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Jours tranquilles à Paris

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15 octobre 2020

'46 & FABULOUS 'UNE NOUVELLE HISTOIRE VISUELLE DE' STEPHANIE VAN BURK & JACK '{NSFW / EXCLUSIVE EDITORIAL}

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L'artiste et mannequin  Stephanie Van Burk  et le photographe  Jack ont fait équipe pour l' éditorial exclusif de NAKID d' aujourd'hui intitulé « 46 And Fabulous ».

«Les femmes sont souvent confrontées à des pressions et à des attentes injustes à propos de leur corps à tout moment de leur vie. Lorsqu'ils vieillissent, ils peuvent penser qu'ils deviennent invisibles aux yeux des autres. Je voulais donc montrer à travers ce tournage que ce qui compte, ce n'est pas la façon dont les autres vous regardent mais bien la façon dont vous vous aimez. Comme tout le monde est beau à sa manière. »

«Cette séance photo a été très stimulante pour moi et m'a aidé à me sentir totalement libre et sûre de moi. J'espère que cela peut aussi donner du pouvoir aux autres. »

Vous ne le devineriez pas, mais Stephanie est un mannequin de plus de 40 ans et une activiste de la positivité corporelle. Originaire de Suisse à l'origine, elle est maintenant basée à

Los Angeles et utilise son travail de nu dans la photographie et l'art pour présenter son message, parfois avec des collaborateurs tels que Jack. Elle a lancé une page Patreon pour présenter cela et permettre aux gens d'explorer ce message.

Le photographe étonnant est Jack Hauser , qui est un photographe de portrait et de boudoir publié dans le sud de la Californie.

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15 octobre 2020

20 millions de Français touchés par le couvre-feu

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Couvre-feu en Ile-de-France et dans huit métropoles, la Bretagne épargnée, des déplacements sans restrictions, notamment pour les vacances de la Toussaint, voici ce qu’il faut retenir de l’intervention d’Emmanuel Macron.

1 Couvre-feu en Ile-de-France et dans huit métropoles

Emmanuel Macron a annoncé, mercredi soir, qu’un couvre-feu entre 21 h et 6 h serait mis en place à partir de samedi, pour au moins quatre semaines, en Ile-de-France et dans huit autres métropoles afin d’endiguer l’épidémie de covid-19. Les métropoles de Lille, Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Toulouse et Saint-Étienne sont également concernées par cette mesure que le chef de l’État entend étendre jusqu’au 1er décembre, si le Parlement l’autorise. Le couvre-feu concerne environ 20 millions de personnes. La Bretagne n’est pas concernée, notamment l’agglomération rennaise.

« Le couvre-feu durera quatre semaines et nous irons devant le Parlement pour le prolonger jusqu’au 1er décembre. Six semaines, c’est le temps qui nous paraît utile », a-t-il estimé. « L’objectif, c’est de pouvoir continuer à avoir une vie économique, à ce que les écoles, les lycées, les universités soient ouvertes, à ce que nos concitoyens puissent travailler tout à fait normalement et à ce qu’il puisse y avoir une vie sociale mais en réduire les aspérités », a-t-il expliqué.

Des « autorisations » seront nécessaires pour « rentrer du travail après 21 h ou pour le travail de nuit », a détaillé Emmanuel Macron, en précisant que des « amendes » seraient délivrées en cas de non-respect du couvre-feu. « Nous allons continuer à travailler. Évidemment, pour toutes celles et ceux qui rentrent du travail à 21 h ou qui travaillent de nuit, il y aura une autorisation. Toutes celles et ceux qui ont des urgences, par exemple sanitaires, il y aura des autorisations », a poursuivi le chef de l’État. « Il y aura des amendes de 135 euros (…) en cas de récidive, ce sera 1 500 euros », a-t-il ajouté.

Face à une situation épidémique qu’il juge « préoccupante », Emmanuel Macron, égrainant les derniers chiffres d’entrées en réanimation ou d’hospitalisations, a appelé les Français à « réagir » car « le virus est partout en France ». « Nous sommes dans une situation qui est préoccupante et qui justifie que nous ne soyons ni inactifs, ni dans la panique », a-t-il ajouté.

