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Jours tranquilles à Paris

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28 octobre 2019

Crazy Horse

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28 octobre 2019

Valérie Kaprisky et Alain Delon

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28 octobre 2019

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28 octobre 2019

Mort de Baghdadi

daesh

daesh mort

28 octobre 2019

Analyse - La mort de Baghdadi, un succès qui ne dissipe pas les interrogations sur la stratégie américaine

Par Gilles Paris, Washington, correspondant

La nature de l’opération dans laquelle est mort le chef de l’organisation Etat islamique, menée en coopération sur le terrain avec les Kurdes, souligne les risques du retrait des forces spéciales américaines du nord de la Syrie.

Dans un geste presque enfantin, Donald Trump n’avait pu se contenir. « Quelque chose d’énorme vient tout juste de se produire ! », avait-il écrit sur son compte Twitter, samedi 26 octobre au soir.

Aussitôt, son service de presse avait promis « une importante annonce » pour le lendemain matin 9 heures à la Maison Blanche, tandis que l’identité de la personne tuée lors d’un raid américain en Syrie et suspectée d’être Abou Bakr Al-Baghdadi, chef et fondateur de l’organisation Etat islamique (EI), était en cours de confirmation par le Pentagone.

« Il est mort comme un chien, il est mort comme un lâche », a assuré dimanche Donald Trump, qui a suivi l’opération en direct par le biais de caméras embarquées par des forces spéciales. Le président des Etats-Unis a raconté dans le détail les derniers instants du chef djihadiste, décrivant un Baghdadi retranché dans un tunnel sans issues avec trois de ses enfants pris en otages, tués dans la détonation de la ceinture explosive qu’il portait.

Des chiens et un robot

« Il pleurait, pleurnichait, il n’est pas mort en héros », a poursuivi le président, qui avait auparavant rappelé longuement les horreurs et le niveau de violence inouï pratiqués par la nébuleuse terroriste. Des chiens et un robot, a-t-il précisé, ont été utilisés dans cette dernière phase. L’explosion a provoqué un effondrement partiel du tunnel selon lui.

DONALD TRUMP : « ON NE VA PAS LÀ EN FRAPPANT LA PORTE, “TOC TOC TOC, PUIS-JE ENTRER ?” »

Le président des Etats-Unis a indiqué s’être rendu dans la « Situation Room » de la Maison Blanche à 17 heures, samedi, pour assister à l’intégralité de l’opération, qu’il s’est fait un plaisir manifeste de narrer. Donald Trump a ainsi raconté le plastiquage de l’entrée du complexe où Abou Bakr Al-Baghdadi s’était réfugié – « parce qu’on ne va pas là en frappant à la porte, “toc toc toc, puis-je entrer ?” » Le président a remercié la Russie, l’Irak, la Syrie, la Turquie et ses alliés kurdes pour l’aide fournie, les deux premiers pour avoir permis sans encombres l’acheminement des forces spéciales américaines par les airs.

Cette annonce est une excellente nouvelle pour le président des Etats-Unis, en peine de succès en dehors des frontières américaines et fragilisé par une mise en accusation par la Chambre des représentants. Donald Trump est en effet accusé d’avoir usé de son pouvoir, en gelant une aide américaine à l’Ukraine, pour obtenir de Kiev des enquêtes visant ses adversaires politiques.

La mort d’Abou Bakr Al-Baghdadi lui permet, espère-t-il, de conforter sa stature présidentielle en obtenant un résultat similaire à l’élimination du fondateur d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, sous le mandat de Barack Obama, en 2011, même si Abou Bakr Al-Baghadadi n’a jamais représenté pour l’opinion américaine l’équivalent du responsable des attentats du 11-Septembre. En répondant aux questions, dimanche, Donald Trump a pourtant tenté de relativiser l’importance du premier en assurant que « personne n’avait entendu parler de lui » avant ces attentats. Il a ravivé une vieille controverse en assurant qu’il avait plaidé avant tout le monde pour son élimination.

Point final

Donald Trump peut désormais assurer que le résultat du raid de samedi met un point final à la destruction de l’EI engagée par son prédécesseur, Barack Obama, à partir d’août 2014 mais dont il revendique l’exclusive paternité.

