CHAT fait le mur

Frédérique Callu est née à Tours (Indre et Loire), en 1968. Elle vit et travaille à Paris et Montreuil. Autodidacte à 12 ans elle dédie son art au service du Noir et Blanc. Dans l’ère du numérique elle a su conserver et maîtriser la magie des techniques traditionnelles de la photographie argentique, prise de vue, travail de laboratoire, retouche et colorisation manuelle pour trouver sa propre écriture photographique.
Née au moment des évènements de 68, c’est cet héritage et celui des femmes libres qu’elle décline dans cette série « Woman Attitudes ». Chaque œuvre nous ouvre un univers parsemé de messages classieux, engagés, urbains, féminins.
Merci à nos forces de l’ordre pour leur courage et leur professionnalisme. Honte à ceux qui les ont agressées. Honte à ceux qui ont violenté d’autres citoyens et des journalistes. Honte à ceux qui ont tenté d’intimider des élus. Pas de place pour ces violences dans la République.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 24 novembre 2018
Reportage
« Gilets jaunes » : et les Champs-Elysées se couvrirent de gaz lacrymogènes…
Par Aline Leclerc
Ils étaient quelque 8 000 à braver l’interdiction de manifester sur l’avenue parisienne. Se revendiquant « pacifistes », le face-à-face avec les forces de l’ordre a rapidement tourné à l’affrontement.
Au milieu de l’avenue des Champs-Elysées, un amoncellement de planches, de barrières de chantier, de poubelles en plastique et d’autres objets de mobilier urbain brûle à feu vif, en cette fin d’après-midi samedi 24 novembre, dégageant une épaisse fumée noire. Ils sont une centaine peut-être à l’alimenter, jeunes excités se dressant sur les éléments de cette barricade qui n’ont pas pris feu, drapeau français à la main, au cri de « Tous ensemble, tous ensemble » ou « Macron démission ».
Ce qui rend la scène stupéfiante est ailleurs : ce sont les milliers de personnes en gilets jaune fluo qui observent ce spectacle à distance, reprenant volontiers les mêmes slogans, entonnant aussi régulièrement La Marseillaise. Cernés eux-mêmes par des CRS qui ont fait pleuvoir les gaz lacrymogènes sur eux depuis le matin pour les disperser. Sans y parvenir.
Pleurant, suffoquant, ils étaient quelque 8 000 au total, selon le ministère de l’intérieur, et sont revenus à chaque fois bomber le torse place de l’Etoile. Déterminés. « On ne lâchera rien ! » Restant passifs, à discuter du mépris des élites au pouvoir et de leur rêve d’assemblée citoyenne, mais sur le qui-vive, prêts à détaler à la prochaine salve de gaz… pour mieux revenir occuper les lieux ensuite.
La plupart n’ont rien de dangereux autonomes, anarchistes et autres « blacks blocs ». Fines lunettes, cheveux grisonnants, after-shave, Laurent, 51 ans est informaticien. Ses amis Dominique et Michel, tous deux 56 ans, sont chef de groupe dans le BTP et technicien dans l’électronique. « Ce n’est qu’un début, je pense », estime Laurent d’une voix tranquille alors qu’il observe la fumée noire. « Ceux qui sont écoutés malheureusement, sont ceux qui cassent, complète Dominique. Y’a quelques dégâts mais ça ne me choque pas… Ceux qui souffrent ont l’impression qu’on ne les entend pas. » Ils racontent ce que tous les « gilets jaunes » interrogés par Le Monde ce samedi racontent : « Nous sommes venus tranquilles ce matin et on a reçu très rapidement des grenades lacrymogènes et assourdissantes. »
Grenades lacrymogènes dès le milieu de matinée
Ces derniers jours, les « gilets jaunes » avaient annoncé qu’à Paris, ils n’iraient pas sur le Champ-de-Mars, seul lieu de rassemblement autorisé par la préfecture. « C’est un piège, on veut nous parquer », expliquait ainsi Mireille, 61 ans, mobilisée toute la semaine chez elle à Nemours (Seine-et-Marne). Résumant ainsi les rumeurs qui ont couru sur Facebook.
Comme samedi dernier, ils sont donc arrivés à l’aube par petites grappes, se reconnaissant grâce à leurs gilets. Des classes moyennes, manifestant souvent pour la première fois, chauffeurs routiers, électriciens, secrétaires, mères au foyer… Ont d’abord éclaté des manifestations sauvages entravant la circulation dans les chics rues du 8e arrondissement de Paris comme sur les Champs-Elysées.
