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Jours tranquilles à Paris

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14 février 2019

Alain Juppé quitte la mairie de Bordeaux pour rejoindre le Conseil Constitutionnel

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Par Jean-Baptiste Jacquin, Cédric Pietralunga - Le Monde

L’ex-premier ministre a été proposé par le président de l’Assemblée nationale. L’ancien ministre Jacques Mézard a été désigné par Emmanuel Macron et le sénateur (LR) du Cher François Pillet par Gérard Larcher.

Le Conseil constitutionnel va accueillir trois nouveaux membres, choisis par le président de la République et les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale. S’il n’y avait guère de suspense sur le choix de l’ancien ministre Jacques Mézard – par Emmanuel Macron – et du sénateur (Les Républicains, LR) du Cher François Pillet – par Gérard Larcher –, Richard Ferrand, au Palais-Bourbon, a gardé le mystère jusqu’au bout.

Alors que la rumeur annonçait le président de la Cour des comptes Didier Migaud, un choix qui aurait été soufflé par le chef de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale a finalement décidé de proposer Alain Juppé, mercredi 13 février. Une surprise de taille tant le maire de Bordeaux semblait vouloir finir sa carrière en Aquitaine. L’ancien premier ministre avait d’ailleurs assuré, lors de sa réélection en 2014, qu’il irait au bout de son mandat municipal, qui s’achève en 2020.

Ces trois personnalités, tous des hommes, devront passer en audition devant les commissions des lois des deux assemblées avant de pouvoir succéder à Lionel Jospin, Michel Charasse et Jean-Jacques Hyest, dont les mandats s’achèvent le 11 mars. S’ils obtiennent l’assentiment des parlementaires, ce qui ne fait guère de doute, ils entameront, le 12 mars, un mandat de neuf ans au sein du Conseil constitutionnel.

« Un homme d’Etat »

Pour justifier le choix d’Alain Juppé, pourtant un ancien adversaire politique, l’ancien socialiste Richard Ferrand a loué dans un communiqué « un homme d’Etat, fort d’une expérience de la décision publique, qui saura avec une véritable exigence républicaine garantir le respect des principes et des règles fondamentales de la Constitution de la République ».

« C’est une très bonne nouvelle pour la République », a abondé le premier ministre Edouard Philippe, mercredi soir sur LCI. Selon plusieurs sources, c’est le chef du gouvernement qui aurait soufflé le nom de M. Juppé, dont il est très proche.

En offrant le poste à l’ancien bras droit de Jacques Chirac, l’exécutif s’attache l’une des figures de la droite et entrouvre la porte à un accord avec ses soutiens lors des européennes du 26 mai et des municipales de 2020. « En choisissant Mézard [ancien membre du Parti radical de gauche] et Juppé, on tient les deux bouts », se réjouit l’un des stratèges de la Macronie, en référence à une expression utilisée en 2015 par le cofondateur de l’UMP, aujourd’hui en rupture de ban avec le parti LR.

« Il faudra peut-être songer un jour à couper les deux bouts de l’omelette pour que les gens raisonnables gouvernent ensemble et laissent de côté les deux extrêmes, de droite comme de gauche, qui n’ont rien compris au monde », avait expliqué dans Le Point celui qui était alors candidat à la primaire de la droite, finalement remportée par François Fillon. Une stratégie adoptée avec succès deux ans plus tard par Emmanuel Macron.

Comme la loi l’y oblige, Alain Juppé a immédiatement annoncé sa démission de la mairie de Bordeaux. « C’est avec une profonde émotion que je me prépare à quitter mes fonctions de maire et de président de la métropole de Bordeaux qui m’ont procuré tant de bonheur, a-t-il assuré dans un communiqué publié mercredi. J’ai décidé, il y a plusieurs mois, de ne pas me représenter à l’élection municipale de mars 2020. Je comptais annoncer cette décision au lendemain des européennes fin mai. Ma nomination bouleversera ce calendrier. »

Carrière politique privilégiée

Dans le dosage hybride du Conseil constitutionnel, composé de neuf membres, dont quatre femmes actuellement, c’est donc la carrière politique qui a cette fois été privilégiée sur les profils d’universitaires ou de magistrats. Laurent Fabius, qui préside l’institution du Palais Royal, s’est toujours réjoui qu’elle ne soit pas réservée à des juristes mais ouverte à des personnalités qui ont participé à la fabrication de la loi ou aux décisions gouvernementales.

