Confinement : quand la nature reprend ses droits
Les oiseaux chantent à tue-tête, les sangliers se promènent en ville, les dauphins sont de sortie. Avec le confinement des humains, animaux sauvages et plantes profitent d’un inhabituel calme.
Aux premiers jours du confinement, les habitants des grandes villes ont redécouvert avec bonheur le gazouillis des oiseaux. Des sangliers ont été aperçus à Barcelone, un jeune puma s’est aventuré dans les rues de Santiago du Chili, des dauphins se rassemblent en Méditerranée…
Avec la baisse brutale de la présence humaine, les animaux sauvages urbains « ont quartier libre pour circuler dans les villes », commente Romain Julliard, directeur de recherche au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Il cite l’exemple des renards : « Ils changent très vite leurs comportements. Quand un espace est tranquille, ils y vont ».
Les animaux et les oiseaux vivant dans les parcs urbains, comme les moineaux, les pigeons et les corneilles, peuvent quitter leur territoire habituel et « libérer de la place pour d’autres animaux ».
Sans promeneurs ni cueilleurs
Les oiseaux, d’habitude discrets en ville, sont-ils plus nombreux ? C’est plutôt qu’on les entend mieux. Certains d’entre eux « s’arrêtent de chanter quand il y a du bruit. À présent ils arrêtent de s’arrêter », explique Jérôme Sueur, spécialiste de l’acoustique au MNHN. Le bruit perturbe aussi leurs comportements et génère du stress, poursuit-il. Il faut espérer que la disparition de la cacophonie humaine soit « bénéfique » pour les animaux, en pleine période de reproduction au printemps. « Les animaux sont dépollués du bruit humain », résume le chercheur.
À la campagne et à la mer aussi, la faune sauvage pourrait mieux se porter. En France, le confinement a mis fin, avec un peu d’avance, à la saison de la chasse. La quarantaine intervient quand, pour certaines espèces, la saison des amours bat son plein. C’est le cas pour le crapaud commun et la salamandre tachetée, qui « traversent les routes et se font écraser régulièrement », indique Jean-Noël Rieffel, directeur régional Val-de-Loire de l’Office français de la biodiversité (OFB). Les mouettes mélanocéphales, qui nichent sur des bancs de sable sur la Loire, sont d’habitude dérangées. Mais à présent, finis promeneurs, chiens, quads ou canoës. Pas de curieux non plus pour toucher les faons.
Dans le parc national des calanques, non loin de Marseille, fermé aux promeneurs et aux plaisanciers, « la nature et les espèces retrouvent leurs espaces naturels à une vitesse qui nous surprend », indique son président Didier Réault. « Les puffins qui nichaient sur des archipels, dans des zones de haute protection, se regroupent aujourd’hui sur l’eau ».
Idem pour les plantes. Les orchidées sauvages, protégées, poussent fin avril/début mai et sont parfois cueillies par des promeneurs, raconte Jean-Noël Rieffel. Elles pourraient y échapper cette année.
Du temps pour observer
En ville, les pelouses non tondues fleurissent et offrent « des ressources pour les bourdons, les abeilles, les papillons », explique Romain Julliard. Pour le scientifique, « le phénomène le plus important est peut-être que notre attention à la nature change : les personnes confinées réalisent à quel point la nature leur manque ».
Cloîtré chez soi, à sa fenêtre ou dans son jardin, chacun dispose de plus de temps pour observer la nature et la redécouvrir. L’opération « confinés mais aux aguets » de la Ligue de protection des oiseaux permet « d’ouvrir sa fenêtre, d’observer les oiseaux, les identifier si on peut », indique son président, Allain Bougrain-Dubourg.
Inconvénient du confinement des hommes pour la nature : les opérations d’aide aux espèces menacées ou la lutte contre les espèces invasives sont interrompues, relève Loïc Obled, directeur général délégué de l’OFB. Il faudra aussi gérer la sortie de la crise. « Il y aura un besoin de nature, et une surfréquentation qui peut être défavorable à la faune et la flore », avertit Jean-Noël Rieffel. Le répit restera de courte durée.
Tirs de missiles au-dessus de Riyad.
La coalition militaire qui intervient au Yémen contre les rebelles Houthis a annoncé avoir intercepté et détruit deux missiles dans le ciel de la capitale saoudienne, dans la nuit de samedi à dimanche, rapporte Arab News. Au moins trois bruits d’explosion ont été entendus dans la nuit, selon plusieurs correspondants de l’Agence France-Presse, sur place. “L’attaque n’a pas été revendiquée”, mais les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, ont “déjà visé Riyad et d’autres villes saoudiennes par le passé”, note Arab News. Ces tirs interviennent au moment du cinquième anniversaire de l’entrée de la coalition dans le conflit au Yémen pour contrer les Houthis.
Confinement - L’Espagne va surveiller les déplacements de ses habitants grâce aux smartphones
COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)
Le gouvernement de Pedro Sánchez a décidé, samedi 28 mars, d’ordonner à tous les salariés travaillant dans des secteurs non essentiels de rester chez eux durant deux semaines. Pour mesurer l’efficacité du confinement, le gouvernement a demandé aux opérateurs de téléphonie mobile de lui fournir les données de géolocalisation de tous les smartphones du pays.
Après l’Italie, c’est au tour de l’Espagne de durcir les mesures prises pour lutter contre le covid-19. Alors que le pays a enregistré 832 morts en 24 heures, selon le dernier bilan publié samedi, le gouvernement de Pedro Sánchez a annoncé que tous les salariés des activités non essentielles devront rester chez eux durant les deux prochaines semaines.
Le but est de réduire encore plus la mobilité et donc la potentielle propagation du virus alors que les Espagnols sont déjà soumis depuis mi-mars à un confinement des plus stricts qui a été prolongé jusqu’au 11 avril. Afin d’évaluer l’efficacité des nouvelles mesures annoncées samedi, le gouvernement a demandé aux opérateurs de téléphonie mobile de fournir à l’Institut national de la statistique espagnol, des données de géolocalisation recueillies sur les smartphones des habitants, rapporte le quotidien espagnol ABC.
Le secrétaire d’État à la Numérisation et à l’Intelligence Artificielle réalisera ensuite un rapport basé sur les mouvements de population “afin de déterminer les principales voies de contagion et de concevoir un modèle de lutte efficace” contre le coronavirus, explique La Vanguardia.
Il y a quelques mois, une étude similaire analysant les mouvements de la population espagnole avait suscité la polémique en Espagne, “en raison d’importants doutes concernant l’anonymisation des données collectées”, rappelle ABC.