Différence de taille avec la semaine passée : le dispositif policier avait été extrêmement renforcé aux abords de l’Elysée avec barrage de CRS et camions équipés de grilles de sécurité. Le 17 novembre, alors que les « gilets jaunes » avaient annoncé leur attention d’approcher le palais présidentiel, le dispositif de sécurité était très léger. Ils étaient ainsi parvenus à manifester rue du Faubourg-Saint-Honoré, à une centaine de mètres du Palais, et à couper la circulation sur la place de la Concorde, avant d’être dispersés par des gaz lacrymogènes en toute fin de journée.
Mais ce samedi, les CRS n’ont pas attendu si longtemps : ils ont sifflé la fin de la récréation dès le milieu de matinée, utilisant tout de suite des lacrymogènes contre de petits groupes épars et jusqu’alors, absolument non violents. Le Monde en a témoigné dès 10 h 17 sur Twitter.
Vers 11 heures, ils étaient quelques milliers à avoir fini par s’agglutiner devant le cordon de sécurité le plus proche du palais présidentiel, en bas des Champs-Elysées. Les CRS ont commencé à lancer grenades assourdissantes, fumigènes et lacrymogènes et sorti le canon à eau, repoussant les manifestants en direction de la place de l’Etoile.
Il s’est créé alors une sorte de cortège dont la tête, qui remontait vers l’arc de triomphe restait dans une ambiance bon enfant, chantant en chœur La Marseillaise, comme un soir de victoire lors d’une Coupe du Monde de football. Mais à l’arrière l’ambiance a dégénéré, et de jeunes gens en gilets jaunes, particulièrement bien équipés pour résister aux lacrymogènes, se sont emparés de barrières de chantier pour constituer l’un des braseros qui brûleront plus tard plusieurs heures au milieu des Champs-Elysées. Sur l’avenue, on compte plusieurs barricades improvisées qui seront montées puis détruites par les camions porteurs de lances à eau des CRS.
Sont-ils des extrémistes extérieurs au mouvement ? Ou des « gilets jaunes » violents voulant en découdre ? On ne pourrait le dire. Ce qui est certain, c’est qu’en milieu d’après-midi, ils ne constituaient qu’une petite minorité des manifestants, la plupart continuant de se revendiquer « pacifistes », certains heureux d’assister au spectacle.
Pluie de gaz lacrymogène sur la place de l’Etoile
Tandis que la minorité violente était en arrière, prête à en découdre avec les CRS, la tête du cortège atteignait la place de l’Etoile, troublant la circulation des voitures. C’est alors qu’une pluie de lacrymogènes s’est abattue sur la place, faisant suffoquer tout le quartier, y compris les clients des restaurants et des hôtels de luxe, ainsi que les passagers du métro, évacué en urgence. Beaucoup de gens ignorant tout de la manifestation des « gilets jaunes » en sont sortis sous le choc, en pleurant. Il n’était que 12 h 30.
Tous les « gilets jaunes » que Le Monde a interrogés accusent les CRS d’une répression trop précoce et démesurée. C’est ce qui, selon eux, a envenimé la situation. Tous s’estiment dans leur bon droit de manifester leur colère à Paris, et cela même sur des avenues où la préfecture n’avait pas autorisé leur présence. « Même nos manifs ils veulent nous dicter où les faire ? Ils nous dictent déjà toute notre vie et ils voudraient nous dicter même comment on doit se mécontenter ? s’emporte Jessica, 35 ans, mère au chômage, de deux enfants. Mais si on manifeste tranquillement dans un petit coin joli, vous pensez qu’on va se faire entendre ? »
Plus loin, Isabelle, 42 ans, aide-soignante venue directement après sa nuit à l’hôpital témoigne encore : « On a le droit d’être vus et entendus ! C’est les CRS qui nous cherchent ! Ça ne va pas nous faire baisser les bras au contraire. On est de plus en plus motivés et ça va nous mettre de plus en plus en colère ». « Ça fait qu’attiser la haine, estime encore Maxime, 21 ans, conducteur de train. Ils nous gazent mais nous, on est pacifistes. J’espère que Macron va finir par nous écouter et changer d’axe politique ».
Certains de ceux qui étaient là rêvaient d’une nouvelle prise de la Bastille, d’autres d’un nouveau Mai 68. Mais tous partageaient le constat d’une Ve République à bout de souffle, où voter pour des gens qui « ne les représentent et ne les écoutent pas », n’a plus de sens.
