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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 13 août 2018

VINGT ANS APRÈS SA MORT, LE SUD CHANTE À NOUVEAU NINO FERRER

Par Jean-Manuel Escarnot Correspondant à Toulouse, Photo Ulrich Lebeuf. Myo

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Mercredi à la Taillade, la maison familiale de Nino Ferrer dans le Lot. Photo Ulrich Lebeuf.Myop  

Nino Agostino Arturo Maria Ferrari, dit Nino Ferrer, né le 15 août 1934 à Gênes, en Italie, et mort le 13 août 1998 à Saint-Cyprien, dans le Lot en France. 

De nombreux artistes se réuniront lundi à Montcuq, dans le Lot, pour rendre hommage au chanteur, vingt ans après sa mort.

C’est une belle bâtisse fortifiée datant du XVe siècle plantée sur le sommet d’une colline du Lot, surplombant le petit village de Saint-Cyprien. La lourde porte en chêne massif de la demeure s’ouvre sur une cour carrée, desservant les pièces aux larges murs de pierres blanches. La lumière du soleil couchant du mois d’août illumine la façade. Autour, le parc planté de cèdres centenaires au milieu duquel trône une grande table dressée pour une vingtaine de convives. De la grange attenante à la bastide s’échappe le son rond comme une caresse d’un orgue Hammond et celui des cuivres accompagnant la voix d’une chanteuse. Quand elle se tait, on entend le chant des cigales.

Nous sommes à la Taillade, le domaine acheté par Nino Ferrer - né Nino Agostino Ferrari le 15 août 1934 à Gênes - avec les royalties d’un de ses plus grands succès : le Sud, vendu à plus d’un million d’exemplaires en 1975, date de sa sortie en 45-tours. Un titre que Magali Pietri, ex-choriste de Nino Ferrer, a choisi d’interpréter pour le concert organisé lundi à Montcuq (Lot). Vingt ans jour pour jour après le suicide du chanteur le 13 août 1998, c’est ainsi que sa famille a voulu lui rendre hommage. Sans fleur ni couronnes mais avec de la musique et de la lumière : au pied de la tour cathare de Montcuq, une smala d’artistes parmi lesquels Eric Lareine, Matthieu Chedid et Sanseverino, y reprendront son répertoire sur la scène en plein air installée pour l’occasion.

Nuages

En 1977, l’auteur de Mirza, du Téléfon, des Cornichons, ou encore de Oh ! Hé ! Hein ! Bon ! décide de «s’exiler» avec sa femme, Jacqueline Monestier, dite Kinou, avec qui il aura deux fils, Pierre, né le 5 septembre 1973, et Arthur, né le 14 février 1979. A la Taillade, loin de Paris et du show-business qu’il déteste, Nino mène sa barque à sa manière, exigeant, indépendant, parfois colérique. Il élève des chevaux. Dans le studio installé dans le salon de sa forteresse, il enregistre et produit cinq albums concept, explorant des pistes rhythm ’ n’blues et rock progressif, à milles lieues de l’image de «chanteur rigolo» qui lui colle à la peau. Il se remet aussi à la peinture, des tableaux surréalistes peuplés de femmes nues, de serpents et de ciels bleus parfois traversés par des nuages radioactifs de mauvais augure… Certains d’entre eux sont exposés à la mairie de Montcuq. D’autres, plus anciens, - des gouaches «redécouvertes» par Kinou «en fouillant dans les cartons rangés dans le grenier» - sont présentés à la galerie du Lion d’or, dans le centre du village. Des criques du bout du monde, des souvenirs de séjours en Nouvelle-Calédonie où, diplômé d’archéologie, le jeune «capitaine Nino», tel que l’avait dessiné Hugo Pratt dans l’une des aventures de Corto Maltese, se voyait en explorateur avant de devenir chanteur à succès. Sur l’un des murs de la galerie, une série d’autoportraits au fusain et crayon, réalisés par Nino quatre ans avant sa mort, révèle un visage figé au regard perçant. «Un regard dur sur le monde, dit Pierre, son fils aîné, décorateur de cinéma. Son visage est très animal. On le sent de façon très forte. Quand il peignait, il était calme et serein. Il pouvait s’exprimer seul, de façon plus simple et plus immédiate que dans la musique, sans luttes quant au contrôle final sur son travail.»

