Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jours tranquilles à Paris

Publicité
2 février 2019

Les Chtis sont prévenus !

Publicité
2 février 2019

LA NEBULEUSE BY MATHILDE BIRON {EXCLUSIVE EDITORIAL/NSFW}

French female film photographer, Mathilde Biron submitted her latest set she shot with model @_muffin.

nebu22

nebu23

nebu24

nebu25

nebu26

nebu27

nebu28

nebu29

nebu30

2 février 2019

Gilets Jaunes ACTE XII... again and again...

"C'est pour montrer tous les gens esquintés" : des "gilets jaunes" organisent plusieurs marches blanches en France en hommage aux blessés

Des manifestations en hommage aux blessés vont avoir lieu dans plusieurs villes ce samedi.

Avant une nouvelle manifestation des "gilets jaunes", plusieurs cortèges en France vont rendre hommage aux blessés depuis le début du mouvement. "J'irai avec joie", raconte Franck. Ce jeune homme a perdu un oeil en décembre et sera dans le cortège parisien pour dénoncer l'usage des lanceurs de balles de défense (LBD), alors que le Conseil d'État, les a autorisés vendredi. D'autres rassemblements vont avoir lieu samedi 2 février à Rouen, Bordeaux, Lille ou encore Valence.

Les blessés en tête de cortège

Franck fait partie des "gilets jaunes" qui ont été blessés depuis le début du mouvement, et il tient à montrer sa colère samedi. Ce jeune paysagiste de 20 ans manifestera à midi place Daumesnil dans le 12e arrondissement de Paris. Franck a perdu un oeil le 1er décembre dernier, il raconte avoir été blessé par un tir de LBD alors qu'il était au téléphone avec sa mère en pleine manifestation des "gilets jaunes" autour de l'Arc de Triomphe. Depuis, il a perdu son travail. "J'ai la rage envers cette personne qui m'a tiré dessus. Je voudrais bien qu'il vienne devant moi et qu'il me dise sincèrement pourquoi il m'a tiré dessus. Il m'a gâché ma vie, explique le jeune homme. Ce n'est peut-être pas facile, mais on veut que le gouvernement nous entende, qu'il voit ce qu'il fait à son peuple. J'irai avec le sourire et la joie". Franck sera d'ailleurs en tête de cortège avec les autres blessés.

"J'ai perdu un oeil, je ne veux pas perdre le deuxième"

Patrick aussi sera présent à la manifestation, malgré la peur : "J'avoue que jusqu'à présent, je n'ai pas voulu retourner sur des manifestations depuis que j'ai perdu mon oeil". Ce "gilet jaune" a été éborgné par une grenade de désencerclement le 24 novembre dernier à Paris alors qu'il avait prévu de quitter la manifestation près de la place de la Madeleine. Aujourd'hui, ce commercial est en arrêt maladie. Choqué, il fera l'effort d'être dans le cortège. "Ce qui m'a convaincu, c'est le thème de la manifestation. C'est pour montrer aux gens les blessures, tous les gens qui ont été esquintés", explique Patrick.

Il a accepté de venir car "on m'a vraiment garanti qu'il y aurait pas de violences, que ça sera vraiment très sécurisé. De toute façon, il est clair que si ça commence à gazer, je m'en vais immédiatement. J'ai perdu un oeil, je ne veux pas perdre le deuxième", conclut-il.

L'usage des LBD dénoncé

Cette manifestation intervient aussi au lendemain de la décision du Conseil d'État de ne pas interdire l'usage de LBD dans les manifestations. Pour Antonio, l'organisateur de la marche blanche à Paris, cette décision va faire venir plus de monde. "Ce qui va changer, c'est qu'on va être massivement plus présent. Là, j'ai reçu énormément de messages de personnes depuis la décision du Conseil d'État. Les gens me disent 'on ne pouvait pas être présents demain, mais là avec ce qu'il se passe, on sera là !' Il y a beaucoup de solidarité", explique-t-il.

De source policière, depuis novembre, 116 enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN, la police des polices, après des plaintes déposées par des manifestants depuis le début du mouvement des "gilets jaunes". Parmi elles, dix blessures irréversibles aux yeux.

