« Pentagon Papers » : l’honneur journalistique par Spielberg
Depuis presque une décennie, Steven Spielberg semble avoir amorcé un voyage dans l’histoire du cinéma américain, ici le film journalistique que le cinéaste aborde sur son versant classique et populiste.
Encore jamais adapté au cinéma et précédant l’affaire du Watergate, les « Pentagon Papers » est le nom donné à un dossier classé secret-défense publié au tournant des années 1970 dans le Washington Post, qui n’était alors qu’un petit journal rêvant de devenir grand. Contenant trente ans de mensonges étatiques et des informations cruciales sur l’implication des Etats-Unis pendant la guerre du Vietnam, leur divulgation au peuple américain achèvera de détériorer le soutien de l’opinion publique à l’interventionnisme américain.
Cette histoire, que le film recentre sur une décision à prendre – faut-il ou non publier le scoop –, rencontre très naturellement le revirement classique du cinéaste. Cet épisode crucial de l’histoire de la presse américaine nous est conté d’abord à travers l’itinéraire de la directrice du Post, Katharine Graham, propulsée à la tête du journal après la mort de son père et le suicide de son mari. Toute la force émotionnelle de Pentagon Papers consiste à faire du film journalistique un écrin au splendide portrait de femme qui surgit silencieusement de l’arrière-plan et à sa lente conversion à ce mouvement euphorique du journalisme qui n’est autre que celui de la démocratie. Murielle Joudet
« Pentagon Papers », film américain de Steven Spielberg. Avec Meryl Streep, Tom Hanks (1 h 55).
« La Douleur » : un film majeur sur l’Occupation - vu ce soir
Quand est paru le livre La Douleur, au printemps 1985, le feuilletoniste littéraire de ce journal, Bertrand Poirot-Delpech, fut frappé par la « violence glaçante » de ces textes, une violence qui tenait à l’écriture de Marguerite Duras, mais aussi à l’assurance de véracité dont celle-ci avait accompagné la publication de l’ouvrage.
Le scénario de Finkiel combine les deux premiers textes du livre de Duras : le premier, intitulé La Douleur, est le récit de l’attente du retour de Robert Antelme, le mari de l’écrivaine, arrêté et déporté juste avant la Libération ; le second, Monsieur X. dit ici Pierre Rabier raconte le commerce forcé qu’entretint Duras avec un agent français de la Gestapo, dans l’espoir d’obtenir des informations sur le sort de son mari.
Ce matériau compact, qui semblait impossible à travailler, s’est déployé pour devenir un film d’une beauté un peu sévère, d’une délicatesse qui rend justement accessible la « violence glacée ». Cette voix si reconnaissable qu’on entendait à chaque page du livre est devenue celle d’une autre – la Marguerite qu’incarne, avec une puissance jusqu’ici insoupçonnée, Mélanie Thierry. Thomas Sotinel
« La douleur », film français d’Emmanuel Finkiel, avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay, Grégoire Leprince-Ringuet (2 h 06).
Crues : la Seine a atteint son pic à Paris et amorce une lente décrue
La Seine a atteint à Paris son pic de crue, lundi 29 janvier, loin du record historique, et la décrue s'annonce très lente. Les riverains devront s'armer de patience pendant plusieurs jours encore avant un retour à la normale. La crue a culminé à 5,84 m dans la capitale, soit moins qu'en juin 2016 (6,10 m), selon l'organisme de surveillance Vigicrues.
Une amorce de décrue à partir de mardi. "C'est une crue très lente, donc on ne peut pas parler de pic. On préfère dire que le plateau a atteint son maximum. Il va perdurer toute la journée de lundi avant d'amorcer une descente mardi", a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'organisme de surveillance Vigicrues, Rachel Puechberty. Le pire est donc évité cette fois-ci, à savoir le scénario catastrophe d'une crue historique comme celle de 1910, où la Seine avait atteint 8,62 m à Paris. Mais les interrogations demeurent sur les dégâts potentiels pour la région parisienne.















