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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mercredi 30 août 2017

« La Chine préférerait un voisin plus calme, mais la crise l’arrange »

Entretien : Philippe Le Corre, chercheur à la Harvard Kennedy School.

Encore un tir nord-coréen, encore une provocation…

C’est le 80e tir de missile depuis la mort de Kim Jong-il (en 2011), le père de Kim Jong-un. La situation devient extrêmement dangereuse. On n’est pas sûr du degré de technicité des militaires nord-coréens. On n’est également pas à l’abri d’un accident sur une ville d’Hokkaido.

La Chine a obtenu l’arme nucléaire contre la volonté des États-Unis (1964). Considère-t-elle normal que son voisin l’obtienne ?

Elle n’y est pas favorable. Il y a certes un aspect « pays vassal », mais le côté irresponsable et hors de contrôle de Kim, pour rester au pouvoir, n’est pas une bonne chose pour la Chine. D’un autre côté, elle ne veut pas non plus d’une péninsule coréenne réunifiée.

Pékin peut-elle faire plier Kim Jong-un, seule ?

Les Chinois ne cessent de répéter qu’ils n’ont pas un impact aussi fort que l’on croit, sur les décisions de Pyongyang. C’est la grande interrogation. Est-ce que Kim Jong-un écoute vraiment ce que dit Pékin ? Il n’a jamais rencontré Xi Jinping. Il a rencontré une fois un membre du comité permanent du bureau politique chinois. Kim Jong-un fera tout pour amener les États-Unis à négocier. Le problème nucléaire nord-coréen ne s’arrêtera pas. On va vivre avec cette menace.

Pékin a pourtant accepté d’appliquer 100 % des sanctions des Nations unies…

La Chine détient la clé de l’essoufflement du régime nord-coréen. Elle a la possibilité de décider de fermer sa frontière. Mais trois millions de Chinois d’ethnie coréenne vivent du commerce avec la Corée. Si tout cela s’arrête brutalement, ils protesteront. La Chine ne veut pas de troubles sociaux avant le 19e congrès du Parti, en octobre.

Quel intérêt pour la Chine de suivre les résolutions internationales ?

La grande négociation entre Washington et Pékin a lieu en parallèle. Si la Chine n’utilise pas son veto au Conseil de sécurité des Nations unies, cela veut dire qu’elle juge que les États-Unis doivent faire un geste : comme ne pas imposer de sanctions économiques contre les produits chinois sur le sol américain. Cette crise arrange bien les Chinois, ils en tirent parti. Elle leur permet de faire levier sur d’autres sujets, dont le différend militaire en mer de Chine du Sud.

Recueilli par Christelle GUIBERT.

chine etetas unis corée

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Fête de l'Humanité - save the date

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Un chien à l'Elysée...

chien macron

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David LaChapelle : Le livre sortira cet automne

david delachapelle

L’ar­tiste améri­cain de 54 ans, connu notam­ment pour ses créa­tions surréa­listes, sortira en décembre prochain Lost + Found, un livre retraçant sa carrière du New York des années 1980 à aujourd’­hui. Il inclura, comme l’ex­plique Enter­tain­ment Tonight, 150 clichés de stars rencon­trées au fil des années. Et quoi de mieux pour illus­trer le travail d’une vie que de mettre en couver­ture une icône popu­laire dans le plus simple appa­reil ? Rien, évidem­ment.

Mais devant l'objectif du génial David LaChapelle, poser en tenue d'Eve devient de l'art. Pour la couverture de son nouveau recueil de photographies qui sera publié aux éditions Taschen à l'automne prochain, Miley Cyrus apparaît en papillon emprisonné au milieu des branches de cerisier, Venus de Botticelli moderne aux couleurs flashy. De nombreuses stars feront partie de l'album de 278 pages dont les regrettés David Bowie, Whitney Houston ou Amy Winehouse mais aussi Hillary Clinton et la famille Jenner-Kardashian.

http://davidlachapelle.com/books/lost-and-found_1/

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Kate Moss

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mardi 29 août 2017

Fétichisme - vu sur internet

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Emily Ratajkowsli

emily566

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Le casse-tête de la propreté à Paris

Par Patricia Jolly

Anne Hidalgo a fait voter par le Conseil de Paris un nouveau plan en mars. Le troisième depuis 2014, ironisent ses opposants.

Pressé de se soulager, un husky remorque son maître, mal réveillé, qui s’apprête à jeter un mégot. Un sans-abri émerge d’un amas de cartons pour s’offrir une toilette de chat à la faveur d’une averse. Un rat trotte menu, se repaît de reliefs de pique-nique abandonnés près de corbeilles publiques. Le pavé est jonché de capsules de bouteilles, et l’air charrie des relents d’urine. Il est 5 h 30, fin août, et les agents de la propreté de Paris sont déjà à l’œuvre sur les quais bas de la Seine.

