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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

dimanche 7 octobre 2018

Constat amiable !

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Attribuée à 1,2 million d’euros, une œuvre de Banksy s’autodétruit en pleine vente

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L’artiste a mis en ligne samedi soir une vidéo explicative sur Instagram, accompagnée d’une citation attribuée à Picasso : « Quel plaisir que de détruire pour recommencer. »

Du Banksy tout craché. Une toile du street-artiste britannique s’est partiellement auto-détruite, vendredi 5 octobre, devant un public médusé juste après avoir été vendue aux enchères pour 1,2 million d’euros chez Sotheby’s à Londres. « On dirait qu’on vient de se faire “Bankser” », a réagi Alex Branczik, un responsable de la maison d’enchères américaine, dans un communiqué.

Banksy a mis en ligne, samedi soir, une vidéo explicative sur son compte Instagram, accompagnée d’une citation attribuée à Picasso — « quel plaisir que de détruire pour recommencer ».

« Il y a quelques années j’avais en secret incorporé une déchiqueteuse à papier dans la peinture, pour le cas où elle serait mise aux enchères », explique-t-il dans un texte superposé aux images d’un homme insérant l’appareil dans les dorures du cadre.

Spéculations

La vidéo montre ensuite la scène de la fin de la vente d’art contemporain chez Sotheby’s. A peine le marteau vient-il de clôturer la vente de l’œuvre – une reproduction en peinture acrylique et aérosol de l’une des plus célèbres images de Banksy, Girl with Balloon, montrant une petite fille laissant s’envoler un ballon rouge en forme de cœur – que retentit une alarme intermittente, provenant du cadre.

Le public se tourne alors vers le tableau, accroché sur l’un des murs de la salle de vente, et découvre la peinture se faire partiellement découper en fines lamelles par une broyeuse à papier dissimulée, selon Sotheby’s, dans un épais cadre doré… le résultat final laissant apparaître ce dernier à moitié vide, la partie découpée de la toile pendouillant dessous.

C’est « certainement la première fois dans l’histoire de la vente aux enchères qu’une œuvre d’art se déchiquette automatiquement après être passée sous le marteau », a souligné la maison d’enchères, qui a concrétisé une enchère exceptionnelle – l’œuvre était estimée entre 230 000 et 341 000 euros.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent les personnes présentes réagir avec stupéfaction et amusement, immortalisant l’instant en mitraillant de photos et en filmant la peinture déchiquetée, tandis que deux employés de la maison d’enchères s’en approchent pour l’emporter.

Dans la nuit de vendredi à samedi, l’artiste avait lui-même commenté le coup monté en publiant une photo de la peinture, ironiquement accompagnée de la légende : « Adjugé, vendu… » (en anglais : « Going, going, gone… »).

Ce message, et le fait qu’un mystérieux homme portant chapeau et lunettes de soleil ait été vu près de l’entrée de Sotheby’s peu après la vente, alimentait les spéculations sur la possibilité que la star de l’art contemporain ait pu être présente.

Une bonne affaire

Alors que la presse britannique spécialisée s’interrogeait également sur une éventuelle complicité de Sotheby’s, Alex Branczik, cité par le site The Art Newspaper, a assuré ne pas avoir été averti du canular, la maison d’enchères restant de son côté injoignable samedi pour commenter plus avant cet « incident inattendu ».

L’acheteur du tableau, contacté par la maison de vente, s’est dit « surpris » de la tournure des événements. Mais si la destruction de l’œuvre aurait pu mener à l’annulation de la vente, comme cela se ferait habituellement, l’opération est en réalité une bonne affaire, selon une analyse du Financial Times :

« Il se pourrait que le tableau broyé prenne de la valeur, considérant qu’il est devenu l’objet de l’un des meilleurs canulars jamais organisés sur le marché de l’art. »

Il s’agit, quoi qu’il en soit, d’un montant de vente (1,042 million de livres, soit près de 1,2 million d’euros) qui atteint le niveau du record de l’artiste, réalisé lors d’une vente aux enchères en 2008, selon Sotheby’s.

Cette vente devrait encore renforcer la « mythologie Banksy », graffeur et peintre de Bristol (sud-ouest d’Angleterre), qui se plaît à garder son identité secrète. L’artiste s’est fait connaître pour son art urbain ironique et engagé, et certaines de ses créations ont été vendues aux enchères pour des sommes vertigineuses. Il a récemment réagi au Brexit sur un mur de Douvres, au Royaume-Uni, avec la fresque d’un homme en train de casser une étoile du drapeau européen à coups de burin.

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Milo Moiré

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samedi 6 octobre 2018

Extrait d'un shooting

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Une oeuvre de Banksy s'auto-détruit en pleine vente aux enchères à Londres

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ART - Banksy a commenté le coup monté sur son compte Instagram en publiant une photo de la peinture, ironiquement accompagnée de la légende : « Adjugé, vendu ! »…

Du Banksy tout craché : une toile du mystérieux et facétieux artiste britannique s’est partiellement autodétruite vendredi soir devant un public médusé, juste après avoir été vendue aux enchères pour plus d’un million d’euros chez Sotheby’s à Londres.

