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Jours tranquilles à Paris

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16 décembre 2015

Vive la France

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16 décembre 2015

Exit...

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16 décembre 2015

« Le Grand Jeu » : les pulsions secrètes du pouvoir

A la vision du Grand Jeu, premier long-métrage de l’ex-journaliste Nicolas Pariser, on se demande pourquoi le cinéma français, qui ressasse tant les mêmes sujets, ne va pas plus souvent puiser ceux-ci dans les affres du monde politique, cette intarissable réserve d’histoires collectives et de passions individuelles. Avec son cortège d’alliances et de trahisons, de combinaisons et d’intérêts, de bruits et de couloirs, de coups de poignard et de théâtre, de proies et d’ombres, « l’échiquier » fait turbiner la machine romanesque à plein régime. Mais en France, à de rares exceptions près (récemment Pater, d’Alain Cavalier, L’Exercice de l’Etat, de Pierre Schoeller, sortis en 2011), et contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, on ne met pas en scène le sommet de l’Etat, peut-être parce que celui-ci s’en charge très bien tout seul, et qu’il n’y a, de toute façon, pas lieu de rivaliser avec lui en la matière.

Or, si Nicolas Pariser, visiblement travaillé par la question, trouve une prise sur la République, cette « chose » centrale mais invisible, c’est justement moins en termes de représentation (quel visage lui donner) qu’en termes de fiction (les histoires qu’elle génère). Déjà, dans un précédent moyen-métrage, le bien nommé La République (prix Jean-Vigo 2010), le réalisateur imaginait, autour d’un personnage de jeune député, quelles tractations pourraient se tramer si le président de la République venait à mourir en plein mandat. Il lui suffisait alors de peu – les quatre murs d’une chambre d’hôtel, quelques hommes en costume cravate – pour suggérer ces coulisses inaccessibles où le pouvoir se distribue. La parole, à travers des dialogues ciselés et brillamment interprétés, jouait le rôle essentiel de solidifier ce petit théâtre d’arrière-salles, en nommant tout ce que l’image ne pouvait montrer (l’extériorité officielle du jeu politique).

L’objectif du film n’est pas tant de retracer ces événements, à la façon d’une relecture à chaud de l’actualité, que d’en faire le marche­pied d’un thriller politique

Le Grand Jeu reprend ces recherches sur les mots et les choses, étendant leur fermentation romanesque à l’échelle d’un long-métrage. Pierre Blum (Melvil Poupaud), écrivain jadis prometteur mais improductif depuis quinze ans, est approché par Joseph Paskin (André Dussollier), un barbouze doucereusement inquisiteur, qui lui passe la commande d’un curieux ouvrage anonyme. Un « appel à l’insurrection » s’inscrivant dans une stratégie pour décrédibiliser le ministre de l’intérieur, son ennemi politique, mais qui, en même temps, entraîne le romancier à déterrer les idéaux enfouis, voire les fréquentations, d’une jeunesse militante passée dans les milieux d’extrême gauche. La manœuvre est bientôt déjouée par une violente riposte du camp ministériel : Pierre, impliqué jusqu’au cou, se retrouve seul et physiquement menacé, contraint de fuir Paris pour se réfugier à la campagne, dans une ferme que gère un groupuscule altermondialiste, sous le coup d’une imminente rafle policière.

Le récit est inspiré de plusieurs faits-divers ayant émaillé le cours de la Ve République, dont le plus évident et le plus récent serait « l’affaire de Tarnac », lors de laquelle Julien Coupat, présenté comme un activiste de l’ultra-gauche, fut accusé d’avoir saboté des voies de chemin de fer à Dhuisy (Seine-et-Marne), acte prétendument prémédité dans l’essai L’Insurrection qui vient, du mystérieux Comité invisible. Cela dit, l’objectif du film n’est pas tant de retracer ces événements, à la façon d’une relecture à chaud de l’actualité, que d’en faire le marche­pied d’un thriller politique, explorant les relations troubles entre le pouvoir et les médias. Un thriller qui, pour une fois, nous ferait perdre nos repères ordinaires, non par la montée graduelle d’une tension paranoïaque, mais par une étonnante atténuation, un brouillage temporel qui recouvre peu à peu le sens et la lisibilité du monde.

Brouillage

A travers cette rencontre entre politique et littérature, le langage, objet premier de Nicolas Pariser, participe de ce brouillage par les registres qu’il entremêle : le cynisme mélancolique de Pierre, le pragmatisme manipulateur de Joseph, le militantisme des « alter » ; chaque discours semble régler ses comptes avec une croyance impossible et se prendre, du même coup, les pieds dans leur interprétation des forces politiques en jeu.