2 Pas de restriction pour les vacances

Emmanuel Macron a affirmé que les restrictions n’empêcheront pas les Français de partir en vacances à la Toussaint, mais il faudra qu’ils respectent les règles pour ne pas propager le virus. « Demander aux gens de rester confinés dans un appartement et de ne pas aller dans un lieu de vacances, ce serait disproportionné », a déclaré le Président lors de son interview télévisée, appelant les Français à respecter « les règles comme s’ils étaient chez eux » lors de leurs déplacements. « Nous en avons jusqu’à l’été 2021 au moins avec ce virus, tous les scientifiques sont clairs », a-t-il aussi prévenu.

3 Les rassemblements privés limités

Le chef de l’État a demandé aux Français de ne pas « être plus de six à table » dans les réunions privées, afin de freiner la deuxième vague de l’épidémie. Comme dans les restaurants, « cette règle de six au maximum pour notre vie personnelle, il faut le faire », a-t-il préconisé, en recommandant aussi de « mettre au maximum le masque, y compris en famille ou entre amis ».

4 Le télétravail

« deux à trois jours par semaine »

Emmanuel Macron a préconisé « deux à trois jours de télétravail par semaine » dans les entreprises où cela est possible, pour « réduire un peu la pression collective ». « Il faut que ce soit aussi négocié dans les branches et au plus près dans l’entreprise », a souligné le chef de l’État, tout en relevant qu’on « a besoin d’échanger avec les collègues de travail ».

5 Des aides supplémentaires

Le Président a promis des aides supplémentaires aux secteurs économiques qui seront affectés par le couvre-feu, comme la restauration, les théâtres, les cinémas et l’événementiel. « Nous aurons des dispositifs de soutien supplémentaires », a déclaré Emmanuel Macron, mentionnant le chômage partiel et le fonds de solidarité, récemment élargi. Par ailleurs, les bénéficiaires du RSA et des allocations logement auront « une aide exceptionnelle, pendant les six semaines qui viennent, de 150 euros plus 100 euros par enfant », a annoncé le chef de l’État. « Ce qui permettra d’aller entre 100 et 450 euros, ce qui est plus qu’une revalorisation. »

6 Une nouvelle application

Une nouvelle version de StopCovid, l’application de traçage des malades du coronavirus, sera lancée le 22 octobre sous le nom de « Tous anti-Covid », après l’échec de sa première mouture.

15 octobre 2020

Vu sur internet

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15 octobre 2020

Fini de rire. Emmanuel Macron, qui s'était drapé

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Fini de rire. Emmanuel Macron, qui s'était drapé en chef de guerre pendant le confinement, renoue avec le vocabulaire guerrier. Ce mercredi, il a donc annoncé la mise en place à partir de samedi d'un couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin en Ile-de-France et dans huit métropoles en zones d'alerte maximale, et ce, pour une durée d'au moins un mois. Le chef de l'État, qui, il y a encore quelques semaines, expliquait volontiers qu'il fallait s'habituer à vivre avec le virus et ne souhaitait pas imposer de nouvelles contraintes, s'est donc ravisé. Il est vrai que depuis, la deuxième vague du Covid flambe. Les appels à la vigilance de Jean Castex n'ont guère eu d'effets, les comportements en matière de précaution et de gestes barrière se sont visiblement relâchés. Alors, à la veille des vacances de la Toussaint, avant que les services de réanimation ne soient saturés, le président a voulu frapper fort. Il a justifié la nécessité de ce tour de vis supplémentaire pour éviter le pire, un nouveau confinement général. A-t-il convaincu ? Cela reste à démontrer... le Parisien

14 octobre 2020

Emmanuel Macron et le Coronavirus

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14 octobre 2020

Le Salon de l’agriculture de Paris annulé en 2021

L’édition 2021 du Salon de l’agriculture, qui devait se tenir à Paris, du 27 février au 7 mars, est annulée dans sa forme actuelle en raison de l’épidémie de covid-19, mais le concours général des produits agricoles sera maintenu, ont indiqué, mardi, les organisateurs. « Il est de notre responsabilité (…) de dire le plus en amont possible notre décision, qui est de reporter à l’année suivante le salon de l’Agriculture, tout en maintenant à Paris et dans différentes villes des événements dont les agriculteurs ont besoin », a déclaré Jean-Luc Poullain, le directeur du Centre national des concours et expositions agricoles, propriétaire du salon.