Après les chutes successives des symboles du califat proclamé par Abou Bakr Al-Baghdadi que furent les villes irakienne et syrienne de Mossoul et de Rakka, cette destruction s’est achevée territorialement en avril avec la prise de son dernier réduit, la localité de Baghouz, près de la frontière avec l’Irak.

L’argument d’une mission désormais accomplie a été avancé avant même la mort du fondateur du califat pour justifier, le 7 octobre, le retrait des forces spéciales américaines qui avaient été déployées pour encadrer les alliés kurdes, en première ligne dans le combat contre l’EI. Donald Trump n’a pas été avare en rodomontades, assurant ainsi le 16 octobre : « J’ai capturé l’EI. [L’ancien secrétaire à la défense James] Mattis a dit que cela prendrait deux ans. Je les ai capturés en un mois. »

La nature de l’opération américaine pourrait cependant souligner les risques de ce retrait, notamment l’importance de la coopération sur le terrain avec des éléments kurdes. Donald Trump a d’ailleurs semblé faire partiellement machine arrière en décidant de maintenir des forces américaines pour tenir les puits de pétrole présents dans le nord-est de la Syrie. Il a justifié cette décision en expliquant qu’il souhaitait priver l’EI de moyens financiers.

Prudence

Un rapport de l’inspecteur général du Pentagone sur la lutte contre l’EI a en effet souligné, en août, que, selon lui, l’organisation « se ressaisit » en Syrie, en dépit des communiqués de victoire du président. « Malgré la perte de son » califat territorial « l’EI en Irak et en Syrie a renforcé ses capacités d’insurrection en Irak et a repris des forces en Syrie », a-t-il averti.

Le rapport notait, deux mois avant le retrait d’octobre, que la diminution déjà engagée du nombre de forces spéciales avait eu un impact en rendant plus difficile la tâche de conseiller les alliés locaux sur le terrain et en privant les Etats-Unis de la possibilité de surveiller des zones considérées comme de potentielles sources de recrutement permettant au groupe de reconstituer ses effectifs.

Un précédent incite également à la prudence. Les premiers succès de l’EI, à la fin 2013, avaient été traités par le mépris par l’administration de Barack Obama. Dans une formule malheureuse qui n’avait cessé par la suite de le poursuivre, le président démocrate avait qualifié le nouveau groupe d’« équipe B » par rapport à Al-Qaida au détour d’un portrait publié par le New Yorker paru en février. Quatre mois plus tard, les miliciens d’Abou Bakr Al-Baghdadi prenaient Mossoul et menaçaient brièvement les abords de Bagdad, permettant à leur chef de proclamer le califat.

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La photo du locataire de la Maison-Blanche qui regarde l’opération conduite en Syrie par les forces spéciales américaines a été publiée sur Twitter. C’est lors de cette mission que le chef de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi, s’est tué, comme l’a annoncé Donald Trump plus tôt dans la journée.

Le directeur des réseaux sociaux de la Maison-Blanche, Dan Scavino, a diffusé sur Twitter le cliché de Donald Trump qui surveille l’opération américaine dans le gouvernorat d’Idlib, en Syrie, au cours de laquelle Abou Bakr al-Baghdadi a été éliminé.

La photo a été prise dans la «situation room».

​Sont également présents le vice-Président Mike Pence, le conseiller à la sécurité nationale Robert O'Brien, le secrétaire à la Défense Mark Esper, le général Mark Milley, chef d'état-major des armées, et le général de brigade Marcus Evans, directeur adjoint aux opérations spéciales et à l'antiterrorisme.

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Mort de Baghdadi : l’EI a toujours su par le passé survivre à la disparition de ses dirigeants

Par Allan Kaval

Après la mort du « calife » autoproclamé samedi, le groupe djihadiste va devoir trouver une personnalité susceptible de maintenir sa cohésion sans sombrer dans des luttes de succession.

Le soulagement, mais nul triomphalisme en Syrie et en Irak, où la mort du chef de l’organisation Etat islamique (EI) a été accueillie avec prudence alors que les cellules clandestines du groupe djihadiste sont toujours actives et que le chaos provoqué par le retrait des forces américaines du nord-est syrien et par l’offensive militaire turque fait craindre une remontée en puissance de l’EI.

