Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jours tranquilles à Paris

Publicité
18 avril 2016

David Bellemere (photographe)

bellemere001

Publicité
18 avril 2016

Cette semaine la reine Elisabeth II aura 90 ans ! - Happy Birthday !

12940083_264779143860324_901063441_n

18 avril 2016

Comment reconnaître un Parisien en vacances ?

Déjà planter le décor : le Parisien qui englobe aussi la Parisienne, ne part jamais en vacances. Il fait un break, se met au vert, s'évade dix-jours-pas-plus-parce-qu'il-est-tout-seul-à-l'agence, et souhaite profiter de cette parenthèse pour réfléchir à un projet qui lui tient à cœur. Traduire : il vient d'être viré et digère le coup comme un boa une antilope.

De surcroît, les vacances en été, bien peu pour lui s'il est célibataire, sans enfants et s'il s'est disputé avec toute sa famille en mai dernier lors du déjeuner de communion de la petite Annonciade, ce qui lui a fermé toutes les portes du Sud, de Toulouse à Menton. Reste le gros week-end du 14 juillet où il est indispensable qu'il parte sinon il va péter un câble, fondre les plombs ou faire un blitz-burnout. Le Parisien en vacances ou « PeV » se repère donc à la livraison des bagages des aéroports en se trompant de tapis ou en râlant parce que son-sac-qu'on-l'a-obligé-en-soute-de-mettre n'est pas sorti en premier. L'autre topographie de répérage s'effectue à la station des taxis en sortie des gares TGV - plus personne ne se hasarde à venir chercher un « PeV » à la gare Saint-Charles de Marseille ou en celle d'Avignon qui n'est pas en Avignon. Là, dans la file, le « PeV » est celui qui tire la tronche ou qui est le plus fermé, le plus gris, le plus revêche de tous. Certains tentent le sourire béat, forcé genre vacances-j'oublie-tout ou ravi du village au choix, mais ça se renifle à cent mètres, plus visible que l'auréole électrique fluo d'une statue de la vierge à Lourdes.

Maintenant qu'il est débarqué, le « PeV », qui a évidemment choisi le Sud, se croit obligé de prendre l'accent assorti, sorte de marqueur de débilité oscillant entre la tirade pagnolesque de la Pomponnette et l'hommage posthume à Charles Pasqua. S'il est accompagné, le Parisien se fera rabrouer par sa moitié, déjà liquéfiée à l'idée de finir au large du Frioul les pieds dans le ciment. S'il est seul, c'est la roue libre, le suicide social. 

Évidemment, le « PeV » a réservé via Airbihancoque - Le Bon Coin c'est pour les ringards de province, et à peine les pieds dans la place, réclame déjà un bargain, un discount, une ristourne, parce qu'il a repéré qu'il n'y avait pas assez de prises pour ses chargeurs. Il est d'ailleurs déjà sur Trip Advisor pour flinguer l'adresse. Celui qui a choisi l'hôtel, si possible un 4* avec piscine, négocie pied-à-pied la gratuité du wifi, inclus dans le prix, mais c'est pour le principe.

Une fois installé, le « PeV » se change pour sortir faire trois courses ou humer l'air des lieux : t-shirt informe, froissé, bardé d'une inscription absconse, short cargo de couleur diarrhée, tongs trop petites. Rien de nouveau depuis 2011 : on ne change pas une formule qui gagne. Variante bourgeoise : la chemise de ville bleue portée par dessus le cargo beige et les mocassins sans chaussettes, voire les docksides. Point commun : le mollet blanc bidet, les lunettes noires et le panama. La Parisienne, déjà mieux préparée, tend à marcher quelques pas en avant ou en arrière, histoire qu'on ne croie pas qu'elle soit avec ce tocard.

Comme il est vacances, le « PeV » se croit obligé, comme un souverain en visite, de goûter aux choses du cru en faisant comme si c'était son régime de tous les jours. En tête : l'apéro. Grand moment de solitude allochtone que le « PeV » vit pourtant comme un adoubement en commandant au pif, une mauresque en reprenant l'accent de Fernandel. Il a aussi acheté le journal local pour s'imprégner et, pourquoi pas, commenter l'actualité ou le carnet noir (très important) avec un voisin de terrasse. Ces « PeV »-là on les voit arriver gros comme la maison d'Inès de la Fressange, plus clignotants qu'un gyrophare d'ambulance du SAMU.

