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Jours tranquilles à Paris

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14 janvier 2019

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14 janvier 2019

Nobuyoshi ARAKI

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14 janvier 2019

Arrivée au Canada, la jeune Saoudienne Rahaf Mohammed Al-Qunun commence une nouvelle vie

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La jeune fille, âgée de 18 ans, a suscité une mobilisation internationale après avoir fui sa famille et son pays. Le gouvernement canadien lui a accordé l’asile.

« Très heureuse » d’être réfugiée au Canada, Rahaf Mohammed Al-Qunun, jeune Saoudienne qui a suscité une mobilisation internationale après avoir fui sa famille et son pays, a commencé une nouvelle vie à Toronto où elle est arrivée samedi 12 janvier. Accueillie à l’aéroport par la ministre des affaires étrangères, Chrystia Freeland, en personne, Rahaf Mohammed Al-Qunun, âgée de 18 ans, a brièvement posé, tout sourire malgré la fatigue, pour les nombreux journalistes venus l’attendre.

« Elle a fait un très long voyage, elle est épuisée et préfère ne pas répondre aux questions pour le moment, a commenté la chef de la diplomatie canadienne. Elle est très heureuse d’être dans sa nouvelle maison, même si elle m’a parlé du climat. Je lui ai dit qu’il peut faire plus chaud. » « Elle voulait que les Canadiens voient qu’elle était arrivée au Canada », a-t-elle ajouté, prenant par l’épaule la jeune femme qui arborait une jupe, une veste de survêtement affichant « Canada » et une casquette bleue siglée « UNHCR » (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés).

Sur Twitter, la jeune fille a chaleureusement remercié son pays d’accueil, non sans égratigner les autres : « Le seul pays qui m’ait vraiment aidée finalement est le Canada. Les autres ont eu peur et sont des lâches. »

Acheter des vêtements chauds

La Saoudienne affirme vouloir fuir les abus psychologiques et physiques de sa famille, qui a démenti ces allégations. Elle se dit par ailleurs en danger dans son pays pour avoir l’intention de renoncer à l’islam. Après avoir semblé sur le point de trouver refuge en Australie, l’adolescente s’est finalement tournée vers le Canada, où le gouvernement du premier ministre canadien Justin Trudeau lui a rapidement accordé l’asile.

Elle a été prise en charge par l’association à but non lucratif Costi, sise à Toronto et spécialisée dans l’accueil des réfugiés, a confirmé une porte-parole de Costi jointe par l’Agence France-Presse. La jeune femme est allée dès samedi après-midi faire un peu de shopping pour s’acheter des vêtements chauds au centre de la mégapole de l’Ontario, selon cette source. Elle y connaît plusieurs personnes qu’elle a contactées.

Des responsables de l’association vont dans les prochains jours l’aider à ouvrir un compte en banque ou remplir diverses formalités administratives, avant de chercher un logement permanent. En attendant, elle va séjourner dans une structure protégée par des gardiens jour et nuit. L’association a conseillé à la jeune femme de ne pas révéler sa localisation précise.

Son arrivée au Canada marque l’épilogue d’une odyssée internationale qui a attiré l’attention via les réseaux sociaux depuis une semaine. La jeune femme avait acquis une notoriété planétaire en créant un compte Twitter alors qu’elle était retranchée dans une chambre d’hôtel à l’aéroport de Bangkok, multipliant messages et vidéos désespérés.

Barricadée derrière sa porte d’hôtel

Une photo d’elle, barricadée derrière sa porte d’hôtel barrée d’un matelas, avait fait le tour du monde. Avec son téléphone, elle avait assuré qu’elle risquait la mort si elle était rapatriée de force. Elle avait notamment affirmé à Human Rights Watch (HRW) qu’elle souhaitait renoncer à l’islam, ce qui la mettait « sérieusement en danger » si elle rentrait dans son pays, souligne l’ONG. L’adolescente avait été arrêtée à son arrivée à Bangkok depuis le Koweït, où elle avait fait faux bond à sa famille et cherché à gagner l’Australie.

A la suite d’une mobilisation en sa faveur sur les réseaux sociaux, les autorités thaïlandaises avaient renoncé à la renvoyer contre son gré et l’avaient laissée quitter l’aéroport avec des représentants du HCR. Cette agence de l’ONU, dans un tweet, a salué « l’arrivée de Rahaf au Canada et la décision du gouvernement canadien de lui apporter une protection et une solution de long terme en tant que réfugiée réinstallée ». « Comme l’a dit le premier ministre [Justin Trudeau], le Canada croit très fort à la défense des droits humains dans le monde, et nous pensons fermement que les droits des femmes sont des droits humains », a insisté Chrystia Freeland.