« Le pouvoir est mort de peur »
Captivé par la fumée qui s’élève au loin, Laurent, l’informaticien, murmure pour lui-même : « C’est incroyable, je ne sais pas comment il a réussi à faire ça… » Il ? « Macron ! Franchement Hollande il a augmenté tout et n’importe quoi mais il était sympathique, pépère. Là, en plus, Macron est méprisant, menaçant, insultant. Ça passe plus ! » Comme Patrice, il pense que « le pouvoir est mort de peur » devant un mouvement devenu « incontrôlable ». Il propose à ses amis de rentrer : « Ça va dégénérer quand il va faire noir. »
Effectivement, les casseurs se sont faits de plus en plus nombreux, et actifs, à la nuit tombée. Des devantures de magasins ont été brisées, des pillages ont eu lieu, notamment rue François-Ier, où la boutique Givenchy a été pillée. Au total, les forces de l’ordre procéderont à 62 arrestations à Paris, sur 130 au niveau national.
Sur le départ, on croise encore Sandrine, 48 ans, ancienne assistante commerciale aujourd’hui en invalidité. « En face de nous on a un mur, personne ne nous écoute. Et j’entends des ministres dire qu’on serait là parce que Le Pen l’a dit ? C’est n’importe quoi ! On n’a pas besoin des partis politiques pour savoir ce qu’on a à faire. Il suffit de regarder notre compte bancaire et on sait ce qui nous reste le 15 du mois ! » Encore aujourd’hui dans les rues de Paris, les « gilets jaunes » affichaient une incroyable entente malgré des votes parfois opposés. Un peu comme cette union sacrée de ces ouvriers, qui oublient leurs désaccords quand il s’agit de lutter contre la fermeture de leur usine.
Avec son amie Christine, assistante dentaire elle prévoit de revenir bientôt. « J’ai vu que Macron allait parler mardi à la télé. Mais j’en attends rien, dit Christine. On va nous donner des aides ? Mais c’est pas des aides qu’on veut, c’est juste vivre dignement de notre salaire. » De nouveaux lacrymogènes les atteignent alors qu’elles se dirigent dans le métro. Se cachant le visage, Christine lance à Sandrine : « La prochaine fois, je ramène des masques ! »
Jusque vers 21 heures la tension est restée vive sur l’avenue et aux alentours. Après minuit, le calme est revenu. La circulation a rouvert en partie sur l’avenue.
Des gilets jaunes en plein sitting sur les Champs-Élysées ont été délogés par les forces de l’ordre pic.twitter.com/dlAWhsn11K
— CNEWS (@CNEWS) 24 novembre 2018
Par Le Monde.fr, avec Solène Cordier
Entre environ 20 000 et 80 000 personnes, selon les sources, ont défilé dans une cinquantaine de villes en France pour réclamer « des mesures ambitieuses et des moyens financiers ».
« Pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles » : plusieurs milliers de manifestantes et manifestants ont défilé partout en France, samedi 24 novembre, à l’appel d’un collectif citoyen, #NousToutes. Ils réclamaient la fin de « l’impunité des agresseurs », ainsi que « des mesures ambitieuses et des moyens financiers suffisants pour que l’action publique mette la lutte contre les violences en top des priorités ».
Des défilés ont eu lieu dans une cinquantaine de villes, parés de violet, couleur choisie par le mouvement. « C’est la plus grosse mobilisation contre les violences sexuelles et sexistes qu’on ait connu en France », s’est félicité à Paris la militante féministe Caroline De Haas. Selon les associations organisatrices, les défilés ont rassemblé près de 30 000 personnes à Paris - contre 12 000 selon la préfecture de police -, et 80 000 sur l’ensemble du territoire. Les autorités ont annoncé 2 400 manifestants à Lyon, 1 500 à Marseille ou encore 950 à Rennes.
Une plateforme de signalement
En fin de journée, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est réjoui sur son compte Twitter que « la lutte contre les violences faites aux femmes progresse chaque jour ». « Mais notre société part de loin : chacun doit agir et lutter car c’est l’affaire de tous », a-t-il poursuivi. De son côté, la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a « salué » cette « grande manifestation (…) qui doit être vue et entendue ».
Une plateforme de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles sera lancée mardi par le gouvernement, a annoncé en parallèle dimanche le premier ministre Edouard Philippe dans une tribune publiée sur le réseau social Facebook. Initialement attendue pour octobre, cette plateforme sera « opérationnelle 24H/24 via le site service-public.fr ». « Elle permettra aux victimes ou aux témoins d’échanger avec un policier ou un gendarme spécialement formé pour les aider dans leurs démarches », a ajouté Edouard Philippe.