Si la mort de son chef laisse une organisation qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été les années précédentes, l’EI n’a jamais disparu depuis la perte de son territoire. Le groupe a toujours su par le passé anticiper et survivre à la disparition de ses dirigeants en attendant des jours meilleurs. Depuis le Jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, tué en 2006, à Abou Omar Al-Baghdadi, mort en 2010, puis Abou Bakr Al-Baghdadi, tué samedi.

La veille de la mort du « calife » autoproclamé, un responsable des forces antiterroristes kurdes de Syrie affirmait que quel que soit l’état de décrépitude des capacités opérationnelles de l’EI, l’intervention turque en Syrie représentait pour les djihadistes une opportunité majeure.

« Nous contrôlions les anciennes régions de Daesh [acronyme arabe de l’EI] avec l’appui de la coalition. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus chaotique avec les affrontements au nord, l’arrivée des forces du régime, notre attention qui est détournée de la lutte contre les terroristes… Ils peuvent se réorganiser et c’est une mauvaise nouvelle pour Paris, Londres, Berlin, pour le monde entier. On nous a mis dans la position de devoir combattre sur deux fronts à la fois. »

Luttes de succession

D’après un autre responsable sécuritaire rencontré quelques jours après le début de l’intervention turque, des premiers mouvements de regroupements de cellules dormantes de l’EI avaient déjà été enregistrés dans des régions périphériques afin de mener des attentats et des attaques ciblées contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), l’alliance à dominante kurde qui contrôle de larges parts du nord-est syrien.

Côté irakien, c’est la déstabilisation de l’est de la Syrie avec, à la clé, l’ouverture du gigantesque camp de réfugiés et de détenus d’Al-Hol, où sont gardés des milliers de prisonniers et de membres de familles de l’EI, ainsi que des mouvements de populations marquées par un degré important d’affiliation à l’EI qui font craindre le pire.

« La question n’est pas de savoir si un nouveau conflit contre Daesh va éclater mais quand… », prévenait à la mi-octobre le général peshmerga kurde irakien connu sous le nom de guerre de Cheikh Ali et chargé de la frontière du Kurdistan autonome avec la Syrie : « Nous avons commencé à nous coordonner avec le gouvernement central qui a déployé de son côté des forces armées afin de bloquer la frontière. Ils sont très inquiets car ils savent qu’ils n’ont aucun moyen d’exercer un contrôle total au milieu du désert et que Daesh a toujours des partisans dans l’ouest de l’Irak. »

Reste pour le groupe djihadiste à trouver une personnalité susceptible de maintenir sa cohésion et de fédérer les différentes filiales nées de l’expansion de l’EI ces dernières années sans sombrer dans des luttes de succession. Il est d’ailleurs probable qu’Abou Bakr Al-Baghdadi a désigné un successeur depuis un certain temps.

Outre la région irako-syrienne qui l’a vu naître, l’organisation reste active au Yémen, aux Philippines, en Asie, et surtout en Afrique, où de la Somalie au Nigéria, l’EI continue d’étendre ses ramifications.

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28 octobre 2019

Châtaignes... c'est la période

chataigne

28 octobre 2019

Pour en finir avec les zones érogènes

amour33

Par Maïa Mazaurette

En matière de sexualité, il n’y a pas de passages obligés, souligne la chroniqueuse de la Matinale Maïa Mazaurette.

LE SEXE SELON MAÏA

Commençons par le commencement : est érogène ce qui éveille notre désir et/ou notre plaisir sexuel. Chouette programme, non ?

Sans surprise, le sujet suscite un intérêt soutenu : ainsi, alors que nous disposons, a priori, du même câblage que nos grands-parents, on voit parfois paraître des articles proposant de découvrir de « nouvelles » zones érogènes. Comme s’il allait nous en pousser une sous la rotule ou entre les omoplates.

En attendant la généralisation des orgasmes rotuliens, la liste des zones érogènes révélée par la revue Cortex, en 2013, est aussi prévisible qu’une traversée de la Picardie en pleine nuit. Elle est composée en premier lieu du duo « primaire » clitoris/pénis, puis du trio vagin/vulve/testicules. A quoi s’ajoutent les grands égalisateurs que sont les lèvres/la bouche, les tétons, les seins, la nuque, les oreilles ou l’intérieur des cuisses.

