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Jours tranquilles à Paris

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16 septembre 2017

Sur les murs du métro parisien, la cause animale rêve de cirques 100% humains

tigre

Une association lance une campagne d’affichage contre la captivité des bêtes sauvages. L’objectif : pousser la capitale à la bannir, comme l’ont déjà fait plusieurs villes d’Europe.

Paris ne doit plus accueillir que des cirques 100 % humains. Tel est, en substance, le message de la campagne qui s’affiche depuis ce mercredi dans les couloirs du métro parisien. Lancée par l’association Paris Animaux Zoopolis et financée par Lush (une société anglaise de produits cosmétiques engagée dans la cause animale), elle doit se poursuivre jusqu’au 26 septembre.

«Athènes, Amsterdam, Barcelone, Bruxelles, Madrid, Vienne, Bucarest, mais aussi New York et Los Angeles se sont déjà prononcés contre la présence sur leur territoire de cirques utilisant des animaux dressés et emprisonnés à vie, argumente la cofondatrice et présidente de l’association, Amandine Sanvisens. Il serait navrant que Paris soit la dernière capitale à accueillir de tels spectacles, d’autant que la Fédération des vétérinaires d’Europe recommande désormais aux autorités d’interdire l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants.»

«Excès»

Une pétition diffusée sur Change.org a déjà réuni plus de 26 000 soutiens. L’objectif : pousser la Ville de Paris à ne plus accueillir de spectacles utilisant des animaux. «Le Conseil de Paris a créé une mission sur la condition animale qui, à travers une série de consultations, examine de nombreuses thématiques, et notamment celle des animaux dans les cirques, poursuit Amandine Sanvisens. J’espère que d’ici la fin de l’année, la mairie aura pris une position claire dans ce dossier. Paris pourrait devenir un exemple en France, sachant qu’un nombre croissant de villes se positionnent sur ce thème.»

Une cinquantaine de communes françaises se sont déjà prononcées contre l’accueil sur leur territoire de cirques détenant des animaux sauvages. «Et ce nombre continue d’augmenter, avec une accélération ces derniers mois, confirme Samuel Airaud, responsable de Politique et Animaux, un site créé par l’association L214 qui recense les prises de position des partis et des personnalités politiques sur la protection animale. Le sujet est évoqué de plus en plus souvent au sein des conseils municipaux, et des villes de toutes tendances se positionnent désormais contre l’accueil de cirques détenant des animaux sauvages.»

La situation inquiète le monde du cirque qui, le 4 septembre, a monté un collectif regroupant environ 250 structures pour défendre une «profession dénigrée par des groupuscules animalistes». «Nous avons déjà attaqué devant le tribunal administratif une dizaine de villes pour excès de pouvoir, et nous comptons bien faire de même avec toutes les communes ayant pris des arrêtés visant à bannir les cirques détenant des animaux», avertit l’avocat du Collectif des cirques, Cyrille Emery. Selon lui, les édiles ne seraient pas compétents en la matière : «En tant que président de l’Association des maires de France, François Baroin l’a rappelé dans une lettre aux élus en janvier : la compétence de police pour autoriser ou interdire ces cirques relève du préfet, pas du maire.»

Delphinariums

L’Etat semblerait moins catégorique : en avril, une lettre du ministère de l’Intérieur au corps préfectoral des Bouches-du-Rhône préconisait «le dialogue et la concertation préalables entre les professionnels et les municipalités», tout en évitant de «remettre en cause les compétences de l’autorité municipale».Selon la spécialiste du droit animal Me Hélène Thouy, les contours du sujet restent flous : «Les juridictions administratives n’ont pour l’instant pas annulé les décisions municipales dont il est question. Selon moi, les pouvoirs de police des maires leur permettent de prendre de telles décisions s’ils estiment que la présence de ces cirques peut générer un risque en termes de salubrité ou de sécurité publique.» Pour Amandine Sanvisens, «à terme, il faudra une loi. Mais dès à présent, à l’instar de ce qui a été récemment décidé pour les delphinariums, il faut interdire la reproduction d’animaux dans les cirques».