Retour dans la grange de la Taillade, transformée en studio de répétition. Des copains d’Arthur forment le groupe qui accompagne les artistes. Eric Lareine, natte d’Indien cheyenne et voix grave de fumeur de blondes, a choisi d’interpréter Je voudrais être noir pour rendre hommage à Nino : «Il a fait cette chanson en 1966 au moment de la lutte des Noirs pour leurs droits civiques aux Etats-Unis. Il y a de la sueur, du groove, c’est James Brown ! Il était inscrit dans son temps. C’est la même chose pour les Cornichons, c’est les vacances mais c’est aussi la bouffe, l’accumulation de biens terrestres.» Dans un registre plus jazzy, Magali Pietri reprend le Sud. «J’avais 16 ans lorsque j’ai rencontré Nino à la Taillade, lors d’une visite avec ma mère et son compagnon. Je jouais de la guitare et je chantais. Il m’a demandé de lui jouer quelque chose. J’ai repris un morceau de Crosby, Stills, Nash and Young. Il m’a proposé de devenir sa choriste. C’était magique. Mes parents m’ont donné leur accord et je suis partie en concerts avec lui, puis j’ai participé à trois de ses albums. C’était quelqu’un de généreux dans ce qu’il donnait, de ce qu’il était et dans ce qu’il nous amenait à donner. Par moments, il semblait relié à quelque chose de plus vaste, un endroit plus grand que ce monde», se souvient-elle en souriant.

Brise

Venu «en voisin», Jean-Jacques Lala, chanteur d’opéra, reprend Agata, un tango : «Nino, c’est l’icône de la région. Quand j’étais gamin, on savait qu’il habitait là. C’était un énorme musicien. C’est très technique. J’ai bossé ce morceau comme un opéra sauf que je n’ai pas la partition. J’ai travaillé à l’oreille. J’ai pris beaucoup de plaisir à m’approprier cette chanson. Ça représente la richesse de Nino. C’est ce que je retiens de lui : cette bonté, cette générosité dans son répertoire et chez les gens qui sont là. C’est aussi ce que respire ce lieu où il a vécu.» Dans le parc, une brise d’été accompagne la fin de journée. La nuit tombée, le soir autour de la table, on entend des rires.

Concert hommage au pied de la tour de Montcuq (Lot). Lundi 13 août à 20 h 30.

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Maurizio Cattelan

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Cornets

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Persécutés / persécuteurs, des hommes du XXe siècle

AUGUST SANDER - Du 8 mars au 15 novembre 2018 -

Mémorial de la Shoah 

« À travers l’expression d’un visage, nous lisons s’il éprouve du chagrin ou de la joie, car la vie y laisse immanquablement ses traces ». August Sander avait déjà su voir le potentiel artistique et émotionnel fort du portrait. Considéré comme l’un des pères fondateurs du style documentaire, Sander a traversé une époque dans laquelle l’actualité politique était tristement omniprésente. Bien intitulée, l’exposition Persécutés/ persécuteurs s’attache, comme le travail de Sander, à dépeindre le plus authentiquement des personnalités appartenant aux « 2 côtés » : nazis de l’un, juifs et autres minorités opprimées de l’autre. Comme pour essayer de percevoir les personnalités propres à chacun, dissimulées sous les étiquettes. Ces photos peuvent être considérées comme des reliques de guerre, Sander n’étant absolument pas dans le cœur du IIIe Reich, son studio avait été délibérément incendié par l’Etat, mais les négatifs, eux, étaient précieusement dissimulés dans sa maison de campagne. Ce progressiste des premières heures offre un legs incommensurable aux rescapés et descendants de ces persécutés, et ainsi à l’Humanité tout entière.

MÉMORIAL DE LA SHOAH

Du 8 mars au 15 novembre 2018

17, rue Geoffroy-l’Asnier, 75004 Paris

HORAIRES

Ouvert

Du dimanche au vendredi de 10:00 à 18:00

Nocturne

Le jeudi de 18:00 à 22:00

Fermé

Le samedi de 9:00 à 18:00

TARIFS

Billets expositions temporaires

Gratuit : Entrée libre

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Milo Moiré

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« Amy Winehouse. Blake Wood » par Blake Wood.

Pendant deux ans, il ne la quittera pas. En 2007, Amy Winehouse a déjà remporté cinq Grammy Awards pour l’album « Back to Black », paru l’année précédente et incluant son tube prémonitoire, « Rehab ». Le photographe américain Blake Wood, lui, a 22 ans et vient de débarquer à Londres. Il est ébloui par la star de deux ans son aînée.

