Portrait du grand couturier français Jean Paul Gaultier prépare pour novembre 2018 une revue retraçant sa vie et parcours dans la mode aux Folies Bergères.
Commémorer les événements ayant secoué la France gaulliste il y aura bientôt cinquante ans ? L’hypothèse circule dans l’entourage du Président. Avec, en creux, l’idée de n’en retenir que l’aspect «rupture» et changement d’époque. Laissant de côté la revendication sociale
Mai 68 : Macron ne s’interdit rien
Laurent Wauquiez a failli s’étouffer en apprenant la nouvelle. Le président de la République songerait à commémorer le cinquantenaire de Mai 68. Selon l’Opinion, qui a révélé l’info le 18 octobre, Emmanuel Macron souhaite donner à l’événement «une dimension internationale», en prenant en compte les mouvements protestataires qui ont déferlé en Europe et aux Etats-Unis cette année-là. Autre son de cloche dimanche dans le JDD, l’hebdomadaire affirmant que le chef de l’Etat a finalement décidé de ne rien faire pour l’occasion. Christophe Castaner, plus prudemment, confirme à Libération que «l’anniversaire des cinquante ans de Mai 68 fait partie des événements sur lesquels l’Elysée travaille». Un historien spécialiste de l’histoire contemporaine nous a d’ailleurs confié avoir été contacté par un conseiller d’Emmanuel Macron à ce sujet. «C’est dans les tuyaux, c’est sûr», veut-il croire. Histoire de ne froisser personne, le porte-parole du gouvernement et prochain patron d’En marche s’empresse de rappeler que «le Président étant né presque dix ans après 68, il est de ceux qui peuvent revenir sans dogmes ni préjugés» sur ce sujet à haut potentiel inflammable. Et de préciser que l’idée est de «réfléchir sur ce moment et en tirer des leçons qui ne soient pas partisanes, mais qui s’intéressent aux impacts dans les mentalités actuelles»
S’il venait à fêter ce pan de l’histoire française, Emmanuel Macron ferait en premier lieu de l’œil à la gauche. «C’est un sujet clivant, qui marque les camps», analyse l’historien Jean Garrigues. Surtout depuis que Nicolas Sarkozy a lancé «l’offensive idéologique de la droite pour tourner le dos à 68». En 2007, le candidat à l’élection présidentielle avait ainsi promis de régler leur compte aux «héritiers de Mai 68», coupables d’avoir «imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid». Et Sarkozy d’ajouter devant un auditoire de droite conquis par la charge : «Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes.» Depuis, Mai 68 est un repère par rapport auquel il faut se situer. «Avec la commémoration, Macron est donc dans une réévaluation des événements et s’inscrit dans une culture de gauche, explique Jean Garrigues. A l’inverse, être contre permet de s’identifier à une culture de droite décomplexée.» C’est précisément ce qui se rejoue avec Laurent Wauquiez. «Mai 68, c’est "il est interdit d’interdire", c’est au fond le début de la déconstruction», a pointé le candidat à la présidence de LR, qui préférerait, lui, fêter Austerlitz, Valmy ou l’appel du 18 juin
Pente libérale
Dans Mai 68, Emmanuel Macron risque fort de louer la naissance de la modernité. «Ce qui retient surtout l’attention de Macron, au-delà de la révolte, c’est l’idée de l’ouverture sur une nouvelle société, l’idée d’un ancien monde qui a été balayé. C’est une période de transformation culturelle, sociale et politique qui fait écho dans son esprit au projet qui est le sien», analyse Jean Garrigues. Un Chaban-Delmas ou un Giscard, pas les premiers des gauchistes, avaient d’ailleurs su tirer des leçons de cette période, rappelle l’historien
Derrière l’aspect libertaire, se cacherait même une pente libérale. Comme si c’était la destruction des valeurs traditionnelles qui avait permis de plonger dans la société de consommation. Nicolas Sarkozy, en 2007, osait d’ailleurs affirmer que Mai 68 avait «préparé le terrain au capitalisme sans scrupule et sans éthique», aux «parachutes en or» et aux «patrons voyous». Dans une tribune publiée le 25 octobre sur le Figaro.fr, Maël de Calan, candidat à la présidence de LR, représentant d’une droite plus modérée, n’écrit pas autre chose. «Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait "jouir sans entrave" : une société de consommation et de loisirs allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail.»
