Gendarmes. L'été, il n'y a pas que les stations balnéaires qui font le plein
« Être à cheval favorise le contact », observent les gendarmes du poste équestre, basé à Erdeven et intervenant chaque jour sur tout le périmètre littoral de Gâvres à Quiberon. Plus de militaires d'active sur la communauté de brigades de Carnac, une brigade équestre en poste sur le massif dunaire...
Les gendarmes sont bien présents sur les points de rassemblement des estivants. Une vigilance qui s'est accrue depuis l'attentat de Nice. À la communauté de brigades (Cob) de Carnac, dont les deux villes névralgiques sont Carnac et Quiberon, le lieutenant Stéphanie Hersand dispose du même effectif que l'an dernier : 80 militaires répartis sur ces deux communes, mais aussi sur les postes ouverts uniquement l'été que sont La Trinité-sur-Mer, Plouharnel, Locmariaquer, Saint-Pierre-Quiberon et les deux satellites marins de Houat et d'Hoedic.
Les effectifs habituels renforcés
L'effectif est donc le même, à cette différence près, que le commandant de brigade dispose de plus de militaires en exercice, des gendarmes mobiles en l'occurrence, et moins de réservistes que les années passées. C'est le résultat de l'État d'urgence maintenu après le drame de Nice. Les effectifs habituels de Carnac et de Quiberon sont ainsi renforcés par la présence de détachements de surveillance et d'intervention composés de gendarmes mobiles. Il y a le contexte actuel, et il y a de toute façon une situation estivale où la frange littorale est transfigurée avec l'arrivée massive de touristes. « En été, la population est multipliée par dix sur le territoire qui est sous ma responsabilité » commente le lieutenant Hersand.
Des réservistes en plus ?
Avec une concentration d'établissements de nuit, beaucoup de monde sur les routes et la présence d'argent qui peut attiser les convoitises. « Comme tous les étés, nous connaissons un pic d'activité. Mais il faut reconnaître que la plupart des interventions relèvent de police secours. Il y a peu de situations qui donnent lieu à des procédures judiciaires », indique le commandant de la Cob. Pour autant, c'est bien durant ces deux mois de juillet et d'août que les gendarmes sont le plus sollicités. L'été concentre à lui seul 30 à 40 % de la délinquance annuelle. Dans ce contexte, 80 gendarmes à disposition, ce n'est pas de trop. Et le lieutenant Hersand pense qu'elle aura encore davantage de moyens d'ici la rentrée, après l'appel lancé aux Français, par le ministre de l'Intérieur de rejoindre la réserve opérationnelle.
En voiture, à moto, en scooter... ou à cheval
Sur les 35 km et les 3.500 ha du massif dunaire de Gâvres à Quiberon, la gendarmerie déploie également un poste équestre, pérennisé grâce, entre autres, au soutien y compris financier du syndicat mixte du Grand-Site. Spectaculaire, avec leurs six chevaux de la Garde Républicaine, le dispositif n'a pourtant rien de folklorique. Rappelé et mesuré chaque année, l'intérêt est d'abord une parfaite adéquation au terrain, entre dunes, plages et parkings, pour un exercice des plus efficaces des missions de surveillance en priorité préventive (et de recherches de personnes), mais aussi dissuasive et répressive quand il le faut. Car, pour les gendarmes affectés à ce poste (deux gardes républicains, deux réservistes et deux gendarmes départementaux), il s'agit de lutter contre les risques de vols à la roulotte, d'agressions ou de comportements déviants, de veiller au respect des règles de stationnement ou de l'environnement. La position élevée leur offre un champ de vision très large, et le cheval permet d'intervenir rapidement et aisément ; parfois même sans se faire remarquer. Le cheval favorise aussi la communication : « Le contact avec les gens est beaucoup plus facile qu'à bord d'un véhicule sérigraphié ! », plaisantent les gendarmes. Source : Le Télégramme
Erdeven = Tourisme. Les mégalithes passionnent
Offertes chaque vendredi (à 10 h 30) par l'office de tourisme, les balades sur le grand site mégalithique de Kerzerho au Mañné-Bras sont un des classiques des animations de l'été. Émilie Dubée, guide de l'office, qui les mène cette année, commence par couper court à quelques clichés, comme l'intervention d'Obélix. Pour le reste, face aux nombreuses interrogations des visiteurs, elle apporte, avec prudence mais aussi avec une pointe d'humour, des éléments d'information qui peuvent être enrichis par une visite au musée de la Préhistoire et au Pôle Menhirs.
