Berlinale
Comment un film de 8 heures a conquis Berlin
— les inrocks (@lesinrocks) 19 Février 2016
https://t.co/rZTVH0WSa1 pic.twitter.com/bm1RNbnXS5
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Les Vingt-Huit tentaient cette nuit de trouver un « accord raisonnable » avec David Cameron, pour persuader les Britanniques de rester dans l’UE. Leur départ n’aurait-il que des inconvénients ?
Les inconvénients L’Europe pèserait moins
Si les Britanniques, auxquels David Cameron a promis un référendum, votaient pour la sortie de l’Union européenne, celle-ci perdrait 64 millions de citoyens. Elle pèserait moins face à la Chine, l’Inde ou l’Amérique. Elle serait privée de son second moteur économique (après l’Allemagne, mais avant la France) et perdrait la City, sa principale place financière. « C’est symbolique, mais il faudrait aussi combler un trou de 4,2 milliards d’euros dans le budget de l’UE » , souligne Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques-Delors.
La fin d’un équilibre
Le départ du Royaume-Uni serait « une sorte d’amputation d’un membre supérieur » , le couple franco-allemand formant « les deux jambes » motrices de l’UE. « Ce ménage à trois est un point d’équilibre » , juge Yves Bertoncini. Paris a tout à redouter d’un tête-à-tête déséquilibré avec une Allemagne toujours plus puissante.
Une moindre influence
Seule l’Union européenne détient deux droits de veto au Conseil de sécurité de l’Onu, un Français, un Britannique. Sans Londres, ses diplomates et son armée, « Paris risquerait de se sentir bien seul pour les questions de défense, ou face à Poutine » , analyse Denis MacShane, ex-ministre travailliste des Affaires européennes .
Les avantages Une Union plus unie
« L’UE a un petit moteur et le Royaume-Uni un gros frein » , disait Jacques Delors, regrettant les efforts britanniques pour saper l’intégration politique. Depuis Margaret Thatcher, Londres s’est toujours opposée à une fiscalité commune et à un budget de l’UE digne de ce nom. Les Européens ont perdu des mois, des années, à négocier des dérogations et des ristournes. « Les Anglais ne veulent jamais d’une réforme qui améliore le sort de l’ensemble des Européens, mais revendiquent ce qui améliore uniquement le leur » ,résume le journaliste néerlandais Joris Luyenddijk.
Une UE moins libérale
Pour Londres, l’UE doit être un grand marché et n’a pas à conduire une politique sociale. En 2011, se souvient l’eurodéputée Élisabeth Morin-Chartier, les Anglais ont retoqué des aides alimentaires « pour 13 millions d’Européens défavorisés, au plus fort de la crise économique » .
Une Union libre
La démarche, si elle aboutit à une sortie, « montrerait que l’UE n’est pas une prison, que l’on peut en sortir , analyse Yves Bertoncini. C’est une clarification » . Article de Christelle GUIBERT.
Des centaines de gilets de sauvetage orange, installés en plein cœur de Berlin, sur les colonnes de la Konzerthaus. C’est le résultat de l’intervention d’Ai Weiwei. Il y a quelques semaines, l’artiste chinois avait recueilli, sur l’île grecque de Lesbos, près de 14 000 de ces gilets ayant appartenu à des réfugiés tentant de rejoindre l’Europe. L’œuvre du Chinois, aussi spectaculaire qu’éphémère, vient contribuer au débat, déjà tendu en Allemagne, sur l’accueil des réfugiés et sur leur dramatique destin lors de leur voyage vers l’Europe. Cette performance du controversé Ai Weiwei s’inscrit également dans le cadre du festival du film de Berlin qui se déroule actuellement dans la capitale allemande.
PHOTOJOURNALISME Un cliché pris en août par l’Australien Warren Richardson à la frontière serbo-hongroise a été plébiscité par les jurés du prestigieux concours…
Intitulée Espoir d’une nouvelle vie, l’image a été immortalisée par le photographe indépendant australien Warren Richardson, dans la nuit du 28 août 2015. Cette photo de réfugiés, un homme et un bébé, sous les fils barbelés de la frontière serbo-hongroise, a remporté le premier prix du prestigieux concours de photojournalisme qu’est le World Press Photo, ce jeudi.
Cette photographie est « puissante, à cause de sa simplicité », a déclaré le président du jury et directeur photo de l’AFP, Francis Kohn : « Nous savions que c’était une image importante. »
« Vous voyez l’anxiété et la tension d’une manière subtile, l’image montre l’émotion et les sentiments d’un père qui essaie de faire passer son fils dans un monde auquel il veut appartenir », a estimé Huang Wen, membre du jury et directeur du développement des nouveaux médias à l’agence Chine nouvelle.
« J’ai utilisé la lumière de la Lune »
« Il était à peu près 3h du matin quand j’ai pris la photo et vous ne pouvez pas utiliser un flash alors que la police essaie de trouver ces gens… j’ai donc utilisé la lumière de la Lune », raconte Warren Richardson. Il a vu arriver un groupe d’environ 200 personnes se déplaçant sous le couvert des arbres, le long de la ligne de barbelés. « Nous avons joué au chat et à la souris avec la police toute la nuit », explique dans le communiqué du World Press Photo le photographe qui a suivi des réfugiés pendant plusieurs jours.
L’image est « incroyablement puissante mais aussi très nuancée (…), ce n’est pas la fin d’un voyage mais la fin d’une étape d’un très long futur », a analysé Vaughn Wallace, d’Al Jazeera.
Cette année de 83.000 images ont été soumises au jury du World Press Photo, par 5.775 photographes de 128 pays. Les dix-huit jurés ont récompensé 41 photographes de 21 nationalités dans sept catégories.