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L'actrice Emmanuelle Riva, Césarisée pour son rôle dans "Amour", est morte à l'âge de 89 ans
L'actrice Emmanuelle Riva est morte à l'âge de 89 ans, vendredi 27 janvier, a appris le service culture de franceinfo. Elle était atteinte d'un cancer depuis quatre ans, explique Le Monde. La comédienne est connue pour ses rôles dans Hiroshima mon amour, d'Alain Resnais, et Amour, de Michael Haneke, pour lequel elle avait reçu un César en 2013. Elle avait également reçu le prix Marguerite Duras pour l’ensemble de sa carrière, et ceux de la meilleure actrice du prix du cinéma européen et des British Academy Film Awards (Bafta).
C’était Riva la discrète
Révélée par « Hiroshima mon amour » mais tardivement couronnée, Emmanuelle Riva vient de s’éteindre à l’âge de 89 ans. Cette actrice exceptionnelle a toujours fui les feux de la rampe.
Le Feu des miroirs », « Juste derrière le sifflet des trains », « l’Otage du désir »…. Des titres de films ? Non : ceux des recueils de poésie qu’a publiés l’actrice Emmanuelle Riva dont on a appris hier le décès, vendredi après-midi, à l’âge de 89 ans. L’actrice révélée en 1959 dans « Hiroshima mon amour », d’Alain Resnais, a succombé à un cancer contre lequel elle luttait avec discrétion depuis quelques années.
Née à Cheniménil, dans les Vosges, où s’étaient posés ses parents d’origine italienne, Paulette Riva, destinée à devenir couturière, s’est d’abord dépêchée de changer de prénom et de peau pour aller suivre à Paris les cours de la rue Blanche. Le cinéma et le théâtre se sont précipités vers cet ange blond au physique sagement hollywoodien avec un soupçon d’Hitchcock, qui portait ses choix vers des œuvres plus proches de la blessure que de la galéjade.
Au début des années 1960, sa carrière a très vite reposé sur de solides piliers : « Léon Morin, prêtre », de Jean-Pierre Melville, « Thérèse Desqueyroux » et « Thomas l’imposteur » de Georges Franju ou ces « Risques du métier » d’André Cayatte dans lequel elle incarnait aux côtés de Jacques Brel l’épouse d’un instituteur accusé de pédophilie.
Un César et une nomination aux Oscars pour son rôle dans « Amour »
Contrairement à ce qui prévaut dans le septième art, Riva ne cherchait ni la lumière ni l’exposition aux foules. C’était une discrète qui privilégiait, comme on protège du vent la flamme d’une bougie, le feu qui l’animait. Un oiseau sauvage aussi, qui, confiante en son destin, semble avoir malicieusement attendu la dernière ligne droite pour parapher sa postérité. Le réalisateur autrichien Michael Haneke lui en a ouvert grand les portes avec « Amour », l’un de ses films les plus radicaux, Palme d’or à Cannes en 2012. Emmanuelle Riva y joue une professeur de piano mariée à Jean-Louis Trintignant, victime d’un double AVC et que son mari finira par étouffer. La comédienne, nommée aux Oscars pour ce rôle, a récolté en 2013 le César de la meilleure actrice et le Bafta, son équivalent britannique, avant d’être couronnée meilleure actrice européenne. Rattrapée par la maladie, elle aura jusqu’au bout continué à fréquenter les plateaux, tournant un film l’été dernier en Islande, incapable de laisser s’éteindre aussi facilement « le feu des miroirs ». Article de Pierre Vavasseur




















