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Jours tranquilles à Paris

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30 novembre 2017

Extrait d'un shooting - ombre et lumière

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30 novembre 2017

« 12 jours » : une chambre d’écho aux détresses contemporaines

depardon

Par Mathieu Macheret - Le Monde

Raymond Depardon filme des audiences entre patients internés sous contrainte et juge des libertés et de la détention.

L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER

Après Les Habitants (2016), qui partait sur les routes à la rencontre des Français, le photographe et cinéaste Raymond Depardon, 75 ans, revient sur les écrans avec 12 jours, un très beau film au sujet d’un récent dispositif légal concernant les pensionnaires des hôpitaux psychiatriques.

Depuis 2013, les établissements disposent de douze jours pour présenter les patients internés sous contrainte à un juge des libertés et de la détention, qui doit statuer sur le prolongement de leur internement ou sur leur remise en liberté.

Cette décision est prise dans le cadre d’une audience entre juge et patient, ce dernier étant accompagné d’un avocat et pouvant ensuite se pourvoir en appel. Ce sont ces entretiens que Depardon a obtenu l’autorisation de filmer, à l’hôpital du Vinatier, à Lyon, où se succèdent, devant sa caméra, une dizaine de cas (parmi les 72 que le cinéaste a pu suivre). Dix personnes en situation de grande fragilité, souffrant de dépression, de pulsions suicidaires, de dissociation ou de schizophrénie paranoïde, et dont la réunion au sein du film offre une chambre d’écho saisissante aux détresses contemporaines.

Huis clos

Le film s’inscrit dans une veine particulière de la filmographie de Depardon, qu’on pourrait appeler de la « comparution ». Déjà, dans Délits flagrants (1994), des déférés comparaissaient devant le substitut du procureur, au Palais de justice de Paris, puis dix ans plus tard, dans 10e chambre, instants d’audience (2004), des prévenus devant le tribunal correctionnel.

A chaque fois, Depardon rend son dispositif technique le plus discret et le moins invasif possible, pour enregistrer ces audiences comme un échange, un dialogue, une conversation, en huis clos. A ceci près que la comparution n’est pas un échange anodin, mais bien un rapport de pouvoir, où l’un des interlocuteurs doit à terme sceller le sort de l’autre. Justiciable et préposé, de part et d’autre de la table, sont assignés à des rôles différents – emporter la conviction pour l’un, dégager une forme de vérité pour l’autre – dans un petit théâtre réciproque de la persuasion, dont l’objet principal n’est autre que la parole en elle-même.

Or, dans le cas de 12 jours, la parole des patients est bien sûr altérée par leur maladie, rendue confuse, parfois obscure, et l’échange se produit dans un brouillard de signes contradictoires, qui rend toute décision problématique

Un inconscient à ciel ouvert

Qui sont donc ces hommes et ces femmes qui se présentent devant la caméra de Depardon ? Un vagabond responsable d’une agression sur autrui, dans une rue de Vienne (Isère). Une dame éperdue, qui souffre de harcèlement au travail et dont on apprend qu’elle est employée d’Orange. Un sans-papiers d’origine angolaise, qui dégringole depuis des années dans des actes de délinquance, avant d’apprendre enfin qu’il est schizophrène. Une jeune de cité aux prises avec une sévère paranoïa liée au contexte du djihadisme, hantée par l’image d’une kalachnikov. Une autre femme rongée par la solitude et qui semble résolue à en finir au plus vite…

Autant de drames privés et domestiques, souvent bouleversants, qui se bousculent dans cette petite pièce à la nudité grège toute fonctionnelle, et renvoient, par la grâce de l’évocation, au monde extérieur, à la France d’aujourd’hui et à sa terrible actualité.

En face, trois juges (un homme et deux femmes) dont la fonction première consiste moins à statuer qu’à mener l’enquête, à révéler les troubles et les fêlures qui hantent ces patients. Les aliénations qui se font jour ne parlent finalement de rien d’autre que de la souffrance au travail, du statut d’immigré, de la difficulté d’intégration, des violences faites aux femmes, de la hantise du terrorisme. En somme, une carte incroyablement complète de la psychopathologie française contemporaine, comme un inconscient à ciel ouvert.

