
Sa première grande réunion publique a dépassé, hier soir, toutes les espérances. « Rien ne doit nous arrêter » a promis le créateur d’ En Marche !
« Il est temps que tout cela s’arrête ! » Manuel Valls n’a pas fini d’enrager. Car Emmanuel Macron ne manque ni d’audace ni d’ambition. Leur relation va devenir intenable. S’offrir un meeting national l’avantveille d’une séquence aussi présidentielle qu’un 14-Juillet, le faire dans le haut lieu du militantisme de gauche qu’est La Mutualité, il fallait oser. Macron court bien,« pour le maillot jaune » . Les 3 000 militants réunis malgré des manifestants armés d’œufs, guettaient la réponse à LA question : est-il candidat ?« 2017, c’est une occasion que nous allons saisir ensemble, c’est un droit, le droit de voter pour un projet, une vision, lance Emmanuel Macron au terme d’une performance de 90 minutes, sans note ni pupitre.Nous allons prendre tous les risques et je les prendrai avec vous. Ce mouvement, plus rien ne l’arrêtera. Nous le porterons ensemble jusqu’à la victoire. »
« Macron président ! »
Si ça n’est pas une déclaration de candidature, ça y ressemble fortement ! Mais, formellement, il ne l’a pas dit. N’a pas parlé de démission. N’a pas planté de couteaux dans le dos de François Hollande, dont le nom n’a pas été cité. Seul, Macron ? 55 000 soutiens, 16 000 militants qui se consacrent au porte-à-porte, une salle trop petite. Autour de lui, des artisans, des chefs d’entreprise, le maire de Lyon, Gérard Collomb, 35 parlementaires dont Corinne Erhel (PS, Côtes-d’Armor), Alain Tourret (Radical, Calvados) et Richard Ferrand (PS, Finistère).« Quoi de mieux qu’un banquier pour faire sauter la banque ! » ,lance de député breton. Et, cerise sur le gâteau, La primaire des Français , alliance de six mouvements citoyens, a peut-être trouvé hier soir son candidat. Alexandre Jardin est venu, non pas se rallier, mais« proposer une alliance des citoyens en marche ». Banco, dit l’animateur de Bleu-Blanc-Zèbre à Macron, à condition que tous les militants d’ En Marche ! deviennent des « faiseux ». Et il rêve tout haut d’y faire venir Jean-Louis Borloo pour la ville, Jean-Christophe Fromentin pour les territoires, Nicolas Hulot pour la transition environnementale, Thierry Mandon pour la réforme de l’État… Quitter le gouvernement ? Aujourd’hui, Macron teste la faisabilité de sa démarche hors des partis. Il considère que les divisions - Europe, emploi, solidarités, sécurité, libertés - sont« entre les progressistes et les conservateurs. » Il s’organise pour le cas où François Hollande serait empêché par des sondages rédhibitoires. Le travail est énorme pour transformer la démarche en projet collectif,« d’ici à la fin de l’année » . Mais, galvanisé, il répète :« Rien ne doit nous arrêter ! » La salle exulte :« Macron, président ! » Article de Michel URVOY.
