Les émeutes de Stonewall
Le 28 juin 1969, huit policiers font une descente dans un bar homosexuel de New York, le Stonewall Inn, et arrêtent plusieurs personnes – à l’époque, il est interdit de servir de l’alcool aux homosexuels, qui sont considérés comme des malades mentaux. Beaucoup affrontent les policiers, rejoints par des clients des bars alentour : l’émeute dure cinq jours.
Un an plus tard, pour commémorer l’événement, le Gay Liberation Front organise des marches à New York, à San Francisco et à Los Angeles. Leurs slogans : « Gay pride » (« fierté homosexuelle ») et « Come out » (« montrez-vous »). Depuis, chaque année, à la fin du mois de juin, les homosexuels organisent des Marches des fiertés ou des Gay Pride dans de nombreux pays.
La Gay Pride de Paris
En France, le 4 avril 1981, à l’appel du Comité d’urgence antirépression homosexuelle (CUARH), la Gay Pride parisienne rassemble environ 10 000 personnes entre la place Maubert et le Centre Pompidou, à Paris. Les organisateurs veulent faire pression sur les hommes politiques avant l’élection présidentielle.
Le socialiste Jack Lang, les écrivains Jean-Paul Aron et Yves Navarre, le patron du club Le Palace, Fabrice Emaer, défilent. Un gala suit, avec Juliette Gréco, dans une salle de la Mutualité bondée. C’est un électrochoc pour la société française.
Le 28 avril, le candidat François Mitterrand prend position : « Nous n’avons pas à nous mêler de juger les mœurs des autres. » Après la présidentielle, son gouvernement interdit le fichage des homosexuels et leur accorde la majorité sexuelle à 15 ans, comme pour les hétérosexuels.
La mobilisation pour le mariage gay
Le 30 juin 2012, à l’appel de l’Inter-LGBT (lesbiennes, gay, bi et trans), une Marche des fiertés rassemblant 500 000 personnes selon les organisateurs, 60 000 selon la police, bat le pavé parisien. Elle entend rappeler à François Hollande, élu le 6 mai 2012, ses promesses de campagne sur la légalisation du mariage homosexuel.
Signe des temps, la ministre de la famille, Dominique Bertinotti, défile en tête, aux côtés du maire de Paris, Bertrand Delanoë, et de l’acteur Charles Berling, derrière la banderole « L’égalité n’attend plus ».
Quelque 80 associations sont présentes : le Gai Moto Club, les Gais Retraités, Embrayage (les personnels LGBT de PSA Peugeot Citroën), David et Jonathan (les homosexuels chrétiens) ou Gay Lib (associé à l’UMP). Le texte sur l’ouverture du mariage aux couples gay sera promulgué le 17 mai 2013.
La répression en Europe de l’Est
Depuis 1990, en Lettonie, en Pologne, en Roumanie, en Serbie et en Ukraine, les marches homosexuelles se heurtent régulièrement à des contre-manifestations nationalistes, religieuses ou d’extrême droite.
En Russie, depuis la Moskva Pride de juin 2006, toutes les Gay Pride ont été interdites. En 2013, le gouvernement de Vladimir Poutine a même promulgué une loi punissant d’amende ou de prison toute « propagande homosexuelle » devant des mineurs.
Le 30 mai 2015, à Moscou, les homosexuels qui manifestaient ont été arrêtés par la police et agressés par des extrémistes orthodoxes. A Saint-Pétersbourg, la marche du 2 août 2015 a été interdite. Selon un rapport publié en décembre 2014 par l’ONG Human Rights Watch, les actes homophobes se multiplient en Russie et sont « tolérés » par les autorités, qui ne poursuivent pas les agresseurs.