« On dirait qu’on vient de se faire "Bankser" », a réagi Alex Branczik, un responsable de la maison d’enchères, dans un communiqué.

Une broyeuse à papier dissimulée dans le cadre

Le marteau venait à peine de signaler la fin des enchères quand l’œuvre, une reproduction en peinture acrylique et aérosol de l’une des plus célèbres images de Banksy, Girl with Balloon, montrant une petite fille laissant s’envoler un ballon rouge en forme de cœur, s’est autodétruite. Accrochée sur l’un des murs de la salle de vente, la peinture a été partiellement découpée en fines lamelles par une broyeuse à papier dissimulée dans un épais cadre doré, selon Sotheby’s.

Vente record pour l’artiste

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le public réagir avec stupéfaction et amusement, immortalisant l’instant en mitraillant de photos la toile déchiquetée, tandis que deux employés de la maison d’enchères s’en approchent pour l’emporter.

L’œuvre avait été vendue 1,042 million de livres (1,185 million d’euros), un montant du niveau du record de l’artiste, réalisé lors d’une vente aux enchères en 2008, selon Sotheby’s. Banksy lui-même a commenté le coup monté sur son compte Instagram en publiant une photo de la peinture, ironiquement accompagnée de la légende : « Adjugé, vendu ! ».

C’est « certainement la première fois dans l’histoire de la vente aux enchères qu’une œuvre d’art se déchiquette automatiquement après être passée sous le marteau », a réagi la maison d’enchères. Sotheby’s n’était pas joignable ce samedi pour commenter plus avant cet « incident inattendu ».

Graffeur et peintre de Bristol, en Angleterre, Banksy, qui se plaît à garder son identité secrète, s’est fait connaître pour son art urbain ironique et engagé, et certaines de ses créations ont été vendues aux enchères pour des sommes vertigineuses.

banksy

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Nuit Blanche 2018 : les 4 œuvres à ne pas manquer

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Enquête ouverte sur la disparition du patron chinois d’Interpol

interpol

Par Elise Vincent, Simon Piel, Harold Thibault

Meng Hongwei, président de l’organisation internationale de la coopération policière, dont le siège est basé à Lyon, n’a plus donné signe de vie depuis un séjour dans son pays, fin septembre.

Une enquête pour disparition a été ouverte, vendredi 5 octobre, par le parquet de Lyon et confiée à la division criminelle de la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon, suite à la volatilisation du président d’Interpol fin septembre, a confirmé au Monde une source judiciaire. Meng Hongwei, président de l’organisation internationale de la coopération policière, dont le siège est à Lyon, n’a plus donné signe de vie depuis un séjour dans on pays, le 25 septembre.

D’après Europe 1, qui a révélé l’information, c’est son épouse qui a signalé sa disparition aux autorités françaises, le 4 octobre au soir. Mais selon nos informations, il ne s’agirait pas d’une disparition classique, pour motif criminel : la piste aujourd’hui privilégiée par les enquêteurs est celle d’une mise au secret temporaire de M. Meng par les services de Pékin, dans le cadre de règlements de comptes internes au pouvoir chinois.

« La France s’interroge »

Le South China Morning Post, quotidien en anglais de Hongkong, allait aussi dans ce sens, vendredi, en affirmant, sur la base d’une source anonyme, que Meng Hongwei était désormais « sous enquête en Chine », après avoir été emmené pour interrogatoire dès son atterrissage sur le sol chinois.

Dans un communiqué publié vendredi après-midi, Interpol a indiqué être « au courant » des articles faisant état de la « disparition supposée » de son président. Mais « c’est une affaire qui relève des autorités compétentes, à la fois en France et en Chine », s’est contenté de réagir l’organisation, rappelant que c’est son directeur général, Jürgen Stock, qui est chargé du fonctionnement au quotidien.

« La France s’interroge » sur cette situation, a fait savoir de son côté le ministère de l’intérieur, vendredi après-midi, se disant « préoccupé » par les « menaces dont son épouse a fait l’objet » via les réseaux sociaux et par téléphone, en amont de son appel à la police pour signaler la disparition de son mari. Elle a depuis été placée sous protection. Interrogées par le bureau de liaison d’Interpol à Pékin, les autorités chinoises n’ont quant à elles, pour l’heure, « pas apporté de précisions, les échanges se poursuivent », a précisé la Place Beauvau.

Ce n’est pas la première fois que des personnalités de haut rang de la diaspora chinoise, en France ou dans d’autres pays, disparaissent ainsi. Le procédé est souvent le même. Les personnes sont arrêtées pendant un séjour en Chine dans le cadre de leurs affaires professionnelles ou personnelles. Elles sont ensuite privées de liberté et interrogées pendant des périodes qui peuvent s’étendre sur des mois. Avant d’être finalement relâchées de manière imprévisible, mais avec des dégâts sur leur carrière, difficiles à réparer, ou être accusées de corruption, dans un communiqué d’une seule ligne.