Interrogé le 12 février sur le profil idéal pour y siéger, celui qui fût le plus jeune premier ministre de la Ve République, a énuméré les trois qualités qui lui paraissent essentielles : « l’expérience, la compétence, l’indépendance ». Avant de poursuivre : « La diversité est très utile au Conseil constitutionnel, nous faisons du droit, mais ce croisement d’expériences est tout à fait remarquable. »

Pour accroître l’autorité de cette institution, Laurent Fabius a néanmoins appuyé le projet de réforme constitutionnelle, toujours officiellement au programme, qui prévoit de supprimer le siège réservé de droit aux anciens présidents de la République. Avec une exception sur mesure permettant à Valéry Giscard d’Estaing de continuer de venir de temps en temps, alors que Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande n’ont pas souhaité faire valoir cette possibilité.

« Cimetière d’anciens ministres »

La communauté du droit est néanmoins déçue. « Faire du Conseil constitutionnel un cimetière d’anciens ministres ou chefs de gouvernement n’est pas rendre service à cette institution qui cherche à se mesurer aux cours constitutionnelles des grandes démocraties », estime un professeur d’université. « La qualité de ces trois hommes ne fait aucun doute, mais la confusion que ces nominations entretiennent sur les relations entre le Conseil et le pouvoir politique est regrettable », ajoute l’un des membres de l’illustre collège, sous couvert d’anonymat.

Outre le choix de M. Juppé, celui de Jacques Mézard ressemble il est vrai à une récompense pour l’ancien ministre de la cohésion des territoires, mis au ban du gouvernement lors du remaniement d’octobre 2018. Il avait depuis retrouvé son fauteuil de sénateur radical du Cantal. « C’était le moyen de le sortir calmement du gouvernement alors qu’il n’avait pas démérité », décrypte un parlementaire de la majorité. Avocat de formation, M. Mézard s’est montré vigilant au Sénat sur les principes de séparation des pouvoirs.

Seule certitude, ces trois nominations ne vont pas diminuer la moyenne d’âge du Conseil constitutionnel : M. Juppé affiche 73 ans, M. Mézard 71 ans et M. Pillet 68 ans. Sauf incident, ils siégeront jusqu’en 2028.

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14 février 2019

'CHATEAU DU MARÉCHAL DE SAXE' DE CHRISTOPHE VERMARE {EDITORIAL EXCLUSIF / NSFW}

Le photographe Christophe Vermare et le mannequin  Sophia ont décidé de tourner une série éditoriale érotique, puis le château est arrivé et c'est à ce moment-là qu'il a grimpé d'un cran! Cette belle et intime exclusivité a été tournée au Château du Maréchal de Saxe en France. L’ambiance est synonyme d’élégance et d’érotisme, Sophia et Christophe l’ont vraiment tué.

https://www.instagram.com/christophevermare/

https://www.instagram.com/sophiasuccubus/

http://www.christophevermare.com/src/

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13 février 2019

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13 février 2019

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13 février 2019

Le Congrès enterre le « mur » de Donald Trump à la frontière avec le Mexique

Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Le compromis budgétaire auquel sont parvenus les démocrates et les républicains ne prévoit que 1,3 milliard de dollars pour sécuriser la frontière, loin des 5,7 milliards exigés par le président.

Donald Trump s’est dit « très mécontent », mardi 12 février, du compromis auquel sont parvenus des élus démocrates et républicains pour renforcer la protection de la frontière avec le Mexique. Et pour cause. Finalisé lundi, le projet de budget du ministère concerné, le département de la sécurité intérieure, ne comprend que 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) au lieu des 5,7 milliards de dollars exigés pour le « mur » promis par le président des Etats-Unis. Il ne permettra en fait de construire que 55 miles (88 kilomètres) de barrières supplémentaires qui s’ajouteront à celles déjà installées en Californie, en Arizona, et dans certaines parties du Texas.

