Les sénateurs LREM décident de boycotter l'audition d'Alexandre Benalla, prévue mercredi
Le président du groupe LREM au Sénat, François Patriat, dénonce une "mascarade" concernant l'audition de l'ancien chargé de mission de l'Elysée
Le sénateurs LREM vont laisser leurs chaises vides, mercredi, lors de l'audition d'Alexandre Benalla, indique à franceinfo François Patriat, dimanche 16 septembre, confirmant une information de BFMTV. Le président du groupe LREM au Sénat et trois autres sénateurs vont boycotter l'audition de l'ancien chargé de mission de l'Elysée. "Ils veulent affaiblir le président et l'exécutif. Je considère que la commission d'enquête outrepasse ses fonctions. Le rôle du sénat, c'est de contrôler le gouvernement, pas l'exécutif", estime François Patriat.
"On ne va pas s'associer à cette mascarade. Le Sénat a d'autres sujets de préoccupation que l'affaire Benalla."
François Patriat à France Info
"La commission et son président essayent de nous dire qu'il y a des zones d'ombre alors que tout a été dit", poursuit le président du groupe LREM au Sénat. Il rejoint par ailleurs la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, quand elle affirme que le Parlement "ne peut pas empiéter sur le domaine judiciaire".
François Patriat estime surtout que l'audition de l'ancien chargé de mission de l'Elysée ne va rien apporter de nouveau : "Dans ces auditions, on tourne en rond, on a le sentiment qu'on essaye de lancer la saison 2 de l'Affaire Benalla. En un mot, le Sénat est tombé bien bas."
L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »
🔴UPDATE L'#Aquarius reprend la mer en direction des eaux internationales après une longue escale technique à #Marseille. Il faudra au moins 3 jours de navigation avant d'atteindre la zone de recherche et sauvetage en #Mediterranee centrale #onboardAquarius #TogetherForRescue pic.twitter.com/3k0yCTlWRb
— SOS MEDITERRANEE France (@SOSMedFrance) 15 septembre 2018
Par Julia Pascual - Le Monde
Le navire se dirige vers la Méditerranée centrale, où il sera le seul acteur humanitaire pour venir en aide aux migrants qui tentent de rejoindre l’Europe.
L’Aquarius a enfin quitté le port de Marseille, samedi 15 septembre peu après 19 heures, mettant le cap sur la Méditerranée centrale. Lorsqu’il sera arrivé dans sa zone de patrouille, d’ici à plusieurs jours, le navire sera le seul acteur humanitaire présent au large de la Libye. Depuis février 2016, il a déjà secouru plus de 29 000 personnes en mer.
Frédéric Penard, le directeur des opérations pour SOS Méditerranée – l’ONG qui affrète le bateau aux côtés de Médecins sans frontières (MSF) – se dit à la fois résolu et anxieux, alors que les Etats européens n’ont toujours pas trouvé d’accord pour permettre le débarquement des personnes sauvées en mer.
Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle mission de sauvetage en mer ?
Frédéric Penard : Notre état d’esprit est d’abord celui de la résolution. Il n’y a aucun bateau d’ONG en Méditerranée centrale ces jours-ci et nous avons le devoir d’être présents pour assister les personnes qui probablement, au moment où l’on parle, sont en train de tenter la traversée à bord d’embarcations qui ne sont pas faites pour ça.
Nous abordons aussi cette nouvelle mission avec un sentiment d’anxiété. La situation est bloquée, l’Europe n’a toujours pas trouvé les moyens de s’organiser pour respecter les conventions maritimes et faire en sorte que les gens soient débarqués dans un port sûr.
Et pour nous, la question du lieu de débarquement des personnes secourues en mer va se poser à nouveau. On se prépare à des difficultés et à des périodes de « stand-by » en mer. Les soutes sont pleines pour pouvoir faire face à l’imprévu. Les équipes partent sans savoir vraiment si elles auront le droit de faire leur travail de marin et simplement sauver des gens sans que personne n’y trouve à redire.