La décision du Canada risque toutefois de raviver la crise diplomatique sans précédent qui mine les relations entre Riyad et Ottawa depuis l’été dernier. L’Arabie saoudite avait annoncé en août l’expulsion de l’ambassadeur du Canada, rappelé le sien et gelé tout nouveau commerce ou investissement avec le Canada. Cette décision faisait suite à un tweet d’Ottawa, quelques jours plus tôt, appelant à la libération immédiate de militants saoudiens des droits humains arrêtés peu avant, dont Samar Badaoui, sœur du blogueur emprisonné Raïf Badaoui, dont la femme et les trois enfants vivent réfugiés au Québec.

L’Arabie saoudite est l’un des pays du monde les plus restrictifs pour les droits des femmes. Elles sont notamment soumises à la tutelle d’un homme (père, mari ou autre), qui exerce sur elles une autorité arbitraire et prend à leur place les décisions importantes.

14 janvier 2019

« Grande diversion » ou « pas grand-chose » : l’opposition éreinte la lettre de Macron

Le chef de l’Etat a promis, dimanche, dans sa lettre aux Français de « transformer les colères en solutions », à deux jours du lancement du « grand débat national ».

Il promet de tirer « toutes les conclusions » du grand débat national. A deux jours du coup d’envoi mardi de cette consultation inédite, décidée en réponse au mouvement des « gilets jaunes », le président de la République, Emmanuel Macron, a proposé, dimanche 13 janvier, dans sa lettre aux Français un « nouveau contrat pour la nation ». Le chef de l’Etat y liste une trentaine de questions pour encadrer le grand débat et « transformer les colères en solutions ». La publication de ce texte a suscité nombre de réactions.

Dans la majorité

Olivia Gregoire, porte-parole des députés La République en marche (LRM), a loué, sur Twitter, une lettre aux Français dans laquelle elle « reconna(ît) totalement Emmanuel Macron ». « Un président qui pose de vrais enjeux sur la table (économie, social), un président qui ouvre toutes les questions notamment celles attendues (citoyenneté), un président qui va rendre compte », énumère-t-elle.

A gauche

Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, a regretté sur Twitter, que certaines questions, notamment en matière fiscale, ne puissent être abordées. « On ne convoque pas tous les Français à 1 débat en leur interdisant de parler par ex de l’ISF. Les conclusions doivent être celles des Français pas celles déjà prévues par le président de la République. »

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI), a dénoncé sur Twitter « une grande diversion ». « Le grand débat ? Une grande diversion, écrit le député des Bouches-du-Rhône. On refait le débat de la présidentielle mais le gouvernement fixe les conclusions. Rappel : après le “Débat” DOM-TOM et celui sur l’Europe, aucun résultat. La France de Macron est-elle vouée aux bavardages ? »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, s’est inscrit en faux, dans un communiqué, contre un débat qui pourrait être « l’occasion d’éviter de répondre aux questions de justice fiscale et de justice sociale que posent les Français depuis des mois ». « Il doit encore moins servir à cautionner des politiques d’austérité encore plus sévères. Il n’est à aucun moment question de “pouvoir d’achat” dans ce courrier aux Français », poursuit-il, et « rien non plus sur l’évasion fiscale et les moyens de lutter contre la financiarisation de l’économie ».

Benoît Hamon, chef de file de Génération.s, s’est dit dans un communiqué déçu du courrier du locataire de l’Elysée. « La lecture de la lettre d’Emmanuel Macron aux Français déçoit car elle est faible, prévisible, sans souffle ni vision, estime-t-il. Elle confirme nos inquiétudes. Le Président de la République cherche par cette lettre à se sortir d’une mauvaise passe, mais pas à répondre aux Français. »

A droite

Eric Ciotti, député Les Républicains (LR), a jugé sur Twitter que « comme toujours avec Emmanuel Macron », il y avait eu « beaucoup de suspens[e] pour pas grand chose ». « Une lettre creuse qui n’apporte aucune solution concrète à la colère populaire. Les Français ne veulent pas des questions mais des solutions. »

Frédéric Lefebvre, vice-président du parti Agir, a salué sur Twitter « un débat ouvert et sans aucun tabou proposé au peuple par Emmanuel Macron dans une longue et sincère Lettre aux Français ».

A l’extrême droite

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a estimé sur Twitter qu’« avec sa #LettreAuxFrançais, @EmmanuelMacron ne cherche qu’à gagner du temps ». « Le seul #GrandDébat c’est un #Référendum sur des décisions concrètes. Assez de bla-bla ! », tacle-t-il.

Florian Philippot, président des Patriotes, sur Twitter, a trouvé la lettre aux Français « extrêmement longue, illisible, et surtout des questions souvent fermées, orientées », avec « des sujets fondamentaux absents », notamment « rien sur l’UE ! ».

14 janvier 2019

Terry Richardson

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14 janvier 2019

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14 janvier 2019

« Grand débat » : Macron veut retrouver l’esprit de la grande marche de sa campagne

macron marée jaune

Par Virginie Malingre - Le Monde

Dans sa « lettre aux Français », rendue publique dimanche, le président détaille l’initiative qui doit être lancée mardi.