Il en manque ? Je ne vous le fais pas dire, puisque cette charmante étude a « oublié » deux poids extra-lourds du plaisir et de l’excitation : la prostate et l’anus. Les chercheurs n’ont pas jugé utile de les intégrer dans leur liste… Car comme chacun sait, 1) le plaisir anal n’existe pas (du coup, on se demande pourquoi la pornographie ne le remplace pas par du Scrabble), 2) les hommes perdent leur potentiel super-orgasmique.

Parties (trèèès) honteuses

Nous voici bien embêtés face à notre carte du tendre : si la zone érogène était une donnée scientifique incontestable, on ne pourrait pas en effacer certaines sous prétexte qu’elles nous mettent mal à l’aise, ou qu’elles ne font pas sérieux dans une publication scientifique. Ici, on atteint quand même le pompon : un classement officiel où les omoplates (22e position chez les femmes, 26e pour les hommes), et les rotules (respectivement 38e et 39e position) ont droit de cité, mais pas nos parties (trèèès) honteuses.

Les bras (érogènes) nous en tombent, tandis que notre suspicion s’élève. Et pourtant, on devrait y être habitués : l’anatomie est une science, mais la science dépend de notre vision du monde. Ici, nous avons littéralement une vision du monde sans anus. Et croyez-moi, je n’imaginais pas un jour écrire une phrase pareille.

D’ailleurs, la géométrie variable du corps érogène ne s’arrête pas là. Comme le note le docteur Damien Mascret dans une analyse de cette même étude pour Le Figaro (vous pouvez la lire ici), les femmes seraient favorisées : « Pour elles, six zones s’avéraient intensément érogènes (le clitoris, le vagin, la bouche et les lèvres, le haut de la nuque, les seins et les mamelons) avec une note supérieure à 7 sur 10, alors que ce n’était le cas que pour deux régions masculines (le pénis, la bouche et les lèvres). »

Les femmes sont-elles plus sensibles que les hommes ? Au niveau purement anatomique, je ne suis pas certaine que leurs terminaisons nerveuses soient constituées de super-transmetteurs à paillettes qui seraient deux fois plus efficaces.

Pourtant, il n’est pas absurde d’imaginer que les femmes soient culturellement plus sensibles : elles sont encouragées dès leur enfance à faire attention à leurs sensations. A l’inverse, les hommes sont souvent conditionnés à faire taire les réponses de leur corps, au risque de se priver de zones érogènes aussi « puissantes » que celles des femmes. C’est exactement comme si on vous avait toujours répété que vous étiez nul en maths ou doué en jardinage : nous avons tendance à nous conformer aux prophéties.

Corps fragmentés

Ces prophéties s’appliquent aussi aux codes sociaux : les fesses sont-elles anatomiquement érogènes (les toucher nous excite), ou culturellement érogènes (les toucher nous excite parce qu’elles sont cachées et interdites) ? Le contact sur la nuque est-il agréable en lui-même, ou parce qu’il traduit une intimité ?

Au poids des cultures de genre et de l’air du temps s’ajoute le poids des cultures civilisationnelles. Nous voici bien embarrassés : le corps de la science est un corps occidental, découpé à l’occidentale. Une étude égyptienne, parue en 2016, a trouvé que 12 % des Egyptiennes rapportaient des orgasmes obtenus sans les parties génitales (par la stimulation des seins, des lèvres, des fesses, du cou ou des oreilles). Cette carte érogène-là est différente. Comme elle le serait celle dans des pays pratiquant l’excision.

Rien que l’idée de découpage est culturelle. La penseuse américaine Judith Butler l’écrivait déjà en 1990 : « Le fait que le pénis, le vagin, les seins et autres traits soient nommés “parties sexuelles” est un acte qui réduit le corps érogène à ces parties, et de ce fait, fragmente le corps pris comme une totalité. »

Les organes sont reliés les uns aux autres : faudrait-il inclure à notre carte du tendre le cerveau, le souffle, les palpitations du cœur ? Est-ce un clitoris qui jouit, ou ses nerfs, ou les muscles traversés de spasmes ? Grâce à l’afflux sanguin, ou au déferlement des hormones ? Au fait, un membre fantôme peut-il être érogène ?

S’il fallait vraiment cartographier le plaisir, un découpage organe par organe serait de toute façon trop imprécis. Le pénis, d’accord, mais quid des différences de sensibilité entre la hampe et le gland ? Peut-on mettre dans le même panier (pardon) le sillon des bourses et les bourses elles-mêmes ? Peut-on raisonnablement avancer que le gland du clitoris est, dans une proportion de 82,4 %, plus érogène que les racines du clitoris, mais surtout les jours impairs, sauf chez les intolérantes au lactose ? Comment se porte la capacité orgasmique de vos prémolaires ?

