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Jours tranquilles à Paris

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8 mars 2018

Chine : le « mandat à vie » de Xi Jinping réveille les envies d’exil

Par Brice Pedroletti, Pékin, correspondant - Le Monde

La perspective d’une suppression de la limite du double mandat a ravivé des peurs. Les demandes auprès des services d’émigration se multiplient.

LETTRE DE PÉKIN

Le mot « yimin », c’est-à-dire émigrer, a atteint un pic de consultations sur le moteur de recherche chinois Baidu, dans les heures qui ont suivi l’annonce par le parti communiste, le 25 février, qu’un amendement proposé à la constitution supprimerait la limite du double mandat pour le président de la République populaire, Xi Jinping. Amendement que le Parlement chinois devra entériner lors de l’Assemblée nationale populaire (ANP), qui réunissait ses 3 000 délégués à partir du lundi 5 mars.

La contrainte de deux mandats avait donné jusqu’à présent une flexibilité unique à la dictature « aux caractéristiques chinoises » : pour répressif qu’y est l’état policier, les citoyens chinois étaient assurés de changer de dirigeant suprême tous les dix ans. Une sorte d’alternance prévisible, qui mettait de l’huile dans les rouages de la machinerie politique chinoise. En modifiant radicalement ce statu quo, Xi Jinping, dont le premier mandat a conduit à une consolidation sans précédent de son pouvoir, a tout à coup réveillé les peurs endormies de nombreux Chinois.

Les internautes qui, les premiers, ont tapé « yimin » dans les statistiques de recherche de Baidu et en ont diffusé les résultats, ont déclenché une jolie pagaille : Baidu a fini par désindexer toute recherche liée au mot, qui s’est retrouvé censuré par moments sur Weibo, le Twitter chinois, parmi une centaine d’autres expressions associées aux ambitions de règne impériale du secrétaire général Xi, âgé de 64 ans. Toute la semaine, les officines qui proposent aux Chinois, surtout les plus aisés, des formules d’émigration clés en main (notamment via les programmes d’investissement, comme aux Etats-Unis) disent avoir été beaucoup plus sollicitées que d’habitude. « On a beaucoup plus de demandes », confirme un consultant à Chengdu. Il préfère ne pas parler au téléphone – le sujet est devenu « trop sensible ». Il annulera au dernier moment notre rendez-vous.

Une consultante pékinoise interrogée par Radio Free Asia affirme avoir vu le nombre de demandes passer de 10 à 20 par jour à 30, voire 50. Selon elle, « beaucoup de choses dans ce pays vont être affectées [par cette décision], ça a donc généré un peu de panique chez des gens dans les affaires, mais aussi certains à des postes de gouvernement ». L’un des motifs qui retient, selon les enquêtes, certaines personnes d’émigrer, est justement la longue liste d’attente et les tracasseries bureaucratiques. Autant donc s’y mettre avant tout le monde, ont pensé certains.

Hémorragie de résidents

Les Chinois sont environ 10 millions à vivre en dehors de leur pays (sans compter la diaspora historique de citoyens d’ethnie chinoise à travers le monde, qui approcherait les 50 millions d’individus). Moins que les Indiens (17 millions), mais beaucoup quand même pour un pays qui ne produit quasiment plus d’émigrés économiques, et beaucoup moins d’émigrés politiques que dans les années les plus turbulentes du maoïsme ou de l’après-Tiananmen. Les sondages récents donnent comme raisons premières d’émigration l’éducation et la pollution.

« Je pars aux Etats-Unis. Ma fille accouche là-bas », nous annonça l’an dernier la femme de ménage au long cours des locaux du Monde à Pékin – elle dépoussiérait déjà les bureaux de nos deux prédécesseurs. La famille a payé près de 30 000 euros une officine qui vous arrange l’hospitalisation dans une maternité américaine. Le nouveau-né aura donc un passeport américain. « Comme ça, il pourra plus facilement aller dans une université américaine ! », se félicite la bonne madame Yang. Voici donc cette Pékinoise distinguée mais handicapée par les bouleversements politiques de sa jeunesse embarquée pour son premier voyage à l’étranger, vers un pays dont elle ne parle pas un traître mot.