Un dépotoir à ciel ouvert, la capitale ? Si elle traîne cette fâcheuse réputation, ce n’est pas faute de déployer de sérieux efforts pour laver cet affront. Quitte à balayer entre les pieds des passants, débarrasser à toute heure les rues de monceaux de mégots et objets les plus invraisemblables abandonnés sur le trottoir, verbaliser les incivilités. Et recommencer sans cesse. Car la propreté de Paris est un casse-tête. « Avec plus de 21 000 habitants au km2, c’est l’une des grandes villes les plus denses au monde, avance Thomas Deschamps, responsable de l’observation statistique à l’Office du tourisme et des congrès de Paris (OTCP). Elle reçoit en plus 1,2 million de visiteurs par jour [et 32 millions de touristes par an] qui ont à la fois un impact sur la propreté et de fortes attentes en la matière, car Paris est une véritable marque. »

D’ailleurs, selon un sondage mené en février par le Comité du tourisme Paris-Ile de France en partenariat avec Atout France et l’OTCP, auprès de 7 000 touristes de douze nationalités différentes, seuls 8 % considèrent que la saleté est une « raison très importante » de ne pas revenir à Paris, très loin derrière la crainte des attentats. Et selon l’Hôtel de Ville, les plaintes des riverains liées à ce propos ont baissé de 57 % entre 2014 (4 299) et 2016 (1 853).

Le sujet est en tout cas crucial pour Anne Hidalgo, qui souhaite conserver l’Hôtel de Ville en 2020. Le 27 mars, la maire socialiste a fait voter par le Conseil de Paris un nouveau plan de propreté – le troisième depuis mars 2014, ironisent ses opposants. Il prévoit, d’ici la fin de l’année, un renfort de 100 agents de nettoyage pour les 5 041 déjà en poste, et 22 millions d’euros d’investissements pour rénover un parc d’engins vieillissant et le faire passer du tout-diesel à l’électrique et au gaz naturel. Une dotation de 1,5 million d’euros a aussi été débloquée pour lutter contre la prolifération des rats. Enfin, les horaires de service des éboueurs ont été étendus jusqu’à 23 h 30 dans les quartiers touristiques ou animés du 15 juin au 15 septembre.

Service quotidien et gratuit

« La souillure a gagné du terrain avec les nouveaux usages de l’espace public, explique Mao Péninou, adjoint La République en marche (LRM) en charge de la propreté à la Mairie de Paris. Les grandes places, les quais, les espaces verts sont devenus plus fréquentés. On y pique-nique ou on y prend l’apéritif à toute heure du jour ou de la nuit. L’interdiction de fumer dans les lieux publics a également changé les habitudes, et tous les bars ou entreprises n’équipent pas leur pas-de-porte de cendriers. On balaie tous les jours et on lave au moins une fois par semaine. On réfléchit à de nouveaux horaires, on teste de nouveaux engins moins polluants et plus silencieux. Bref, on essaie de déployer les moyens aux bons endroits. »

Le 20e arrondissement n’est pas touristique, mais constitue néanmoins un point névralgique. Une équipe du matin prend son service, à l’aube, à l’« atelier-engins » de la rue du Télégraphe. Entre chuchotements et poignées de main, les hommes en combinaisons vertes et gilets jaunes s’installent aux commandes de véhicules de nettoyage et de transport d’encombrants garés au chausse-pied dans une cour minuscule. Il faut nettoyer tous les grands axes du secteur avant 8 heures, et l’ouvrage ne manque pas.

Canapés, matelas, bidets, baignoires, skis, valises, meubles, portes vitrées, radiateurs en fonte, barrières de chantier, piano ou coffre-fort semblent avoir nuitamment colonisé les trottoirs. « Les encombrants, c’est sept jours sur sept, explique Patrice Desbarres, responsable du service propreté pour l’arrondissement. On est un peu débordés par leur volume et par le fait que les gens ne prennent pas rendez-vous pour ces enlèvements. »

Quand les Parisiens qui bénéficient de ce service quotidien et gratuit ont daigné le faire, sur l’application mobile Dans Ma Rue ou par un simple appel au 3975, ils feignent souvent d’ignorer que chaque dépôt individuel ne doit pas excéder 2 mètres cubes. « Nos petits camions se retrouvent souvent remplis sur un seul point de passage, ce qui nuit à notre efficacité », regrette Sébastien Ocquidant, chef d’équipe. Ce matin-là, dix-huit cargaisons seront acheminées vers la Porte des Lilas, et livrées aux puissantes mâchoires d’acier d’un camion-benne.