Donald Trump avait refusé un premier projet, en décembre 2018, qui prévoyait 65 miles (110 kilomètres) de clôture. Cette décision avait précipité un gel (shutdown) partiel du gouvernement fédéral qui s’était éternisé pendant trente-cinq jours, érodant son taux d’approbation. Il y a un an, il avait déjà repoussé une offre démocrate de 25 milliards de dollars en échange de la régularisation de sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis.

Les négociateurs du Congrès, choisis dans les deux camps pour leur pragmatisme, avaient jusqu’au 15 février pour éviter une impasse. Donald Trump ne s’était pas montré très encourageant en qualifiant leurs efforts de « perte de temps ».

Le souci d’éviter un nouveau shutdown l’a emporté, et le président a écarté, mardi, l’option consistant à refuser de signer le compromis, une fois adopté par le Congrès. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, ne lui a pas laissé le choix. « Il n’y a pas tout ce que le président espérait obtenir, mais c’est un pas dans la bonne direction. J’espère qu’il décidera de le promulguer », a dit le sénateur du Kentucky, manifestement pressé d’en finir.

L’ultra-droite se déchaîne

En dépit de ce manque flagrant de soutien républicain, Donald Trump n’a pourtant pas renoncé. « Quand on additionne ce que je pourrai ajouter, cela va marcher, nous allons construire un beau mur, grand et solide », a-t-il assuré, mardi, sans donner la moindre indication concernant l’origine de ces fonds.

Il pourrait notamment déclarer un état d’urgence nationale qui lui permettrait de contourner le Congrès. Des sondages convergents ont cependant montré qu’une forte majorité d’Américains interrogés y est hostile, sans parler du peu d’enthousiasme des élus républicains. Une telle initiative, en outre, pourrait déclencher une guérilla juridique qui bloquerait sans doute les travaux.

Ce volontarisme a sans doute pour objectif de désarmer les critiques des figures ultra-conservatrices qui l’avaient poussé, en décembre 2018, à renoncer à un compromis plus favorable. Elles se sont déchaînées contre le résultat du Congrès.

L’animateur de Fox News Sean Hannity, pourtant très proche du président, a dénoncé un « compromis pourri ». « Tout républicain qui le votera devra s’expliquer », a-t-il menacé. Sa collègue Laura Ingraham ne s’est pas montrée plus tendre à l’égard d’un résultat « pathétique », « qui ne donne pas un centime pour le mur ». « Sur l’immigration, Trump ne combat pas seulement les démocrates, il combat également les républicains », a-t-elle pesté. Un autre proche de Donald Trump, Lou Dobbs, qui officie également sur un canal appartenant à la chaîne conservatrice a dénoncé « une insulte » au président.

Renoncements

Lancé dès sa déclaration de candidature, en juin 2015, ce projet de « mur » a constitué la principale promesse de campagne de Donald Trump, qui assurait aussi initialement que le Mexique paierait pour son financement.

Mais une fois élu, le milliardaire s’est heurté tout d’abord à l’hostilité des autorités mexicaines, puis à un Congrès où il ne disposait pas des voix nécessaires au Sénat pour parvenir à ses fins. En dépit de messages alarmistes martelés pendant toute la durée du shutdown, il n’est pas parvenu non plus à retourner une opinion publique majoritairement opposée à ce « mur ».

Donald Trump a progressivement revu ses ambitions à la baisse, en écartant tout d’abord une construction sur l’ensemble de la frontière avec le Mexique encore non équipée, puis en renonçant à un édifice en béton au profit d’un dispositif métallique plus proche d’une barrière. Ces renoncements n’ont cependant pas fait fléchir les démocrates qui ont dénoncé un projet « immoral », daté et coûteux. En position de force à la Chambre des représentants après les élections de mi-mandat, en novembre 2018, ces derniers n’ont finalement concédé que la portion de clôture prévue par le compromis.

A moins d’un coup de théâtre, cet accord interdit désormais la moindre construction d’ampleur d’ici à la fin du mandat du président, en janvier 2021. Donald Trump a tenté de contourner la difficulté au cours d’un meeting électoral à El Paso, au Texas, localité qui jouxte la ville mexicaine de Ciudad Juarez. Venu plaider une nouvelle fois pour ce projet, le président a fait face, lundi soir, à une foule qui a scandé le slogan devenu coutumier de ces rassemblements : « Construisez ce mur ! » Le président, qui venait de prendre connaissance de l’accord du Congrès, a rectifié. « Vous voulez dire en fait finissez le mur », a-t-il assuré, « parce que nous le construisons ».

