Germaine Tillion aimait le calme de Plouhinec
Elle entre au Panthéon, mercredi . La dame de Plouhinec, comme la nommait Jean Lacouture, avait fait construire une maison tout près de la Petite Mer de Gâvres.
Germaine Tillion entre au Panthéon. La nouvelle est annoncée fin février. Trois jours plus tard, un immense portrait de l’ethnologue, alors étudiante, est accroché au pignon de la mairie, en plein centre-bourg de Plouhinec. Car Germaine Tillion, décédée en 2008 à l’aube de ses 101 ans, avait adopté la commune au début des années 1970.
De toutes les résistances
La dame de Plouhinec, comme la nommait Jean Lacouture, un de ses nombreux visiteurs, avait fait construire une maison à Kerouzine, sur un hectare de terrain bordé par la Petite Mer de Gâvres.« Elle y séjournait six mois par an, d’avril à octobre. Elle cherchait le calme, elle l’a trouvé ici » , rappelle Marie-Christine Bougant, présidente de l’association Maison Germaine Tillion. Plouhinec était devenue sa commune de cœur. Celle-ci le lui rend bien aujourd’hui. Pour indiquer aux jeunes générations, et aux moins jeunes, son engagement sans faille. Tout au long de sa longue vie, Germaine Tillion a été de toutes les résistances. Dans les années 1930, elle va sur le terrain étudier la société berbère, dans les Aurès. En 1940, elle s’engage dans la Résistance. Elle,« d’une famille croyante » , est trahie« par un prêtre » , précise MarieChristine Bougant. Elle est arrêtée et déportée au camp de Ravensbrück, réservé aux femmes. Geneviève de Gaulle-Anthonioz, qui entrera elle aussi au Panthéon mercredi, y est également détenue. Pendant la guerre d’Algérie, Germaine Tillion n’hésite pas un instant et dénonce la torture. Et elle crée« les centres sociaux pour lutter contre la clochardisation des ruraux algériens que la misère a poussés dans les villes » , rappelait récemment dans nos colonnes Augustin Barbara, sociologue, dont Germaine Tillion avait dirigé la thèse sur les mariages mixtes. Adrien Le Formal, le maire de Plouhinec, ne pouvait qu’être sensible à cette fibre sociale. Lui l’éducateur, lui l’ancien directeur de la Sauvegarde 56, lui le mutualiste.« Pour Germaine Tillion, c ’est par l ’éducation que les personnes se réalisent » ,résume-t-il. C’est aussi cette valeur qu’il veut ranimer en honorant l’héritage humaniste légué par la dame de Plouhinec.
Pas de musée
La maison de Kerouzine est aujourd’hui la propriété du Conservatoire du littoral. Sa réhabilitation est en projet mais le financement n’est pas bouclé. Il faudrait 500 000 € pour en faire un lieu de passage, un lieu de message.« Cette maison pourrait être un gîte d’étape du GR 34 qui passe à proximité , imagine Marie-Christine Bougant.À l’étage, elle pourrait être un lieu de débats, de conférences, d’expos. Mais pas un musée. » La pensée et les actes de Germaine Tillion restent vivants. Article de Charles JOSSE.
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