Exposition - Brigitte Bardot à la Galerie de l'Instant
Expo du 26/09 au 18/11/2014
http://www.lagaleriedelinstant.com/photographe/B-B-a40
U-Boot-Reparaturwerft, qu’on peut traduire en français comme « chantier naval de réparation sous-marin », c’est ce qui apparaît sur la carte du site via Google Maps, entre le lycée naval de la base militaire et la rade de Brest ! Le raccourci amène vers le site Wikipedia allemand, qui précise pourtant que « la base a capitulé le 18 septembre 1944 ».
Derrière les dunes de la baie d’Audierne, à Tréguennec (Finistère), se nichent de curieuses installations de béton. L’endroit est nimbé de mystère. Pendant la guerre, c’était un site d’extraction de galets, construit par les Allemands pour les besoins de l’édification du Mur de l’Atlantique…
Une digue, des silos abandonnés, des blockhaus tagués aux accès condamnés… Dans sa sinistre beauté, le site de Prat ar c’hastel (La prairie du château, en breton), interroge plus d’un promeneur, derrière la dune de Tréguennec. Peu d’entre eux le découvrent en ayant lu les maigres explications fournies un peu trop loin, sur la route touristique du Vent solaire. Ce jour-là, deux Normands perplexes ont eu la chance de tomber sur Pierre Pérennou.« Ici, les Allemands prélevaient et concassaient des galets, pour construire le mur de l’Atlantique… », leur a indiqué le fringant nonagénaire. L’un des derniers témoins d’Alain Le Berre, l’historien local qui reconstitue patiemment la mémoire du lieu. Né à Tréguennec, dans une famille pauvre de 14 enfants, Per (Pierre en Breton) a travaillé quelques jours ici, en 1943, à 18 ans. Comme beaucoup de Bigoudens : des lycéens (comme lui), paysans ou marins interdits de littoral.« C’était un moyen de gagner un salaire correct pour aider sa famille. » Ou d’échapper au STO (Service du travail obligatoire) en Allemagne. Cette main-d’œuvre locale non qualifiée« et pas trop zélée », était majoritaire sur le chantier entouré de mines, qui employait aussi des mineurs du Nord et de Pologne, des contremaîtres allemands, belges ou hollandais.« On y a compté jusqu’à 350 ouvriers. Il y avait un turn-over important. Les gens étaient gênés de travailler pour les Allemands », souligne Alain Le Berre. «Même si, ici, les gardiens étaient plutôt débonnaires », juge Pierre Pérennou. Ici, c’était un Lager Todt. Autrement dit un camp de l’organisation de génie civil Todt, du nom de l’ingénieur responsable des ouvrages érigés par les nazis dans les territoires occupés. Notamment des fameuses casemates du Mur de l’Atlantique.« Après avoir construit la base sous-marine de Brest avec des matériaux venus d’Allemagne et des gravières parisiennes, l’organisation Todt avait besoin de toujours plus de sable et de gravier pour son béton. » Elle a vu« une mine d’or » dans le cordon de galets (Ero Vili) qui ourle 12 km de la Baie d’Audierne, entre La Torche et Penhors. Une mine d’or« haute de 8 m, à l’époque, et large de 50 à 100 mètres en certains endroits », précise Alain Le Berre.
« Un bruit infernal »
Contre l’avis de la préfecture, consciente de la fragilité du cordon dunaire depuis 1934, les Allemands ont jeté leur dévolu sur Tréguennec en 1941, pour y bâtir ce chantier d’extraction de galets «unique. » Avec l’humour du pays et le recul de ses 90 ans, Pierre Pérennou compare le lieu à« un village du Far West, avec ses baraques de planches abritant bureaux, dortoirs et ateliers. Il n’y manquait qu’un saloon ! » Des Russes blancs enrôlés dans l’armée allemande occupaient aussi,« mais sans se mêler de son fonctionnement », le site« éclairé de jour comme de nuit. » Un petit train complétait le décor et Tréguennec était sa gare. Une locomotive à vapeur y amenait des wagonnets de petits galets prélevés par un bulldozer à Penhors, dix kilomètres plus haut. Ils étaient déchargés du haut de la haute digue-casemate qui abritait quatre nids de mitrailleuses. Les galets étaient triés à la main avant de quitter la gare de déchargement dans un autre train, trois ou quatre fois par jour, direction Pont-l’Abbé. Puis les différents chantiers du Mur. L’été 43, Pierre Pérennou« s’est écrasé le pouce » en redressant les rails qui sautaient sur la dune instable séparant Penhors de la gare. Fin de l’expérience. Un an plus tard, il entrait dans la Résistance. Mais a eu le temps de voir les concasseurs bâtis en 1943 sur le site pour broyer les plus gros galets. Leurs mâchoires se cassaient souvent mais quand les machines marchaient,« le bruit, infernal, cachait celui de la mer », se souvient l’ancien inspecteur des postes.« Le nuage de poussière était visible à des kilomètres. » « Le chantier n’a pourtant jamais été bombardé par les Alliés, souligne Alain Le Berre.Il a essuyé quelques mitraillages en mai 44 et les derniers Todt l’ont quitté en juillet. » Un million de tonnes de galets y auraient été prélevés en deux ans, faisant reculer de 20 mètres le cordon dunaire. À la Libération, l’énorme stock laissé en plan par les Allemands a servi à la reconstruction du port de commerce de Brest. Le chantier, rebaptisé usine, a ronronné jusqu’en 1948, avant de devenir ce village fantôme d’un Far West breton battu par les vents. Article de Pascale VERGEREAU.