Alors qu’Amy Winehouse est au sommet de sa carrière, le photographe la suit à Londres, Paris ou Sainte-Lucie (Caraïbes). Il immortalise des instants privés et solaires. Car selon lui, la vie d’Amy Winehouse alors, « ce n’est en rien une histoire sombre ou tragique comme les médias l’ont faussement rapporté. Elle était une âme exceptionnelle et aimante qui remporta des victoires personnelles incroyables, et c’est ce que je vois dans ces images. »

Une facette plus légère de l’icône

En 85 photos couleur et noir et blanc, le recueil « Amy Winehouse. Blake Wood » retrace la période qu’ils ont passée ensemble, des moments privés inoubliables. Les clichés, jamais montrés jusqu’à présent, saisissent une facette rare, plus légère, de cette icône tant regrettée, et constituent un hommage intime à Winehouse telle qu’elle désirait se voir elle-même.

Amy Winehouse décédera trois ans plus tard, à l’âge de 27 ans. Le rapport d’autopsie indiquera que l’interprète de « Valerie » a succombé « accidentellement » le 23 juillet 2011 à un abus d’alcool après trois semaines d’abstinence.

« Amy Winehouse. Blake Wood » avec des textes de Nancy Jo Sales, éditions Taschen. Paru le 8 août 2018. 176 pages, 30 euros.

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Le prélèvement à la source, épée de Damoclès pour le gouvernement

Par Benoît Floc'h - Le Monde

L’exécutif craint autant les cafouillages que l’effet psychologique que représentera la baisse faciale des salaires entraînée par la réforme.

Le ministre vous écrit. Ceux qui ont fait leur déclaration de revenus par papier reçoivent ces jours-ci leur avis d’impôt. Deux nouveautés, cette année : leur taux d’imposition est indiqué ; il est accompagné d’une lettre de Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics. Pour ceux qui ont déclaré en ligne, la missive arrivera à la rentrée.

« A partir de janvier 2019, écrit M. Darmanin, nous allons simplifier l’impôt en mettant en place le paiement de votre impôt à la source, c’est-à-dire au moment où vous toucherez vos revenus. (…) Cette réforme de modernisation de l’impôt et de simplification ne changera en rien le montant total de votre impôt. »

Le prélèvement à la source (PAS) est une vraie épée de Damoclès pour le gouvernement, qui craint autant les cafouillages que l’effet psychologique que représentera la baisse faciale des salaires entraînée par la réforme. En effet, ce n’est plus le contribuable qui paiera son impôt sur le revenu avec un an de décalage, c’est dorénavant l’employeur qui le prélèvera sur le salaire pour le compte de l’administration. Mais, vante le ministre, « l’impôt s’adaptera chaque mois au montant du revenu versé ».

L’administration fiscale est-elle prête ? « Oui, clairement, tant du point de vue technique que pédagogique », dit-on dans l’entourage de M. Darmanin. Deux phases de test ont été conduites, à l’été 2017 et au printemps 2018, rappelle-t-on de même source, et « 40 000 agents ont été formés ».

Par ailleurs, le gouvernement a tenté de déminer les cas problématiques. Celui, par exemple, des 250 000 employés à domicile qui payent l’impôt sur le revenu. Du fait du retard pris dans la réforme du dispositif qui les concerne, il a été décidé qu’ils paieraient leur impôt 2019 l’année suivante. En 2020, ils paieront donc l’impôt de 2019 et celui de l’année en cours. « On cherche des solutions pour améliorer leur situation », dit-on chez M. Darmanin. L’idée de les exonérer pour 2019 est sur la table, mais « rien n’est décidé », poursuit-on.

« Courage de repousser cette réforme »

« Le prélèvement à la source n’est pas totalement opérationnel pour janvier 2019 », déplore Albéric de Montgolfier, sénateur Les Républicains, spécialiste du PAS. « Il y a des sujets qui, à ce stade, ne sont pas traités », regrette-t-il : les difficultés que cela entraîne pour les PME ou les employeurs particuliers par exemple. « Il faut avoir le courage de repousser d’un an cette réforme, plutôt que de s’obstiner », estime-t-il.

