Covid-19 : "Nous ne sommes pas accoutumés au recueillement", selon le philosophe Nicolas Grimaldi
Par Florence Sturm
Entretien |Face à l'évolution de la pandémie de coronavirus, la France a fait le choix du confinement : selon le philosophe Nicolas Grimaldi, le retranchement imposé par cette situation révèle que l'on ne vit pas pour soi-même, mais pour notre lien avec les autres.
Le professeur de philosophie Nicolas Grimaldi, pris en photo en 2007.• Crédits : Dominique Carton - Maxppp
Alors que les Français vivent confinés chez eux depuis ce mardi 17 mars, comment tenir psychologiquement, philosophiquement ? Et que révèle cette situation de notre rapport aux autres et à nous-mêmes ? Pour répondre à ces interrogations, Florence Sturm est allée chercher l'éclairage du philosophe Nicolas Grimaldi.
Cet ancien professeur à la Sorbonne a consacré la plupart de ses ouvrages à élucider nos expériences de la subjectivité. Il interroge notre rapport à la crise sanitaire actuelle et au confinement, avec le regard très particulier de celui qui vit lui-même "comme un trappiste cloîtré", dans l’ancien sémaphore de Socoa sur la Côte Basque. Il y réside depuis 1968, plus d’un demi-siècle donc : un salon au milieu de l’océan Atlantique et la mer "qui, très régulièrement, toutes les six heures, accompagne le plein champ… une sorte de chorale qui enfle lentement". Nicolas Grimaldi rend aussi un hommage vibrant aux équipes soignantes mobilisées contre le coronavirus.
Parmi ses très nombreux ouvrages parus pour la plupart aux PUF et chez Grasset : Socrate, le sorcier, Traité des solitudes, et Sortilèges de l’imaginaire. A paraître en juin : Les Songes de la raison.
Que vous inspire cette situation ?
Cette situation a un côté anachronique. Nous avions oublié qu’il puisse y avoir des épidémies aussi violentes, aussi contagieuses, que la vie puisse être aussi fragile. Et surtout, nous ne mettions plus en question l’état de société : que nous puissions tout recevoir des autres, cela nous paraissait l’ordre quasiment naturel de l’échange.
Or, voici que d’un coup, en un instant, une pandémie semble suspendre l’état de société, c’est-à-dire l’état d’échange naturel. A une exception près toutefois : jamais nous n’avons autant éprouvé combien nous dépendions les uns des autres, et combien leur dévouement, leurs compétences, leurs sacrifices, leur abnégation sont nécessaires à notre vie. Il s’agit tout simplement de la compétence et du dévouement du corps médical.
Dans son discours annonçant le confinement, sans lui-même prononcer le mot, Emmanuel Macron a parlé de "guerre" à plusieurs reprises...
Nous pourrions dire que nous sommes en guerre, comme l’a répété trois ou quatre fois le président de la République, avec cette différence que la guerre défend des valeurs, une puissance politique, tandis qu’en l’occurrence, nous n’avons rien à défendre d’autre que notre propre santé. Ce que chacun défend, c’est lui-même et à l’occasion les autres.
A la guerre, on nourrit les combattants, on leur apporte les munitions. Ici, au contraire, il s’agit de s’abriter, de se retrancher, de se recueillir, de se mettre aux abris. Par conséquent, c’est en cela que nous sommes invités à sortir de l’état de société par une sorte de retranchement et, à l’occasion de ce retranchement, d’un recueillement.
Naguère, au XVIe, au XVIIe siècle, rien n’était plus banal. Pour se préparer à la mort, on se préparait au salut et pour se préparer au salut, on se recueillait dans la solitude, une solitude qui nous mettait face à face avec Dieu, dans la prière. Or, ce Dieu s’est un peu éloigné, son image s’est effilochée, de sorte qu’il n’y a plus grand monde pour penser à son salut.