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13 février 2019

FEMEN devant le Sénat

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13 février 2019

Concorde Art Gallery - nouvelle exposition à partir du 16 février...

13 février 2019

Au Venezuela, le soutien fragile de l’armée à Nicolas Maduro

Par Jean-Pierre Bricoure, Caracas, correspondance

La haute hiérarchie serre les rangs derrière le président et refuse les appels au ralliement de Juan Guaido. Mais les troupes sont divisées et se montrent sensibles à la promesse d’amnistie.

Il est apparu devant les caméras de la télévision vénézuélienne dès le lendemain de la proclamation de Juan Guaido, le 23 janvier. Droit dans ses bottes, Vladimir Padrino, ministre de la défense, y affirme d’un trait qu’une personne qui se lève ainsi pour se déclarer président par intérim menace l’Etat de droit et la paix dans le pays. « J’alerte le peuple du Venezuela qu’un coup d’Etat est perpétré contre la démocratie, contre la Constitution, contre le président Nicolas Maduro, le président légitime de la république bolivarienne du Venezuela », a ajouté le chef des armées.

L’allégeance au pouvoir en place ne souffre aucune contestation. Entouré d’une dizaine de militaires étoilés, Vladimir Padrino, lui-même général, nommé ministre en 2014 par feu Hugo Chavez, renvoie l’image d’une armée vénézuélienne serrant les rangs. Non seulement la haute hiérarchie des forces militaires, enfants chéris du régime chaviste, refuse toute négociation avec l’opposition, elle entend aussi jouer à plein son rôle de pilier des institutions et arbitre de la crise en cours.

Un bel élan d’unité et de rigueur qui peine toutefois à masquer le mécontentement de la troupe et les divisions révélées ces derniers mois au sein des commandements intermédiaires. Quatre complots ont été démantelés en 2018 et leurs responsables arrêtés. Cent vingt-trois soldats ont été mis derrière les barreaux pour conspiration.

Trois jours encore avant l’apparition télévisée du ministre, le 21 janvier, vingt-sept militaires de la Garde nationale bolivarienne s’étaient soulevés dans une caserne du quartier de Cotiza, dans le nord de Caracas. Armés et à visage découvert, plusieurs sergents ont manifesté leur colère, affirmé que leurs familles n’avaient plus rien à manger et appelé à désavouer le président Maduro avant d’être arrêtés.

« Une sorte de statu quo »

A peine une semaine plus tard, le général de l’armée de l’air Francisco Yanez, parti précipitamment en exil, annonce sur les réseaux sociaux sa défection. Le 9 février, c’est au tour du colonel de l’armée de terre Ruben Alberto Paz d’appeler, dans une vidéo, à reconnaître l’opposant Juan Guaido. Pour l’heure, aucun signe ne laisse penser que leurs messages ont été suivis d’effets. Ils n’en sont pas moins révélateurs des failles dans la chaîne de commandement et symptomatique de poussées antichavistes au sein de l’armée.

Selon la journaliste Sebastiana Barraez, spécialiste reconnue de l’armée vénézuélienne, trois groupes se distinguent au sein de forces militaires estimées à 365 000 hommes : les chavistes, omniprésents chez les hauts gradés et les officiers, mais pas seulement ; les mécontents et opposants, nombreux dans les casernes, parmi les jeunes engagés ainsi que les sous-officiers ; et le gros des troupes, formé par les déçus du chavisme, « une majorité qui ne bougera ni pour un camp ni pour l’autre, qui ne prendra pas les armes pour défendre Maduro mais qui ne basculera pas non plus pour renverser le régime », affirme l’experte.

« Il y a là un manque de cohésion pour agir dans un sens ou un autre, précise-t-elle, une sorte de statu quo qui résulte d’un lent processus de détérioration de l’institution qui remonte à plusieurs années. »

Dans son « Plan Bolivar 2000 », un programme de développement lancé en février 1999, Hugo Chavez a transféré à vingt-trois généraux des attributs assignés normalement aux gouverneurs des Etats. Chargés de projets de reconstruction et d’infrastructures, ils se sont arrogé des fonctions exécutives. D’autres gradés se sont vus attribués des budgets publics. Très vite, des cas de corruption ont commencé à être pointés du doigt. Selon un rapport du Contrôleur général, sur les 74 généraux concernés par le plan, vingt et un ont été impliqués dans des affaires de détournement d’argent.