« La direction des finances publiques [à Bercy] fait tout ce qu’elle peut pour que cela fonctionne, explique Hélène Guerra, pour la CGT. Mais on craint que cela se passe mal. Les employeurs, qui vont maintenant devoir collecter l’impôt, n’ont pas tous mis à jour leurs logiciels. On a plusieurs remontées qui font état d’incohérences dans la transmission des données. »

La syndicaliste craint également « le chaos dans nos services d’accueil », alors qu’il y a déjà « quatre heures d’attente » dans certaines trésoreries. Ce pourrait être le cas lorsque « les usagers vont découvrir leur situation individuelle sans comprendre ce qui leur arrive ». Elle évoque le cas de foyers qui n’auraient pas déclaré leurs revenus parce qu’ils sont non-imposables. Par défaut, ceux-ci pourraient se voir appliquer un taux d’imposition. « Dans l’intérêt des collègues et des contribuables, assure Mme Guerra, certains directeurs demandent aux collègues de “bidouiller” et de faire comme si la déclaration avait été faite. » Elle évoque également les petits retraités n’ayant pas su choisir le bon taux.

Au ministère, on considère qu’« on ne peut pas évoquer ces cas pour dire que Bercy n’est pas prêt ». A propos des problèmes dans la transmission des données, par exemple, on rappelle de même source : « on ne vous dira pas que le système est fiable à 100 %. Il y aura sans doute des erreurs, à la marge, mais cela ne sera pas de nature à gripper le système. »

Et c’est sans compter les mauvaises surprises : la réduction d’impôt du dispositif Pinel, par exemple, ne sera plus mensualisée mais versée en une fois. Les investisseurs devront donc faire une avance à l’Etat. De quoi rendre le Pinel moins attractif.

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dimanche 12 août 2018

Gaumont

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Erdeven aujourd'hui...

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Photos : J. Snap

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Arvida Byström

Artiste féministe engagée, Arvida Byström suédoise de 26 ans s’est fait connaitre sur Instagram par son esthétique body positive pour que les femmes acceptent leur corps comme il est. Elle continue à faire polémique ces derniers mois en publiant un livre de ses photos censurées et en posant pour Adidas les jambes non épilées. Les poils, la liberté sexuelle, les règles, le sang, les boutons, la sensualité, Arvida casse les codes de la féminité imposés par la société dans une esthétique teintée de rose. Young Photography now revient sur son parcours et publie le Portfolio d’un mix de ses créations désormais incontournables sur la toile!

Arvida Byström Instagram

Le 26 septembre dernier, elle posait ainsi dans une campagne de pub pour Adidas, dans une robe à corset, les chaussures de la marque à ses pieds. Face à la caméra, elle explique: « je pense que n’importe qui peut être féminin, mais que dans la société d’aujourd’hui, on en a peur ».

Publicité Adidas qui a fait scandale sur Internet et lui a valut des réactions de soutiens, très nombreux et aussi de haine très agressifs et vulgaires. Et de nombreux articles dans la presse.

« Ma photo de la campagne Adidas Superstar a reçu beaucoup de commentaires agressifs la semaine dernière. Je suis blanche, sans handicap, cis (non transgenre NDLR), avec comme seul détail non conforme quelques poils sur mes jambes. J’ai littéralement reçu des menaces de mort dans ma boîte de messages personnels.

Je ne peux même pas imaginer ce que c’est de ne pas avoir tous ces privilèges et essayer d’exister dans ce monde. J’envoie de l’amour, essayez de vous rappeler que tout le monde ne vit pas les mêmes expériences personnelles. Merci aussi pour tout l’amour, j’en ai reçu beaucoup aussi »

« Je suis définitivement féministe », revendique la photographe dans une interview donnée à Dazed en 2015. « Alors que j’avais 18 ans, une amie m’a introduit aux idées féministes, puis j’ai découvert des blogs sur le féminisme queer« , troisième vague féministe née aux États-Unis dans les années 1980 et mettant l’accent notamment sur les luttes LGBT.

Elle qui se décrit comme une femme queer est adepte de tout ce qui est habituellement considéré comme féminin, et imprègne la grande majorité de ses photos de teintes rose. Mais elle prend aussi un grand plaisir à subvertir toutes les normes dominantes

Sur son compte instagram, désormais suivi par plus de 250.000 personnes, elle poste des selfies, sur lesquels elle assume tous les petits détails de son corps: grains de beauté, boutons, bleus… Et ses poils, bien évidemment, qu’il s’agisse de poils sur ses jambes, sous ses aisselles, ou de poils pubiens.