Et cependant, ce qui rend si pénible, si difficile, presque si odieux ce temps de vacances absolues, c’est précisément que nous sommes réduits à nous-mêmes, un peu comme ce que disait Pascal : "Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos". Précisément parce que la vie, c’est le mouvement, et comme le dit également Pascal, "le repos entier, c’est la mort"… De sorte que lorsque nous n’avons plus rapport aux autres, tout se passe comme si nous n’avions plus rapport à nous-mêmes. Evidemment, demeurent encore la radio, la télévision, qui sont des divertissements mais nous n’avons rapport qu’à des images que nous recevons et il n’y a rien que nous ne puissions donner.
Comment alors gérer l’angoisse, la peur qui nous étreint en lien avec la mort ?
Ce qui rend le divertissement indispensable, comme le disait encore Pascal, c’est précisément qu’il nous détourne d’avoir à penser à notre propre vie pour ne pas avoir à penser à notre propre mort. En effet, nous avons cessé de scander notre temps par celui des enterrements. Nous ne pensons plus à notre propre mort, et par ce fait même, la vie se recroqueville, se résume sur le bord d’un instant.
Nous vivons d’instants en instants, de stimulations en stimulations, comme une manière de mettre entre parenthèses le propre de la vie, car le propre de la vie, c’est le dynamisme d’une continuité, un effort, une même entreprise, un même souci, etc.
Quand soudain surgit la maladie, un peu comme dans Le Hussard sur le toit de Jean Giono avec une épidémie de choléra, chacun sent la précarité, la fragilité de la vie et sent du même coup ce qui nous manque.
Ce qui nous manque, par rapport au XVIIe siècle, c’est le sens de la communion des saints, le sacrifice des uns qui contribue à sauver les autres. Les vies servent de vases communicants. Ce que l’un en donne, l’autre en profite. Dans ce retranchement auquel nous sommes assujettis, personne ne profite de cette vie qui vient de se suspendre. Mais la grande découverte que manifeste cette situation, c’est que je ne vis pas pour moi-même. Sans les autres, je découvre que ma vie n’est presque rien.
Vous diriez que ce confinement engendre un retour sur soi ou plutôt un repli sur soi ?
Il est un repli dans la mesure où l’on pense : "J’aimerais uniquement passer au travers" ; il me fait découvrir combien l’individu que je suis est précaire, fragile, menacé. A l’inverse, dans la mesure où ce retranchement me fait découvrir ma solidarité avec tous les autres, dans la mesure où je n’existe que pour transfuser ma vie dans la leur, alors, c’est un monde de lucidité, de confiance, de réalisme, qui nous révèle que l’on n’est pas soi à soi tout seul. On ne vit pas pour soi. La vie d’un individu consiste à donner la vie.
A ce moment-là, comment qualifier certains comportements, comme la ruée sur les produits alimentaires ou les départs en nombre de Paris ?
C’est, me semble-t-il, ce que Pascal avait décrit du divertissement, le vertige de l’instant. Essayer d’oublier la peur de l’avenir et profiter d’un dernier instant de liberté, dernier instant de plaisir, dernier instant d’irresponsabilité.
C’est croire que la vie est faite d’instants. Or ce n’est pas vrai. Ce qui fait le sens de la vie, c’est la continuité d’un seul et même dynamisme, la continuité d’un seul et même effort, l’accomplissement d’un seul et même vœu, d’une seule et même attente.
Dans cette crise, il y a aussi des différences fondamentales dans le statut des personnes qui la traversent : les malades, les soignants, ceux qui sont confinés, ceux qui continuent à travailler, avec également les angoisses futures d’un point de vue économique.
Tout à fait. Rien ne paraît plus remarquable à cet égard que l’attitude du corps médical et du corps infirmier. Ceux qui, en dépit d’un danger possible, n’en continuent pas moins d’exercer leur profession, précisément parce que l’ensemble des autres a besoin de leurs compétences, de leur savoir-faire. Ceux-là sentent que leur vie a pour fonction de faire vivre les autres.
En tant que philosophe, quelle école avez-vous envie de convoquer face à cette crise ? Les Stoïciens ?
Il me semble, christianisme mis à part, si j’ose dire, que ce moment de crise, de repliement, de recueillement, de retranchement, nous fait vivre la vérité de ce que Pascal avait décrit de la condition humaine.