Le sujet a déjà surgi à l’Assemblée nationale, à l’occasion d’une question écrite publiée le 15 août. Son auteure, la députée LREM de l’Eure Claire O’Petit, interrogeait le gouvernement quant aux dispositions qu’il comptait prendre afin d’interdire les animaux sauvages dans les cirques, précisant que près de la moitié des Etats membres de l’UE l’avaient déjà fait.

Quelques jours avant, Nicolas Hulot avait déclaré sur France Inter qu’il n’était «pas favorable à la captivité des animaux, pas favorable à l’idée qu’on fasse du spectacle avec cette activité-là». Le ministre de la Transition écologique et solidaire répondait à une question sur la reproduction des dauphins et des orques dans les parcs aquatiques, mais cette déclaration a sonné comme une sombre menace aux oreilles des professionnels du cirque.

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16 septembre 2017

Honfleur

Honfleur le Dimanche 10 septembre 2017

16 septembre 2017

Les 500 ans du Havre

VINCENT GANIVET - Catène de containers

Avec en toile de fond le port du Havre, l'artiste Vincent Ganivet a élevé, au croisement de la rue de Paris et du quai de Southampton, deux arches  monumentales faites de containers multicolores.

Inspiré par les matériaux lourds et bruts, comme les parpaings ou les briques, l’artiste aime à s'emparer de cette encombrante matière première pour élever - grâce à la «technique de la chaînette » empruntée à l'architecte catalan Antoni Gaudi - des arches. des courbes et des coupoles qui évoquent, par moments, des squelettes de cathédrales romanes. En utilisant cette fois des containers, clin d’œil aux activités portuaires de la ville, il relève ici un défi de taille : donner à ces mastodontes rectilignes une grâce et une légèreté étonnantes.

« Systèmes plus que sculptures, mes productions se déploient d’abord à ma propre surprise » dit-il de son travail.

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Le Havre (46)Photos : Jacques Snap

 

16 septembre 2017

Coco de Mer

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16 septembre 2017

Le clitoris, clé du plaisir féminin

femme

Pour la plupart des femmes, le plaisir est clitoridien et non vaginal. La meilleure façon de savoir ce qui donne la jouissance à une femme est de lui poser la question, explique notre chroniqueuse Maïa Mazaurette.

LE SEXE SELON MAÏA

Le plaisir féminin est mystérieux, on nous l’a bien expliqué. Trop de zones érogènes ! Trop de sentiments ! De fait, les différentes combinaisons du physiologique et du psychologique rendent les préférences individuelles si variables qu’on a longtemps jeté l’éponge devant toute théorie unificatrice concernant « ce que veulent les femmes ». A quoi s’ajoutaient d’autres freins : la pudeur a souvent empêché les scientifiques de faire leur travail, et même quand ils se sont attelés à la tâche, leurs propres préjugés ont pu leur faire rater le clitoris. Les femmes sont peut-être compliquées, d’accord… mais étudier le plaisir en laissant de côté l’organe du plaisir, c’était se mettre de sérieux bâtons dans l’éprouvette.

La bonne nouvelle de la rentrée sera donc la simplification des savoirs, par une démarche scientifique des plus directes : laisser tomber les capteurs et courbes d’excitation pour poser la question aux principales intéressées – « qu’est-ce qui vous donne du plaisir ? » Mille femmes ont répondu, de tout âge, anonymement (sans craindre donc les regards potentiellement désapprobateurs des sondeurs). L’étude a été publiée dans le Journal of Sex & Marital Therapy.