«Avec Mai 68, Macron peut se retrouver à la fois sur les avancées sociétales mais aussi sur l’idée d’épanouissement de la liberté individuelle, qui peut se rapprocher de la liberté d’entreprise, laquelle fait partie du projet macronien», poursuit Jean Garrigues. De cet événement, il tire donc une lecture qui oppose la modernité à la tradition, les progressistes aux conservateurs. «Dans sa volonté de gommer le clivage gauche-droite, on peut penser qu’il va ne retenir de l’histoire que le côté le plus plat et le moins politisé de Mai 68», appuie Julie Pagis. Chercheuse en sociologie politique et auteure du livre Mai 68, un pavé dans leur histoire, elle parie que Macron va «célébrer un versant des événements, la version pacifiée du joli mois de mai, en oubliant que le marxisme était l’horizon politique de la majorité des participants». Une interview du Président, accordée en 2015 à l’hebdomadaire le 1, a tendance à lui donner raison. Celui qui était encore ministre de l’Economie louait «l’autre voie de 1968», «en marge des structuralistes et des soixante-huitards», empruntée par le philosophe Paul Ricœur, dont il fut un temps l’assistant et qu’il n’a de cesse de convoquer.
«Il va sans doute s’appuyer sur des figures médiatiques comme Cohn-Bendit, ces libéraux libertaires qui ont troqué leur col Mao pour le Rotary Club, et qui s’excusent d’avoir été de jeunes gauchistes, ceux qui s’accaparent les événements et laissent dans l’ombre la très grande majorité des participants qui croient encore à la nécessité de changer l’ordre social», prédit Julia Pagis. Rien de très inédit. Car on voit Mai 68, agrégat de revendications parfois opposées, comme on en a envie. Le réalisateur Romain Goupil, à l’époque militant à la JCR (Jeunesse communiste révolutionnaire) et figure des Comités d’actions lycéens (CAL), explique ainsi être «quasi incapable de dire ce qu’a été Mai 68». «Je n’ai pas le même Mai 68 à raconter que des étudiants de Nanterre. Il n’y a pas d’histoire officielle.» Puisqu’il est interdit d’interdire, pas question pour lui de se battre contre les projets présidentiels. Il se contente d’en sourire. «Qui suis-je pour dire quelque chose ? Je ne suis ni gardien ni propriétaire.» Qui, d’ailleurs, peut revendiquer Mai 68 ? «On va prendre quelle date ? Quel lieu ? Quel objet ? On va faire quoi ? Déposer une gerbe devant ceux qui voulaient la dictature du prolétariat ? C’est absurde.» Henri Weber, autre figure de 68, juge au contraire qu’une célébration serait «une excellente idée». Passé de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) au PS au tournant des années 80, l’ex-eurodéputé pense d’ailleurs que «la gauche» doit faire une commémoration autonome. «Si Macron veut occulter le côté social, on lui rappellera. Il faudra dire que ce n’était pas seulement un mouvement de la jeunesse.»
«De la com»
«Il y a toujours des sous-entendus politiques dans une démarche commémorative, relativise Jean Garrigues. C’est […] une manière de sculpter sa propre image.» Bien avant Macron, Mitterrand s’est par exemple servi du bicentenaire de la Révolution française, en 1989, pour restaurer l’idée de grandeur de la France. Selon l’historien, les commémorations ont au moins le mérite de relancer le débat historique. «Ça donne une place importante à l’événement dans l’histoire de la nation, abonde Julie Pagis. C’est une façon d’entretenir la mémoire.» Mais seulement quand la démarche émane d’associations ou de chercheurs. «Au niveau d’une présidence, on peut craindre que ce ne soit que de la com. Ça risque de refroidir la chose, de clore les débats.» Et de muséifier ce mois de mai. «68, c’est quelque chose de diffus, de continu, rappelle pourtant Romain Goupil. Pour moi, le vrai bilan, c’est sur l’évolution des rapports hommes-femmes. Et quand on voit le phénomène "Balance ton porc", on se dit que ce n’est pas fini. Cinquante ans après, il y a encore du chemin. Donc c’est l’anniversaire de quoi ? Rien n’est acquis.»
La commémoration du 28e anniversaire de la chute du mur de Berlin aura lieu place du 9 novembre 1989 (Porte de Versailles) le 9 novembre 2017.
En présence de Philippe Goujon, Maire du 15e, de Catherine Lalumière, ancienne Ministre, Présidente de la Maison de l’Europe de Paris et d’Hermano Sanches Ruivo, Conseiller de Paris chargé des questions relatives à l'Europe, ainsi que de Monsieur Georg Felsheim, ministre et chef du service politique de l’Ambassade d’Allemagne, des élèves berlinois et français interprèteront l'Hymne à la Joie a capella.