Mais il y a une grande différence entre l’époque de Pascal et la nôtre, c’est que l’on se sentait sans cesse sous le regard de Dieu et le moment de la mort était anticipé comme un rendez-vous qu’elle nous aurait donné avec Dieu. Tandis qu’aujourd’hui la mort nous paraît l’irrémédiable et en même temps l’absurde. C’est plutôt Pascal que Marc Aurèle à cause de "si l’on nous enlève le divertissement, j’aurais d’abord l’impression que c’est la vie elle-même qui nous est enlevée".
C’est une manière frivole de vivre ce qui est si grave, à savoir la vie, précisément parce que la moindre chose, le moindre virus, peut nous la faire perdre. On nous a donné ce prodige et nous n’en faisons que ça !
Nous ne sommes pas accoutumés au recueillement, à sentir ce que notre vie a, en elle-même, de prodigieux, de fragile, de précaire. Le propre de la vie est être le dynamisme d’une communication. La vie est comme la lumière, c’est un rayonnement.
Une question plus pragmatique : comment dans nos quotidiens et les jours à venir, faire face le mieux possible à ce confinement et à cette situation ?
Je ne peux pas communiquer mon expérience de très vieil homme à des jeunes gens ! Je ne pense pas qu’ils puissent se satisfaire de lire à loisir ou de consacrer à la lecture le loisir que le coronavirus leur impose… Néanmoins, il me semble que l’occasion créée par cette pandémie nous fait vivre un peu anachroniquement, de la même façon que vivaient naguère nos arrières grands-parents ou nos arrière, arrière-grands-parents qui, dans leur vallée, dans l’isolement de leur village, avaient la solitude pour destin. La soirée se passait autour du feu… personne ne nous empêche de faire du feu… on se parlait à deux ou trois et maintenant, nous voici, en quelque sorte, résumés à notre famille la plus étroite, une manière également de resserrer notre intimité, et par conséquent, d’être plus attentifs à l’attente d’autrui, notre femme, notre enfant, nos proches.
Pensez-vous qu’il y aura un avant et un après dans cette crise ? Cela peut-il creuser davantage des inégalités déjà très marquées dans la société française ?
Un avant et un après, il y en aura probablement un pour les épidémiologistes, les virologues, les médecins, peut-être un dans l’organisation administrative de la société, ce qui sera le choix des politiques, pour autant qu’ils soient lucides.
La mort est justement ce qui rend tous les hommes égaux. Le destin de Péguy n’est pas privilégié par rapport à celui d’un paysan breton. Tous meurent de la même façon. Mais à cet égard, le danger ou l’imminence du danger fait sentir à tous les hommes ce qu’ils ont de profondément semblable. Tous sont assujettis à la mort.
C’est aussi l’occasion de revivre ce que la vie avait, naguère, de solitaire. Evidemment, personne ne peut mourir à ma place. Je peux acheter cent mille choses dans les grandes surfaces ou les magasins les plus luxueux mais je n’achèterai pas l’immortalité. Raison de plus pour nous rappeler que la vie est faite pour être donnée.
En même temps que cet épisode nous fait sentir la solitude lorsque vient à être suspendu l’état de société, en même temps il manifeste combien nous dépendons des autres. Non seulement d’un point de vue médical, mais par le fait même que le danger mobilise tous les autres à notre profit. Il y a aussi une mondialisation de la recherche scientifique. Très certainement sont en ce moment à l’œuvre des équipes de biologistes qui cherchent à répondre à l’agressivité du virus et peut-être sont-ils en train de mettre au point de possibles vaccins.
Avez-vous des conseils de lecture à livrer ?
Je conseillerais surtout de lire ce qui vous plaît. Il faut que lire soit un plaisir. Souvent, ce plaisir est la découverte de ce qu’on aurait écrit si on y avait pensé, de ce que la pensée des autres anticipe la nôtre. Pour ma part, je lis un très beau livre, La Force de l’invisible d'Anne-Claire Désesquelles (éditions Pocket), professeure de khâgne à Lyon. L’idée est celle-ci que je trouve extraordinaire, car elle est en quelque sorte en aval de toutes les analyses philosophiques : la cause de tout mouvement, c’est une force. Or, alors que le mouvement est toujours visible, matériel, la force est invisible et immatérielle. L’auteure développe cela avec une maîtrise, une simplicité et une profondeur que je trouve tout à fait admirables. Et je m’émerveille du talent des autres.