Quelles sont les informations dont vous disposez sur la situation actuelle au large de la Libye ?
Le contexte libyen de ces dernières semaines et l’absence d’acteur civil et indépendant en mer font qu’on a beaucoup de mal à obtenir des informations sur les traversées. C’est une des premières fois qu’on est à ce point dans le brouillard. On a du mal à se rendre compte du nombre de départs, de naufrages.
Et c’est aussi le rôle de l’Aquarius, celui d’être un bateau témoin. On ne veut pas que cette tragédie soit oubliée simplement parce que personne n’est là pour la raconter.
Vous serez désormais le seul navire humanitaire en Méditerranée centrale. Vous avez été jusqu’à dix à une époque. Est-ce que cela marque la fin de quelque chose ?
Je ne pense pas que ça soit la fin de quelque chose. J’aimerais que cette absurdité soit au contraire le début d’un réveil des Etats européens.
Les ONG sont ici dans une forme de compensation des défaillances des Etats qui ne prennent pas au sérieux ce qui se passe à leur frontière Sud, dans cette Méditerranée commune. Certes, le nombre de départs en Méditerranée centrale a énormément baissé depuis quelques mois et d’ailleurs nous ne souhaitons pas que les gens prennent la mer, compte tenu du risque qu’ils y encourent. Mais nous savons que des milliers de gens sont encore coincés en Libye et il est probable qu’ils continuent d’avoir besoin de quitter le pays.
Monter sur un bout de plastique, faire des dizaines de milles marins, risquer de couler à tout moment, personne ne le fait de gaîté de cœur, c’est vital. Et tant qu’il y aura des gens qui se mettront en danger, il faut qu’il y ait des secours pour leur prêter assistance.
L’Autriche a récemment suggéré de « trier » les migrants en mer, c’est-à-dire à bord des bateaux. Que vous inspire ce genre de propositions ?
Les gens méconnaissent le droit maritime. Il est clair, précis, ratifié par tous les Etats de l’Union européenne. Le capitaine d’un navire doit porter assistance à tout être humain sans autre considération. Dans la tête d’un capitaine, il n’y a pas de migrant et de non-migrant, de demandeur d’asile légitime ou non légitime. Il y a des gens en détresse qu’il faut secourir.
Politiser les navires est inacceptable car cela freinerait notre devoir de sauvetage. Décider si les gens relèvent ou pas de l’asile doit être fait par des gens compétents, dans un port sûr, où la réalité des histoires et des besoins de protection pourra être étudiée sérieusement et prise en compte. L’Aquarius, c’est 77 mètres de long et aucun espace de confidentialité, donc même d’un point de vue logistique, ce serait impossible. De toute façon, le droit l’interdit.
Stella McCartney
Stella McCartney, née le 13 septembre 1971 à Lambeth (Londres), est une styliste anglaise.
Elle est la fille de Paul McCartney, membre des Beatles, et de Linda Eastman, photographe américaine.
La naissance prématurée de Stella, par césarienne, eu lieu dans des conditions difficiles et traumatisantes, sa mère et elle faillirent en mourir. Selon Paul son père, c'est à ce moment là qu'il trouva le nom du groupe de musique qu'il formera plus tard avec sa femme, Wings. En effet, alors qu'il attend angoissé dans le couloir, hors de la salle d'opération, il prie silencieusement pour que la venue au monde de sa fille se déroule selon ses mots : « On the wings of an angel » (« sur les ailes d'un ange »).
Les parents de la Fratrie veulent vivre une vie normale, bien qu'étant eux-mêmes célèbres, Stella, ses deux sœurs Mary et Heather ainsi que leur frère James poursuivent leur scolarité dans une public school (école privée) de l'est du Sussex.