Son livre – “Pics or it didn’t happen” est une expression de nerd qui signifie “Envoie-moi une photo de ce dont tu te vantes en ligne ou je considère que cela n’a jamais eu lieu”. C’est aussi le titre du livre d’Arvida Byström a publié cette année, il rassemble toutes ses photos censurées par Instagram, donc des inédits et tout ce qui dérange les réseaux sociaux, l’engagement des artistes pour la liberté d’expression.

Arvida Byström prend la maxime au pied de la lettre et considère qu’un – vrai – corps de femme (avec des poils, des cicatrices, parfois des bleus, des bourrelets, la cellulite, dans des poses lascives ou nonchalantes, avec des règles ou même des tétons) n’existe pas tant qu’on ne le montre pas. Exaspérée – comme sa complice Molly Soda, autre créative de l’ère Internet avec qui elle cosigne l’ouvrage – par la disparition de l’une de ses images sur le réseau social, elle lance il y a quelques mois un appel à témoin. Les photographes Petra Collins et Harley Weir, la poète Rupi Kaur ou encore l’artiste Amalia Ulman et des douzaines d’autres répondent à cette sollicitation et envoient les originaux des images retirées de leurs comptes. Leur point commun ?

“Elles sont souvent en rapport avec le corps de la femme et sa sexualisation, même si c’est parfois ténu et éloigné des choses interdites par le règlement d’Instagram. On ne comprend pas toujours, Instagram n’explique pas pourquoi ta photo disparaît, parfois six mois après, et tu te demandes ce que tu as bien pu faire de mal, comme cette image d’une fille au téléphone en hijab, raconte Molly Soda dans une interview vidéo. Tu penses que tu contrôles ton image, mais ce sont eux qui la possède, un peu comme dans une relation toxique.”

Les réseaux sociaux seraient donc à la fois prescripteurs mais aussi régulateur et censeur qui décident de ce qui est de l’art aujourd’hui ? C’est aussi ce que dénonce Arvida Byström dans ce livre « Pics or it didn’t happen » et sur son compte Instagram qu’elle continue à alimenter de ses créations et de ses actus.

Son parcours

Introvertie, en proie à ses doutes de préadolescente, elle s’adonne aux selfies dès l’âge de 12 ans. « Vous êtes préado, ado, vous voulez savoir comment le monde vous voit vraiment, alors j’ai fait des quantités énormes de selfies », explique-t-elle sur le site Wonderland Magazine. Quatre ans plus tard, ses clichés sont repérés par Vice, qui lui propose une première collaboration.

« Je pense qu’internet est important pour beaucoup de personnes », témoigne-t-elle sur Dazed. « Pour moi, c’était une fenêtre ouverte sur la chambre étroite de la dépression adolescente, parce que je pouvais être en ligne et rencontrer des gens même si je me sentais comme une merde. » Sur tumblr, elle découvre les sous-cultures du web, qui l’aident à se construire son esthétique kitsch et très féminine.

En 2012, elle réalise avec Vice un nouveau projet « There Will Be Blood ». Elle photographie des femmes avec le sang de leurs règles, ce qui lui vaut de nombreux commentaires déjà agressifs. Malgré les contraintes du mannequinat, elle refuse de se raser. Modèle depuis ses 13 ans en Suède, on lui dit que ses hanches sont trop épaisses. Elle continue à Londres, où elle ouvre pendant un temps sa propre galerie. Là-bas, elle rejoint l’anti-agency, une agence de mannequinat pour ceux « trop cool pour être simplement modèles », décidée à rompre avec les codes traditionnels du milieu. Elle s’installe ensuite à Los Angeles.

Elle continue d’interroger la transgression en publiant, au mois de mars 2017, un livre, Pics or it didn’t Happen, avec son amie Molly Soda. Elle y recueille 250 photos censurées par Instagram, parfois parce qu’elle ne respectaient pas les règles sur la nudité, d’autres fois pour des raisons plus obscures. « Le corps des femmes est constamment policé« , accusait ainsi, Molly Soda, « pourquoi Instagram ferait-il exception ? »

En 2015, Facebook avait déjà censuré une photo tirée de sa performance « Selfie Stick Aerobic« : on distinguait la forme de sa vulve à travers son survêtement.

Pour autant, Arvida Byström ne considère pas que ses créations soient féministes. « Le féminisme est davantage un éventail, il change et dépend de son contexte », argumente-t-elle. Mais c’est déjà assez pour choquer les partisans des normes dominantes de féminité.

Portfolio publié dans YPN, à suivre sans modération !

http://ypnmag.com/arvida-bystrom-portfolio-13/

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