Tous nous nous émerveillons du talent, de l’abnégation de tous les médecins et de tous les infirmiers. Je pense surtout à ce qui se passe en ce moment en Alsace et je suis à la fois terrifié et admiratif. Terrible est l’agression et en même temps la réponse et la mobilisation sont admirables.
La lettre politique de Laurent Joffrin - Le virus de l'inégalité
Epreuve dans l’épreuve… Comme toutes les crises, sanitaires, guerrières ou économiques, le choc historique du coronavirus jette une lumière cruelle sur l’un des maux contemporains les plus lancinants : l’inégalité excessive. On le voit déjà à travers ce filtre immobilier qui divise la population française en deux groupes séparés, ceux qui possèdent une résidence secondaire et ceux qui n’en ont pas. Dès l’approche des mesures de confinement, les grandes villes se sont vidées en grande partie de leurs classes supérieures qui, souvent, quand elles peuvent recourir au télétravail, sont allées se mettre au vert, pour réduire le risque d’être contaminées et pour passer cette difficile parenthèse dans des maisons plus isolées, ouvertes sur la plage ou sur la campagne, où il fait bon se promener. Un sort qui contraste évidemment avec ceux qui sont enfermés dans un appartement de ville exigu, avec famille confinée, ou bien solitaires et isolés, dans un environnement urbain bétonné et surpeuplé, ou encore comme exilés chez eux dans des villages déserts, sans commerce ni service public.
Non pour stigmatiser forcément ceux qui ont fui les grandes villes : s’ils observent strictement les consignes sanitaires, le mal n’est pas grand (même si dans certaines îles jusque-là épargnées, les Parisiens ne sont pas toujours bien reçus). Mais pour pointer le doigt sur une structure sociale trop injuste, trop dure aux faibles et si favorable aux forts.
La solution ? Une aide différenciée, qui se dirige d’abord vers les plus menacés, dont la situation économique doit être sécurisée et les conditions de vie autant que possible soulagées. Le gouvernement tient ce discours, on l’attend aux actes. Chômage technique correctement indemnisé, prévention des faillites qui jetteraient les salariés dans une gêne cruelle, gestion intelligente du «droit de retrait» qui ne saurait être total (il faut bien ravitailler la population et maintenir les services publics en état de marche), mais qui est parfaitement légitime si les conditions sanitaires au travail sont mal appliquées dans l’entreprise.
Viendra ensuite la leçon sociale de l’affaire : quel gouvernement aura le front, après la tourmente, de continuer à exalter les «premiers de cordée», qui auront été les derniers, par la force des choses, à souffrir du malheur commun ? L’impératif de solidarité, de lutte contre l’inégalité sociale, devrait logiquement l’emporter. Comme après la crise de 1929, comme après la guerre, le libéralisme devrait être la victime politique de la crise. Deux forces peuvent en sortir confortées : la gauche qui place l’égalité des droits et des conditions en première place sur son drapeau, mais aussi le nationalisme, qui dispensera l’illusion qu’un retranchement derrière des frontières opaques protégera les plus faibles, alors que ce sont les disparités sociales et non géographiques qui répandent d’abord le mal. Le virus est aveugle. Médicalement nous sommes égaux devant la maladie mais certains sont plus égaux que d’autres.
Coronavirus
ALERTE-ALERTE-Italie-Coronavirus: Plus de morts désormais en Italie qu’en Chine (officiel)
Selon le dernier bilan de la Protection civile italienne, le nombre de morts en Italie dépasse désormais le nombre de morts en Chine avec 3.407 décès, soit 427 de plus en 24h
Il y a 41.035 cas confirmés (+5.322) et 2.498 patients dans un état grave.
En France - voir carte ci-dessous
Institut Pasteur
ALERTE-France-Coronavirus: Emmanuel Macron, en visite à l’Institut Pasteur, annonce le déblocage de 5 milliards supplémentaires pour la recherche
En visite à l’Institut Pasteur pour apporter un message de soutien aux chercheurs, Emmanuel Macron annonce le déblocage de 5 milliards d’euros supplémentaires en faveur de la recherche scientifique.