Patronage militaire

Hugo Chavez a laissé faire. Par tactique, dit-on. Par crainte aussi. Le 11 avril 2002, la tentative avortée de coup d’Etat contre lui marque le véritable début du « processus de détérioration de l’armée », souligne Sebastiana Barraez. C’est à partir de cette date que le « commandante » s’entoure massivement de généraux, selon le seul critère de la loyauté. « Afin d’éviter toute nouvelle surprise, dit-elle, il choisit ses fidèles, au détriment des plus qualifiés. »

Après le décès de Chavez en 2013, Nicolas Maduro, l’héritier, n’a de cesse de conforter l’emprise des militaires. Plusieurs centaines de cadres de l’armée sont placés à des postes-clés. Le nombre des généraux passe à 1 200 – quasi le double du nombre recensé dans toute l’armée des Etats-Unis. Ils sont nommés à la tête des secteurs les plus rentables de l’économie : le pétrole, les activités minières et les importations de nourriture.

En 2017, près de la moitié des ministres importants du gouvernement Maduro sont des généraux. Aujourd’hui, ils ne représentent plus qu’un quart : « Il n’y a plus d’argent dans les ministères, cela ne les intéresse plus », explique Rocio San Miguel, spécialiste des questions militaires à Caracas. Une allusion à la crise vertigineuse qui frappe le pays.

Crise d’autant plus inquiétante pour le régime que les nouvelles sanctions économiques annoncées par les Etats-Unis s’apprêtent à frapper encore plus durement ce patronage militaire, notamment chez PDVSA, autrefois une des cinq plus grandes compagnies pétrolières au monde, présidée depuis deux ans par le général Manuel Quevedo et dont 7 milliards de dollars d’actifs (6,2 milliards d’euros) viennent d’être gelés.

Tensions croissantes au sein des casernes

Il n’empêche. Selon l’experte Rocio San Miguel, il n’y a pas de signe d’un soulèvement de l’armée. « Pour l’heure, ils ne montrent pas qu’ils vont abandonner Maduro », avance-t-elle. « L’armée a tendance à s’orienter vers de véritables alternatives de pouvoir, tempère prudemment Sebastiana Barraez. La question est de savoir si Guaido incarne véritablement cette alternative et je pense que la réponse, pour la première fois depuis longtemps, est oui. »

La spécialiste en veut notamment pour preuve cette proposition d’amnistie agitée par l’opposition, qui semble marquer les esprits et attirer certains militaires : « Cette proposition est importante car elle établit pour la première fois un pont entre les militaires et les civils qui s’opposent à Maduro. Toutefois, elle ne suffit pas à cause de la fragilité même de l’armée. Les divisions sont trop marquées pour les faire basculer dans un sens ou dans l’autre. »

La menace de poursuites que font peser les Nations unies à l’encontre des militaires soupçonnés d’avoir participé aux centaines d’exécutions arbitraires peut avoir des effets contradictoires. Les accusations portées contre de nombreux officiers impliqués dans le trafic de drogue et la contrebande sont aussi de nature à rendre difficile toute évolution.

D’un autre côté, les récits de cas de tortures contre les soldats critiques envers le régime semblent se multiplier ces dernières semaines. Les témoignages pointant la surveillance toujours plus étroite du Sebin, le service de renseignement bolivarien, et l’omniprésence de cadres cubains, viennent, eux, jeter une lumière crue sur les tensions croissantes au sein des casernes.

« Un quotidien dramatiquement affecté par la crise »

Ce n’est donc pas un hasard si Nicolas Maduro multiplie les visites à la troupe. Il s’est rendu au Fort Paramacay à Carabobo, où en août 2017 s’est produit un soulèvement armé. Fin janvier, il était sur une base de l’Etat d’Aragua. Et ce dimanche, il a donné le coup d’envoi de cinq jours de manœuvres à grande échelle afin de préparer le pays, dit-il, contre toute invasion étrangère. Comprendre l’éventualité d’une intervention des Etats-Unis, agitée par Donald Trump, et l’entrée au Venezuela de denrées et de médicaments, qui commencent à être stockés aux portes du pays à la demande de l’opposition.