Très tôt attirée par la mode et le stylisme, Stella McCartney coud sa première veste à l'adolescence. Quelques années plus tard, en stage, elle participe à l'élaboration de la première collection haute couture de Christian Lacroix. En 1995, elle présente sa collection de fin d'études au St Martins College of Art & Design à Londres. Pour ce défilé appelé « Stella May Day », son père est l'auteur de la musique qui accompagne le défilé et ses créations sont présentées entre autres par Naomi Campbell, Yasmin Le Bon et Kate Moss.
Les colonnes de Buren
Affaires Fillon: L’enquête fragilise la défense de Pénélope Fillon (Le JDD)
Après 20 mois d'enquête, la justice a accumulé contre l'ancien Premier ministre de nombreux indices, affirme ce matin Le Journal du dimanche. Des documents et témoignages qui pourraient entraîner sa comparution devant un tribunal correctionnel.
D’abord dans l'affaire des emplois contestés de son épouse. Le JDD relate les explications de François Fillon la semaine dernière devant les juges. "Le mode de fonctionnement de mon épouse dans l'équipe était pour l'essentiel oral", a justifié l’ex-candidat LR à la présidentielle de 2017.
Or, le JDD rappelle que, lors d'un interrogatoire précédent, le 29 mai 2017, il avait pourtant évoqué des "rapports écrits" par sa femme sur des sujets comme "la situation économique de la Sarthe", "le rôle des élus locaux" ou "l'aménagement du bocage sabolien". Il précisait que ces documents "n'ont pas été conservés", en soulignant que ses archives de parlementaire étaient détruites chaque année – une trentaine de cartons a cependant été retrouvée, mais rien ne correspond à de telles prestations.
Mais le JDD révèle que dans l'ordinateur de Penelope Fillon, les policiers ont déniché une note intitulée "pour Penny" et vraisemblablement rédigée par la secrétaire de son mari. Daté de janvier 2017, soit juste après les révélations du Canard enchaîné, le document énumère, à la première personne, les emplois occupés au fil des ans au côté de l'élu. "Juin 1997. Je commence à travailler en étant rémunérée par François, jusque-là c'était de façon informelle", peut-on notamment lire – l'enquête a démontré la fausseté de cette indication. Mme Fillon a assuré qu'elle n'avait "pas le souvenir" d'avoir écrit cette note, ajoute le JDD.
Dans le dossier des juges également, des temoignages concernant les activités de Pénélope Fillon. Les enquêteurs ont interrogé dans la Sarthe comme à Paris, des élus, des fonctionnaires, des journalistes. Il en ressort que Mme Fillon ne se montrait guère, manifestait peu de goût pour les activités politiques (bien qu'elle se soit fait élire au conseil municipal de Solesme en 2014) et la quasi-totalité ignorait qu'elle occupait un emploi d'assistante parlementaire.
Autre révélation du Journal du dimanche, concernant cette fois l’affaire des costumes, les enquêteurs ont établi que l’avocat Robert Bourgi avait offert, déjà en 2015, un costume Arnys facturé 5.180 euros (après soustraction d'une remise de 30%). Celui-là, contrairement aux 3 autres publiquement évoqués, n'a pas été rendu à l'avocat.
Il y a aussi la trace d’un smoking, payé en espèces en janvier 2014 au prix de 2.170 euros (réduction de 30% comprise). Ont également été exhumées, écrit le JDD, les factures de nombreuses chemises sur mesure, dont l'une pourrait avoir été réglée par Robert Bourgi, pour un montant de 2.480 euros en juillet 2012, soit peu après son départ de l'hôtel Matignon.
TELEVISION ARTE - La nuit révélatrice de Romy Schneider
Quand Romy Schneider évoque son statut de star - 1974 ⏯️ https://t.co/UJzeaekIjG pic.twitter.com/OWax0sXiIi
— Ina.fr (@Inafr_officiel) 16 septembre 2018
Par Renaud Machart
Un documentaire revient sur la nuit de décembre 1976 pendant laquelle l’actrice s’est confiée à la journaliste allemande Alice Schwarzer.