14 octobre 2020

'BE CRAZY & STAY HOME' UNE NOUVELLE HISTOIRE VISUELLE DE 'MARCIN WOLINSKI' {NSFW / EXCLUSIVE EDITORIAL}

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Le photographe MARCIN WOLINSKI  et la mannequin  Elena Cojoianu se sont  associés pour l' éditorial exclusif du film NAKID d' aujourd'hui intitulé « Be Crazy & Stay Home ».

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14 octobre 2020

En se lançant dans la 5G, Apple espère bondir « dans une nouvelle ère »

Par Vincent Fagot - Le Monde

Le constructeur californien n’est pas le premier à proposer des smartphones compatibles avec la nouvelle technologie de téléphonie mobile mais, avec sa clientèle premium, il pourrait être celui qui accélérera son adoption.

Il n’y a pas que les aficionados d’Apple qui trépignaient à l’approche de la présentation, mardi 13 octobre, de la dernière génération de smartphones de la marque à la pomme. Les analystes semblaient saisis d’une même impatience et pas seulement parce que l’événement avait dû être reporté en raison du retard pris sur les chaînes de production en Asie. « Ce lancement est le plus important pour Apple depuis des années », estimait dans une note Katy Huberty, de Morgan Stanley.

Le résultat semble à la hauteur des attentes. La firme californienne bascule enfin, comme attendu, dans l’ère de la 5G, la nouvelle génération de téléphonie mobile, qui commence à être déployée.

Apple n’est pas le premier constructeur à proposer cette fonctionnalité mais, avec sa clientèle premium, il pourrait être celui qui en accélérera le plus l’adoption. Pour le patron de la société, Tim Cook, cette nouvelle génération fait entrer « les iPhone dans une nouvelle ère », avec quatre iPhone 12 parés pour la 5G.

Plus généralement, Apple a démontré ce mardi une capacité d’innovations dont il n’avait plus fait preuve depuis longtemps : une puce censée être plus rapide, l’utilisation de nouveaux matériaux pour donner plus de solidité à l’écran, des solutions de recharge inédites, des performances améliorées sur l’image…

Concurrence accrue

Le groupe a aussi profité de cet événement pour présenter une nouvelle version de ses enceintes connectées, les HomePods, déclinées en version mini. L’occasion de réaffirmer ses ambitions dans le monde du son (même si l’on attendait la présentation d’un nouveau casque à arceau).

L’essentiel pour la firme de Cupertino était de réussir le lancement de sa dernière génération de smartphones. Même si la société engrange de plus en plus d’argent grâce à la commercialisation de ses services (magasin d’applications, service de streaming musical et vidéo, etc.), et si elle a rencontré le succès avec ses oreillettes AirPods, la vente de smartphones représente encore, et de très loin, sa première source de revenus : un peu moins de 55 % sur l’année 2019. Or sur ce même exercice les ventes de smartphones ont rapporté 14 % de moins que l’année précédente.

La faute à une concurrence accrue, notamment des constructeurs chinois, qui ont proposé des produits de plus en plus haut de gamme. A commencer par Huawei dont les parts de marché ont doublé en deux ans pour passer de 11 % à 20 % – contre seulement 14 % pour Apple – selon les chiffres du mois d’août du cabinet Counterpoint.

Mais avec ses innovations, et un contexte international défavorable au géant de Shenzhen, ciblé par des sanctions américaines, Apple pourrait rebondir. Counterpoint pense que la marque à la pomme pourrait finir 2020 avec des ventes en hausse de 4 % dans un marché qui pourrait se contracter de 10 %, Covid-19 oblige. Surtout certains analystes anticipent une forte reprise du marché en 2021, avec une croissance à deux chiffres. Pour le cabinet Digitimes, Apple serait l’un des grands gagnants du secteur, en reprenant la place de numéro deux mondial aux dépens d’un Huawei rejeté au septième rang. Même optimisme chez Katy Huberty, qui anticipe une hausse d’au moins 22 % des ventes des smartphones d’Apple sur l’année fiscale à cheval sur 2020 et 2021.

Attirer de nouveaux consommateurs

D’autres analystes sont plus méfiants, notamment sur la capacité d’un produit 5G à convaincre les consommateurs à renouveler leur smartphone alors que les réseaux commencent à peine à être déployés.

D’autres soulignent que les tensions entre Washington et Pékin pourraient pénaliser Apple sur le marché chinois qui pèse pour un sixième de ses revenus. Si, dans le cadre des restrictions imposées par l’administration Trump, Apple ne pouvait plus proposer dans son magasin d’applications des logiciels tels que WeChat, son attractivité sur ce territoire serait très réduite.