Le « PeV » adore acheter tout ce qui est local - tu savais qu'ici la baguette c'est une ficelle ou vice versa, tandis que la Parisienne s'exaspère que la petite épicerie du village n'ait pas de quinoa ni aucun produit gluten-free. Ben si, y'a la Maizena et la farine de châtaigne. À peine arrivé, le « PeV » s'enquiert des dates et lieux des marchés aux puces, déballages, vide-greniers et autres brocantes. C'est dans la chine que le « PeV » s'épanouit, enchanté de devoir marchander des prix déments pour arracher un truc en bois d'olivier pourri ou une crèche marine de Vallauris kitschissime à un marchand descendu de Paris pour arnaquer les Parisiens en Vacances.

Le « PeV » adore comparer et confronter ses idées parigocentrées, donc universelles, avec celles des autochtones, histoire de bien montrer que franchement, la région n'a rien à envier à la capitale et que, personnellement s'il le pouvait, il viendrait s'installer ici. Tiens, c'est bien vous les plus heureux allez ! Monseigneur est trop bon... Par ces discours, le « PeV » tend aussi à montrer qu'il connaît du monde qui a le bras long. Il oublie juste qu'en région, tout le monde n'est pas retraité ou rentier, qu'il y encore plus de monde qui connaît du monde qui a le bras long. Le piston, coco, le piston. Le « PeV » passera dès lors pour un fumiste ou un couillon.

Le « PeV » est le plus souvent un provincial déraciné revenu se ressourcer. Comprendre que les temps étant ce qu'ils sont, l'attrait économique de la maison de famille pour laquelle il n'a jamais payé une tuile, même à la campagne, même mochetasse, devient un snobisme assumé, revendiqué. Là aussi, le Parisien en vacances se croit obligé de reprendre l'accent du cru, quand il y en a un. Il ne comprend pas pourquoi la salle de bains n'a pas été refaite mais adore ces sanitaires roses posés par la tante Marfise en 1953. Il peste car il n'y a pas de wifi et part frimer avec ses instruments au seul café du coin en espérant que... Là aussi, journal local et conversations du même acabit, augmentée d'une dimension foncière quasi notariale. « Et Machin il a toujours pas vendu ? » « Et Truc, toujours en indivi ? » « Ah bon, y a des termites chez Chose ? » « Sinon, il n'y aurait pas quelque chose à vendre dans les parages, de facile à vivre, avec du charme et un jardin ? » Si : la chapelle au cimetière.

Le « PeV » à la mer est sans cesse à la recherche de la petite crique isolée accessible par un sentier caprin après trois heures de crapahute dans la garrigue ou le maquis. Une fois atteinte, il découvre que la dite-crique est bondée par tous ceux qui y ont débarqué par bateau. C'est ce qui distingue le « PeV » des autres : il n'a pas de bateau. Sinon, la plage, berk, quelle horreur. Trop de monde, de sable, de soleil. Le « PeV » vit dans l'horreur de bronzer. A peine tolère-t-il un léger hâle qui traduira, une fois rentré à Paris, que : 1) il n'est pas parti si longtemps, 2) le bronzage ça fait kakou, 3) avec tout ce qu'il y avait à faire à la maison, j'ai tout juste eu le temps de me baigner deux fois, mais tu sais, moi, même sous un arbre, je bronze... Le tout-ce-qu'il-y-avait-à-faire se résume généralement à changer deux ampoules et le balai-chiottes.

Le « PeV » profite généralement des « VdA » pour se déplacer. Les Voitures des Autres, si commodes et si blablapaschères n'est-ce-pas . Habitué à tout partager, hum, à se servir, le « PeV » en région-chez-lui-où-qu'il-est-né, adore rouler dans de vieilles carlingues qu'il appelle youngtimers, et qui furent neuves en 1979. Assurées au lance-pierres, entretenues au Carambar, elles roulent sur trois roues en polluant un max, mais c'est le cool de l'histoire. Et ça enfonce le clou de son appartenance au terroir, sans se rendre compte que le « PeV » est alors la risée de tout le pays.