CETTE POUSSÉE CENTRIFUGE VERS L’EXIL SE FAIT SENTIR ENCORE PLUS CLAIREMENT À HONGKONG

La course à l’éducation est une obsession en Chine. Or, les Chinois formant déjà le premier contingent d’étudiants étrangers aux Etats-Unis, avec près de 320 000 d’entre eux, beaucoup craignent qu’il soit de plus en plus difficile d’en faire partie. Le ministère de l’éducation chinois a dénombré 544 000 étudiants chinois dans le monde en 2016, trois fois plus qu’en 2008.

Avec l’élévation du niveau de vie, mais aussi l’inquiétude face au retour du politique dans le système éducatif sous Xi Jinping, on y envoie ses rejetons à l’âge du collège et du lycée. C’est le cas de nombreux dissidents, soucieux de mettre leurs enfants à l’abri tant la police politique n’hésite pas à leur créer des ennuis, en bloquant parfois leur inscription à l’école. Le fils de 16 ans de l’avocate Wang Yu fut ainsi empêché de partir à l’étranger en 2015, lors de son arrestation. Placé sous surveillance, il servit à la police de levier pour obtenir d’elle des « aveux télévisés » entièrement fabriqués. Il a pu gagner l’Australie l’an dernier, mais sa mère s’inquiète de nouveau pour sa sécurité depuis le scandale des manœuvres souterraines chinoises dans ce pays.

Cette poussée centrifuge vers l’exil se fait sentir encore plus clairement à Hongkong. L’ancienne colonie britannique avait connu une hémorragie de ses résidents juste avant la rétrocession de 1997. Mais la situation s’était ensuite stabilisée. La reprise en main brutale des aspirations de la jeunesse hongkongaise à la démocratie sous Xi Jinping a changé la donne. 24 300 Hongkongais ont quitté la région administrative spéciale en 2017, le chiffre le plus élevé depuis 2012. La plupart disposaient de spécialités convoitées en Occident – ce qui a même conduit à une pénurie de médecins et d’infirmières à Hongkong.

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8 mars 2018

Gérard Garouste - Galerie Daniel Templon

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8 mars 2018

Livr’à Vannes dévoile les premiers noms d’auteurs

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De gauche à droite et de haut en bas : Michael Lonsdale. Régis Wargnier, le réalisateur d’« Indochine », Oscar du meilleur film étranger en 1993, a publié son premier roman, « Les Prix d’excellence ». Didier Decoin, scénariste et écrivain français récompensé du prix Goncourt en 1977 pour « John l’Enfer » sera le président d’honneur. Cela faisait plusieurs années que les organisateurs de Livr’à Vannes voulaient inviter Katherine Pancol. C’est chose faite. L’ancien juge antiterroriste, Marc Trévidic sera présent. Il est, depuis 2015, premier vice-président au tribunal de grande instance de Lille.

Le salon du livre se déroulera du 8 au 10 juin. A cent jours de l’événement, les premiers auteurs, dont une dizaine viendra pour la première fois, sont connus.

Des auteurs inédits

Le salon Livr’à Vannes est bien ancré dans la saison littéraire. A tel point que, selon son président Patrick Mahé, « nombre d’auteurs demandent de réserver leur présence d’une année sur l’autre. C’est un salon qui compte désormais dans le paysage littéraire français ». Pour autant, la volonté affichée est aussi d’apporter chaque année des nouveautés, avec notamment, pour cette 11e édition, la présence d’ores et déjà assurée, d’une dizaine d’auteurs. Parmi lesquels, Katerine Pancol, « que l’on voulait avoir depuis la création du salon mais qui nous échappait. Elle sera bien là cette année », s’en félicite Sylvie Rostain, directrice artistique de Livr’à Vannes. Parmi les bizuts, citons également Patricia Darré, Philippe Jaenada (déjà venu en 2012), Michaël Lonsdale, Tobie Nathan, Olivier Norek, Véronique Olmi, Pierre Péan, Marc Trévidic, Régis Wargnier…

Un triptyque made in Breizh

Afin de renforcer la visibilité et la notoriété de Livr’à Vannes, salon du livre généraliste, l’événement est néanmoins structuré autour de trois thèmes majeurs propres à la Bretagne : la mer, la terre et le vent. Ce qui permet d’asseoir la sélection des 220 auteurs et de construire la programmation culturelle périphérique de la manifestation : conférences, débats, rencontres et cafés littéraires.