Dernier point de vigilance : Apple semble engagé dans une démarche pour élargir son offre à des produits de milieu de gamme alors que son succès s’est fondé ces dernières années sur une augmentation régulière du prix moyen de ses produits. La marque ne profite même pas du passage à la 5G pour gonfler ses tarifs, alors que le surcoût à la production est avéré.

Surtout elle continue à travailler sur des prix attractifs pour attirer de nouveaux consommateurs. Seulement 99 euros par exemple pour ses nouveaux HomePods contre 329 euros pour le modèle « classique ». Mais pour Francisco Jeronimo du cabinet IDC, la démarche est parfaitement cohérente : à l’heure où Apple accélère sur les services, pourquoi ne pas permettre au plus grand nombre d’acquérir les appareils qui y donnent accès.

14 octobre 2020

Coronavirus et politique

covid et tourisme

14 octobre 2020

Pour les ultraroyalistes thaïlandais, c’est la monarchie ou le chaos

Par Bruno Philip, Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est - Le Monde

Alors que le roi Rama X est critiqué par les ténors d’une « fronde » étudiante contre le gouvernement, les milieux royalistes se posent en défense de l’institution

« La monarchie est la clé de voûte de notre système : supprimez-la et c’est la guerre civile ! », Warong Dechgitvigrom, 59 ans, gynécologue en retraite et ancien député, ne ressemble pas à la caricature de ces « ultras » qui, en cette période de fronde étudiante contre le gouvernement, incarnent le jusqu’au-boutisme de certains farouches partisans du roi Vajiralongkorn de Thaïlande. Tel l’ex-chef de l’armée, le général Apirat Kongsompong, qui a récemment qualifié les prises de positions des adversaires de l’oligarchie militaro-royaliste de « maladies plus difficiles à soigner que le Covid-19 »…

M. Warong, fondateur du tout nouveau groupe de défense de la monarchie « Thai Pakdee » (les « Thaïlandais loyaux »), est cependant de ceux qui pensent que le souverain de Thaïlande doit rester une personnalité intouchable. Et que l’antique institution incarnée par ce dernier est le garant du meilleur des mondes possibles dans l’ex-royaume de Siam.

« Discours ambigu »

« Nous sommes un pays où règne la corruption, notamment chez les politiciens : il nous faut une instance, située au plus haut sommet, qui permette de contrebalancer ces dérives, et cette instance c’est la monarchie », explique M. Warong dans le salon de son grand appartement d’un quartier résidentiel de Bangkok. S’il considère que son pays ne doit pas renoncer aux acquis de l’influence occidentale, il y a un mot qu’il ne peut souffrir d’entendre : celui de « république », système que certains appellent ici de leurs vœux comme l’a prouvé le succès du hashtag #RepublicofThailand, partagé 740 000 fois en une demi-journée fin septembre après que sénateurs et députés conservateurs ont refusé de voter au parlement en faveur d’un projet d’amendement constitutionnel.

Pour le président fondateur de « Thai Pakdee », il y a désormais péril en la demeure : alors que les manifestations se sont multipliées ces derniers mois autour du palais royal de Bangkok, les étudiants ont osé demander que le roi renonce à certains de ses pouvoirs et se cantonne dans son rôle théorique de monarque constitutionnel.

Mais si ces derniers affirment souhaiter la survie de l’institution, tout en désirant qu’elle se démocratise, Warong n’y croit pas : « Ils tiennent un discours ambigu : si on l’interprète, il est clair qu’ils sont en faveur d’un système républicain. » Il insiste ainsi sur la nécessité de « faire obstacle aux Chung Chart » − ceux qui « haïssent la nation » et, par extension, le roi. Ce serait le cas, selon lui, de l’une des personnalités les plus populaires de l’opposition, le quadragénaire Thanathorn Juangroongruangkit, dont le Parti du nouvel avenir est arrivé en troisième position aux législatives de mars 2019. « Thanatorn est lui aussi un républicain », accuse Warong.

La dissolution de ce parti, en février, par la cour constitutionnelle a mis le feu aux poudres : ses partisans et les adversaires de l’actuel gouvernement du premier ministre Prayuth Chan-ocha, un ancien général putschiste, ont affirmé que la décision de la cour, qui a accusé l’organisation de M. Thanatorn de violation de la loi électorale, était une façon pour l’establishment de se débarrasser d’un adversaire gênant. L’épisode a nourri l’exaspération d’une partie de la jeunesse urbaine.