Cette aide humanitaire est désormais au centre de la lutte entre le régime et les mouvements de contestations. Un bras de fer qui se situe au niveau des forces armées : « Une partie des militaires sont contre l’aide car cela signifierait l’entrée dans le pays d’agents étrangers, souligne Sebastiana Barraez, avant d’ajouter : Mais une majorité des soldats ne la refuse pas pour la simple raison que leur quotidien est lui-même dramatiquement affecté par la crise. »

Aux dernières nouvelles, les obstacles placés sur les routes d’accès à la frontière par le régime auraient été levés au sud-est du pays, à proximité du Brésil.

13 février 2019

Musée de la Libération (bientôt place Denfert-Rochereau)

Le musée de la Libération s'installe fin août place Denfert-Rochereau à Paris

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

Un futur nouveau musée de la Libération fera plonger ses visiteurs à vingt mètres de profondeur, jusqu'au QG du colonel Rol-Tanguy. Une prouesse architecturale sur la place Denfert-Rochereau, qui offrira un parcours chronologique sur la guerre et la Résistance à Paris.

Le nouveau musée de la Libération sera inauguré le 25 août. 75 ans plus tôt, la 2e division blindée du général Philippe Leclerc de Hautecloque arrivait porte d'Orléans, traversait la place Denfert-Rochereau, en route vers la gare Montparnasse.

"Alors que l'Europe est chancelante sur ses valeurs, que la France est secouée par des actes antisémites, ce musée rappelle qu'on ne badine pas avec l'Histoire", a déclaré l'adjoint à la Culture de la Ville de Paris Christophe Girard aux journalistes venus visiter le chantier.

2.500 m2, dont une galerie couverte d'une verrière, vont permettre aux visiteurs de s'imprégner des ambiances de la débâcle, de l'Occupation, de la Résistance clandestine, jusqu'aux dunes de Libye où le général Leclerc a combattu.

Dans les anciens pavillons de l'Octroi

Le nouveau musée portera le nom de "Musée de la libération de Paris-Musée général-Leclerc-Musée Jean Moulin", un nom long qui exprime l'intention des concepteurs de faire entendre les témoignages d'un officier débarqué avec les alliés et d'un résistant de l'intérieur, deux hommes qui ne se connaissaient pas et qui, par leur parcours, n'avaient rien en commun sauf d'avoir refusé la logique de l'armistice.

Accueilli dans les anciens pavillons de l'Octroi construits par l'architecte du XVIIIe Claude-Nicolas Ledoux, le musée, qui abritera 300 objets, documents et photographies, est une prouesse lumineuse et aérée de Christophe Batard, architecte en chef des Monuments historiques, tant les espaces étaient sombres et compartimentés.

Le musée sera conçu "selon une hiérarchie des espaces et des volumes", avec les sensations d'étouffement ou de libération qu'ils provoqueront, a expliqué la directrice Sylvie Zaidman.

Un musée plus visible que le précédent

A l'issue d'un parcours chronologique et didactique, sur fonds colorés différents -gris pour la Résistance, vert de gris pour l'Occupation-, conçus par la scénographe Marianne Klapisch, ce sera la première fois que le PC de Rol-Tanguy sera accessible à des visiteurs par groupes de vingt, au bas d'une centaine de marches.

Une armoire rouillée, les inscriptions d'époque "PC Rol-Tanguy", "Secrétariat" y avoisinent des tags récents. Cet abri anti-aérien avait été installé dès 1938 pour l'administration, et les Forces françaises de l'intérieur y avaient installé leur QG les 19-20 août 1944.

Ce sera la première fois que ce site historique sera ouvert au public.

La mairie de Paris voulait un musée de la Libération plus visible que le précédent. Celui-ci, ouvert de 1994 à 2018 sur la dalle au-dessus de la gare Montparnasse, n'avait jamais dépassé les 14.000 visiteurs annuels, surtout des groupes scolaires de province.

13 février 2019

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