Une gerbe de fleurs sera déposée en souvenir devant le pan du mur.
Enfin, 15 élèves de terminale option musique du lycée franco-allemand de Buc interpréteront des reprises de Nation de Tibz et Wind Of Changes de Scorpions, en version vocale et instrumentale.
Le 9 novembre 1989 : chute du Mur de Berlin. Des berlinois de l’ouest face aux gardes-frontières est-allemands #AFPpic.twitter.com/UxFwLrqRSn
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Par Frédéric Edelmann, Abu Dhabi, Emirats arabes unis - Le Monde
Au bord du golfe Arabique, Jean Nouvel signe un édifice intensément poétique, inauguré mercredi 8 novembre.
Le Louvre Abu Dhabi, musée des sables, est la première pierre du vaste projet de district culturel lancé en 2007 dans la capitale des Emirats arabes unis (EAU) par la famille du sultan Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane. La première et pour l’instant la seule. Elle se révèle d’ailleurs comme un mirage, à la jonction du golfe Arabique (dit aussi Persique côté Iran), bout de mer militairement agité, et du croissant des émirats, gorgé d’un pétrole propice aux délires urbains et architecturaux les plus fous.
Lorsqu’on s’approche de l’île de Saadiyat, « l’île du bonheur », on peine à comprendre ce paysage où s’entremêlent les terres grisées des chantiers, les bras de mer, les rivières, les canaux. On laisse derrière nous l’urbanisme relâché de la ville, avec ses lotissements de villas fortunées, ses hôtels, et ces fronts urbains qui feraient penser à Rio de Janeiro, sauf leur médiocrité architecturale, avec leurs façades de verre aux couleurs pathétiques et vieillottes.
Des monuments aussi qui se partagent des profils attendus, ceux des édifices religieux, telle l’immense mosquée Cheikh-Zayed, l’une des plus grandes du monde musulman puisqu’il faut en tout appartenir au Livre des records ; ceux, improbables, des parcs d’attractions, des palais des Mille et Une Nuits, parfois aussi ceux d’éloges du vertige architectural, rêvés et pourtant actuels : ainsi le bouquet de cinq tours du groupe Etihad, cinq formes oblongues de plus de 300 mètres plantées dans un socle balourd. Ou encore la tour du Capital Gate Building, penchée de façon à faire rougir la tour de Pise… Un univers éclaté façon Los Angeles, parcouru d’innombrables routes où l’on ne croise guère de piétons.
Un édifice vibrant et apaisé, proche des mirage
Depuis quelques jours, les palmiers ont subitement poussé sur l’île de Saadiyat. Et, avec eux, un gazon béni sous le soleil torride. Ils annoncent le Louvre Abu Dhabi qu’inaugure, mercredi 8 novembre, Emmanuel Macron avec les émirs et les maîtres d’ouvrage des EAU. Ils ne se déplacent pas pour rien : le musée dessiné par Jean Nouvel est l’une des réussites majeures de l’architecte français, lauréat du prix Pritzker en 2008, qui n’avait plus atteint une telle justesse depuis le Centre de culture et de congrès de Lucerne (Suisse), inauguré en 2000.
L’adéquation entre l’édifice et le paysage, au moins dans son état actuel, est parfaite et conforme aux images de synthèse diffusées depuis la commande initiale, commande directe, sans les contraintes et parfois les mauvaises surprises des concours.
Nouvel a fait de ces images terriblement séduisantes une de ses spécialités. Ici, elles montraient un édifice vibrant et apaisé, proche des mirages ou de l’idée qu’on s’en fait : une immense coupole surbaissée, laissant échapper les fragments d’une architecture blanche, celle des médinas arabes, sans échelle autre que celle d’une humanité théoriquement heureuse, au bord des eaux calmes d’une mer assoupie.
La réalité du Louvre Abu Dhabi est bien du même ordre. Elle poursuit et matérialise le rêve suggéré par les artifices de Nouvel, et, pour garder les pieds sur terre, mis en œuvre par son agence, les Ateliers Jean Nouvel, la Libanaise Hala Wardé (sa partenaire sur place), les ingénieurs de l’agence britannique Buro Happold et l’entreprise Arabtec (basée à Dubaï).
La construction seule du musée était initialement estimée à 580 millions d’euros, financés par l’émirat d’Abou Dhabi, le plus grand et le plus riche, sinon le plus peuplé, des sept entités qui composent les EAU.