Le seul qui l'aime est ici le garagiste qui lui répare son épave avec des épingles à cheveux et des grilles de friteuse SEB.

Le « PeV » est en réalité un touriste qui s'ignore. Ne lui dites pas, cela pourrait le briser. Lui  qui est déjà si fragilisé par cette caniculette de saison, véritable warm-up quant à sa garde-robe estivale. La tong, pas morte. Grrrr

18 avril 2016

Hier c'était la Color Run Paris by Sephora

12917975_1591139064546521_772964361_n

12912343_1089006154453764_1935211675_n

12930834_1776134905948394_1761875002_n

12907167_545631895616557_1633587111_n

18 avril 2016

En mode salopette ! J'adore !

12905204_1663163180603192_105554638_n

Publicité
18 avril 2016

Save the date...

12419138_796536520480073_7064480883931099387_o

18 avril 2016

Michel Polnareff

dc42716f-9f40-4675-ab42-074bbb9e8aed

18 avril 2016

Une Canopée trop commerciale

La Canopée prend l’eau. Le parapluie géant qui coiffe le Forum des Halles, au cœur de Paris, cette vague chaloupée de fer et de lames de verre, grande comme la place des Vosges et lourde comme la tour Eiffel, n’est pas étanche. Nous y sommes allés, au petit matin du 13 avril, pour vérifier. Par chance, il pleut. Pas beaucoup. Et pourtant, en maints endroits, il y a des flaques. L’eau tombe par filets. Un agent de sécurité se marre : « Il faut zigzaguer entre les gouttes. » Un autre : « Ça dépend du vent. » Un troisième : « Il est mal barré, l’architecte. »

L’OBJECTIF EST D’ATTIRER 44 MILLIONS DE VISITEURS, CONTRE 33 MILLIONS AVANT

Les architectes, Patrick Berger et Jacques Anziutti, sont agacés. La Mairie aussi. Ils ont dit au Parisien, le 13 avril, que c’était prévu, cette eau, puisque les lamelles de verre laissent passer l’air. Mais il y a aussi des fuites. Voulue ou pas, une eau qui tombe d’un toit qui a coûté 216 millions d’euros, avec, en prime 450 000 euros d’entretien annuel selon Le Point, ça fait tache. Une de plus.

Elle est mal née, cette canopée. Notre confrère Frédéric Edelmann l’a raconté dans Le Monde daté 3-4 avril. On est loin de la « feuille translucide et légère » annoncée ; plutôt un pudding pesant. Il y a aussi la couleur jaune. Au jeu subtil des comparaisons, on voit qui aime ou pas. Les premiers évoquent le bronze, la pierre de Bourgogne ou le champagne. Les autres, bien plus nombreux, parlent de couleur jaunasse, pisseuse, blafarde, lavasse, évoquent une crème anglaise ou le beurre rance.

Ajoutons la facture globale, du trou au toit, qui a enflé pour atteindre le milliard d’euros. Et enfin cette bourde incroyable : inaugurer un toit alors que le jardin de 4,5 hectares qui se développe devant est en chantier. Ce jardin, il pourrait donner de l’air, de l’ampleur, de la perspective à la canopée, mais il ne sera fini qu’en 2018.

Le projet souffre de sa trivialité

C’est pourtant mieux qu’avant. Pas difficile, et la moindre des choses, disent les mauvaises langues. Avant, on descendait dans un boyau noir par des escalators sinistres pour atteindre un labyrinthe de boutiques et de services, le métro et le RER. Là, avec un grand patio à l’air libre mais sous la Canopée, qui devrait être très animé aux beaux jours, le site n’est plus anxiogène. La circulation des passants est plus fluide avec l’ouverture d’un axe Est-Ouest qui aura de l’allure, en gros du Centre Pompidou à la Bourse du commerce. Attendons un peu, et on dira peut-être que le site est une réussite. Pour l’instant, tout le monde ou presque lui tape dessus. Le plus dur est Oliver Wainwright, qui, dans le Guardian du 6 avril, évoque un fiasco « insipide, institutionnel et tordu ». Surfait et mal fait.