« Energie diffuse »

Sans pousser cette démonstration par l’absurde, nous sentons bien que la question des zones érogènes est insuffisante : trop zonée, comme son nom le suggère. Nous savons bien que l’excitation repose autant sur l’interaction, l’intention, la compétence et l’émotion, que sur la description clinique d’une pelote de nerfs. La zone érogène n’a de sens que quand on la touche. Sur catalogue, elle reste une pure virtualité.

Enfin, la zone érogène est piégeuse. Elle crée des passages obligés qui, peut-être, ne correspondent pas à notre sensualité. Elle nous coince dans la géographie (où toucher) sans tenir compte de la modalité (comment toucher), au risque d’oublier le contexte : quand les urologues et gynécologues manipulent ces zones explosives, ils et elles ne réveillent pas le moins du monde Eros. Au contraire. Bon, d’accord : ça dépend du sourire du gynécologue.

Finalement, nous faisons face ici à nos ambivalences habituelles : en sexualité, poser des balises nous rassure. Mais une fois que les balises sont posées, elles font leur job de balises et limitent notre potentiel. Une reprise d’espace est pourtant possible. La cartographie érogène officielle est floue aux entournures, c’est le moins qu’on puisse dire : vous pouvez la contester, et même bricoler la vôtre.

A ce titre, on laissera le mot de la fin à l’historienne et sociologue Delphine Gardey, qui, dans son ouvrage Politique du clitoris, paru ce mois-ci chez Textuel (160 pages, 15,90 euros), évoque une « énergie diffuse » plus accordée à nos trajectoires contemporaines ; l’érotique n’y serait cadrée « dans aucune partie spécifique du corps, ni même dans le corps ». Cette fluidité du désir remet en question les dogmes bien sages du passé : elle nous rend, aussi, notre plein potentiel de liberté et de jouissance. Jusque dans les rotules.

28 octobre 2019

Bellissima...

jaime44

28 octobre 2019

Vu sur internet

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28 octobre 2019

Comment j’ai essayé de me passer de Google pour de bon (et pourquoi c’est si difficile)

Par Gabriel Coutagne

Moteur de recherche, mais aussi navigateur, messagerie électronique, plate-forme vidéo, serveurs… Notre journaliste a tenté d’effacer entièrement Google de son quotidien.

C’était la fin des vacances. Ce matin-là, j’avais vérifié que ma carte d’embarquement était bien imprimée : Toulouse-Paris. Soudain, mon smartphone a vibré. Une notification s’est affichée. Vu la circulation, il était temps de partir afin de ne pas rater mon vol.

Android, le système d’exploitation développé par Google, avait identifié, dans ma boîte Gmail, la présence d’un billet d’avion. De là, le système a ensuite déduit l’heure d’arrivée idéale à l’aéroport pour que je ne sois pas en retard. Enfin, il a utilisé la fonction de géolocalisation de mon smartphone et en a déduit, en tenant compte des embouteillages, un temps de trajet entre ma position et celle de l’aéroport. Google m’a donc permis d’attraper mon avion et m’a rendu un fier service, ce jour-là.

AVAIS-JE ENVIE QUE MON SMARTPHONE PUISSE AINSI DÉDUIRE TANT DE CHOSES DE MON EXISTENCE ? MA DÉCISION ÉTAIT PRISE. AVEC GOOGLE, IL FALLAIT QU’ON FASSE UNE PAUSE

Mais pour cela, il a utilisé différentes données me concernant, auxquelles je lui avais permis d’accéder en acceptant ces conditions d’utilisation que, comme vous, je ne lis jamais.

Ce jour-là, il avait identifié un événement et m’avait littéralement rappelé à l’ordre. De l’enthousiaste technophile, je suis peu à peu devenu sceptique, jaloux de mes données personnelles. Bien sûr, je savais depuis longtemps que mes recherches sur Google influençaient les publicités qu’on me proposait. Mais, jusque-là, j’avais eu le sentiment que l’empire grandissant de la multinationale sur ma vie quotidienne était inoffensif.

