Laurent Fabius présidera le Conseil constitutionnel
Le ministre des Affaires étrangères quittera le Quai d’Orsay pour succéder à Jean-Louis Debré. Une nomination qui annonce un remaniement gouvernemental imminent.
La nomination de Laurent Fabius au Conseil constitutionnel n’est pas une surprise. Le chef de l’État a confirmé, hier, sa décision, évoquée depuis plusieurs semaines, d’installer son ministre des Affaires étrangères à la tête de la prestigieuse institution de la rue Montpensier. Laurent Fabius, qui a confirmé luimême sa nomination à l’issue du Conseil des ministres, succédera début mars à Jean-Louis Debré qui avait été nommé à ce poste en 2007 par Jacques Chirac. « J’ai dirigé la diplomatie française avec fierté et je l’ai servie avec honneur », a-t-il déclaré, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, après avoir été applaudi par les députés de gauche.
Remaniement imminent
Laurent Fabius retrouvera, dans l’atmosphère feutrée du Palais-Royal, l’un de ses rivaux historiques au sein du PS, Lionel Jospin qui y siège depuis janvier 2015. Deux autres nouveaux membres intégreront prochainement le Conseil constitutionnel : Corinne Luquiens, secrétaire générale de l’Assemblée nationale, nommée par Claude Bartolone, et Michel Pinault, conseiller d’État, choisi par Gérard Larcher. Figure de la gauche depuis quatre décennies, Laurent Fabius a été en 1984, à 37 ans, le plus jeune Premier ministre, nommé par François Mitterrand. Il fut également président de l’Assemblée nationale (1988-1992 et 1997-2000). Il n’est en revanche jamais parvenu à réaliser son grand objectif, la présidence de la République. Au Quai d’Orsay, Laurent Fabius peut se targuer d’un succès majeur : la signature d’un accord lors de la conférence sur le climat, la COP21, à Paris, en décembre. Il conservera d’ailleurs ses fonctions de président de la COP21 jusqu’au passage de relais avec le Maroc en fin d’année. Il eut également à traiter le conflit syrien, se présentant comme le plus acharné dénonciateur de Bachar alAssad. Avant de quitter son poste, le futur ex-ministre des Affaires étrangères a du reste réglé quelques comptes, dénonçant hier les « ambiguïtés » des États-Unis dans le dossier syrien. Son départ devrait donner le coup d’envoi du remaniement ministériel annoncé depuis plusieurs jours. Les noms de Ségolène Royal, Élisabeth Guigou ou Jean-Marc Ayrault sont évoqués pour remplacer Laurent Fabius. Jean-Michel Baylet, président du PRG, les écologistes Emmanuelle Cosse ou François de Rugy, pourraient aussi faire leur entrée. La nouvelle équipe pourrait être dévoilée aujourd’hui ou demain.




