2 février 2019

Galerie Openspace

expo55

2 février 2019

Extrait d'un shooting - lingerie

DSC_7308web

DSC_7318web

DSC_7319web

Publicité
2 février 2019

« La génération Y n’existe pas »

Par Nicolas Santolaria - Le Monde

Appelés aussi « millennials », ils sont nés entre 1980 et 2000. Et sont un concept à eux seuls, affublés de moult caractéristiques : narcissiques, connectés, instables, nomades… Dans un livre à paraître, le journaliste Vincent Cocquebert détricote ces clichés, dénonçant une vision générationnelle de la marche du monde.

Autocentrés, inconstants, narcissiques… Estimés en France à 16 millions d’individus, les millennials (appelés aussi « génération Y ») sont ces jeunes nés entre 1980 et 2000 auxquels est accolé un catalogue de stéréotypes.

Vincent Cocquebert, 36 ans, rédacteur en chef du site d’information, d’humeur et d’analyse Twenty (fait « par et pour les 16-25 ans ») a ­acquis, par la fréquentation quotidienne de cette génération, la certitude que ces jeunes ne correspondaient en rien à la ­caricature qui est faite d’eux. Le journaliste en a tiré un ouvrage passionnant, à ­paraître le 15 février : Millennial burn-out. X, Y, Z… Comment l’arnaque des “générations” consume la jeunesse (Editions Arkhê, 216 p., 17,90€).

On présente toujours les millennials comme accros à Instagram, professionnellement instables et portant des Stan Smith. Se ressemblent-ils tous à ce point ?

On parle des millennials comme on parlerait de la famille Suricate. On applique à la jeunesse les codes narratifs du documentaire animalier. On les décrit, par exemple, comme accros au porno, alors que nombre d’entre eux ont un rapport très pudibond à la sexualité.

Pour bien comprendre ce qui se joue là, il faut revenir à la ­genèse du concept. La première référence à cette tranche d’âge apparaît en 1993, dans un édito non signé du magazine américain ­Advertising Age, sous le nom de « génération Y ». L’objectif de cette publication marketing à prétention sociologisante n’est pas de ­décrire la jeunesse telle qu’elle est, mais de créer le portrait-robot désirable d’un ­néoconsommateur éthique, qui aime les marques, l’engagement et croit au message publicitaire.

C’est le triomphe de la « génération » comme grille de lecture sociétale…

Oui. Cette vision générationnelle de la marche du monde doit aussi beaucoup aux travaux des historiens William Strauss et Neil Howe – avec leur livre Generations : The History of America’s Future, 1584 to 2069 [William Morrow Paperback, 1991, non traduit] –, qui envisagent la dynamique sociale comme une succession de sociotypes – les « artistes », les « prophètes », les « nomades », les « héros ».

Ce sont eux qui ont forgé le ­concept de millennials. Même si leur méthode a été décriée par certains de leurs pairs, leur vision a fini par s’imposer.

En réalité, les millennials n’existent pas. Il s’agit d’une génération dont les traits caractéristiques ont été définis a priori. Alors qu’ils n’étaient encore que préadolescents, ils étaient déjà décrits comme zappeurs, multitâches, professionnellement infidèles, experts en informatique. Ils ont été essentialisés avant même d’avoir vécu et parfois de manière très négative. Un des reproches qui leur sont adressés est lié à leur prétendu narcissisme, comme si les adolescents des générations précédentes ne l’étaient pas…

Est-ce la première fois qu’on définit ainsi une génération a priori ?

La guerre de 1914-1918 a permis l’émergence du concept de génération, mais elle était caractérisée a posteriori, au travers d’un événement tragique fédérateur.

Avec Mai-68, on verra ­apparaître les premiers discours ­médiatiques sur la jeunesse où l’approche fantasmatique prend le pas sur le réel. On idéalise alors une jeunesse révolutionnaire par essence, susceptible d’impulser des mutations décisives, sur laquelle va se focaliser abusivement toute ­l’attention. Alors qu’on avait affaire à une grève générale, Mai-68 sera finalement réduit à une « commune ­juvénile ». C’est aussi à cette époque que les conflits de générations commencent à se substituer aux conflits de classes. Depuis, on n’a eu de cesse d’opposer une génération à une autre.

Cette thématique du clash des générations est omniprésente. Le millennial est souvent présenté comme un nomade connecté et sans attache qui s’opposerait au baby-boomer repu, jouisseur…

Ce n’est pas une idée nouvelle, puisqu’elle renvoie au conflit des « anciens contre les modernes ». Mais alors que ce discours se basait jusqu’ici sur une opposition de valeurs, il a pris au début des années 1990 un tournant économique.