Du côté de la mécanique, c’est le clitoris qui rafle la mise. Moins d’une femme sur cinq atteint l’orgasme par la pénétration seule. Les femmes qui n’ont jamais d’orgasmes, ou rarement, sont deux fois plus nombreuses chez les adeptes du pur rapport vaginal – autant de « frigides » qui seraient sans doute moins réfrigérées en diversifiant leurs pratiques. Pour les trois quarts des femmes interrogées, toucher le clitoris est soit une condition absolue de la jouissance, soit la condition d’une meilleure jouissance (tous les orgasmes ne se valent pas). La toute-puissance du pénis en prend pour son grade, certes, mais il ne s’agit pas de jeter la pénétration par la fenêtre. Plus les zones érogènes stimulées sont nombreuses, mieux ça marche : il faudrait au contraire repenser un rapport au corps moins artificiellement fragmenté, en sortant du discours « tout vaginal » ou « tout clitoridien » (une distinction qui n’a de toute manière aucun sens, puisque les pieds du clitoris enserrent le vagin).

Routine ou surprise

Le clitoris, donc. Mais comment ? Les opinions sont ici moins tranchées : désolée, Messieurs, il n’existe toujours pas de recette magique applicable à toutes les femmes (soyons raisonnables, vous n’allez de toute façon pas coucher avec TOUTES les femmes). Les deux tiers des sondées aiment être caressées directement sur la partie émergée du clitoris, et 45 % à proximité immédiate (à peine 5 % préfèrent que vous évitiez le bouton). Les mouvements préférés sont le frottement de haut en bas (64 % des femmes), circulaires (51 %), de gauche à droite (30 %), mais certaines femmes aiment être tapotées, pressées, tirées, caressées en diagonales, en pulsations ou en larges ovales.

Au niveau du rythme, difficile de rater son approche : si la répétition est appréciée par 82 % des jouisseuses, les trois quarts aiment aussi les changements de mouvements et/ou de vitesse, et 70 % sont adeptes de la guerre des nerfs (faire durer le plaisir en ralentissant ses caresses, en évitant les zones clés ou en prétendant pénétrer le vagin, mais sans y aller). Routine ou surprise, régularité ou sorties de route ? Tout fonctionne.

L’INVISIBILISATION CULTURELLE DU CLITORIS RESTE D’UNE STUPÉFIANTE ACTUALITÉ

Côté psychologique, une grande tendance ressort : les gentils gagnent à la fin. C’est vrai dans les gestes (à peine une femme sur dix aime les frottements intenses sur le clitoris, la majorité préfère une pression faible ou modérée), c’est également vrai dans l’attitude. Quand on demande aux femmes ce qui améliore leurs orgasmes, la technique se révèle secondaire : la durée du rapport est ainsi mentionnée par moins d’une femme sur cinq (vous pouvez cesser de culpabiliser sur la solidité de vos érections), et la stimulation anale pointe à 10 % d’adeptes.

Les trois quarts des sondées évoquent en revanche la nécessité de rapports moins expéditifs, avec plus de temps passé à construire le désir. 43 % n’aiment pas se sentir pressées. Même demande d’humanité dans la connexion : plus de la moitié plébiscite l’intimité émotionnelle et l’attention que le partenaire porte à leurs préférences. Le même constat émergeait d’ailleurs le mois dernier d’une étude britannique : sur 5 000 personnes interrogées, les problèmes les plus fréquemment affrontés par les femmes étaient, à 84 %, le manque d’intimité, et à 75 % le manque de communication. Le dysfonctionnement sexuel n’atteignait même pas les 2 %.

Aveuglement

Revenons maintenant à notre bien moins mystérieux plaisir féminin : s’il s’agit « seulement » de caresser le clitoris (à peu près n’importe comment) et d’avoir confiance en son partenaire, ça ne demande pas exactement un doctorat en sexe. D’autant moins que les aspects physiques et psychologiques vont de pair ! En effet, dans une culture qui persiste à prétendre que toute femme est par défaut vaginale, révéler qu’on n’est pas cette femme-là reste problématique – la connexion émotionnelle permet de dire les préférences, la confiance permet l’accès au clitoris.