Pendant un mois, il l’a portée, maturée. Pendant un mois, il y a pensé, en a discuté. Dimanche 13 janvier au soir, Emmanuel Macron a rendu publique la lettre aux Français qu’il avait promise le 10 décembre, lors de son allocution télévisée pour annoncer le plan de dix milliards d’euros destiné à répondre à la colère des « gilets jaunes ».

Alors que la mobilisation des protestataires est repartie à la hausse samedi 12 janvier – avec plus de 80 000 personnes recensées sur tout le territoire –, le chef de l’Etat a pris sa plume pour donner sa vision du « grand débat », qui doit s’ouvrir mardi et a été conçu comme la deuxième partie de la réponse de l’Elysée à la crise, après les mesures sur le pouvoir d’achat.

« Ce débat n’est ni une élection, ni un référendum », écrit Emmanuel Macron, qui sait que son initiative ne peut être un succès que si les Français y participent en nombre. Pour que ses concitoyens adhèrent à sa démarche, le chef de l’Etat a donc pris soin de les assurer qu’ils pourraient aborder tous les sujets, quand bien même le débat est articulé autour de quatre thématiques (la transition écologique, fiscalité, réforme de l’Etat, démocratie et citoyenneté). « Pour moi, il n’y a pas de questions interdites », affirme-t-il, même s’il exclut, plus tard dans la lettre, de revenir sur la suppression de l’ISF et de remettre en cause le droit d’asile.

« Transformer les colères en solutions »

Dans cette même logique, le chef de l’Etat tient à assurer les Français qu’il tirera les conséquences de cette consultation d’un genre inédit. « Nos propositions permettront de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du gouvernement et du parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat », précise-t-il. Avant d’ajouter : « C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions. »

Avec cette initiative, Emmanuel Macron veut retrouver l’esprit de la grande marche, qu’il avait organisée durant sa campagne et qui lui avait permis d’associer les « marcheurs » à la conception de son programme. « Il renoue avec la promesse de transversalité qui avait fait une part de son succès en campagne. Et qu’il avait semblé oublier durant les vingt premiers mois de son quinquennat », explique l’un de ses proches. Qui poursuit : « Il renoue aussi avec la prise de risque, l’audace. Car ce débat est risqué, on ne sait pas ce qui en sortira. »

S’il est contraint de relancer le débat politique sur son propre programme, à peine vingt mois après son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron ne renonce pas pour autant à ses convictions. « Je pense toujours », écrit-il alors que les « gilets jaunes » l’interpellent massivement sur la question du pouvoir d’achat, « que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. » En clair, le chef de l’Etat assume la politique de l’offre qu’il mène depuis mai 2017 et entend la poursuivre.

Série de questions

Ceci étant posé, Emmanuel Macron ouvre la porte à une série de questions « qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations ». Le président lance ainsi un programme de réflexion conséquent, qui pourrait préfigurer de ce que sera son programme de travail pour la seconde partie du quinquennat, au-delà des réformes déjà annoncées comme celle des retraites ou l’assurance chômage. « Nous avons déjà réalisé 70 % de nos réformes », constate un macroniste de la première heure.

Les baisses d’impôt, juge-t-il, ne peuvent se faire sans baisse de la dépense publique. Dès lors, « faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? A l’inverse voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ? », interpelle-t-il. Le président se demande également s’il y a « trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales » et s’il faut « renforcer la décentralisation ».

C’est sur le sujet des institutions qu’Emmanuel Macron lance le plus de pistes de réflexion. Il évoque la question du vote blanc et du vote obligatoire. Il aborde celle « de la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives », alors que la réforme des institutions, à l’arrêt depuis l’affaire Benalla, prévoyait un curseur à 15 %. Le chef de l’Etat s’interroge aussi sur « le rôle » du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental. Et sur la manière « de rendre la démocratie plus participative ». Le recours aux référendums d’initiative citoyenne, qui divise profondément le gouvernement, est sur la table.

« Confiance »

Il est une autre question politiquement sensible sur laquelle sa majorité est très partagée qu’Emmanuel Macron aborde. Celle de l’immigration : « Souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ? »

Edouard Philippe doit encore annoncer lundi 14 janvier les modalités du grand débat, notamment sur son pilotage après la défection de la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno. Mardi, pour le premier jour de la consultation, Emmanuel Macron ira à la rencontre de maires à Grand Bourgtheroulde (Eure). En espérant que son déplacement ne sera pas chahuté par des « gilets jaunes ». « En confiance », conclut le chef de l’Etat dans sa lettre.

14 janvier 2019

Réflexion

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14 janvier 2019

Milo Moiré

milo

14 janvier 2019

Backstage - shooting fétichisme

backstage

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