« C’est important d’être visible »
« On veut du respect, on n’est pas des objets », pouvait-on ainsi lire samedi sur une des pancartes du cortège de tête de la manifestation à Paris. En milieu d’après-midi, le défilé est arrivé place de la République, après s’être élancé deux heures plus tôt de la place de l’Opéra. Les manifestantes (une majorité sont des femmes) ont clamé dans une ambiance joyeuse différents slogans « anti-patriarcat ». « Nous sommes des putains de féministes » martelaient-elles, après avoir chanté des slogans de soutien aux « femmes racisées » et aux « trans ».
D’autres mots d’ordre ont été entonnés, contre les violences policières et le système capitaliste. Une critique qui va de soi pour Elisabeth, 69 ans, qui se définit comme « féministe, syndicaliste et libertaire ». « C’est important d’être là un an après #MeToo, pour dire qu’on n’accepte plus les violences », explique-t-elle. Marie, 36 ans, est venue avec son fils dans sa poussette. « J’ai été victime de violences sexistes et sexuelles, j’ai mis vingt ans à le comprendre, explique la jeune femme. C’est important d’être visible pour que les choses changent, et pas seulement en théorie. » « C’est formidable, ça prouve que les gens se sentent concernés, j’espère que ça va faire bouger les choses », a commenté Damien, la trentaine, venu avec sa petite amie pour « témoigner de sa solidarité » avec les femmes.
Du témoignage à l’action
Ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, les féministes – femmes et hommes – ont multiplié les messages à l’attention des « gilets jaunes », mobilisés également ce samedi, les exhortant à ne pas éclipser leurs marches.
Né en septembre et appuyé par plusieurs associations, le mouvement #NousToutes souhaitait « passer du témoignage à l’action », un an après #MeToo, qui a fait bondir de 23 % le nombre de cas de violences sexuelles signalées à la police, et six semaines après la mobilisation d’un millier de femmes à Paris autour de Muriel Robin. La comédienne était d’ailleurs de nouveau dans la rue samedi, aux côtés d’autres actrices comme Eva Darlan et Vanessa Demouy ou de la responsable CGT Sophie Binet.
« Sans argent, les politiques publiques ne suivront pas »
En France, en 2016, 123 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit environ une tous les trois jours. Chaque année, près de 220 000 femmes subissent des violences de la part de leur conjoint ou ex-compagnon, selon des chiffres officiels datant de 2017. En outre, plus de 250 femmes sont violées chaque jour, et une sur trois a déjà été harcelée ou agressée sexuellement au travail.
Il y a un an, le président Emmanuel Macron avait décrété l’égalité femmes-hommes « grande cause du quinquennat », lors d’un discours à l’Elysée. Mais « s’il n’y a pas d’argent, les politiques publiques ne suivront pas, a prévenu Caroline De Haas. En Espagne, ils ont sorti un milliard d’euros supplémentaire en cinq ans pour en finir avec les violences. En France, il faudrait 2 milliards ».
Les fonds consacrés à l’aide aux femmes victimes de violences conjugales devraient être portés à au moins 506 millions d’euros par an, contre 79 millions d’euros aujourd’hui, ont plaidé, le 22 novembre, cinq organisations, dont la Fondation des femmes, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et le Conseil économique, social et environnemental.

Diplômé de l’École Professionnelle Supérieure d’Art de la ville de Paris. Directeur artistique, graphiste, photographe, illustrateur à Paris, William Let touche à toutes les disciplines pour s’exprimer. Il collabore avec les plus grandes productions pour réaliser les designs d’affiches de spectacles et photographies de nombreuses stars de la musique et du cinéma Français. Il développe en parallèle des séries personnelles en peinture, exposition «l’Ombre d’un Regard», exposition «En Jeux» sur les joueurs de Poker. Il créé son identité avec la série «storyboard», que l’on reconnait avec son encadrement de peinture fait à la main. Il travaille la photo en matière, en peinture, la nourrie d’illustrations, joue avec les pigments, les vernis, colle des éléments, gratte, pour créé une pièce unique et emprunt de l’énergie vitale de l’artiste. Sa formation de coach d’acteur lui permet d’exprimer cet amour de la mise en scène et de guider ses modèles afin de créer des ambiances qui racontent des histoires et nous laisse imaginer un avant, un présent, un après. Il recherche toujours à faire luire une forme de sensualité et d’érotisme aussi subtils soient-ils, et le plus important: faire sentir la vie dans l’image. Il a été invité à l’espace VIP de l’hotel Hilton de Cannes pendant le festival international du Film et dans de nombreuses expositions privées en France, Espagne, et Chine, vendu aux enchères en Andorre, et par Pierre Cornette de Saint-Cyr, à Drouot. Il travaille actuellement sur une série de body-painting qu’il réalise lui même, inspirée du monde tribal et de l’énergie universelle.
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