A partir de là ont germé des ­récits mettant en scène ce pseudo-conflit entre la génération prétendument profiteuse des baby-boomers et celle des millennials, qui seraient les grands perdants de l’histoire. Cette scénographie est un moyen efficace pour évacuer les véritables rapports de force, les rapports de classe.

Par ailleurs, cette guerre entre les jeunes et les vieux doit être largement relativisée, puisqu’il n’y a jamais eu autant de solidarité économique entre générations. En 2018, 80 % des 18-24 ans recevaient une aide financière de leurs parents.

Quand tout le monde surfe sur sa tablette et regarde « Sex Education » sur Netflix, cette focalisation sur l’âge a-t-elle encore un sens ?

De nombreuses études ont souligné l’absence de fracture entre les X, les Y, et même les baby-boomers. L’âge n’est plus un marqueur de distinction très pertinent. Aujourd’hui, on peut avoir plus de 60 ans, rouler en trottinette et être favorable au mariage pour tous.

Et, à l’inverse, être jeune et réac ?

Oui. On a toujours l’image d’une jeunesse progressiste, antiraciste, mais ça aussi c’est un cliché. Il y a cette anecdote que je trouve assez signifiante : au moment de la dernière élection présidentielle, la star française de l’électro Laurent Garnier a cru bon de passer dans un de ses concerts le titre Porcherie, des Béruriers noirs. Il pensait que le refrain de la chanson – « La jeunesse emmerde le Front national » – allait faire l’unanimité. Mais à sa grande surprise, il a reçu de nombreux messages hostiles sur Facebook, sur le thème : « J’écoute de l’électro et je vote FN. Ça vous ­dérange ? ! » Lors de l’élection présidentielle 2017, 51 % des 18-24 ans ont voté pour un parti antisystème au premier tour.

On aurait donc affaire à une jeunesse complexe, multiforme ?

En réalité, elle n’a jamais été aussi diverse, éclatée. Le problème de l’étiquette millennial, c’est qu’elle a fait disparaître les vraies ­lignes de fracture, entre la ville et la campagne, les riches et les pauvres, ceux qui ont fait des études et ceux qui, au nombre de 100 000 chaque année, sortent du système scolaire sans diplôme. Le millennial dont on entend parler tous les jours, celui qui correspond véritablement à sa caricature, qui écrit des lignes de code et mange du quinoa bio, ne représente que 5 % de la génération Y. L’Observatoire société et consommation les nomme « le nectar des millennials ».

C’est peut-être dans l’entreprise que le discours sur les millennials est le plus utilisé. Pourquoi ?

Le management s’est rapidement emparé de ce concept pour justifier des changements structurels, les mettre en scène au travers d’une incarnation, qu’il s’agisse du désengagement des entreprises dans la gestion des carrières, de la nouvelle organisation de l’espace, de l’informatisation ou de la normalisation des contrats précaires. La figure du slasher, cet individu qui accumule joyeusement plusieurs jobs, a, par exemple, permis de présenter de manière positive l’ubérisation à marche forcée de la société.

Si on a mis des canapés dans les open spaces, c’est donc parce que les millennials sont plus créatifs quand ils sont allongés, c’est ça ?

C’est un peu ça. Le jeune doit à la fois faire ­rêver, mais aussi tenir lieu de guide et d’inventeur du monde de demain. En réalité, on sous-traite aujourd’hui à la jeunesse un mythe du progrès auquel on ne croit plus. C’est pour ça qu’on a même instauré dans certaines entreprises ce que l’on appelle le « reverse mentoring », le fait que les jeunes deviennent les tuteurs de salariés plus âgés.

Où est le problème ?

Là aussi, on baigne en pleine légende urbaine. En réalité, on n’a pas du tout affaire à une génération de petits génies de l’informatique, comme on nous le répète. Pour reprendre la formule du spécialiste du numérique Jean-Noël Lafargue, je dirais que les millennials sont plus « digital naïves » que digital natives. S’ils maîtrisent Internet, les réseaux sociaux et le traitement de texte, ils ne sont pas tous codeurs dans l’âme.

Mais à force d’être répétée, cette ­caricature ne finit-elle pas par avoir des effets dans le réel ?

Au niveau du monde du travail, ces stéréotypes dévastateurs fonctionnent effectivement comme une prophétie autoréalisatrice. Certains manageurs, qui considèrent les millennials comme des mercenaires narcissiques, seront moins enclins à leur transmettre des connaissances. En réalité, avec plus de 20 % de chômeurs dans leurs rangs, les millennials ne sont pas les zappeurs inconséquents que l’on décrit, mais des jeunes angoissés par le manque de perspective professionnelle, qui rêvent simplement de stabilité.