Il faudrait cependant se demander pourquoi nous évoluons toujours, en 2017, dans une construction sexuelle qui fait de la pénétration vaginale l’alpha et l’omega de la sexualité. Les informations s’affinent, mais elles ne sont pas nouvelles. Cela fait des décennies que les recherches montrent que la pénétration purement vaginale laisse sur le carreau l’immense majorité des femmes.

Pourquoi une telle surdité ? Certainement parce qu’on refuse d’entendre. L’école peine à parler de plaisir, les représentations artistiques peinent à le représenter. L’invisibilisation culturelle du clitoris reste d’une stupéfiante actualité. Bien sûr, changer de normes est compliqué. Le statu quo ne heurte aucun sentiment (jusqu’au jour où trop frustrée, la libido féminine part en Ouzbékistan). Il y a des femmes qui ne disent pas ce qu’elles préfèrent, et des hommes qui sont contents de faire comme s’ils tombaient toujours sur des vaginales. Nous simulons à l’échelle civilisationnelle : les femmes simulent l’orgasme vaginal, les hommes simulent la crédulité.

Beaucoup de raisons pourraient expliquer notre aveuglement. J’en citerai trois essentielles. Tout d’abord, nous sommes horriblement paresseux, et/ou nous estimons que la sexualité est un faux sujet (tiens donc). Ensuite, l’efficacité du clitoris rend la pénétration dispensable : notre idéal de fusion sexuelle s’écroule… en entraînant au passage notre idéal de fusion amoureuse (aïe). Enfin, nous refusons de parler du clitoris parce qu’il faudrait alors redéfinir la place du pénis dans l’orgasme – et peut-être au passage, la place des hommes. Combien de temps pourrons-nous refuser d’avoir cette conversation ? C’est peut-être là que se trouve le plus grand des mystères.

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16 septembre 2017

Extrait d'un shooting - fétichisme

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16 septembre 2017

THE DOLL HOUSE – YVONNE CATTERSON {EXCLUSIVE EDITORIAL/NSFW} - Naked Magazine

Yvonne Catterson, has been captivated by photography since age 10. Since then she has been privileged to receive an MA in Photography from the Royal College of Art in London, and to go on to work for many distinguished magazines, design companies and record labels. She loves to create images that stir an emotion; images of life, love, longing, joy and beauty. Images that say something about the human condition, our fragility.

"This story was inspired by one man’s escape and the elaborate fantasy world he’s built. These dolls are real to him. They live in his house. They have names, feelings, personalities.

One day a real girl came along…."

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15 septembre 2017

Minorité Rohingya - le Conseil de sécurité de l’ONU dénonce une « violence excessive » de la Birmanie

Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a réclamé à la Birmanie « des pas immédiats », mercredi 13 septembre, pour faire cesser « une violence excessive » à l’encontre de la minorité musulmane Rohingya, qui fuit le pays en masse pour tenter de trouver refuge au Bangladesh.

A l’issue d’une réunion à huis clos, le Conseil de sécurité a souligné la nécessité d’un accès humanitaire aux Rohingya. Ses membres « appellent le gouvernement birman à tenir ses engagements de faciliter l’aide humanitaire dans l’Etat Rakhine [aussi appelé Arakan] », dit une déclaration lue par le président tournant du Conseil, l’ambassadeur éthiopien Tekeda Alemu.

Avant que le Conseil ne s’exprime, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait appelé les autorités birmanes à « suspendre les activités militaires et la violence ».

Plus tôt dans la journée, le porte-parole de Aung San Suu Kyi avait annoncé que la conseillère spéciale de l’Etat — mise en cause dans cette crise sans précédent — avait annulé une visite à l’Assemblée générale de l’ONU prévue à la fin du mois.

Une visite d’Aung San Suu Kyi annulée

Mme Suu Kyi s’adressera la semaine prochaine à la nation au sujet de la crise dans l’ouest du pays qui a poussé des centaines de milliers Rohingya à l’exode. La dirigeante birmane « parlera de réconciliation nationale et de paix » dans une allocution télévisée le 19 septembre, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Zaw Htay. Il a ajouté que 176 villages avaient été désertés depuis le début des violences.

