accueilli son homologue russe Vladimir Poutine, le président de la République Emmanuel Macron va retrouver, lundi 3 juillet, le château de Versailles, mais cette fois pour s’adresser solennellement aux deux chambres du Parlement réunies en Congrès, et à travers elles, aux Français.
Ce discours est particulièrement attendu : très présent sur la scène internationale, le chef de l’Etat s’est fait rare sur le plan intérieur depuis son investiture, le 14 mai. De surcroît, il a fait savoir qu’il ne se prêtera pas à l’interview traditionnelle du 14-Juillet, rompant avec une tradition initiée il y a quarante ans par son prédécesseur à l’Elysée, Valéry Giscard d’Estaing. En 2007, Nicolas Sarkozy avait lui aussi voulu s’exonérer de cet usage républicain, afin de mettre en scène sa « rupture », le leitmotiv marketing qui lui a permis d’accéder au pouvoir après Jacques Chirac, l’un de ses mentors politiques.
Devant les deux chambres, dont l’Assemblée nationale largement composée de « marcheurs » élus aux législatives, M. Macron tracera les grandes lignes de son quinquennat, livrant la méthodologie de ses réformes. Une sorte de « discours sur l’état de l’Union », comme celui prononcé chaque année par le président des Etats-Unis devant la Chambre des représentants et le Sénat, explique le porte-parole du gouvernement et proche du président, Christophe Castaner.
Mais l’initiative du locataire de l’Elysée, à la veille de la déclaration de politique générale du premier ministre Edouard Philippe devant l’Assemblée, mardi 4 juillet, fait débat. Son intervention est vue par beaucoup comme un court-circuitage du chef du gouvernement et, par ses opposants, comme l’expression d’une toute-puissance, quasi monarchique. « Clairement, il y a un PDG et un DG », souligne un ancien poids lourd du quinquennat Hollande, rappelant que celui-ci n’avait usé qu’une seule fois de la convocation exceptionnelle du Congrès, le 16 novembre 2015, après les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis.
Discours « complémentaires »
Certains parlementaires – notamment les députés de l’opposition, communistes et France insoumise, mais aussi des élus UDI – ont décidé de ne pas se rendre à Versailles lundi. « Emmanuel Macron franchit un seuil dans la dimension pharaonique de la monarchie présidentielle », estime par exemple Jean-Luc Mélenchon, qui a choisi de boycotter l’événement. Comme le centriste Jean-Christophe Lagarde, qui regrette que le chef de l’Etat « passe son temps à faire à la fois le travail de président de la République et de premier ministre ».
A l’Elysée, on est conscient du risque « d’interprétation négative », mais M. Macron et sa garde rapprochée ont choisi d’« assumer ». « Les deux discours du président et du premier ministre seront complémentaires. Chacun interviendra à son niveau », promet un proche du chef de l’Etat, espérant que les deux interventions coup sur coup vont créer un « effet de puissance » censé marquer les esprits avant le départ des Français en vacances.
En séminaire de travail vendredi et samedi à Nancy, le gouvernement a lui aussi tenté d’éteindre la polémique. M. Castaner a ainsi rappelé qu’avant la réforme constitutionnelle de 2008 (qui permet au chef de l’Etat de prendre la parole devant le Congrès), il était « d’usage » que « le président s’adresse à sa majorité » par un message lu par le premier ministre devant le nouveau Parlement.
M. Philippe lui-même est intervenu pour clore le débat : « Le président va fixer le cap lundi, moi j’expliquerai mardi comment on atteint ce cap », a-t-il expliqué. Quand on évoque les similitudes avec l’hyperprésidence de Nicolas Sarkozy, qui avait traité son premier ministre François Fillon de « collaborateur », l’entourage du chef du gouvernement désamorce. « Emmanuel Macron est dans une partition présidentielle. Nicolas Sarkozy, qui commentait les faits divers, ça n’avait rien à voir ! », assurent les proches de M. Philippe.
« Le pouvoir c’est lui »
Quoi qu’il en soit, le président ne s’embarrasse guère de mettre les formes avec l’autre tête de l’exécutif. Au point qu’il a choisi de se rendre dans le Finistère, mardi matin, quelques heures avant la prise de parole de M. Philippe devant l’Assemblée, pour visiter la base opérationnelle des sous-marins nucléaires de l’Ile Longue. Quand l’information a été rendue publique, vendredi 30 juin dans la soirée, les services de Matignon n’étaient pas au courant.
« La question que l’on peut se poser, c’est à quoi sert Edouard Philippe ? », s’interroge un ancien conseiller du précédent quinquennat, qui note, avec gourmandise : « C’est amusant de penser qu’Emmanuel Macron avait dit qu’il ne s’occuperait pas de tout ! Le pouvoir, c’est lui. Mais il doit faire attention à la connotation monarchique du quinquennat qui est en train d’imprimer. Le quinquennat de Sarkozy a été marqué par le “bling bling”. Macron pourrait se voir accoler l’image du monarque. »
Ce risque existe alors que l’opposition s’est emparée ce week-end d’une phrase prononcée jeudi 29 juin par M. Macron lors de l’inauguration de l’incubateur de start-up Station F, créé par Xavier Niel (actionnaire du Monde). « Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien », a déclaré le président, aussitôt accusé d’une forme de « mépris de classe » par ses adversaires.
Pour l’ancien ministre socialiste Thierry Mandon, l’interventionnisme appuyé du chef de l’Etat n’est pas un problème, mais pourrait le devenir à terme. « Il n’y a pas lieu de se scandaliser ou de hurler avec les loups. Emmanuel Macron veut endosser tous les pouvoirs, toutes les responsabilités. D’une certaine manière, il y a une cohérence : il assume ses pouvoirs, il ne triche pas », explique l’ex secrétaire d’Etat à la recherche. « Mais c’est aussi une prise de risque au regard de la complexité de la société d’aujourd’hui, qui réclame plus de participatif, moins de verticalité », poursuit-il.
Un danger souligné également par ce haut fonctionnaire, en première ligne sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui craint que l’omniprésidence de M. Macron empêche à l’avenir le gouvernement et le premier ministre de jouer le rôle de paratonnerre en cas de crise : « Emmanuel Macron veut prendre tous les pouvoirs, mais attention, le jour où il y aura des problèmes, il devra alors assumer toutes les responsabilités. »






