Petites places, renfoncements ou abords des gros ensembles immobiliers sont autant de lieux qui attirent les dépôts sauvages, et qu’il faut débarrasser chaque jour, même après la tournée des « rendez-vous ». « Les entreprises abandonnent régulièrement des dizaines de sacs de gravats de chantiers dont elles facturent pourtant l’évacuation à leurs clients, poursuit M. Ocquidant. On est obligés de les embarquer aussi, comme les débris laissés par les glaneurs qui nous devancent pour récupérer l’électronique et les métaux sur l’électroménager… » Il relativise pourtant : « Il y a vingt ans, c’était 80 % de dépôts sauvages, contre 30 % aujourd’hui, et les gens jetaient leurs sacs-poubelles par la fenêtre en entendant arriver la benne. »

« Je paie mes impôts »

La collecte ordures ménagères, c’est la mission de Cyrille Floirac, 43 ans, dans le 14e arrondissement. Au volant d’un camion-benne de 22 m³, il surveille, grâce à un écran de bord relié à une caméra, ses deux collègues rippeurs juchés sur les marchepieds arrière. Il faut boucler en deux heures et demie une tournée de 8 km, avant d’aller « vider » à l’incinérateur d’Ivry, pour en attaquer une deuxième.

Ancien rippeur, Cyrille sait le stress que génèrent les deux roues qui tentent de passer en force pendant que ses collègues sont en action, ou les automobilistes fulminant derrière le signal clignotant orange « Collecte, patience ». « Les riverains aiment que leur ville soit propre, mais nos horaires ne leur conviennent pas, philosophe-t-il. Le matin, ils sont pressés, et le soir, ils ne veulent pas de bruit. »

Sébastien Thibault, 36 ans, éboueur depuis 2001, vide de pesants bacs verts dans la benne et insère des sacs-poubelles neufs dans les corbeilles publiques, le matin, et « balaie des cantons » (rues) l’après-midi. « Les deux sont durs, sourit-il. On se fait régulièrement insulter et klaxonner. Et si on ose une remarque, on s’entend invariablement répondre : “je paie mes impôts”. »

Pour désamorcer ces situations, ces agents du service public sont formés à la gestion des conflits et sommés de ne jamais renchérir. Mais le ton monte parfois. L’un d’entre eux a récemment été gratifié d’un « coup de boule » par un barman des Champs-Elysées pressé d’installer sa terrasse. Eu égard à sa forte fréquentation, la « plus belle avenue du monde » fait l’objet presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre de soins intensifs visiblement pas toujours appréciés.

Cyrille descend aider ses collègues quand des glaneurs ont sorti des bacs verts les sacs-poubelles pour les éventrer et les fouiller. « On ramasse tout, même les vêtements ou ce qui relève de la collecte des encombrants, sinon ça pourrirait là », dit-il.

Les relations avec les préposés aux poubelles pour le compte des riverains sont complexes. « Il y a de moins en moins de gardiens d’immeubles professionnels, déplore Cyrille. Des sociétés d’entretien ont pris le relais et surchargent leurs intérimaires qui arrivent parfois après notre passage. Résultat, les bacs pleins restent dans la rue jusqu’au lendemain et d’autres gens déposent un peu de tout à côté. » Lorsque ces anomalies, qui peuvent aboutir à une amende, se reproduisent, les responsables de la division propreté de l’arrondissement tentent d’abord d’y remédier en sensibilisant les syndics d’immeubles et en vérifiant que chaque bâtiment est dûment équipé en bacs en fonction du nombre d’habitants.

Même lorsque c’est le cas, le principe du tri sélectif n’est pas toujours respecté. Le verre, qui fait l’objet d’une collecte particulière effectuée par un opérateur privé, atterrit régulièrement dans les bacs verts pour déchets ménagers. Les bacs jaunes réservés aux recyclables sont invariablement souillés par… des déchets ménagers. Et, les commerçants ignorent encore superbement les bacs bleus dévolus aux déchets alimentaires mis à leur disposition sur les marchés.