Avais-je envie que mon smartphone puisse ainsi déduire tant de choses de mon existence ? Ma décision était prise. Avec Google, il fallait qu’on fasse une pause.

Mais, comme toutes les ruptures, celle-ci n’allait pas être de tout repos. Smartphone sous Android, Google Agenda, Google Photos, Google Drive, Hangout, Google News, Google Maps, YouTube… Tous ces services étaient jusqu’ici connectés au même compte Google : le mien, et associés à la même adresse mail, hébergée sur Gmail depuis 2007. Tous dépendent d’Alphabet, la maison mère de Google, une entreprise qui a été condamnée, le 21 janvier, à une amende record de 50 millions d’euros. En cause : sa politique de gestion des données personnelles en France.

Google, c’est 90 % des recherches sur Internet

Pour commencer, il a fallu changer de navigateur sur mon ordinateur et sur mon smartphone, afin de me débarrasser de Chrome (le navigateur de Google). Entre Safari, publié par Apple, ou Edge, son concurrent chez Microsoft, il existe aussi Chromium, la version open source de Chrome, Opera ou Firefox, développé par Mozilla…

Mais ça ne suffit pas. Car tous proposent par défaut Google comme moteur de recherche. Il faut donc aussi changer cela dans les paramètres. Car Google, c’est encore et surtout un moteur de recherche redoutablement efficace et en position de quasi-monopole. A travers le monde, il représente l’outil utilisé pour plus de 90 % des recherches, selon StatCounter. Viennent ensuite Bing (détenu par Microsoft), ou Yahoo! (détenu par Oath).

Les alternatives efficaces sont rares. DuckDuckGo garantit de ne pas conserver l’historique de recherche associé à mon adresse IP, tout comme le français Qwant et le néerlandais Startpage (qui interroge différentes bases de données, dont celle de Google), tandis qu’Ecosia promet de réinvestir ses recettes publicitaires dans la reforestation.

Toute ma vie stockée sur Google Drive

J’ai ensuite supprimé l’historique complet des positions enregistrées par mon smartphone. Mais ce n’était que le début. J’avais, pour ainsi dire, « toute ma vie » sur Google Drive : des scans de mes pièces d’identité, des fiches de paie, ma carte de presse, des notes, des photos de vacances, des souvenirs, des échanges de mails amoureux… De nombreux documents dont la présence « sur le cloud » était aussi pratique que rassurante.

Pour se débarrasser de Google, il fallait donc que je trouve une alternative. La première qui m’est venue à l’esprit, c’est Dropbox. J’avais déjà un compte, limité à 2 Go. Bien loin des 15 Go de stockage gratuits sur Google Drive. Et les conditions générales d’utilisation de Dropbox stipulent que ses utilisateurs doivent lui accorder l’autorisation de réaliser certaines opérations, « ainsi qu’à nos filiales et aux tiers de confiance avec lesquels nous collaborons ».

ETAIT-IL POSSIBLE, FINALEMENT, DE NE PAS CONFIER SES DONNÉES À UNE ENTREPRISE PRIVÉE ?

Etait-il possible, finalement, de ne pas confier ses données à une entreprise privée ? Comment rivaliser avec les gigantesques data centers de Google, ces immenses hangars remplis de serveurs dans lesquels s’entassent nos données, accessibles à tout moment grâce à une connexion Internet ? Une solution : avoir mon propre serveur.

J’ai donc recherché comment accueillir chez moi un « NAS » (Network Attached Storage, un serveur de stockage en réseau). Il existe de nombreux fabricants : Synology, Qnap, Asustor, Thecus, Buffalo… Les inconvénients ? Il est nécessaire d’avoir son serveur toujours allumé pour avoir accès à ses données et pour les synchroniser. Le NAS suppose aussi un investissement de départ (une centaine d’euros, sans compter les disques durs, pour les moins chers). Et la démarche n’est pas sans risque. Un incendie, un cambriolage, un choc violent, un dégât des eaux, et c’en est fini des données stockées sur le NAS. Il faudra que je pense à faire une sauvegarde…

Après de longues semaines d’hésitation, je saute le pas. Un NAS, un disque dur, et un peu de patience, pour installer et maîtriser la machine – notamment si l’on souhaite accéder aux données à distance.