L’irrésistible ascension de M. Meng

Ce même procédé s’applique en Chine aux plus hautes personnalités politiques dans le cadre de luttes de factions, le président chinois, Xi Jinping, ayant promis de n’épargner ni les « mouches », fonctionnaires de bas étage, ni les « tigres », officiels de haut rang, dans sa lutte contre la corruption.

Le cas de M. Meng, 64 ans, est toutefois une première au sein de grandes institutions internationales. Sa nomination à la tête d’Interpol, fin 2016, en remplacement de l’actuelle patronne de la direction centrale de la police judiciaire, Mireille Ballestrazzi, avait été vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International. Celles-ci avaient souligné le risque de confier un tel rôle à un haut officiel d’un pays connu pour son absence de garantie des droits ou de séparation des pouvoirs judiciaires et politiques.

Les Etats membres d’Interpol avaient toutefois considéré qu’il était difficile de refuser à un pays de l’importance de la Chine un haut poste dans une grande institution internationale, d’autant que la République populaire accepte un rôle plus modeste au sein d’autres grandes organisations, dont les Nations unies (ONU). M. Meng avait fini par être élu à plus de 80% des voix par l’ensemble des polices du monde du entier. Pékin, de son côté, y voyait un atout et une légitimation de la campagne lancée par Xi Jinping pour traquer à l’étranger officiels et hommes d’affaires chinois corrompus.

Avant ce poste, Meng Hongwei était déjà à un très haut niveau de responsabilité en Chine. Il a fait son ascension au sein de la hiérarchie sous Zhou Yongkang, qui, sous le mandat du précédent président chinois, s’était imposé comme le « tsar » de l’appareil sécuritaire. Il avait même été nommé vice-ministre de la sécurité publique, la police, en 2004, moins de deux ans après que M. Zhou a pris la tête de ce ministère.

Campagne contre la corruption

Or M. Zhou devait être l’une des plus importantes victimes de la campagne contre la corruption, qui est aussi une lutte pour imposer des hommes, lancée par Xi Jinping après son arrivée au pouvoir. En 2015, après de multiples arrestations dans son entourage, M. Zhou avait finalement été condamné à perpétuité.

Mais Meng Hongwei, signe qu’il avait pris ses distances avec M. Zhou et disposait d’autres appuis politiques, était nommé à la tête d’Interpol l’année suivante. Est-il aujourd’hui rattrapé, trois ans après, par la nomination à des postes clés de partisans ultra-loyaux de l’actuel président ?

En Chine, un tel processus d’arrestations et de nominations peut s’étaler sur tout un mandat. En novembre 2017, un nouvel officiel, Zhao Kezhi, réputé très proche du président Xi, a ainsi été nommé ministre de la sécurité publique et secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) au sein de ce ministère. En avril 2018, Meng Hongwei était, lui, démis du Comité du Parti qui supervise ce ministère.

La disparition du patron d’Interpol, dont le mandat est censé durer jusqu’en 2020, ne manque en tout cas pas d’intriguer les observateurs. « C’est contradictoire et contre-productif pour la Chine, à l’heure où elle essaye de projeter une image adoucie à l’étranger, d’adopter des mesures qui vont sembler drastiques contre un officiel pourtant nommé à la tête d’une institution internationale sous Xi Jinping », réagit Willy Lam, spécialiste du leadership chinois à la Fondation Jamestown : « Pour en venir là, la question de sa loyauté politique doit être suffisamment grave, car le seul fait qu’il y ait des doutes sur son sort va nourrir les réactions cyniques de ceux qui avaient prévenu du danger qu’il y avait en choisissant un officiel chinois à la tête d’Interpol. »

Disparitions dans la diaspora chinoise

Depuis trois ans, les cas de ce genre se sont aussi multipliés en France. L’homme d’affaires Mike Poon, qui a investi dans l’aéroport de Toulouse, avait ainsi disparu des radars pendant six mois en 2015.

A l’été 2017, c’est ensuite l’un des plus gros magnats de la diaspora, installé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), qui en a fait les frais. En 2011, cette personnalité au parcours de self-made-man sulfureux, avait fait parler de lui en effectuant d’importants investissements dans le port du Havre (Seine-Maritime).

Tenu au secret pendant plusieurs semaines en Chine, il avait finalement réapparu à l’automne 2017, très amaigri. D’après le récit qu’il en avait fait au Monde, il avait été mis en cause dans le cadre d’une enquête pour malversations financières. Mais l’enquête « administrative » qu’il avait subie n’avait pas abouti. Il en était ressorti blanchi, selon lui.

La même chose est aussi arrivée au président d’une des plus puissantes associations de commerçants chinois en France, un homme un temps considéré par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) comme un « agent » chinois en France.

Son cas avait fait polémique, en avril 2017, lorsqu’il s’était retrouvé dans la délégation accompagnant Emmanuel Macron, alors en pleine campagne présidentielle, pour faire l’intermédiaire avec la famille de Liu Shaoyo, un ressortissant chinois de 56 ans, tué par la police lors d’une intervention qui avait mal tourné, et avait déclenché d’importantes manifestations contre la police, à Paris.

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