Visa pour l'Image
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— Amandine Ambregni (@AAmbregni) 5 Septembre 2015
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— Myriam El Khomri (@MyriamElKhomri) 6 Septembre 2015
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Voir mon précédent billet du 18 août 2013
En septembre 1915 en plein génocide, Louis Dartige du Fournet arrache des mains des Turcs des Arméniens réfugiés sur le mont Moïse (Turquie). Retour sur ce sauvetage d’exception.
L’histoire
Un siècle que ce héros-là cultive une discrétion à en tomber dans l’oubli. Que sous sa casquette galonnée d’or et dans son cadre en bois du château familial de Saint-Judoce, près de Dinan (Côtes-d’Armor), le vice-amiral Louis Dartige du Fournet cache en réalité l’histoire d’un fabuleux sauvetage. La délivrance de 4 000 Arméniens des mains de l’oppresseur turc. Cet acte de bravoure a lieu il y a tout juste cent ans, en septembre 1915. La Première Guerre mondiale vient d’éclater. Cinq mois plus tôt, l’Empire ottoman a commencé ses terribles persécutions vis-à-vis de ses 2 millions d’Arméniens, pour la plupart chrétiens d’Orient. Et c’est presque un hasard si l’officier de marine breton se trouve mêlé au massacre.« Commandant en chef des flottes alliées en Méditerranée, Louis Dartige du Fournet est à cette périodelà en mission dans les Dardanelles, raconte l’historien Philippe Der Khatchadourian.En longeant la côte syrienne, il aperçoit au loin des villageois réfugiés sur le Musa Dagh, le mont Moïse. » Car, dans ce massif montagneux situé dans l’ancien royaume de PetiteArménie, se cachent depuis un mois 5 600 habitants pourchassés par les Ottomans. Quarante jours durant, leurs vieux fusils parviennent même à résister aux redoutables canons de l’ennemi. Mais la puissance de l’armée a rapidement raison des vaillants combattants qui doivent trouver de l’aide. Et au plus vite.« Ils sont encerclés côté terre. Heureusement, l’un des flancs du mont a un accès à la Méditerranée. Leur salut ne peut donc venir que de là. » Alors, depuis les hauteurs du Musa Dagh, ces Arméniens à bout de forces lancent des messages de détresse aux navires de passage. Comme une bouteille à la mer. Sur deux grands draps blancs qu’ils ont déployés, ils écrivent :« Chrétiens en danger, au secours ! » Les croiseurs du viceamiral Dartige du Fournet vont être de ces bateaux providentiels. Nous sommes alors le 5 septembre 1915.« Une semaine s’écoule avant que ne soit donné l’ordre d’évacuation, précise Philippe Der Khatchadourian.Le commandant attendait en fait les instructions de son état-major : elles ne sont jamais venues. »
Mer providentielle
Et c’est au matin du 12 septembre que l’officier costarmoricain décide, sans l’aval de sa hiérarchie, d’embarquer sur La Foudre, Le Guichen, L’Amiral Charner, Le D’Estrées et Le Desaix les 4 000 réfugiés du Musa Dagh. La délicate opération nécessite deux jours, interminables. Dans la forte houle et sous les coups de canons turcs. Sur des petits radeaux de fortune aussi, qui ne peuvent accueillir d’une quinzaine de personnes à la fois. Port-Saïd, en Égypte, sera la terre d’exil de ces survivants et ce sauvetage d’exception, le seul du génocide arménien et l’une des toutes premières missions humanitaires de l’Histoire. Aujourd’hui, les enfants du héros oublié sont plus de 50 000 à travers le monde. Article de Ludivine LONCLE.