Au fond, que sait-on de cette artiste disparue en 2002 ? Une rétrospective de son œuvre, à Paris, se penche sur la question.
L’aristo belle et rebelle
En venant au monde, à Neuilly, en 1930, Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle, dite Niki de Saint Phalle, a trouvé deux bonnes cartes dans son berceau : la beauté et un nom long comme le bras. Elles auraient pu lui assurer la même vie futile et mondaine que sa mère. Mais cette fille de banquier élevée entre la France et les États-Unis voulait« devenir une héroïne » .Après avoir été mannequin, elle a trouvé sa liberté dans l’art. Et paradoxalement, à travers le mariage, à 19 ans, avec un authentique amoureux des arts. Plus tard, elle le quittera en lui confiant leurs enfants pour se consacrer à son travail. Autodidacte, Niki s’est formé l’œil seule, au fil de ses voyages, pour créer son œuvre singulière, inspirée10.50 6Midi en France12.00 12/1312.55 6Météo à la carte13.50 6Un cas pour deux Série policière14.55 6Questions au gouvernement Débat16.10 6Des chiffres et des lettres16.50 6Harry17.30 6Slam18.10 6Questions pour un champion19.00 19/20 par Picasso, Gaudi, Dubuffet, Pollock, l’univers de l’enfance et des contes de fées. La route de cette artiste peintre, graveur, sculpteur et cinéaste a aussi croisé celle du Suisse Jean Tinguely (1925-1991). Elle l’aristo, lui le prolo revendiqué, formaient un duo artistique et amoureux à la Bonnie and Clyde dans lequel ils s’épataient mutuellement.
L’asile ou la carabine
Pour cette femme qui avoua tardivement l’inceste que lui avait fait subir son père, l’art a aussi été une façon d’échapper à la folie. Elle a brossé ses premières toiles à l’hôpital où elle a été internée à 23 ans.« J’avais, sur le plan psychique, tout ce qu’il faut pour devenir terroriste » , a-t-elle écrit. Elle a sorti le fusil, entre 1961 et 1970… Mais pour des performances filmées. Elle tirait sur des sacs de peinture pour éclabousser des tableaux. Mise en joue symbolique10.35 a6Percy Jackson : La mer des monstres Film d’aventures12.20 6La nouvelle édition14.00 aaa 6Blue Jasmine Comédie dramatique16.05 aaa 6Le monde fantastique d’Oz Film fantastique19.05 6Le grand journal20.10 Canal Champions Club de« la famille, les institutions, les hommes » , confiera-t-elle.
La nana des nanas
Dévorantes, opprimées, libres ou exubérantes, les « Nanas » peuplent l’œuvre de Niki de Saint-Phalle, souvent sous forme de sculptures. À travers elles, elle interrogeait la place de la femme dans la société. La taille, les couleurs éclatantes de certaines ont brouillé la lecture de son travail. Enfantin et joyeux, certes, il l’est. Mais il est aussi infiniment politique et féministe même si elle n’a jamais rejoint de mouvement militant. Niki« refusait le monde des adultes » avec des armes drôlement futées. Article de Pascale VERGEREAU.
Niki de Saint-Phalle. Jusqu’au 2 février, au Grand Palais, à Paris. À lire : Niki de Saint-Phalle, la révolte à l’œuvre , de Catherine Francblin, Hazan, 450 p, 29 €.