Surcharge

Le réflexe de se rendre dans un des huit « espaces-tri » intra-muros de la capitale n’est pas non plus acquis, si l’on en croit l’activité ralentie de la déchetterie Fabert située sous la dalle des Invalides. « C’est les vacances, tempère Sam Leriche, chef de la division des 7e et 8e arrondissements, mais il est vrai que tout le monde n’a pas intégré le fait qu’on ne met plus tout dans la poubelle comme dans les années 1990. Les usagers semblent encore sous-informés sur les ressourceries et l’économie circulaire. »

La propreté de Paris est également chargée de « faire les chambres ». Ce jargon désigne leurs interventions auprès des « personnes à la rue », sans-abri ou migrants. Les agents ne touchent ni aux tentes ni aux effets personnels, mais doivent rétablir la salubrité des lieux. A deux pas de la gare d’Austerlitz, dans le 14e, Artur, un Polonais de 41 ans assis dans un sac de couchage, acquiesce tandis qu’on lui explique en anglais les raisons de l’enlèvement du matelas trempé et du meuble déglingué dont il s’est fait une armoire. « Ce qui compte, c’est la santé », dit-il. Le jet d’eau à peine coupé, il se réinstalle. Les agents repasseront dans deux ou trois jours.

Tels des Sisyphes, Swan Dufour, 23 ans, et Daouda Cissé, 27 ans, assurent de leur côté un service de soirée. Une innovation destinée à assurer – en plus du service normal – le maintien de la propreté tout l’été dans les zones touristiques ou les lieux très fréquentés. Roule-sac, pelle, balai, pince et étui isotherme pour leur bouteille d’eau fraîche, ils traînent 11 kilos d’équipement pour délester les abords de la gare du Nord – la première d’Europe avec 700 000 usagers par jour – des feuilles mortes et autres monceaux de mégots. Ils garnissent inlassablement de sacs neufs des corbeilles bourrées des emballages des fast-foods du secteur. « Leur travail soulage les équipes du lendemain matin, et les usagers apprécient », affirme Gilles Bouchaud, chef de la division des 9e et 10e arrondissements. Comme cette femme qui lâche négligemment son parapluie cassé au pied d’une corbeille plutôt que dedans, juste devant Swann qui le ramasse…

La tâche n’est pas plus aisée dans les beaux quartiers. « Le niveau d’exigence des riverains est plus élevé », confie Reynald Gilleron, chef de la division du 16e arrondissement. Véritables « corbeilles mobiles » ses agents, circulant à pied ou à triporteur électrique, se relaient pour tenir impeccables – de 6 heures à 23 h 30 – les jardins du Trocadéro bondés, ou les abords du Parc des Princes, les soirs de match.

« L’étalement saisonnier de la durée du service n’éduquera pas les Parisiens à plus de civisme », prédit Régis Vieceli, secrétaire général CGT de la filière de traitement déchets, nettoiement, eaux, égouts et assainissement de Paris, syndicat majoritaire dans la profession. Avec les tâches habituelles – collectes, balayages, feuilles mortes, déblaiement en cas de neige ou de crue de la Seine, personnes à la rue, et pose et dépose des panneaux électoraux –, nous manquons déjà cruellement d’effectifs toute l’année, et ça empire l’été avec les congés. »

A l’origine de cette surcharge, le responsable syndical cite pêle-mêle l’opération d’urbanisation Paris Rive Gauche sur une partie du 13e arrondissement, les trottoirs élargis, la création de pistes cyclables qui ajoutent caniveaux et trottoirs, ou la plantation d’arbres. « Toujours plus de surface à traiter », souffle-t-il.

Pour pallier le changement de physionomie de la capitale où, ces vingt dernières années, les véhicules ont cédé 30 % de l’espace public aux piétons, M. Vieceli préconise la création de 1 000 postes « déployés le matin entre 6 heures et 8 heures 30 » et un accroissement de la mécanisation. « Parce qu’on ne nettoie pas efficacement l’après-midi ou le soir au milieu de la foule, et qu’un balai ne suffit pas à éliminer les odeurs d’urine ».

Expériences alternatives

Dès 2001, Yves Contassot, adjoint au maire PS Bertrand Delanoë pour la propreté de la ville de Paris jusqu’en 2008, réclamait 600 agents de propreté supplémentaires. Cet élu Europe Ecologie-Les Verts (EELV) du 13e arrondissement qui siège toujours au Conseil de Paris n’a alors pas été entendu, mais considère toujours ces embauches comme indispensables. Et plutôt que des balayeurs, il estime qu’il faut former des pilotes d’engins de propreté. « Le véritable enjeu, c’est la mécanisation, martèle-t-il. Mais il faut investir, et cela représente des dizaines de milliers d’euros, dans une flotte d’engins aux gabarits variés, adaptés à la configuration et aux besoins des différents arrondissements. C’est bien plus efficace que le balai, tâche ingrate et mal vécue. »