Si les clichés sur les millennials sont à ce point infondés, pourquoi continue-t-on à les répéter comme des mantras ?

A titre individuel, le discours sur les générations, c’est un peu comme l’horoscope. On sait que ce n’est pas scientifique, mais on se laisse quand même prendre, parce que c’est divertissant. Ces stéréotypes flattent notre processus inconscient d’« avarice cognitive » : on préfère en général les analyses les plus simples, les raisonnements qui confirment nos préjugés. C’est pour ça que les discours complexes des sociologues et des anthropologues ont été éclipsés par de prétendus spécialistes en millennialogie.

Ils facturent jusqu’à 20 000 euros la conférence pour expliquer que le millennial veut une salle de sieste au bureau et des beignets le matin. Ce sont des affirmations qui ne reposent sur rien ou, au mieux, sur des études très discutables. Ce marché du consulting générationnel est si florissant qu’il touche désormais la génération Z (nés à partir de 1995), sur laquelle sont racontées tout autant d’inepties.

Comment ces jeunes réagissent-ils face à cette caricature ?

Ils commencent à comprendre qu’ils sont victimes d’une vraie violence psychique. Alors qu’on ne se permettrait jamais de ­tenir ce genre de discours avec un groupe ­racial, on martèle les pires horreurs sur les générations sans que personne ne s’en offusque.

Il y a peu, Hasbro a lancé un Monopoly spécial millennials dont le concept est incroyablement cynique : on remplace les achats immobiliers – « Vous n’avez pas les moyens de toute façon », précise le slogan du jeu – par des « expériences ». Bref, on ricane sur l’impossibilité de l’accès à la propriété des plus jeunes. Ce jeu a été très critiqué sur les réseaux sociaux.

Dans votre livre, vous parlez de « burn-out » générationnel. Ce n’est pas un peu fort ?

Ce poids symbolique énorme, en plus d’être générateur d’angoisse et de déception, pèse sur les jeunes d’aujourd’hui qui finissent par intégrer ces grands traits comportementaux comme s’ils étaient devenus performatifs, selon le principe de la prophétie auto-réalisatrice. Ils en viennent à porter un ­regard haineux sur leur propre génération. Aujourd’hui, le terme « millennial » est même devenu une insulte à l’intérieur de la génération Y.

A part sur le moral des principaux intéressés, cette fiction a-t-elle d’autres effets négatifs ?

Cette image « packagée » nous empêche de prendre conscience de ruptures plus profondes et plus inquiétantes, comme le mouvement de déconsolidation démocratique qui affecte cette jeunesse.

A ce stade, dois-je abandonner absolument toutes mes croyances sur les millennials ?

Il y a toujours un côté déceptif quand la réalité ne correspond pas aux attentes que les stéréotypes ont suscitées. Mais je vous rassure sur un point, les jeunes regardent quand même des vidéos de chats.

2 février 2019

BALMAIN - Olivier Rousteing

orousteing (1)

orousteing (4)

orousteing (5)

orousteing (6)

2 février 2019

Toilet Paper

toilet22

toilet54

2 février 2019

De quelles armes sont équipés policiers et gendarmes pendant une manifestation ?

Par Simon Auffret - Le Monde

Les lanceurs de balles de défense et les grenades GLI-F4 ne représentent qu’une partie de l’arsenal du maintien de l’ordre.

Respecter une « mise à distance » des manifestants, tout en apportant une réponse « immédiate et proportionnée » aux actes violents et aux agressions subies par les forces de l’ordre : depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’arsenal des policiers et gendarmes s’adapte à ces deux principes de base du maintien de l’ordre à la française.

Selon la doctrine policière, les gaz lacrymogènes et les fumigènes doivent par exemple disperser une foule en la maintenant loin des premiers rangs de CRS ; les bâtons (tonfa) ne sont, eux, utilisés qu’en dernier recours, en cas de contact physique avec des manifestants considérés comme dangereux.

Mais cette stratégie est remise en cause par les modes d’action des « gilets jaunes », dont les manifestations ne sont pas déclarées, les trajets imprévisibles, et dont le bilan – plus de 1 900 blessés en deux mois et demi – questionne la dangerosité de l’armement des forces de l’ordre, devenu par sa diversité l’un des plus étoffés d’Europe. Petit inventaire de l’arsenal mis à leur disposition.