Mais cette première étape d’installation m’a fait aller plus loin. Les logiciels des fabricants de NAS proposent en effet des alternatives à Google Photos ou Photos chez Apple. Sur certains modèles, on trouve également des applications de travail partagé, comme un traitement de texte, ou un tableur, sur le modèle de Google Office ou Microsoft Office 365. Il existe même des équivalents de WhatsApp (pour peu qu’on convertisse ses proches, ce qui prendra du temps). Certains utilisateurs vont même jusqu’à héberger leur bibliothèque musicale sur leur machine, afin de pouvoir l’écouter depuis leur smartphone, s’évitant ainsi un abonnement chez Apple Music, Spotify ou Deezer.

Que faire de ma boîte Gmail ?

Restait à voir pour ma boîte mail Gmail. Je pouvais tenter d’héberger mes mails sur mon propre serveur domestique, mais il fallait aussi être propriétaire d’un nom de domaine. Ça m’aurait permis par exemple de bricoler des adresses amusantes comme latete@to.to, ou encore rst@uvw.xyz mais, faute de temps, j’ai remis ça à plus tard.

De nombreux services revendiquent le respect de la vie privée, comme Lavabit, connu grâce à un de ses utilisateurs : Edward Snowden. Certains mettent en avant la localisation géographique et les législations auxquelles sont soumis les serveurs. Par exemple, Tutanota explique que les données sont « stockées dans leurs propres serveurs dans des centres de données fortement sécurisés en Allemagne », donc soumis au règlement général sur la protection des données (RGPD), tout comme Mailbox. Runbox vante la rigueur de la législation norvégienne ; ProtonMail, celle de la législation suisse.

La manière dont les données sont chiffrées (c’est-à-dire rendues illisibles sans une clé de décryptage détenue par l’utilisateur) rentre aussi en compte. Par exemple, ProtonMail propose un algorithme de chiffrement open source, c’est-à-dire vérifiable par des experts en chiffrement dans le monde entier. Après des tests, j’ai donc finalement opté pour ProtonMail, notamment parce que son interface me paraissait la plus simple d’utilisation, et la moins dépaysante quand on est habitué à Gmail. Pour ce qui est de mes anciens mails, il suffisait de les télécharger et de les sauvegarder sur mon NAS, qui permet également de naviguer facilement parmi ces gigaoctets de données.

Pour l’agenda, en revanche, l’offre est beaucoup plus restreinte. L’association française Framasoft propose une suite de services alternatifs à ceux proposés par les Gafam, dont Framagenda, compatible avec des clients comme le calendrier d’Apple, Google Agenda, ce qui permet de s’abonner à d’autres agendas (ceux de membres de sa famille, ou des agendas professionnels).

Se débrouiller sans Waze ni Google Maps

Enfin, il me fallait encore me séparer de Google Maps, ou de Waze. En cas de déplacement en voiture, pour connaître l’état de la circulation, je n’ai trouvé que Sytadin, l’outil de la direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement, mais limité à l’Ile-de-France.

J’ESPÉRAIS QU’APRÈS CETTE RUPTURE, GOOGLE ARRIVERAIT À M’OUBLIER

Pour le reste, plusieurs solutions s’offraient à moi : racheter un plan de Paris, me perdre avec délectation (ou pas) dans les rues de la capitale, ou trouver une alternative.

Moyennant un abonnement, l’IGN propose une application donnant accès à toutes ses cartes, à de nombreuses échelles, dont certaines sont très précises. Il existe également les cartes du projet open source Maps.me, qui permet de les consulter hors connexion. La spécificité de cet outil est que, comme Wikipedia, il est enrichi par ses utilisateurs ; l’inconvénient, c’est que certaines adresses restent introuvables, comme celle de mon domicile, pourtant en proche banlieue parisienne... Mais jusqu’à maintenant, je me souviens de l’endroit où j’habite.

Une boîte Gmail et un compte Drive vide ainsi qu’un historique de navigation et de géolocalisation vierge : j’espérais qu’après cette rupture, Google arriverait à m’oublier. C’était la fin des vacances, je suis revenu au journal. Mon ordinateur s’est allumé, Chrome s’est lancé, s’ouvrant sur ma boîte mail professionnelle. Sur Gmail. La plupart des services informatiques courants utilisés par les salariés du Monde (e-mail, agenda, documents partagés) sont en effet fournis… par Google.

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