Pratique : contact et inscription : office de tourisme, tél. 02.97.55.64.60, mail : ot-erdeven@orange.fr.
Pardon de Sainte-Anne d'Auray : sous le signe de la Paix et de la Sécurité
Quand on parle pardon en Bretagne, on évoque immanquablement Sainte-Anne-d'Auray. Entre 25.000 et 30.000 pèlerins sont attendus lundi et mardi pour un grand rassemblement des chrétiens de l'Ouest présidé par Mgr Jeanbart, l'archevêque d'Alep, qui se déplacera dans un contexte particulier...
Rarement sans doute le grand pardon de Sainte-Anne-d'Auray n'aura mobilisé tant d'attention... Bien entendu, les flots de pèlerins seront encore abondants lundi et mardi : le plus grand pèlerinage de Bretagne rassemble en moyenne près de 30.000 personnes. « C'est le premier pèlerinage de Bretagne et le deuxième après Lourdes au niveau national », ne manque d'ailleurs jamais de rappeler le père André Guillevic, recteur du sanctuaire.
Certes, mais cette année, ces dizaines de milliers de pèlerins seront rejoints et encadrés par 17 agents de sécurité (certains accompagnés de chiens) en charge de contrôler le site, mais aussi par un large déploiement des forces de gendarmerie. 120 militaires de la force sentinelle devraient également être déployés dès la semaine prochaine dans le département, sans que l'on sache exactement leur nombre lors de ce Pardon. Là où d'ordinaire, il n'y avait aucune barrière à franchir, deux filtres de contrôle seront mis en place, le premier dès la sortie des parkings et le second avant l'accès au site.
« Ne pas avoir peur »
Des fouilles, des sacs notamment, pourront être pratiquées. Des nouvelles mesures prises dans un contexte post-attentat et de prolongation de l'état d'urgence, mais aussi associées au choix d'inviter l'archevêque d'Alep cette année. Des décisions inévitables donc, mais qui ne doivent pas entraver la ferveur du pardon : « Nous ne pouvons pas vivre dans la peur. Il faut que les gens soient sereins et viennent communier dans la paix et avec la certitude que toutes les mesures de protection seront bien mises en place », exhorte le père Guillevic, qui veut aussi louer le courage de Mgr Jean-Clément Jeanbart : « Il fait tout, là-bas (en Syrie), pour maintenir le moral des gens, pour que les chrétiens ne quittent pas Alep et la Syrie, malgré les persécutions... C'est notre rôle, nous, chrétiens d'Occident, de lui dire notre soutien et de l'entourer de notre fraternité, dans cette année de la Miséricorde souhaitée par le Pape ».
Le pardon 2016 sera placé sous le signe de la paix. Il débutera lundi dès 15 h par un chapelet et les premières vêpres. Une conférence est programmée à 17 h, sur le thème « Justice et miséricorde », par Emmanuel Tois, ancien magistrat devenu prêtre. À 21 h 30, la veillée sera animée par le récit des apparitions et par celui de la vie de Pierre de Kériolet, un drôle de paroissien, trousseur de jupons invétéré qui trouva soudain la foi et fit don de ses biens afin de bâtir une bonne partie de ce qui est aujourd'hui le sanctuaire... Le Grand pardon de Sainte-Anne s'ouvrira mardi par les messes dans la basilique avant la procession et la messe pontificale, dès 10 h 30. Une dernière messe sera donnée à 18 h 30.
Mgr Jean-Clément Jeanbart (photo ci-dessus)
Source : Le Télégramme