Le lanceur de balles de défense

Ils sont communément appelés Flash-Ball, du nom du premier modèle de la marque Verney-Carron qui a équipé les policiers et gendarmes dès la fin des années 1990. Mais la gamme des lanceurs de balles de défense (LBD) s’est depuis élargie, et c’est le modèle GL06 (lanceur de grenade) qui a désormais la faveur des autorités françaises.

Expérimenté dès 2005, ce LBD 40 (pour son calibre de 40 mm), fabriqué par l’entreprise suisse Brügger & Thomet, est le plus utilisé en manifestation.

Les LBD tirent des munitions en semi-caoutchouc, dites à « létalité réduite » : elles doivent servir à neutraliser sans tuer, mais peuvent s’avérer dangereuses à courte distance. « Comme pour toute arme, on sait bien qu’un tir à courte portée peut causer des lésions irréversibles », admet l’instructeur de tir François Trintat, formateur au centre de tir de la police nationale, à Paris. Les LBD peuvent être utilisés sans sommation lors d’une opération de maintien de l’ordre, mais seulement lorsqu’un officier est menacé physiquement, par exemple par un jet de projectiles ou par l’arrivée d’un manifestant avec un objet pouvant servir d’arme.

« Toute réponse des forces de l’ordre doit être proportionnée et nécessaire », affirme un représentant de la Direction générale de la police nationale (DGPN), interrogé sur la doctrine policière. Contrairement à l’utilisation de certaines grenades, aucune demande d’autorisation n’est imposée avant d’engager un tir de LBD – qui doit privilégier, selon une note du ministère de l’intérieur de 2014, « le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs ». « La tête n’est pas visée », précise bien cette note.

Le LBD 40 est équipé d’une visée holographique et son canon est rayé, pour en améliorer la précision. Sa portée dépend de la munition utilisée : pour les « munitions universelles de défense » (MDU), cartouches en semi-caoutchouc de couleur noire, la portée précise est estimée entre 3 et 35 mètres de distance. Les MDU sont notamment utilisées par la brigade anticriminalité ou les compagnies de sécurisation et d’intervention à Paris. L’autre munition est le combined technical system (CTS), de couleur grise et utilisé par les forces spécialisées dans le maintien de l’ordre, soit les CRS et les gendarmes mobiles. Son usage est conseillé entre 10 et 50 mètres.

Depuis deux ans, des lanceurs multicoups de calibre 40 millimètres sont aussi expérimentés par les CRS dans les opérations de maintien de l’ordre. Avec une capacité de tir de quatre ou six munitions à la suite, ils sont d’apparence très semblables aux LBD mais ne contiennent jamais de balles en caoutchouc : armés de grenades de gaz lacrymogènes ou de fumigènes, ils s’apparentent à une version plus légère du lanceur de grenade Cougar, dont les forces de l’ordre sont aujourd’hui équipées.

La grenade GLI-F4

A triple effet lacrymogène, sonore et de souffle, la GLI-F4 est une grenade « à effets combinés » contenant 25 grammes de TNT, ce qui fait d’elle la dernière munition à explosif utilisée en maintien de l’ordre en France. C’est la grenade la plus puissante utilisée depuis l’interdiction des grenades offensives F1, à la suite de la mort du militant Rémi Fraisse, à Sivens (Tarn), en 2014.

La France est le seul pays d’Europe à l’utiliser, comme le soulignait dès 2014 un rapport commun de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Les officiers porteurs d’un lance-grenades doivent faire une demande d’autorisation verbale à leur hiérarchie avant chaque utilisation.

Depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », son usage est notamment critiqué par un collectif d’avocats, qui en demande l’interdiction – plusieurs manifestants ont témoigné avoir été gravement blessés, jusqu’à perdre leur main, en tentant d’écarter une GLI-F4 lancée dans leur direction. Son remplacement est d’ores et déjà prévu par les autorités françaises : la grenade GM2L, à usage semblable mais sans explosif ni effet de souffle, doit progressivement venir équiper les forces de l’ordre à la place de la GLI-F4, dont les stocks devraient être épuisés d’ici à 2021.

La grenade de désencerclement

Contrairement à la GLI-F4, la grenade de désencerclement ne cherche pas à disperser en diffusant du gaz et en explosant, mais en projetant dix-huit plots en caoutchouc, qui se dispersent au moment de la détonation d’un mécanisme pyrotechnique, dans un délai de quatre secondes après avoir été activée. C’est par ailleurs la seule grenade utilisée par les forces de l’ordre qui doit être lancée en direction du sol à la main ou à l’aide d’un lanceur, et non en cloche, comme la GLI-F4 ou les grenades lacrymogène.