Parrains et président d’honneur

La fidélité est une marque de fabrique du salon. Ainsi, si les auteurs demandent pour la plupart à y revenir, les organisateurs ne sont pas en reste, puisque depuis sa création, ils renouvellent leur confiance aux écrivains bretons Yann Queffélec et Irène Frain, qui en seront cette année encore les parrains.

Quant au président d’honneur, après Jean-Christophe Ruffin l’an dernier, c’est au tour de Didier Decoin, prix Goncourt 1977, d’endosser cette responsabilité.

Vannes sur la seconde marche

Avec 27 000 visiteurs, Livr’à Vannes a acquis, en dix ans, une renommée dans le monde de l’édition. Il se classe ainsi, par sa qualité et sa fréquentation, à la seconde place des événements de ce type en Bretagne historique, derrière Saint-Malo (Étonnants Voyageurs) et devant Carhaix, Festival du livre en Bretagne (strictement dédié à la littérature bretonne) et Guérande, avec son Festival du livre en Bretagne, « petit frère » de celui de Carhaix.

Renforcer la notoriété du prix

Lors du salon, trois prix littéraires sont remis : A Vro (le pays, la Bretagne) ; Ar Mor (la mer) et An Avel, (le vent, l’air du temps). Enfin, depuis l’an dernier, le Prix littéraire de la ville de Vannes récompense le roman français de la saison littéraire. Sa sélection est une invitation à la découverte et à la lecture d’auteurs et de romans d’expression française, publiés en France entre septembre 2017 et mars 2018. « Notre volonté est de lui donner une plus grande notoriété », concède Patrick Mahé, président du salon Livr’à Vannes. Particularité néanmoins de la manifestation vannetaise, par rapport à Étonnants Voyageurs notamment : l’accès au salon est entièrement libre et gratuit pour les visiteurs.

Les librairies présentes

Désormais, les librairies vannetaises sont partenaires de l’événement. Il s’agit des trois généralistes (Cheminant, Le Silence de la Mer et l’Archipel des Mots) et deux spécialisées (Lenn ha Dilenn et le Jardin des Bulles). Les cinq librairies sont ainsi associées à la construction de la programmation des journées du salon. Elles présentent également, sur leur site, leurs catalogues et assurent les ventes.

Patrick CROGUENNEC.

8 mars 2018

Photo : David Bellemere

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8 mars 2018

Conchita Wurst par Pierre et Gilles

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8 mars 2018

IDF : une campagne pour lutter contre le harcèlement dans les transports

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Île-de-France Mobilités, la RATP et la SNCF ont lancé, lundi 5 mars, une campagne de sensibilisation contre le harcèlement sexiste et sexuel dans les transports en commun.

Une initative nécessaire, alors que neuf voyageuses sur dix déclarent avoir été victimes de harcèlement ou d'agression sexuelle dans les transports en commun, selon la SNCF. Un fléau que les organisateurs de cette campagne comptent bien prévenir en sensibilisant tous les usagers à signaler toutes les situations qui présentent un risque pour les voyageurs.

Jusqu'au 27 mars, les Franciliens pourront lire «Ne minimisons jamais le harcèlement sexuel. Victimes ou témoins, donnez l’alerte !» sur des affiches des couloirs du métro parisien ou sur les bus. Les affiches ont été pensées sur le même concept. Une femme tient une barre de métro dans un paysage naturel, et derrière elle, un animal sauvage, représentant le harceleur, est prêt à l’attaquer.

Un concept qui a suscité quelques critiques, soulignant que de mettre un animal sauvage à la place des hommes sur les affiches n'était pas la meilleure manière de faire en sorte que ces messieurs se sentent concernés.

