Prix Lumières : «Elle» plébiscité par les journalistes étrangers en poste en France
De bon augure en vue des César pour lesquels il a reçu onze nominations ? Elle de Paul Verhoeven a été plébiscité lundi par les journalistes de la presse étrangère en poste en France qui ont voté pour décerner les Prix Lumières. Le long-métrage, déjà récompensé aux Golden Globes (meilleur film étranger et meilleur actrice dans un drame) est reparti du théâtre de la Madeleine où se déroulait la cérémonie, avec les trophées des meilleurs film, réalisateur et actrice pour Isabelle Huppert.
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Soutenir Benoît Hamon ou rejoindre Emmanuel Macron : le dilemme qui divise les socialistes
"La gueule de bois." Dans son dernier meeting de campagne, jeudi 26 janvier à Alfortville (Val-de-Marne), Manuel Valls avertissait ainsi les socialistes, à quelques jours d'une probable victoire de Benoît Hamon : "Je ne veux pas que lundi, il y ait la gueule de bois." En vain. Dimanche 29 janvier, l'ancien ministre de l'Education nationale a nettement remporté la primaire de la gauche et, depuis, toute une partie de l'appareil socialiste se sent déboussolée. Comment soutenir Hamon, un des frondeurs en chef du quinquennat, quand on a été un député loyal à Hollande et au gouvernement ? Comment faire la campagne de la figure de l'aile gauche du PS, quand on se revendique de la social-démocratie ? Faut-il rejoindre Macron, quitte à trahir son parti ?
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François Fillon, seul dans son calvaire
Peu soutenu, la faute à une vision solitaire de la politique, le candidat LR a été convoqué par le parquet financier. Lundi, le nom de François Baroin circulait comme possible recours.
Les auditions s’enchaînent dans le cadre de l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs de Penelope Fillon comme assistante parlementaire, notamment de son mari, et à la Revue des Deux Mondes. Le couple a été entendu séparément lundi après-midi. Cette enquête préliminaire a été ouverte par le parquet national financier à la suite des révélations du Canard enchaîné mercredi, «pour des faits présumés de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel». Le lendemain, Antonin Lévy, avocat du couple, avait déposé des documents à la justice. Les enquêteurs ont aussi auditionné ce lundi Marc Ladreit de Lacharrière, le milliardaire propriétaire de la Revue des Deux Mondes et proche de Fillon. L’ancien directeur de la revue, Michel Crépu, avait déjà été entendu, tout comme Christine Kelly, auteure d’une biographie de Fillon et qui a fait savoir qu’elle a reçu des pressions.
La tempête n’en finit pas de souffler. Même s’ils protestent qu’ils n’ont aucun doute sur la capacité de leur candidat à surmonter le chemin de croix qui lui est infligé, les fillonistes sont bien obligés de reconnaître que le danger est encore loin d’être écarté. Lundi, tandis que François Fillon était entendu avec son épouse, Penelope, par le parquet financier, certains se laissaient aller à confier leurs regrets, au lendemain du grand meeting qui n’aura que partiellement réussi à ressouder une famille politique saisie par le doute. Au premier jour d’une semaine à haut risque, les spéculations sur un empêchement ont repris de plus belle, le nom de François Baroin revenant avec insistance dans les conversations sur un éventuel plan B.
«Fillon paie son tempérament solitaire, se désole un cadre du parti Les Républicains. Il a beaucoup d’amis qui croient vraiment en lui, qui lui reconnaissent la stature d’un président de la République. Mais pourquoi faut-il qu’il cultive à ce point le secret ?» Son épouse, assistante parlementaire ? Quasiment personne n’était au courant, même ses plus proches conseillers, même les amis politiques du premier cercle qui l’accompagnent depuis plusieurs décennies.
Pendant toute sa longue carrière, Fillon s’est tenu à distance de ses compagnons. Contrairement aux chiraquiens qui cultivaient la chasse en meute et la franche camaraderie, il a maintenu aussi étanche que possible la frontière entre vie politique et vie privée. Contrairement à Sarkozy, il n’a jamais «traité» ses amis politiques en les recevant à sa table, en prenant des nouvelles des enfants, en les consultant régulièrement.
Cette pénible histoire, il devait pourtant bien se douter qu’elle pouvait un jour ou l’autre devenir publique.
Occasion.Il aurait pu s’alarmer en octobre 2013, quand Mediapart a révélé que la discrète épouse du ministre de l’Agriculture, Pauline Le Maire, avait occupé un emploi d’assistante parlementaire à plein temps entre 2007 et 2013. Le député de l’Eure avait mis fin à son contrat à l’été 2013, peu avant que la loi sur la transparence de la vie publique, votée en septembre, impose la publication des noms de tous les collaborateurs des députés. C’est aussi à cette date que la tout aussi discrète Penelope Fillon a cessé son activité. Alors que le débat sur les emplois familiaux prospérait à faible intensité, l’ex-Premier ministre tenait là une excellente occasion de rendre lui-même publique cette collaboration passée, susceptible de le gêner dans son ambition présidentielle. Il aurait pu invoquer des pratiques anciennes, devenues inacceptables après avoir été longtemps tolérées. C’est en tout cas le bon conseil qu’auraient pu lui donner ses plus fidèles amis. «Il aurait pu aborder la question dans son livre», ajoute un député LR. Encore eût-il fallu qu’ils soient mis au courant…
«Fardeau».Lundi matin, sur France Inter, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a dégainé l’argument de la tradition : à trois mois des élections, après «trente ans de vie exemplaire», François Fillon devrait «porter sur ses épaules tout le fardeau des pratiques des parlementaires de la Ve République ?» s’est-elle indignée. Alors que chacun guette les prochaines révélations sur les activités professionnelles de Penelope Fillon, cette défense tardive n’a plus guère d’efficacité.
Alain Auffray (Libération)