LA LANGUE N’EST PAS LA MÊME : ACCIDENTÉE POUR LES UNS, D’UNE RHÉTORIQUE BIEN RODÉE POUR LES AUTRES

Au dispositif légal examiné répond logiquement le dispositif de mise en scène. Celui-ci se concentre sur une figure élémentaire et essentielle du cinéma : le champ-contrechamp. Un gros plan pour le patient, un gros plan pour le juge, alternés par un montage qui non seulement retrace le déroulement de l’audience, mais marque aussi une séparation, un hiatus infranchissable, le lieu d’un rapport asymétrique ou d’une incommunicabilité. D’un côté ou de l’autre, la langue n’est pas la même : fragile, accidentée ou engourdie pour les uns, d’une rhétorique bien rodée et d’un registre soutenu pour les autres.

Magnifiques portraits humains

Parfois, un troisième axe, plus large, vient triangulariser la relation, révélant la présence d’un avocat venu prêter main-forte aux patients. Or, le dispositif n’est si rigoureusement cadré que pour laisser advenir quelque chose d’incontrôlable : les surgissements ou les fulgurances du discours aliéné, par nature imprévisible, aux vérités toujours troublantes.

Un patient achève son entretien en lançant à la juge : « Merci pour votre abus de pouvoir ! » Un autre confond la « procédure » en cours avec le décorum d’un tribunal. Une dernière se lance dans un plaidoyer bouleversant pour retrouver la garde de ses enfants.

Entre ces magnifiques portraits humains, Depardon filme les couloirs vides de l’hôpital, la cour banale de l’établissement, les rues avoisinantes, la brume du petit matin qui se répand sur un mobilier urbain anonyme. Sans doute comme le revers trop calme et sans qualité, injustement pacifié, d’une folie maintenue à l’écart.

« 12 jours », documentaire français de Raymond Depardon (1 h 27). Sur le Web : 12jours-lefilm.com

30 novembre 2017

Arc de Triomphe - by night

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30 novembre 2017

J'aime beaucoup

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29 novembre 2017

Le théâtre du Châtelet au Grand Palais !

 

I'm singin' in the rain, just singin' in the rain. 🎶 © Vincent Pontet



440 Likes, 6 Comments - @theatreduchatelet on Instagram: "I'm singin' in the rain, just singin' in the rain. 🎶 © Vincent Pontet"

 

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29 novembre 2017

David Lachapelle - photographe

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29 novembre 2017

Le Cirque d'Hiver

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29 novembre 2017

Palace Costes

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29 novembre 2017

Minorité rohingya : Le pape François ne prononce pas le mot Rohingya en Birmanie

Par Cécile Chambraud, Rangoun, Naypyidaw, envoyée spéciale - Le Monde

Le pontife a appelé au « respect des droits de tous ceux qui considèrent cette terre comme leur maison » sans mentionner le nom de la minorité musulmane persécutée.

Le pape François a choisi de donner une chance au gouvernement d’Aung San Suu Kyi afin de favoriser la transition politique en Birmanie. En ne prononçant pas le mot Rohingya devant les autorités du pays, mardi 28 novembre, le chef de l’Eglise catholique a évité de braquer les militaires, qui conservent un poids institutionnel très important – un quart des sièges au Parlement et les ministères de la défense, de l’intérieur et des frontières – après avoir dirigé le pays pendant cinquante ans.

Pourtant, il a clairement évoqué le sort dramatique de cette minorité musulmane. Dans un discours très engagé, devant les représentants politiques et de la société civile, il a appelé les dirigeants birmans à « construire un ordre social juste, réconcilié et inclusif » qui garantisse « le respect des droits de tous ceux qui considèrent cette terre comme leur maison ».

Cette formule englobe les Rohingya, installés souvent depuis des générations dans l’Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, mais auxquels l’Etat birman ne reconnaît pas le statut de minorité nationale et refuse la nationalité.

Depuis août, quelque 600 000 de ces apatrides ont fui vers le Bangladesh voisin, chassés par les agissements de l’armée, accusée par les Nations unies (ONU) et les organisations humanitaires de se livrer à un « nettoyage ethnique » à coup d’exécutions sommaires, de viols et de déplacements forcés de populations. La plupart des Birmans considèrent les Rohingya comme des immigrés et les dénomment des « Bengalis ».