Interrogé mercredi par un journaliste à propos de l’expression « nettoyage ethnique » contre la minorité Rohingya, M. Guterres a répondu : « Quand un tiers de la population Rohingya doit fuir le pays, pensez-vous pouvoir trouver un meilleur mot pour décrire la situation ? »

Depuis le début de la flambée de violences, le 25 août, plus de 379 000 Rohingya ont fui la Birmanie pour tenter de trouver refuge au Bangladesh. L’armée birmane est accusée de persécutions envers cette minorité musulmane.

A la frontière birmano-bangladaise, les organisations internationales peinent à prendre en charge les personnes — malades, blessées pour certaines, affaiblies et affamées —, qui arrivent en nombre, complètement démunies dans une zone où les camps sont déjà surpeuplés. « L’ampleur et la vitesse de l’afflux sont sans précédent au Bangladesh », dit l’Unicef, qui ajoute que « 60 % des réfugiés sont des enfants ».

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits humains, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a évoqué lundi « un exemple classique de nettoyage ethnique ». Bien que sous le feu de critiques internationales, Mme Suu Kyi reste très peu loquace sur la crise et continue d’afficher son soutien à l’armée dans son opération contre des « terroristes ».

Promesse de soutien aux droits des Rohingya

La Chine, premier investisseur étranger en Birmanie, a réitéré mardi son « soutien » à la Birmanie et a loué « ses efforts pour préserver la stabilité de son développement national ». En revanche, plusieurs Prix Nobel de la paix, comme Malala Yousafzai, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, puis le dalaï-lama, que Mme Suu Kyi admire, l’ont appelée à intervenir.

L’an dernier, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, l’ex-dissidente et lauréate du prix Nobel de la paix 1991, qui dirige de facto le gouvernement birman depuis avril 2015, avait promis de soutenir les droits des Rohingya.

Elle avait promis de « s’opposer fermement aux préjugés et à l’intolérance » et de promouvoir les droits humains, tout en demandant « à la communauté internationale de se montrer compréhensive et constructive » à ce sujet.

Les Rohingya, présents en Birmanie depuis des décennies, sont apatrides depuis 1982 et sont considérés comme des étrangers dans ce pays à 90 % bouddhiste. Au Bangladesh voisin, où ils ont fui en masse, ils sont des immigrés illégaux.

15 septembre 2017

Mount Olympus de Jan Fabre - Une performance de 24 heures

« Mount Olympus » : l’orgie chorégraphique de Jan Fabre

Le Flamand ouvre la saison de La Villette le 15 septembre avec un marathon de 24 heures de spectacle façon bacchanale.

Cent cinquante kilos d’organes de porc dont quatorze poumons et vingt cœurs, deux litres de vrai sang animal et quinze de faux. Plusieurs centaines de fleurs orange, jaunes, violettes. Quarante litres de yaourt, trente bâtonnets glacés, dix kilos de confettis… Mais où est-on ? Dans une boucherie ? Un marchand de farces et attrapes ? Non, dans les coulisses de Mount Olympus, To glorify the cult of tragedy, mise en scène du Flamand Jan Fabre qui n’a jamais peur d’avoir les yeux plus gros que le ventre. Pour preuve : cette saga sidérante de vingt-quatre heures non-stop dans laquelle Jan Fabre tutoie les dieux et les héros grecs avec l’outrance qui le caractérise.