8 mars 2018

Défilé CHANEL au Grand Palais - Fashion Week

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8 mars 2018

Vu sur internet - j'aime beaucoup

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8 mars 2018

Isabelle Huppert

huppert

8 mars 2018

Chronique : Slip ou caleçon ? Pochette plastique ou carton ?

Par Nicolas Santolaria - Le Monde

Au bureau, le quotidien du salarié est rythmé par la pensée binaire. Ce questionnement à choix restreint, qui simplifie à l’extrême toute la complexité de la vie, est censé faciliter la prise de décision.

Bien souvent, sur les coups de midi, s’élève dans les bureaux cette question binaire et stomacale : « Resto ou cantine ? » Si vous avez opté pour la première piste, une nouvelle interrogation vertigineuse s’ouvre sous vos pieds dans la seconde qui suit, comme la faille de San Andreas le jour du Big One : « Chinois ou jap’ ? » Après avoir choisi votre camp (allez, mettons, chinois pour aujourd’hui), et qu’en groupe vous rejoigniez Le Phénix de Canton, de nouvelles décisions stratégiques vous attendent : « Siège ou banquette ? », vous demande alors un collègue bien élevé. Avant de vous asseoir sur la banquette pour laquelle vous avez une préférence, vous vous dirigez d’un pas décidé vers la vitrine des plats chauds. Là, l’accorte restauratrice, n’ayant pas vu que vous étiez déjà installé, vous bombarde d’un : « Sur place ou a emporter ? » Vous aurez ensuite, très vraisemblablement, à trancher entre « riz ou nouilles ? », « fourchette ou baguettes ? », « perles de coco ou nougats au sésame ? ».

De retour dans l’open space, c’est un nouveau dilemme cornélien entre thé ou café qui vous attend. Café, donc. Après avoir ingurgité toutes ces boissons, auxquelles s’est ajouté l’effet diurétique de la Tsingtao de midi, vous êtes pris d’un besoin soudain de soulager votre vessie. Là, à l’entrée des toilettes, deux pictogrammes, « Homme » et « Femme », accentuent encore votre sentiment de déambuler sur les branches d’un arbre de décisions exagérément schématique. Vous optez donc, pour enrayer ce cauchemar dichotomique, pour la politique des toilettes inversées, prenant le parti de pousser la porte correspondant au genre qui ne vous a pas été assigné à la naissance. Comme en l’occurrence vous êtes un garçon et que vous êtes bien élevé, vous prenez soin de relever la lunette des WC. De retour dans votre espace de travail, le responsable des fournitures vous demande si vous voulez « des pochettes plastifiées ou cartonnées ? ».

VOUS VOUS RAPPELEZ SOUDAIN VOTRE ENTRETIEN D’EMBAUCHE : VOUS AVIEZ TROUVÉ TRÈS ÉTRANGE QU’ON VOUS DEMANDE AVEC INSISTANCE SI VOUS ÉTIEZ « PLUTÔT SLIP OU CALEÇON ? »

A force d’observer la récurrence de ces bifurcations cognitives à deux directions, vous vous dites que le fait de limiter ainsi la complexité des choix est certainement une stratégie managériale visant à enrayer l’usure psychologique liée à la prise de décision (la fameuse « décision fatigue », observée par Roy F. Baumeister, professeur de psychologie à l’université de Floride). Sous l’effet de cette phénoménologie basiquement fonctionnelle, vous en venez à vous demander si l’entreprise ne serait pas qu’un programme informatique géant, cascade ininterrompue de 0 et de 1, comme le découvre Neo dans la trilogie Matrix. Vous vous rappelez alors votre entretien d’embauche où vous aviez trouvé un peu bête – et à la fois très étrange – qu’on vous demande avec insistance si vous étiez « plutôt slip ou caleçon ? ». En fait, la question sous-jacente était : êtes-vous compatible avec l’omniprésence quotidienne de la pensée binaire, celle qui transforme n’importe quelle réalité complexe en un schéma simpliste ? Euh, ne sachant pas très bien quoi répondre à cette question compliquée, vous aviez décidé en dernier ressort de tirer à pile ou face…

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