Personnalité clivante

Les exigences des ténors étudiants les plus radicaux auraient encore été impensables il y a quelques mois dans un royaume où le souverain est protégé par une sévère loi de lèse-majesté : les meneurs du mouvement ont proposé une « réforme en dix points » consistant à proposer au roi Vajiralongkorn, 68 ans − Rama X, son nom dynastique –, de « gracieusement » abandonner certains des pouvoirs qu’il s’est arrogés – notamment le contrôle d’unités de l’armée –, accepter de laisser le ministère des finances reprendre le contrôle des biens de la Couronne (une trentaine de milliards de dollars) et faire abolir la loi de lèse-majesté.

Chez ses sujets, Rama X ne fait pas l’unanimité. Rien à voir avec son père, le roi Bhumibol, disparu en 2016, adulé par l’écrasante majorité des Thaïlandais. Vivant la plupart du temps en Allemagne, y compris depuis le début de la pandémie de Covid-19, c’est une personnalité clivante, autrefois qualifié par sa mère, l’ancienne reine Sirikit, de « play-boy ». Ses absences régulières du royaume n’ont rien arrangé et ses démêlés avec une « concubine royale », qu’il avait répudiée l’année dernière avec fracas avant de la réinstaller publiquement à ses côtés en septembre, ont fait jaser…

L’institution monarchique fut critiquée durant les grands mouvements politiques des années 1970 par des gauchistes rêvant de la remplacer par une « république populaire ». Mais si les critiques émises aujourd’hui à son encontre sont moins extrêmes, elles pourraient être potentiellement plus inquiétantes pour les défenseurs farouches de l’institution : les exigences de réformes sont le fait de jeunes hommes et de jeunes filles qui n’ont pas le couteau entre les dents et ne brandissent pas des drapeaux rouges. Dans un monde globalisé, ils jugent simplement la monarchie thaïlandaise « archaïque » et ne supportent plus l’alliance du palais et de l’armée. Ils veulent que le roi soit à sa place, dans le cadre d’une constitution démocratique.

« Diluer le pouvoir »

Le roi précédent, Rama IX, avait, durant un règne interminable de soixante-dix ans, consolidé son pouvoir de monarque censément constitutionnel dans les milieux militaires et des affaires en s’appuyant sur des réseaux d’influence. Ces derniers ne sont peut-être plus si unis ou si solides qu’ils ne l’étaient avant l’accession au trône de l’actuel souverain. L’analyste Shawn Crispin, directeur du site Asia Times, évoquait récemment le fait que certaines factions royalistes, marginalisées ou écartées par le roi après la mort de son prédécesseur, verraient un « intérêt à diluer le pouvoir » de Rama X. Des meneurs étudiants lui auraient même confié que le mouvement dispose de « certains soutiens » dans les milieux royalistes.

Une hypothèse que le journaliste thaïlandais Pravit Rojanaphruk, connu pour ses prises de positions pro-démocratie et anti-armée, confirme à sa manière : « Parce que la popularité de l’actuel roi est incomparable avec celle de son père, un certain nombre de royalistes refusent de prendre parti. » Le monarchiste invétéré Warong s’en sort quant à lui par une pirouette quand l’on évoque devant lui la question de la popularité du roi : « Ce qui compte, c’est l’institution, pas forcément le personnage… »

En dépit des provocations estudiantines, la monarchie reste une institution révérée par la majorité des Thaïlandais. Rama X n’est pas une personnalité clivante pour tout le monde : « Je comprends les revendications étudiantes mais c’est bien d’avoir un roi déterminé, un roi qui s’engage aux côtés de l’armée ! », juge Ratanaporn Dhammakoda, 65 ans, professeure et elle-même ancienne étudiante « frondeuse » des années 1970.

« Je pense que la monarchie doit être réformée », ajoute son collègue Prayoon Akaraborworn, 68 ans, également ex-activiste étudiant du siècle dernier. Se présentant lui aussi comme monarchiste, il choisit une sorte d’ellipse narrative pour exprimer son point de vue : « L’essentiel est que le roi se conforme aux vertus traditionnelles que l’on attend d’un souverain thaïlandais. » Comprenne qui voudra.

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