Créée en 2015 à Berlin, Mount Olympus, qui ne semblait pas voué au succès compte tenu de son envergure, annonce sa 13e représentation, vendredi 15 septembre, à La Villette. Avec ses 10 000 m2 dont plus des trois quarts dévolus au spectacle, ses 1 600 spectateurs attendus, la Grande Halle est l’espace le plus gigantesque investi par cette production. « Mais pour un tel barnum, il faut bien ça ! », s’enthousiasme Evelyne Chevalier, chef de projet à La Villette. « Les six habilleuses étaient même bluffées par l’espace, ajoute Fabrice Truffert, l’un des deux régisseurs généraux avec Marie-Anne Mérat. C’est aussi le plus gros événement qui ait été programmé ici et pour un soir seulement ! » Plus de soixante-dix personnes, ouvreurs, techniciens et sécurité comprise, feront tourner ces vingt-quatre heures.

La visite des coulisses est un ­délice. Mercredi 13 septembre, les immenses loges sont prêtes, les sacs de couchage blancs roulés dans des cases, les casques en métal et les seaux de paillettes alignés et les accessoires des danseurs pliés sur les tables de maquillage. Tout est calme, en attendant le ­torrent de corps couverts de sang, d’huile, de vin rouge qui va régulièrement déferler du plateau. « Je viens de construire un pédiluve pour les cinq douches portatives car les interprètes se lavent sans arrêt, poursuit ­Fabrice Truffert. Du boulot, il y en a ! » « Il va falloir installer le restau dehors, les barrières de sécurité, l’espace fumeur pour les danseurs, les trois cents lits de camp pour le public », liste Evelyne Chevalier. Elle vérifie la cantine, la buanderie – 40 kilos de draps blancs à laver pendant la per­formance. Dans la cuisine, les menus – bio – sont faits : huit repas seront servis à la troupe pendant les vingt-quatre heures.

Un pic de transe

L’exploit est d’abord du côté des interprètes qui escaladent ce pic de transe qu’est Mount Olympus avec un brio chavirant. Danseurs, acteurs, mais aussi chanteurs, ils opèrent une cordée sans commune mesure avec l’ordinaire spectaculaire. Sirtaki d’hommes nus, rave-party orgiaque, séance de corde à sauter avec des chaînes, ils libèrent des geysers de sensations folles. Trois jours de répétitions seulement dont deux avec Jan Fabre pour se remettre dans le bain. « Il y a toujours une appréhension, confie Cédric Charron, 44 ans. J’ai commencé à me conditionner il y a dix jours, en courant. Ce n’est pas un spectacle violent mais un combat qui exige de l’endurance et un dépassement de soi qu’on ne mesure pas. Je n’ai que deux heures pour me reposer après huit heures de spectacle et ça repart. »

« PAS DE DROGUES. MAIS UN GOLDEN REMEDY AVEC DU CITRON, DE LA MENTHE FRAÎCHE, DU GINGEMBRE ET DE L’EAU CHAUDE ! »

En cas de coups durs, deux ostéopathes sont joignables. Une visite est programmée pour ceux qui en ont besoin. « Pas de drogues pour tenir, blague Sébastien Peeters, de la compagnie de Fabre. Mais un Golden Remedy avec du citron, de la menthe fraîche, du gingembre et de l’eau chaude ! » Ce divin cocktail ne sera pas vendu au public qui, lesté d’un kit de survie (brosse à dents et masque de nuit), pourra tout de même se restaurer et participer à des ateliers de shiatsu.

Mount Olympus ouvre avec fracas la programmation théâtre à La Villette. Impossible de connaître son coût. « Ce n’est pas de la mauvaise volonté mais on ne peut pas le comptabiliser, affirme Evelyne Chevalier. Rien que le chauffage que nous sommes obligés d’ouvrir à cause de la météo et qui n’était pas prévu va faire déborder le budget. » Doudounes tout de même à prévoir au milieu de la nuit pour rejoindre dans leurs rêves les acteurs de Fabre allongés sur scène dans leurs draps blancs. Mount Olympus est aussi planant.

Mount Olympus, de Jan Fabre. La Villette, Paris 19e. Vendredi 15 septembre, 19 heures. Tél. : 01-40-03-75-75. lavillette.com

Voir mes anciens billets sur Jan Fabre 

15 septembre 2017

Louise Bourgeois au MOMA - save the date

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