Comme son nom l’indique, elle doit servir à sortir les policiers et gendarmes d’un contact physique très proche avec un groupe de manifestants, ou à disperser un groupe de personnes présent sur un point stratégique, qu’un escadron souhaite investir.

Lors de l’« acte XI » de la mobilisation des « gilets jaunes », à Paris, le 26 janvier, c’est une grenade de désencerclement qui pourrait être, selon le secrétaire d’Etat au ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, responsable de la blessure à l’œil de Jérôme Rodrigues, figure du mouvement et proche d’Eric Drouet.

Les grenades lacrymogènes et fumigènes

Les forces de l’ordre utilisent plusieurs modèles de grenades lacrymogènes, qui diffusent également de la fumée en se dispersant. Elles peuvent être lancées à la main ou à l’aide d’un lance-grenades, pour maintenir à distance des manifestants ou disperser une foule dans une rue ou sur une place.

La grenade PLMP 7B d’un calibre de 56 mm, l’une des plus utilisées, contient par exemple sept capsules de poudre « CS », le gaz irritant le plus commun, et diffuse une fumée blanche. Les officiers sont aussi équipés de pistolets aérosol contenant du gaz lacrymogène, utilisés pour repousser des manifestants proches d’eux physiquement.

Les moyens de force physiques

Le bâton de défense à poignée latérale, ou tonfa, et le bâton ou matraque télescopique de défense (BTD) ne doivent, selon la doctrine, être utilisés qu’en cas d’échec de la mise à distance des policiers et gendarmes, donc à l’occasion d’un contact physique avec des individus violents ou lors d’une tentative d’interpellation et de maîtrise d’un manifestant.

Les frappes à la tête et au cou sont interdites, les jambes et les bras, ainsi que le torse, étant privilégiés.

Les canons à eau

Ces véhicules blindés contiennent jusqu’à 5 000 litres d’eau et participent, comme le gaz lacrymogène et les lanceurs de balles de défense, à une volonté de garder les manifestants à distance des forces de l’ordre.

Leur utilisation en France remonte au moins à 2003. La présence d’additifs mélangés à l’eau est souvent dénoncée par les associations de lutte contre les violences policières, qui déplorent un manque de transparence sur les composés utilisés.

En octobre 2018, la DGPN a confirmé l’utilisation d’un « émulsif de type protéinique » par les CRS dans un canon à eau lors des manifestations du 1er-Mai à Paris. D’après Le Parisien, citant une source policière, il s’agirait « de protéines de viandes macérées, mélange de sang séché et d’os broyés » ajouté à l’eau et dont l’odeur pestilentielle permettrait de repousser les manifestants. Cet émulsif peut être utilisé pour venir à bout d’un feu de poubelle du fait de ses propriétés ignifugeantes, ou de barricades, mais n’a pas vocation à être pulvérisé sur des personnes.

Les armes à feu

Tout au long des opérations de maintien de l’ordre, les officiers de police gardent sur eux leur arme individuelle. Ils ne sont autorisés à l’utiliser uniquement quand ils sont dépourvus de l’ensemble des autres moyens de coercitions, ou que ceux-ci ne suffisent pas à protéger leur intégrité physique.

C’est en suivant cette consigne qu’un policier motard a mis en joue avec son arme, le 22 décembre 2018, des manifestants, à Paris : sans bouclier, ni matraque, ni possibilité d’écarter autrement des personnes en face de lui, il s’est saisi de son arme de service.

Certains policiers sont également équipés, lors des manifestations des « gilets jaunes », de fusils d’assauts HK G-36. Un dispositif de deux porteurs de fusils par escadron décidé par la préfecture de police de Paris, qui l’a confirmé à Libération, le 15 janvier. La présence d’un risque terroriste lors des rassemblements justifie la mise en service de telles armes, selon les autorités, qui dotent également les policiers de fusils sniper lors de grands rassemblements.

2 février 2019

Nakid Magazine

Photographer Lexa Kim shot this wild exclusive here for us at NAKID, teaming up with model Liya Michelle titled 'GIRL GLUE'.

Team Credits: Model @liya_michelle Style @yourbadstylist Assistant photographer @marielourier

glue22

glue23

glue24

glue25

glue26

glue27

glue28

glue29

Publicité