ARTE, DIMANCHE 16 - 22 H 40, DOCUMENTAIRE
A Cologne, le 12 décembre 1976, la nuit est froide et neigeuse. Mais il fait chaud dans la « cabane » sous les toits, au-dessus de l’appartement d’Alice Schwarzer, journaliste féministe allemande bien connue. Il y a des coussins, des cigarettes et du vin. Et Romy Schneider qui, alors qu’elle a refusé tout entretien depuis des années à la presse allemande, se confie.
L’actrice est au faîte de sa carrière. Elle tourne avec Claude Sautet (entre autres films César et Rosalie, 1972, que diffuse Arte en première partie de soirée), avec Francis Girod, Pierre Granier-Deferre, Claude Chabrol, Michel Deville, etc.
Mais aussi Luchino Visconti qui, dans Ludwig, le crépuscule des dieux (1972), lui confie ce rôle de Sissi qu’elle haïssait depuis les films d’Ernst Marischka qui l’avaient rendue, encore adolescente, riche et célèbre. Mais c’est une autre Sissi que lui inspire le cinéaste, qui décèle chez la comédienne un « spleen germanique ».
Confession intime
Au cours de cette nuit, Romy Schneider veut laisser s’exprimer ce spleen, cette douleur. Elle connaît Alice Schwarzer, elle lui répète qu’elle lui fait confiance, qu’elle veut tout dire ; mais elle la supplie aussi de ne pas la trahir. Alice va enregistrer ; mais elle arrête le magnétophone quand Romy le lui demande.
Quarante-deux ans plus tard, Alice Schwarzer a décidé de rendre publiques ces bandes, qu’elle avait laissées dans un tiroir. Une partie de la matière de ces conversations a été confiée à Patrick Jeudy qui, avec Charly Buffet, en a fait la sève d’un exceptionnel documentaire. Alice Schwarzer témoigne avec beaucoup de tact ; elle remplit même les « blancs » de ces enregistrements, quand le magnétophone est stoppé tandis que la confession devient trop intime. Romy Schneider parle essentiellement le français, qu’elle considère comme « la langue des confidences ».
Alice Schwarzer lui répond le plus souvent en français qu’elle connaît pour l’avoir étudié puis avoir été correspondante politique à Paris. Cette langue tierce affirme encore plus le caractère d’étrangeté de cette rencontre où Romy Schneider va évoquer notamment les deux épines qu’elle garda chevillées en sa chair.
« Un chaud-froid permanent »
D’une part, sa mère, l’actrice Magda Schneider, très hitlérienne, et son père qui ne le fut pas moins ; d’autre part, le deuxième époux de sa mère, qui poursuit l’adolescente de ses assiduités sexuelles. Romy Schneider raconte mais ne veut pas « blesser sa mère », qui lui survivra pendant quatorze années.
Des images d’archives montrent Romy Schneider aussi intense que fragile : « Elle pouvait être dominante et soumise, faible et forte, un chaud-froid permanent », dit Alice Schwarzer. On la croit en train de tourner une scène, et c’est en fait un entretien « à cœur ouvert » avec la presse française – la presse allemande était « trop dégueulasse », dit Romy à son amie.
On la voit aussi dans cette fameuse scène du viol dans Le Vieux Fusil (1975), de Robert Enrico, où les témoins ont dit « qu’elle ne s’appartenait plus ». Face à Alice, elle supplie encore une fois de la regarder, elle, et non « son cliché, sa projection ».
Alice est fatiguée mais Romy veut encore et encore continuer. Elles se couchent. Au petit matin, l’actrice a quitté sa chambre. Et le documentaire, pudique et bouleversant, se termine par une vue de la Cologne d’aujourd’hui, froide comme l’absence de cette sublime comédienne qui devait mourir, usée et meurtrie, cinq ans plus tard, à 43 ans seulement.
« Conversation avec Romy Schneider », documentaire de Patrick Jeudy (France, 2018, 53 min).