« Tapisserie de différents peuples »

Le chef de l’Eglise catholique est entré dans le vif du sujet dès les premières heures de sa présence sur le sol birman, lundi. A peine était-il arrivé à Rangoun, le chef des forces armées, le général Min Aung Hlaing, devançait le calendrier prévu et venait lui rendre visite à l’archevêché, où le pontife est logé. Le général, accompagné de trois adjoints, pouvait ainsi s’entretenir avec son hôte avant que celui-ci ne rencontre la prix Nobel de la paix et de facto cheffe du gouvernement, mardi.

De cette brève rencontre, le porte-parole du Vatican, Greg Burke, a simplement dit qu’il avait « été question de la grande responsabilité des autorités du pays dans ces moments de transition » d’une dictature militaire vers la démocratie. Sur sa page Facebook, le militaire a pour sa part affirmé qu’il n’y avait pas de persécution ethnique ou religieuse dans son pays.

Juste avant de céder la parole au pape, mardi, dans la capitale Naypyidaw, Aung San Suu Kyi a elle aussi évoqué la situation en Arakan (l’ancien nom de l’Etat Rakhine). Comme à son habitude, elle a évité toute critique de la répression sanglante de l’armée, mais elle a donné acte à son hôte de son soutien.

« Parmi les nombreux défis qu’affronte notre gouvernement, la situation dans le Rakhine a le plus fortement attiré l’attention du monde. Au moment où nous affrontons des problèmes anciens, économiques et politiques, qui ont érodé la confiance et la compréhension, l’harmonie et la coopération, entre les différentes communautés du Rakhine, le soutien de notre peuple et de nos bons amis qui veulent seulement nous voir réussir dans nos efforts a été inestimable. »

Relevant que la Birmanie est « une riche tapisserie de différents peuples, langues et religions », Aung San Suu Kyi a affirmé que le but de son gouvernement est « de mettre en évidence la beauté de notre diversité et d’en faire notre force, en protégeant les droits, forgeant la tolérance, assurant la sécurité pour tous ». Elle n’a pas précisé si les Rohigya étaient compris dans ce « tous ».

135 minorités ethniques

Parlant juste après elle, et devant une assemblée qui comprenait aussi des militaires, le pape François a pressé les autorités de respecter les droits de l’Homme, dans un pays aux 135 minorités ethniques officielles et aux nombreuses guérillas locales. « Le processus ardu de construction de la paix et de la réconciliation nationale ne peut avancer qu’à travers l’engagement pour la justice et le respect des droits humains », a-t-il affirmé.

« L’avenir du Myanmar doit être la paix, une paix fondée sur le respect de la dignité et des droits de tout membre de la société, sur le respect de tout groupe ethnique et de son identité, sur le respect de l’Etat de droit et d’un ordre démocratique qui permette à chaque individu et à tout groupe – aucun n’étant exclu – d’offrir sa contribution légitime au bien commun. »

Le pontife argentin, qui doit rencontrer mercredi le haut-clergé bouddhiste, a tenu le même discours à d’autres acteurs essentiels de cette transition politique, à savoir les représentants des différentes religions. Depuis 2011, une partie du clergé bouddhiste (88 % de la population appartient à cette tradition) a joué un rôle important dans la radicalisation anti-musulmane, qui s’est traduite par des violences dès 2012. Les autres confessions, notamment chrétiennes, sont le plus souvent présentes dans les minorités ethniques (30 % de la population), dont certaines sont de longue date en conflit avec le pouvoir central.

Mardi matin, à Rangoun, lors d’une rencontre interreligieuse, François a exhorté à l’acceptation des différences dans un pays aussi complexe. « L’unité n’est pas l’uniformité, a-t-il fait valoir. Nous sommes tous différents et chaque confession a ses richesses à offrir. Et on ne peut le faire que si on vit en paix. Et la paix se construit au cœur des différences. »

29 novembre 2017

Extrait d'un shooting - "J'peux pas j'ai shooting"

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