Géométrie des lumières
Nouvel s’en étonne presque, lui qui, récemment, a encore été attaqué pour des dépassements dont il n’est pourtant pas le seul à être familier. « La maîtrise d’ouvrage, le bureau des affaires culturelles et du tourisme présidé par Mohamed Khalifa Al-Mubarak, n’a jamais évoqué l’existence de dépassements, confie-t-il. Soit il n’y en a pas eu, soit ils les ont acceptés compte tenu des enjeux du musée. »
Pour ce prix, l’architecte a pu concrétiser son idée : « Je voulais que, symboliquement, ce musée soit lié à une forme de spiritualité parce que son contenu, les œuvres, les objets, les tableaux relèvent souvent du sacré et que la culture est une dimension-clé de l’esprit. La spiritualité peut se traduire par un symbole qui est de l’ordre de la lumière. Pour moi, la grande architecture arabe, c’est une géométrie des lumières. J’ai donc essayé de trouver quelque chose qui soit en relation avec cette vibration. »
Première étape sur ce chemin lumineux, la coupole, objet propice aux records : un dôme d’acier de 180 mètres de diamètre dont la face supérieure culmine à 40 mètres, dont le poids total (7 500 tonnes) avoisine celui de la tour Eiffel, composé de huit strates séparées par une structure en acier de cinq mètres de hauteur ; 10 000 éléments, préassemblés en 85 autres, pesant chacun près de 50 tonnes, forment un plafond de près de 8 000 étoiles de métal dont la superposition, sous les soleils les plus durs, ne laisse passer que 1,8 % de la lumière extérieure, de quoi créer une fine pluie de rayons blancs, comme ceux qui, dans les oasis, filtrent au travers des palmiers.
Cela suffit pour dessiner une voûte céleste mouvante, poétique et étrange, puisqu’elle n’apparaît qu’en plein jour. Si elle n’a rien à protéger des rarissimes averses, elle se montre efficace contre la chaleur, ce qui n’est pas mal pour le musée et ses œuvres.
Œuvres louées aux musées français
Sous cette coupole, le Louvre Abu Dhabi se déploie comme une ville, une médina bien sûr, 55 bâtiments blancs séparés par une avenue, des rues, des darses. Une moitié d’entre eux accueille les espaces d’exposition permanente, soit 6 400 mètres carrés où sont présentées les œuvres louées aux musées français, une vaste salle d’un seul tenant pour les expositions temporaires (2 000 mètres carrés), un musée des enfants, un bel auditorium, un restaurant très Nouvel et un café qui l’est tout autant.
On peut également grimper sur quelques-unes des terrasses, de là se glisser dans le dôme, puis vers les cieux… De là-haut, on peut deviner ce qui devait ou devrait advenir du projet de district culturel.
Car un Guggenheim sur le modèle du musée de Bilbao, et comme lui dessiné par Frank Gehry, est toujours programmé pour cet ensemble censé s’achever en 2030 sur l’île de Saadiyat. Le Britannique Norman Foster, déjà auteur d’un souk d’« avant-garde » à Abou Dhabi, a commencé à poser les premiers jalons du Zayed National Museum, du nom du père de l’actuel souverain, fondateur en 1971 des EAU.
Cinq grands architectes internationaux
Las, le projet a pris tant de retard que le British Museum, qui devait prêter aussi un grand nombre d’œuvres, a clairement marqué son intention de se retirer de l’aventure, tandis que Mohamed Khalifa Al-Mubarak a réitéré la volonté de l’émirat d’achever la construction de cet édifice dont apparaît au loin une des « palmes », structurellement proches du centre culturel Tjibaou de Renzo Piano, à Nouméa.
Un centre des arts vivants, signé par feue l’Anglo-Irakienne Zaha Hadid, n’est pas non plus près d’émerger des sables de Saadiyat, non plus que le musée maritime confié au Japonais Tadao Ando.
Cinq grands architectes internationaux, tous lauréats du Pritzker, formeront ainsi les principales « attractions » architecturales de ce pôle culturel aux sources desquelles devaient venir s’abreuver golfs, hôtels de luxe, marinas, et autres archétypes du bonheur, ainsi qu’une vingtaine de pavillons qui n’ont que l’embarras du choix pour s’installer sur les 27 kilomètres carrés du district.
"Jadis et Naguère" | Making Of "les mères" photographie de Rancinan ! #carolinegaudriault #contemporaryart #photo #parisphoto2017 #jadisetnaguere
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