Parallèlement, l’élu considère la prévention, la sensibilisation et la verbalisation, comme « essentielles ». « Il faut appliquer le principe du pollueur-payeur avec des amendes aux montants plus dissuasifs que ceux actuellement appliqués, y compris pour les gens qui viennent travailler ou se distraire à Paris chaque jour, et qui génèrent des déchets et une souillure supplémentaire, estime-t-il. Il faut sensibiliser les employeurs comme les établissements recevant des touristes. Pour l’instant, seul le contribuable parisien règle l’addition. »

Florence Berthout, maire du 5e arrondissement et présidente du groupe d’opposition Les Républicains (LR) au Conseil de Paris, pense également que la verbalisation est « un mal nécessaire ». Mais elle milite surtout pour une décentralisation du budget propreté qui permettrait d’« objectiver » l’utilisation du matériel et des effectifs par arrondissement. Elle souhaite également la création d’une DRH « spécifique » pour « aider à se reconvertir » ou « remotiver » les éboueurs de la ville dont elle juge le taux d’absentéisme – 13 % – inquiétant.

L’Hôtel de Ville tente des expériences alternatives. Depuis 2014, dans l’écoquartier Clichy-Batignolles, dans le 17e arrondissement, il a confié à Veolia le développement d’une collecte pneumatique des ordures ménagères. Une version contemporaine du vide-ordures qui consiste à acheminer les déchets en sacs de 30 litres par aspiration souterraine, à 70 km/h, depuis des bornes fixes installées dans les caves d’immeubles ou dans la rue, vers un terminal de compactage. Avant leur transfert vers un site de traitement. Mais le sous-sol parisien est trop encombré pour permettre la généralisation de ce système, qui ne règle pas la question des encombrants.

Culpabilisation

Pour « faire évoluer les mentalités » et affranchir sa ville des affichages et dépôts sauvages, déjections canines, épanchements d’urine, jet de mégots, et autres « graffitages », Anne Hidalgo mise désormais sur un renforcement de la « verbalisation ». Louis Houeix, 61 ans, et Boubacar Touré, 49 ans, appartiennent la « brigade anti-incivilité » créée à l’automne 2016, et qui compte désormais 1900 « inspecteurs de salubrité » contre seulement 96 en décembre 2016.

« On a tous les deux commencé au balai dans les années 1990 », dit Louis pour justifier le souci de la netteté des rues qu’il partage avec son collègue. L’opération Paris Plages, prévue jusqu’au 3 septembre, les mobilise autour du bassin de La Villette depuis début juillet – certains soirs après minuit.

Quai de la Loire, en pleine conversation téléphonique devant un immeuble qui dispose d’un cendrier extérieur, Laurence, 57 ans, lance sa cigarette dans le caniveau. 350 tonnes de mégots sont ramassées dans Paris chaque année, malgré les éteignoirs des 30 000 corbeilles municipales.

En civil, Louis dégaine sa carte professionnelle et signifie l’infraction à la contrevenante à laquelle il dresse sur son mini-terminal informatique un procès-verbal à 68 euros. « C’est juste un moment d’inattention, plaide celle-ci, les larmes aux yeux. J’appelais mon père qui a un cancer. Je ne suis pas une terroriste, quand même… »

Un peu plus loin, en chaussettes-claquettes, Barthélémy, la quarantaine, termine une cannette de bière en aluminium qu’il expédie dans une corbeille, avant d’écraser sa cigarette sur le trottoir. Boubacar fond sur lui. « C’est bon, chef, j’ai compris, je m’excuse, vous allez me traquer comme les chiens qui font caca par terre ? J’ai pas d’identité, je suis immigré. Entre le stationnement interdit et les impôts, on n’arrête pas de payer dans ce pays », s’insurge-t-il avant de cracher par terre, excédé.

« Ça, c’est une autre amende à 68 euros », lui annonce Louis. « Ah, non ! C’est de l’arnaque ! Et les gens qui pissent partout ici le soir, vous leur dites rien ? » Un voisin arrive à la rescousse. « C’est vrai ça, l’urine coule dans la pente de notre garage et attaque la peinture de la porte. » L’odeur ambiante confirme que la sanisette gratuite, ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur le trottoir d’en face, n’a pas la cote. « Et 40 % des personnes verbalisées pour épanchement d’urine sur la voie publique sont des jeunes femmes éméchées », précise Louis.

Selon les inspecteurs, les déjections canines, qu’ils ont beaucoup sanctionnées, sont en net recul. « Les propriétaires de chiens se font maintenant la police entre eux, s’amusent-ils. Rien de tel que la culpabilisation. » Et une persévérance à toute épreuve.

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Pascal André Heimlicher

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