Ainsi, l’histoire de Pierre, présentée comme vivant à côté de sa propre existence (négligé, inactif), n’est pas seulement celle d’un homme rattrapé par son passé politique, mais aussi celle d’un professionnel des mots qui cherche tout bêtement à transmettre un message d’amour (à son ex-femme, remariée), dans un monde saturé par l’interférence des discours et des objectifs qu’ils recouvrent. Ces interférences, c’est précisément ce dont parle Joseph, lorsqu’il déclare, à un moment où tout semble perdu pour lui : « Aujourd’hui, on vit et on meurt à l’intersection de nombreux mystères. »

Main invisible

Nicolas Pariser filme cette intersection avec une élégance toute classique, une belle fluidité narrative, tirant le meilleur parti de ses comédiens, excellents. Et quelle est-elle, cette intersection, sinon la brèche à travers laquelle se glisse une main invisible capable d’actionner la société, de soulever le monde, et que Balzac appelait à juste titre « L’Envers de l’histoire contemporaine » ? Voilà ce qui intéresse le film au plus haut point : l’invisibilité du pouvoir, sa pulsion secrète. Ces forces intimes ou gouvernementales, qui n’ont pas de nom, pas de visage, mais qui pourtant agissent, le plus souvent à notre place, et dont nous sommes les dupes. Ce en quoi Le Grand Jeu n’est pas directement politique, construisant plutôt une position de biais, de laquelle on peut éprouver le mouvement du pouvoir.

Sans doute regrettera-t-on qu’en son milieu le film change de braquet, et cède à une histoire d’amour plus rebattue (Pierre s’éprend d’une jeune militante, Laura, jouée par Clémence Poésy), s’affaissant dans les plaines de campagne et les petits jours écrus, alors que les reflets urbains semblaient mieux convenir à sa tension dérivante. C’est pourtant là qu’arrive le plus beau plan du film, une longue discussion dans la pénombre entre Pierre et Laura : plus ils parlent de militantisme, plus ils tombent amoureux l’un de l’autre. Les arguments politiques se mêlent indistinctement à la séduction tandis que leurs silhouettes s’enfoncent dans la nuit. A ce moment-là, Pierre n’entrevoit pas encore que les doux yeux de la jeune fille contiennent plus de dureté, de détermination et de danger que tous les services secrets réunis.

16 décembre 2015

David Lachapelle (photographe)

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16 décembre 2015

Extrait d'un shooting - femme cagoulée

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16 décembre 2015

Exposition : derniers jours

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15 décembre 2015

PARIS, je t'aime !

15 décembre 2015

Le Pape François...

15 décembre 2015

Justice : le démontage de la statue Jean-Paul II de Ploërmel annulé

Comme le lui avait préconisé le rapporteur public le 24 novembre, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé mardi le jugement du tribunal administratif de Rennes qui avait ordonné en avril dernier à la ville de Ploërmel (Morbihan) de démonter sa statue monumentale de l'ancien pape Jean-Paul II.

Les juges rennais avaient été saisis par la fédération de la Libre Pensée, une association de « défense de la liberté de conscience », et par Raymonde Protin et Gilles Kerouédan, deux habitants de la commune. Ils avaient alors annulé le « refus implicite » de la Mairie de retirer cette statue de 7,50 m de haut, et l’avaient enjoint de s’exécuter sous six mois.

La requête aurait dû viser la délibération initiale

Toutefois, leurs homologues nantais ont considéré que la requête aurait dû viser la délibération initiale du conseil municipal de Ploërmel, autorisant en 2006 l’installation de la statue, et non le « refus implicite » du maire de l’enlever.

« La Cour a estimé que les demandes [...] tendaient implicitement, mais nécessairement, à l‘abrogation de la délibération du conseil municipal [...], devenue définitive », estime la juridiction dans un communiqué de presse."

« Elle a donc jugé que la méconnaissance des dispositions [...] de la loi de 1905, qui affectait la délibération dès son origine, ne pouvait être invoquée pour contester la légalité des décisions refusant de procéder à l‘abrogation de celle-ci. »

Hommage à l’homme d’Etat

Les juges nantais, dont les motivations précises devraient être connues sous 48 heures, semblent ainsi rejoindre sur le fond l’avis de leur rapporteur public : sur le fond, il n’avait rien trouvé à redire sur le caractère « illégal » de cette statue de Jean-Paul II, qui avait été offerte à l’époque par le sculpteur russe de renommée internationale Zourab Tsereteli. Entourée d’une arche surmontée d’une croix latine, elle avait été installée sur une place au nom de l’ancien pape.