Car ce projet souffre de sa trivialité : il magnifie le centre commercial, le shopping. O.K., la ville a ajouté un conservatoire de musique, un centre de hip-hop, une bibliothèque, mais s’il fallait résumer, on dirait ceci : l’ancien Forum des Halles était un trou noir qui cachait la gare et le commerce ; avec la Canopée, la gare reste cachée, mais le commerce est au grand jour. On est passé de 115 à 150 boutiques, qui plus est ouvertes le dimanche. Une vingtaine ne sont plus au sous-sol, mais au niveau de la rue. L’objectif est d’attirer 44 millions de visiteurs, contre 33 millions avant. Et de monter en gamme. Le site, sur ses ailes, est occupé par deux restaurants, dont l’un est piloté par Alain Ducasse, chef multi-étoilé, qui érige en spécialité le soufflé, et l’autre est dessiné par Philippe Starck.

ON NE FAIT PAS RÊVER AVEC UN TOIT DE CENTRE COMMERCIAL. MAIS C’EST DANS L’AIR DU TEMPS.

Les grandes architectures sont portées par un projet excitant. Le Centre Pompidou conçoit autrement la culture. La Pyramide du Louvre dit qu’un musée est aussi un enjeu politique et économique. On ne fait pas rêver avec un toit de centre commercial. Mais c’est dans l’air du temps. Le 5 mars a été inaugurée une gare sur le site du World Trade Center, à New York, dont l’aspect extérieur s’apparente à une sculpture dingue signée Santiago Calatrava. Mais le New York Times a surtout remarqué que la gare est un centre commercial dominé par la firme Apple.

La conséquence d’un jeu de dupe

La Canopée est la conséquence d’un jeu de dupe similaire, qui s’est joué en 2004. La municipalité de Bertrand Delanoë veut redessiner le Forum des Halles, que tout le monde déteste. Quatre architectes restent en course. Jean Nouvel densifie le site. Rem Koolhaas construit haut (21 pyramides de verre à 30 mètres) et creuse bas. Winy Maas pose une cloche de verre sur le sol et illumine le sous-sol. David Mangin, lui, ne change pas la philosophie du lieu, mais trouve un slogan agréable – « un toit dans un jardin ». La porte-verrière, c’est pour acheter, le jardin pour respirer. C’est lui qui gagne. Logique, il ne réveille pas les cauchemars des Halles. « Un choix tranquillisant », écrit Frédéric Edelmann. Alors que les autres…

Mangin, c’est le choix de l’opinion qui est invitée à voir les quatre projets dans une exposition et même à voter. Le choix des riverains réfractaires à toute audace. Le choix des écologistes qui ne veulent pas de tours, des élus qui ne veulent pas de vagues. Et surtout le choix d’Unibail, l’exploitant du centre commercial, qui s’y retrouve très bien. Bref, une collusion d’intérêts de bric et de broc. Un choix bien de l’époque.

Le New York Times qualifie le projet Mangin de « tragique bas niveau d’ambition ». La ville sait qu’il est terne, et c’est gênant, car « il ne se passait rien à Paris à l’époque, en architecture, confie Jean-Philippe Hugron, qui anime le site Le Courrier de l’architecte. Les Halles, c’était l’espoir. » La ville met alors à la poubelle le toit plat de Mangin et lance un autre concours. Elle rêve d’un « geste architectural », mais sans heurter. « De la créativité et de la douceur », demande Bertrand Delanoë. Le chemin est étroit. Il débouche sur cette Canopée, perchée à 14,5 mètres au-dessus du sol. Qui provoque grogne et hurlements. Comme toujours. Comme quoi, autant choisir l’audace. article de Michel Guerrin - Journaliste au Monde

 

18 avril 2016

Ellen von Unwerth (photographe)

12976390_226459907721632_1359959099_n

18 avril 2016

Le voyage du Pape François dans la Presse

IMG_6380

Publicité