Continuer à bouger, même chez soi, au temps du coronavirus
Par Sandrine Cabut, Pascale Santi
Alors que la pandémie de Covid-19 chamboule la vie quotidienne de millions de Français, les spécialistes insistent sur la nécessité de rompre les temps de sédentarité.
La situation est inédite, sidérante. L’annonce, jeudi 12 mars, de la fermeture des crèches et établissements scolaires… puis, deux jours plus tard, l’extension de ces mesures à tous les commerces non alimentaires, hors pharmacies, pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, a été comme un électrochoc.
La consigne est désormais de rester le plus possible à domicile. « Cela nous amène à revoir notre façon de vivre, de travailler et de se déplacer », souligne Anne Vuillemin, professeure des universités en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) à l’Université Côte d’Azur.
Dans un tel contexte, penser à faire du sport ou juste à bouger peut paraître dérisoire. Il est pourtant primordial, pour sa santé physique et mentale, de continuer à le faire, et de couper les temps de sédentarité qui s’annoncent importants.
Depuis lundi 16 mars, des millions d’enfants, d’adolescents, d’étudiants se retrouvent chez eux. C’est le cas aussi de millions de salariés en télétravail, les conduisant les uns et les autres à rester plus de temps assis derrière leur écran, pour travailler ou s’occuper l’esprit. Les temps de transport étant supprimés, « toute rupture de sédentarité est bonne à prendre », insiste Mme Vuillemin.
« Il faut essayer de ne surtout pas accroître sa sédentarité », abonde David Thivel, membre du conseil scientifique de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps). Les effets délétères de ce temps passé assis ou allongé pendant la période d’éveil ont été bien montrés. L’endocrinologue James Levine, spécialiste de l’obésité de la Mayo Clinic (Etats-Unis), a mis en évidence le rôle fondamental du NEAT (non-exercise activity thermogenesis), ces dépenses énergétiques non sportives correspondant à tous les petits gestes du quotidien, et leur chute libre dans nos sociétés modernes.
Du ping-pong sur son bureau
Dans son appartement, on peut faire des pauses actives, se lever le plus souvent possible, marcher chez soi, faire des exercices d’assouplissement et, pourquoi pas, danser.
Christèle Gautier, chef de projet Stratégie nationale sport santé à la direction des sports, appelle elle aussi à « lutter contre la tentation du canapé, par exemple, lorsqu’on regarde la télévision, se mettre debout, se lever toutes les heures, et cela pendant au minimum deux minutes, pour faire des exercices ». Elle préconise de mettre une alarme sur son téléphone, pour rendre cela plus ludique.
Les enfants doivent continuer à se dépenser, à transpirer. « L’enjeu, en particulier pour les plus jeunes, est de garder le moral, de rester de bonne humeur, d’assurer un état d’éveil du cerveau pour bien travailler dans la journée et un état de fatigue physique suffisant en fin de journée pour parvenir à s’endormir. Il faut ancrer ces habitudes dans un quotidien inhabituel », détaille Mme Gautier, qui conseille de lancer des défis, sous forme de jeux, pour inciter les adolescents à bouger. Des tutoriels en ligne existent déjà de longue date pour faire des activités sportives chez soi. D’autres initiatives pourraient voir le jour rapidement du côté du monde associatif du sport. Thibault Deschamps, conseiller pour le ministère des sports, insiste par ailleurs sur les bienfaits de l’exercice sur le stress, le moral…
A défaut de faire ses séances habituelles dans son club ou sa salle de sport, et si l’on ne peut plus aller marcher ou courir dehors, on peut toujours être inventif sans beaucoup de matériel : imaginer un parcours dans l’appartement, transformer un bureau en table de ping-pong… Sans aller jusqu’à parcourir l’équivalent de 50 km autour de sa pièce de vie, comme l’a fait Pan Shancu, un marathonien habitant la ville de Hangzhou, en Chine, il est possible, dans ces temps troublés, de continuer à effectuer ses 10 000 pas par jour et plus. Chiche.