La loi de 1905, sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, interdit en effet aux communes d’édifier des emblèmes religieux à des endroits autres que les lieux de culte, les cimetières, les musées ou les expositions. « Quand bien même cette statue serait une œuvre d‘art, la place Jean-Paul-II n‘est pas un musée ou un lieu d‘exposition », avait commenté le rapporteur public à l’audience, pour qui « l’intérêt touristique » ou « le passé religieux de Ploërmel » ne change en rien la donne.

« Cette statue avait vocation à rendre hommage à l‘homme d‘Etat qu‘était Jean-Paul II, et s‘insère parfaitement dans la tradition locale de Ploërmel », avait maintenu pour sa part à l’audience l’avocate de la commune, Me Catherine Logéat.

« Mes clients n‘ont absolument rien contre la statue de Jean-Paul II, qui n‘a rien de répréhensible : c‘est la croix qui pose problème », avait répliqué Me Aline Vérité, l’avocate de la fédération de la Libre Pensée. « A Paris, une copie de cette statue a été installée derrière Notre-Dame-de-Paris, et là-bas, ils ont eu l‘intelligence d‘enlever l‘arche et la croix. »

L’avocate avait ainsi annoncé, sitôt la fin de l’audience, que ses clients contesteraient devant le Conseil d’Etat la décision de la cour administrative d’appel de Nantes, si celle-ci venait à suivre les conclusions de son rapporteur public.

GF (PressPepper)

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15 décembre 2015

Pourquoi vous ne lirez la critique du dernier « Star Wars » que mercredi sur Lemonde.fr

Comme quelques milliards d’êtres humains, la rubrique cinéma du Monde s’apprête à découvrir le 7e film de la série inaugurée il y a trente-neuf ans par George Lucas. Mais il nous faudra patienter jusqu’au mercredi 16 décembre au matin, comme l’immense majorité des Français.

Certes, la maison Disney – qui a racheté Lucasfilm en 2012 – nous a proposé de voir Star Wars : le Réveil de la force, mardi 15 décembre, ce qui nous aurait permis de publier la critique mercredi dans le journal (daté jeudi) et dans La Matinale. Mais les conditions que la firme aux grandes oreilles rondes a mises à la venue des journalistes à cette avant-première nous ont semblé inacceptables.

Débauche de précautions

Comme il en va de plus en plus souvent pour les grosses sorties hollywoodiennes, il y a d’abord cette débauche de précautions qui confinent au grotesque : obtention d’un « QRcode d’accès personnel » subordonné à la signature d’un formulaire d’accord contraignant, lieu et horaire tenus secrets et communiqués la veille sur téléphone portable, présence annoncée d’agents de sécurité équipés de jumelles à vision nocturne, « embargo critique » jusqu’au mercredi 16 décembre, 9 h 01…

Il y a ensuite, plus essentiellement, la volonté affichée par le distributeur de contrôler le contenu des articles rédigés après la projection du Réveil de la force. Le formulaire en ligne que doivent signer les journalistes désireux d’y assister leur demande, en effet, de « ne pas révéler d’éléments-clés de l’intrigue du film afin de laisser intact le plaisir des futurs spectateurs ». Les critiques de cinéma y sont invités à reconnaître « que toute révélation de [leur] part concernant ce film à des personnes n’ayant pas assisté à la projection, constituerait un préjudice pour Disney/Lucasfilm donnant lieu à réparation ». Dans un mail accompagnant ce formulaire, les expéditeurs vont jusqu’à enjoindre de tenir secrets « les liens unissant les personnages ».

Mise au pas de la critique

De mémoire journalistique, aucune société de production n’avait ainsi prétendu se mêler du contenu des articles de presse et des conversations privées des journalistes avec leurs proches, en brandissant de surcroît la menace de poursuites judiciaires. Tout cela témoigne de la nature de l’entreprise Star Wars : il s’agit de justifier aux yeux des actionnaires de Disney l’investissement colossal, 4,4 milliards de dollars (4 milliards d’euros), qu’a représenté l’achat de Lucasfilm. Chaque décision, y compris la mise au pas de la critique, procède de cet impératif, plutôt que de l’envie de créer ou de distraire.

Certes, on peut convenir avec Mickey que « spoiler » est un péché. Mais si l’on ne parle ni de ce qui se passe à l’écran (l’intrigue du film), ni des personnages qui le peuplent, il ne reste que les paysages et les trucages. A mercredi, sur Lemonde.fr ou à jeudi dans La Matinale et dans les pages du quotidien (daté vendredi), pour parler de tout ce qui nous a semblé intéressant, ou pas, dans le film.

Service culture

Journaliste au Monde

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